Test | BH iLynx Trail carbone : presque dans le mille

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14 décembre 2022 — Adrien Protano

Un modèle qui opte résolument pour un programme polyvalent tout en réservant de bonnes surprises en enduro : l’iLynx Trail a pas mal d’arguments pour plaire ! Cet e-bike léger de 150 mm de débattement, doté du nouveau moteur maison, montre que BH a de réels arguments sur le segment des e-bikes légers… même si de petits ajustements s’avèrent être nécessaires. Verdict : 

BH n’en est pas à son coup d’essai dans le domaine de l’e-bike, le constructeur espagnol étant présent depuis de nombreuses années dans le domaine des “gros” VTTAE avec notamment le XTep Lynx ou l’AtomX. Dans un second temps, la marque de Vitoria (Pays basque espagnol) était arrivée sur le segment des e-bikes légers avec l’iLynx Race, une plateforme dotée d’une petite aide de la fée électricité, avec 100 ou 120mm de débattement selon les suspensions choisies.

C’est au vu de la popularité des e-bikes dits “légers” mais offrant un débattement plus important que BH a présenté le iLynx Trail en novembre 2021. L’objectif semble clair : concurrencer les Orbea Rise, Specialized Turbo Levo SL, Trek Fuel EXe ou encore Focus Jam² SL.

S’il est vrai que cette catégorie d’e-bikes, dotés d’une assistance plus légère et dont la polyvalence et l’autonomie sont les critères rois, n’a pas toujours eu le vent en poupe, 2022 semble être son avènement. De nombreux fabricants avant BH se sont lancés dans l’aventure, et cela semble loin d’être fini !

Assistance plus discrète, poids contenu et plaisir de pilotage sont les maîtres-mots de ce modèle trail que la marque espagnole présente comme sa nouvelle machine à tout faire. Et qui existe d’ailleurs aussi dans une version sans assistance au châssis très proche, le Lynx. Voyons cela en détails.

Chassis

Le cadre, entièrement en carbone, bénéficie de la construction baptisée par BH “Balistic Layup”, qui mêle des fibres à vocation plus structurelle avec d’autres choisies pour leur résistance aux impacts à l’extérieur. Nous avons hélas eu l’occasion de les mettre à l’épreuve suite à une casse de la patte après avoir pris une branche dans le dérailleur : si la peinture a subi un sérieux éclat sur le hauban, le carbone était intact en dessous malgré l’agressivité du contact.
Sur la balance, le cadre affiche un poids de 1975 g (hors moteur, batterie et amortisseur), pour un vélo complet à 19,2 kg.

Le coloris rouge pailleté ainsi que les différentes finitions font de l’iLynx Trail un vélo qui ne passe pas inaperçu. On regrette par contre que sur notre modèle de test, les lettres BH blanches sont petit à petit devenues rose au fil du temps. Mais il s’agissait d’une version de pré-série, et nous espérons que ce souci n’arrivera pas sur les modèles de production. Mis à part cela, la peinture est profonde et respire la qualité.

L’intégration est de mise sur ce modèle, et plus particulièrement au niveau du poste de pilotage. Les gaines rentrent directement sur le côté du jeu de direction avant de rejoindre le cheminement interne prévu à leur effet. La potence spécifique assure un serrage sans étoile, via un système d’expandeur qui permet de glisser un multi-outils dans le pivot de fourche. Mais si ce système ne nous avait pas causé de souci sur les modèles XC (Lynx Race et Ultimate Evo), il semble ici sous-dimensionné pour un vélo en 150mm de débattement et il a pris du jeu à de multiples reprises lors de notre essai. Nous avons donc remis une étoile et un capot de potence classiques, ce qui a réglé le souci.

On ne peut par contre plus profiter du multi-outils bien pensé et complet qui vient se positionner directement dans le jeu de direction, avec 5 clés Allen H2.5/3/4/5/6, une clé Torx T25, un dérive-chaîne ainsi que des emplacements pour un maillon rapide et une cartouche de CO2. A noter aussi que le jeu de direction bénéficie du système BlockLock, une butée de direction dont le rôle est d’éviter d’abimer le cadre par des retours intempestifs de cintre en cas de chute.

Pour le reste, l’iLynx Trail est doté d’un serrage de tige de selle intégré au cadre, efficace et du plus bel effet. Il bénéficie aussi d’une patte de dérailleur Sram UDH, à savoir “universelle”, puisqu’elle est en libre accès à tous les fabricants de cadre (et donc une aubaine lorsqu’il est question de la remplacer) ainsi que d’un guide-chaine de série.

Assistance

Cet iLynx Trail est emmené par un nouveau moteur spécifique à BH, le 2EXMAG. Affichant 2,1 kg sur la balance, cette assistance offre 65Nm de couple. Nous avions été particulièrement critiques avec le premier moteur BH lorsque nous l’avions testé sur le premier modèle iLynx Race, mais BH a revu complètement sa copie, tant pour le hardware que pour le software, afin de rendre l’assistance plus souple et progressive.

Dans cette idée de proposer un pédalage au plus proche du naturel, BH a mis un point d’honneur à rendre son nouveau moteur le plus compact possible afin d’offrir un Q Factor très faible (163mm). Ce dernier désigne l’écart entre les deux fixations destinées aux pédales au niveau du pédalier. Tout l’intérêt d’avoir un Q-Factor faible réside dans la prévention des blessures et dans le confort des hanches et du bassin, en raison d’un meilleur alignement du corps.

A propos de ce moteur, dans un souci de transparence dont nous faisons toujours preuve par rapport à nos lecteurs, nous nous devons de signaler que nous avons connu plusieurs soucis avec le premier moteur monté sur notre vélo d’essai. Coupures, bruit inquiétant, etc. : ceux-ci sont apparus rapidement et se sont enchaînés. Malgré deux tentatives de réparation par le service mobile BH Benelux, le moteur a fini par être changé. Par la suite, nous avons été très attentifs et nous avons collé pas loin de 1000km au moteur de remplacement, qui a bien tenu la distance. A noter aussi que BH propose une garantie de 5 ans sur son ensemble moteur/batterie, ce qui offre une certaine tranquillité d’esprit à ce niveau.

Le iLynx Trail est équipé d’une batterie intégrée de 540Wh, qu’on peut qualifier de “grosse” pour un e-bike léger. S’il ne s’agit pas de l’une des capacités les plus importantes du marché, la concurrence dans ce segment se contente souvent d’une batterie de 320-360 Wh. Pour les plus gourmands, il est possible de porter la capacité à 720Wh en ajoutant un range extender : il s’agit d’une batterie additionnelle, dénommée XPro par BH, qui vient étendre l’autonomie du vélo et qui se loge directement dans le porte-bidon, pour un poids de 925g. Ce système présente l’avantage de se recharger via le port de recharge du vélo. Dans cette hypothèse, la batterie intégrée du vélo se charge en premier lieu et viens ensuite le tour de cette batterie XPro. Sur le haut de cette XPro, un bouton coloré permet de connaitre le niveau de charge de cette batterie supplémentaire.

En pratique, cette batterie additionnelle s’intègre bien dans le porte-bidon et elle tient parfaitement en place. C’est aussi littéralement du plug and play. Par contre, plus question d’emporter un bidon sur le vélo, ce qui est un peu dommage. Mais le BH iLynx Trail n’est pas le seul dans le cas. Seul le récent Scott Lumen permet de prendre un bidon une fois le “range extender” branché. Autre petit détail, on trouve les contacts fort exposés quand on retire le range extender. BH assure que l’ensemble est parfaitement étanche, mais on pense tout de même qu’une petite protection ne serait pas superflue pour éviter aux impuretés de venir se loger dans la “prise” quand on l’utilise comme simple porte-bidon.

Si le programme proposé par l’assistance est très alléchant, un nuage noir demeure au niveau de la commande minimaliste choisie par BH. Déjà qualifiée de “pas très ergonomique” lorsque nous l’avions rencontrée lors du test du BH iLynx Race, il faudra pourtant encore composer avec sur ce modèle.

Et c’est un sujet qui risque de diviser les troupes et de faire débat : sur cet iLynx Trail, il faut faire ses adieux à un éventuel écran. Cela ravira sans doute les plus minimalistes, mais ça risque de déplaire aux fanatiques de données qui devront se contenter pour seul affichage de 4 leds situées sur la haut de la commande de gestion du moteur. Chaque barre de ces leds représente un quart de la batterie, tandis que la couleur de celles-ci informe le pilote sur le mode d’assistance sélectionné. A ce niveau, on retrouve 4 niveaux d’assistance (eco, eco +, sport et boost) ainsi qu’un mode automatique. Ceux-si sont entièrement personnalisables, tant sur la couleur que sur leurs paramètres intrinsèques (tel que le pourcentage d’assistance ou encore d’accélération, et ce pour chacun des modes d’assistance). 

Afin de combler cette absence d’écran, BH offre toutefois deux possibilités : soit faire installer l’afficheur BH en option par son revendeur, soit utiliser son appareil Garmin pour afficher les différentes données liées au contrôle de son assistance. Attention, il faut faire un choix car les deux ne sont pas compatibles.

Suspensions

Comme sur la version non-électrifié de ce modèle, BH fait confiance à l’architecture Split Pivot de Dave Weagle, à savoir un point de pivot virtuel (pour réviser, le lexique est juste ici). La cinématique, similaire à la technologie ABP de chez Trek, consiste plus précisément en un point de pivot arrière concentrique à l’axe de roue arrière.

Côté chiffres, c’est une plateforme en 150mm de débattement à l’avant comme à l’arrière que compose le iLynx Trail. Si le débattement peut laisser penser à un vélo destiné à un programme all-mountain, voire enduro, la géométrie rappelle bien l’essence du vélo : le trail.

Géométrie

Au vu des différentes cotes, ce modèle tient bien son nom : la géométrie du iLynx Trail est dans les normes d’un modèle trail moderne. On retrouve notamment un angle de direction de 66°, des bases courtes pour un e-bike avec 451mm, ainsi qu’un reach de 453mm en taille M (473 mm en L). Avec ses roues de 29″ et sa hauteur de pédalier modérée (339mm), le iLynx Trail peut laisser songer à un savant combo entre vivacité et polyvalence.

Équipement

Nous avons reçu cet e-bike léger dans son montage le plus haut de gamme, à savoir le BH iLynx Trail carbone pro 8.9. Dans cette version, on retrouve ce qui se fait de mieux chez Fox au niveau des suspensions : une 36 Factory à l’avant et un Float X Factory à l’arrière, tous deux en 150mm de débattement.

Côté freinage, on passe sur Shimano, avec une paire de XT 4 pistons, et disques de 203mm à l’avant comme à l’arrière.

Shimano répond présent également en ce qui concerne la transmission avec un excellent combo shifter-dérailleur XTR en 12 vitesses, et une cassette en 10-51.

Petite attention de la marque espagnole également au niveau du pédalier, avec un FSA en carbone dont les manivelles mesurent 165mm. Cette petite réduction de la longueur des manivelles par rapport à la majorité de celles que l’on retrouve de série (175 ou 170mm) sur les VTT n’est pas anodine vu le programme du vélo : un e-bike est destiné à rencontrer de nombreuses portions techniques, ascendantes ou descendantes, et un pédalier plus court ne sera que bénéfique afin de ne pas risquer d’accrocher un obstacle durant ces franchissements. Hélas, même si cela s’est amélioré, les manivelles FSA restent un peu plus longues et anguleuses que d’autres au niveau de leurs dimensions externes. Nous n’avons pas contre pas vraiment eu à nous en plaindre sur le terrain avec le BH, peu sujet aux contacts avec le terrain.

Le train roulant est composé d’une paire de Minion de chez Maxxis, en 2.5 à l’avant et 2.4 à l’arrière, et dotés d’une carcasse EXO. Ceux-ci sont montés sur une paire de RaceFace Turbine 30 TR. Le cadre est au standard SuperBoost concernant l’axe de roue arrière (à savoir 157×12 et non 148×12 comme habituellement), ce qui permet de rigidifier davantage le train roulant, tout en offrant la possibilité de monter des pneus jusqu’à 2.6 de section.

Le choix des périphériques est plus éclectique : on retrouve un cintre RaceFace Aeffect en 780mm couplé à une potence BH et des grips de chez Ergon. Comme pour les suspensions, Fox s’occupe de la tige de selle télescopique avec une Transfer Factory, sur laquelle est montée une selle Prologo Proxim.

Versions et tarifs

Le iLynx Trail en carbone est proposé à la vente dans 4 montages différents : du ticket d’entrée (à savoir le iLynx Trail 8.6) au prix de 6.599€ jusqu’au iLynx Trail 8.9, version la plus haut de gamme, affichée à un tarif de 9.099€.

Cinq coloris sont au catalogue pour ce modèle 2022. Pour les plus difficiles à satisfaire, BH propose également un programme de personnalisation, directement sur son site web, qui permet de choisir l’association des couleurs de son cadre dans une large gamme de propositions.

On vous en a également parlé lors du Roc d’Azur, le iLynx Trail est désormais disponible en aluminium : 3 versions de montage sont disponibles avec une fourchette de prix allant de 5.099€ à 6.199€.

BH iLynx Trail carbone Pro 8.9 : le test terrain

Pour notre test, c’est le iLynx Trail carbone Pro 8.9 que BH nous a mis entre les jambes pour le temps de quelques semaines. S’il s’agit ici de la version la plus haut de gamme, le montage juste en dessous (iLynx Trail 8.8) semble déjà offrir tout ce qu’il faut pour permettre de rouler sereinement et efficacement.

Ce qui se remarque d’emblée lorsqu’on s’installe à bord de l’iLynx Trail, c’est son appartenance à la catégorie des e-bikes légers. Le moteur est visuellement discret, le poste de pilotage est épuré et le vélo a des lignes qui se rapprochent fort de celles d’un vélo classique, ce qui n’est pas pour nous déplaire.

Cette idée initiale se confirme après quelques tours de roues : l’iLynx Trail épate par sa polyvalence. Véritablement capable et agile, ce vélo sait presque faire oublier que nous sommes sur un e-bike. On peut également candidement omettre que nous sommes sur une machine dotée d’un moteur lorsque l’assistance est coupée… Malgré le poids de 19,2 kg, le vélo se roule franchement bien et l’on ne serait pas surpris si la balance affichait 1 voire 2 kg de moins. De plus, on ne ressent aucune résistance au pédalage induite par le moteur quand on roule sans aucune assistance.

Cet iLynx Trail offre une position confortable et performante pour enchainer les kilomètres et le mode éco (déjà bien pêchu) parait déjà plus que suffisant tout en offrant une autonomie très intéressante, mais cela on y reviendra !

En positionnant son e-bike léger dans la catégorie trail, BH s’est d’autant plus ménagé une place de choix dans l’imaginaire des utilisateurs qui ne pourront qu’être surpris lorsque la pente s’inverse.

En descente, celui-ci est assez vif et se laisse piloter intuitivement. Cette agilité et cette légèreté le rendent très fun à rouler et plutôt efficace dans la majorité des passages techniques. Ce comportement plus qu’agréable en fait un modèle accessible pour une majorité de pilotes, dont notamment des vététistes moins aguerris, pour qui un e-bike léger peut réellement offrir une expérience enrichie par rapport à un « power e-bike » (comprenez un e-bike doté d’un moteur plus puissant et d’une batterie plus importante) rivé au sol et difficile à placer sur le terrain.

La cinématique reconnue et éprouvée de Dave Weagle permet au vélo de gommer les frontières de la pratique trail pour aller titiller l’enduro. Sur le terrain, on retrouve un vélo assimilable à un tapis flottant : celui-ci offre beaucoup de confort avec des suspensions qui collent bien au sol. Au vu des capacités du vélo, on se surprend même à (presque) regretter l’absence de la cartouche Grip 2 en lieu et place de la Fit4 qui équipe notre Fox 36, moins sensible et offrant une gamme de réglages moindre.

« Un large panel d’utilisateurs pourront profiter de ses grandes compétences en descente et à y trouver leur bonheur »

Voilà pourquoi l’on vous confiait que le positionnement dans la catégorie trail était un choix malin de la part de BH : s’il n’est pas destiné à être un exigeant vélo d’enduro, un large panel d’utilisateurs pourra profiter de ses grandes compétences en descente et à y trouver son bonheur. Notre gamme de testeurs s’étend du profil classique de marathonien jusqu’à l’enduriste confirmé, et tous ont été comblés.

Mais le réel point remarquable de ce châssis est que ses compétences en descente ne se font pas au préjudice du reste du programme du vélo ! L’iLynx Trail est très polyvalent et reste tout aussi performant dans une pratique orientée rando sportive ou sur des sorties plus longues durant lesquelles l’assistance permet de pousser un peu plus loin les capacités physiques du pilote.

Dans les montées techniques, la position est agréable, on se sent bien installé et cela nous permet d’être plutôt performant. Le châssis est facile à placer en raison de son poids contenu et l’on se surprend à réussir des objectifs de montée impossible. Malheureusement, ce sans-faute est en partie occulté par l’assistance…

Un moteur qui en donne… trop ?

Côté assistance, le moteur 2EXMAG de chez BH est relativement compact mais pourtant pas avare en termes de couple. 65 Nm, c’est une valeur alléchante pour une assistance légère. Mais au-delà des chiffres, il est surtout important de voir comment ils sont délivrés sur le terrain.

Comme on vous l’expliquait précédemment, l’iLynx Trail propose 4 modes d’assistances : « éco, éco +, sport et boost » ainsi qu’une application permettant de personnaliser chacun de ces modes à travers une simple connexion Bluetooth. À cela, il faut rajouter le mode « automatique », à savoir un mode qui adapte la puissance délivrée à la cadence du pilote ou à sa fréquence cardiaque (nécessitant donc une ceinture cardiaque et un appareil Garmin couplé à l’assistance). Mais celui-ci n’est que moyennement convaincant sur le terrain, délivrant une puissance trop immédiate.

Malheureusement ce sentiment de puissance délivrée de manière trop brute se retrouve de manière généralisée dans chacun des modes. L’iLynx Trail offre une assistance qui se fait sentir sous les pieds et porte un peu trop le pilote une fois lancé. Ce trait de caractère a tendance à donner un sentiment moins naturel au pédalage, avec moins de rondeur que ce que l’on peut retrouver chez certains de ses concurrents directs. En comparaison avec le Shimano EP8 RS qui équipe l’Orbea Rise, l’assistance du BH iLynx trail propose une assistance bien plus présente avec une puissance plus « off/on », là où l’Orbea Rise offre plus de rondeur et de douceur.

Nous aurions aimé que BH vise une plage d’utilisation plus large, plutôt que d’offrir 4 modes d’assistance fort similaires. Si le mode Boost peut évidemment être conservé dans sa saveur actuelle, les 3 autres modes mériteraient d’être revus afin d’offrir une sensation plus naturelle sur les modes « éco » et « éco + », tandis que le mode « trail » pourrait être bien plus élastique et offrir la polyvalence nécessaire à la pratique de l’e-bike. Si l’application permet de personnaliser les modes d’assistance, cela ne change pas complètement la donne au niveau du moteur ni de la manière dont il délivre l’assistance.

Le souci majeur du comportement de cette assistance réside dans le fait que celle-ci se transforme parfois plus en un piège qu’en une aide. En dehors d’un terrain sec, l’assistance a tendance à pousser à la faute dans les terrains techniques, en offrant une puissance trop instantanée par rapport à l’adhérence dont on dispose sur le terrain. On se retrouve alors à perdre en traction et à devoir batailler avec le vélo, notamment dans les montées techniques.

La sensation lorsqu’on se trouve à la limite (légale de 25km/h) de l’assistance est également perfectible. Elle s’enclenche souvent de manière abrupte, avec son lot de coupures et d’à-coups peu confortables pour un usage XC/ randonnée.

« Il faut par contre souligner la discrétion du moteur en termes sonores »

Si elle peut plaire à une certaine catégorie de pilotes à la recherche d’un e-bike sportif, cette assistance doit encore être perfectionnée pour pouvoir prétendre satisfaire une majorité d’utilisateurs sur le terrain. Il faut par contre souligner la discrétion du moteur en termes sonores : lorsque l’assistance est en marche, le moteur ronronne discrètement et le bruit s’intensifie au fur et à mesure de la puissance délivrée par le moteur, mais sans jamais devenir gênant. C’est un point essentiel dans le confort d’utilisation d’un e-bike léger de pouvoir en oublier le bruit de son assistance, et l’iLynx Trail ne s’en sort vraiment pas mal dans ce domaine, sans atteindre le silence quasi total d’un moteur TQ.

Un des autres points forts de cet iLynx Trail se trouve du côté de l’autonomie. Même en dehors de sa batterie additionnelle, les 540Wh embarqués dans le cadre permettent de sacrées sorties sans (trop) se tracasser du niveau de charge du vélo. Annoncer des chiffres exacts est toujours un exercice périlleux étant donné le nombre de facteurs influençant l’autonomie, tels que le type de terrain, la manière de piloter, le poids du pilote,… Mais ce que nous pouvons toutefois affirmer, c’est que cet iLynx Trail a connu des sorties à plus de 2000 m de dénivelé positif sans être inquiété.

Attention toutefois, lorsque la capacité de la batterie passe en dessous du seuil des 20%, l’assistance est progressivement bridée afin d’éviter d’endommager la batterie. À partir de 5% et en dessous, l’assistance se coupe simplement.

Récemment, le minimalisme est venu au service des e-bikes légers : afin d’obtenir un vélo qui se rapproche encore plus d’un VTT classique, quelques modèles récents ont fait le choix de se séparer de l’écran d’affichage et de se doter d’une commande plus discrète, et comme on l’indiquait plus haut, le BH iLynx Trail en fait résolument partie ! Si nous soulignons l’effort, il faut pourtant avouer que les 4 petites leds ont tendance à manquer de lisibilité sur le terrain, notamment lorsque le soleil donne dessus. La commande est par contre dotée de boutons dont le retour de pression se fait par une vibration, une fonctionnalité qui s’est révélée intéressante et plutôt agréable à utiliser au fil de la sortie.

Verdict

Le BH iLynx Trail carbone débarque avec des caractéristiques plutôt prometteuses, notamment un look épuré et des promesses alléchantes. La surprise n’est qu’amplifiée lorsqu’on découvre l’agilité et la polyvalence que le châssis peut nous offrir. Toutefois, une ombre au tableau demeure : même s’il est le résultat d’une approche légère de l’e-bike qui nous plait beaucoup, le moteur 2EXMAG nécessite encore selon nous d’être peaufiné au niveau de sa gestion électronique pour être réellement agréable à utiliser sur le terrain. Que pourrait bien donner ce BH iLynx Trail avec un moteur au software mis à jour pour s’inscrire plus dans la lignée du Shimano EP8 RS ou du récent moteur TQ ? Ne serait-ce pas là un combo capable de détrôner l’Orbea Rise ? Espérons que BH nous entende, cela pourrait donner un sacré vélo !

BH iLynx Trail carbone Pro 8.9

  • Autonomie remarquable
  • Polyvalence notable
  • Accessibilité et plaisir de pilotage
  • Qualité du châssis et de la suspension arrière
  • Commande peu lisible et peu pratique sur le terrain
  • Réglages intrinsèques du moteur trop peu naturels
Note générale
Évaluation du testeur
Prix d'excellence
Coup de coeur
Rapport qualité / prix
Usage recommandé
  • XC
  • TR
  • EN
  • DH
Prix : 9 099€
Poids : 19,2 Kg