Eurobike 2019 - Partie 2 | Kona, Pivot, Maxxis, Fox, Pro, Tune...

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7 septembre 2019 — Léo Kervran

Après le décalage au mois de juillet l’année dernière, l’Eurobike est de retour sur ses dates historiques, début septembre. Malgré les défections toujours plus nombreuses des grandes marques de l’industrie, ce salon reste un des rendez-vous importants de la fin de saison. Suivez-nous dans les allées des gigantesque halls de Friedrischafen, à la recherche de nouveautés et de curiosités à vous partager ! Voici la suite de nos trouvailles :

Aivee

La marque française présentait sa première jante carbone, baptisée Endurance. Dédiée notamment au gravel, c’est en réalité une Asterion E-One XCR rebadgée. Elle reprend donc la feuille technique de sa cousine, avec une largeur interne de 25 mm et un profil très bas de 18 mm. Notre test de la version VTT est à retrouver ici : https://www.vojomag.com/test-roues-asterion-e-one-xcr-carbon-29-nerveuses-tout-en-douceur/

Maxxis

Maxxis présentait son nouveau Dissector, le pneu “signature” Troy Brosnan. Prévu pour une monte arrière (couplé à un Assegai à l’avant par exemple), il est dessiné pour offrir une faible résistance au roulement mais une meilleure évacuation de la boue ou de la poussière qu’un DHR II.

Les structures sont donc plutôt rapprochées sur la bande de roulement tandis que les crampons latéraux sont assez loin de la bande centrale et relativement espacés. Disponible uniquement en 27,5 x 2.40 ou 29 x 2.40, le Dissector existe en carcasse EXO (simple renfort sur les flancs) ou DD (orientée gros enduro).

Kona

Les américains de Bellingham vont à l’encontre des tendances : alors que de nombreuses marques quittent le salon de l’Eurobike, ils font machine arrière et sont de retour avec un stand. Sur ce dernier, on retrouve leur “sasquatch”, ou “big foot”, et un nouveau VTT électrique ! Le Remote 160 entre en gamme. De construction assez simple, mais probablement efficace, il s’équipe d’un moteur Shimano, de roues de 27,5 (x2.8) et d’équipements plutôt solides pour endurer les pratiques les plus engagées. On tentera de grimper à son guidon rapidement et, entre-temps, vous pouvez relire notre récente prise en main du Process 134.

Aller, on ne résiste pas, et on vous présente l’Eurobike du “Sasquatch” (lui aussi, venu tout droit de l’état de Washington, un de ses lieux de vie).

HT

La marque de pédale qui a su en quelques années conquérir le coeur des athlètes continue de proposer de toutes petites nouveautés pendant le salon. Cette année, une question se pose pour cette pédale X2 de descente au coloris “oil” qui s’associe étrangement bien avec le groupe Sram AXS : mécanisme noir, ou mécanisme gris. La marque souhaite laisser le choix à ses fans sur les réseaux sociaux. De notre côté, pour avoir testé le revêtement noir sur la pédale T1 (qui sera également proposée dans ce coloris), on sait qu’il vieillit assez mal et redevient rapidement gris. Notre test des pédales HT T1 : www.vojomag.com/pedales-ht-t1-outsideuses/

Niner

Dévoilé à la Sea Otter ce printemps, c’est un gravel tout suspendu qui est exposé sur le stand Niner. La marque qui est en pleine restructuration a quitté son éternel 29 pouces pour proposer un modèle hybride (que nous avons découvert ici), et c’est un nouvel hybride qui est présenté cette fois-ci.

Quel intérêt par rapport à un VTT ? Assez sincèrement, on a du mal à savoir quoi en penser, mais on ne manquera pas de sauter à son guidon dès que l’occasion se présentera.

Pivot

Le stand de la marque américaine abritait deux nouveautés. Première d’entre elle : le Phoenix 29 de descente officiellement dévoilé. Le vélo est une évolution du modèle existant, avec de nouvelles roues de 29 pouces. L’objectif de la marque était d’ajouter le bénéfice des grandes roues à une machine déjà annoncée comme très performante. Il conserve de bases de 430mm de long et la suspension DW link, mais voit son débattement légèrement réduit à 190mm.

Le vélo est disponible dans deux montages, en quatre tailles (S, M, L, XL) à des tarifs de 7999€ ou 9999€ (option roues carbones à 699€). Un kit cadre sera disponible en Mars à 3999€.

On retrouvait également le vélo de XC hardtail de la marque dévoilé quelques jours plus tôt : le LES SL. L’évolution principale de la machine est son allègement puisque le vélo perd 300 grammes sur la précédente version et une taille M est annoncée à 1045g. La géométrie est mise à jour, son carbone est retravaillé, le jeu de direction est intégré et les passages de câbles sont retravaillés.

KTM

La marque autrichienne, après avoir fourni sa gamme de VTT “traditionnels”, décline désormais ses modèles en VTTAE. En se reposant sur une motorisation Bosch, ils conçoivent une grosse machine : le Macina Prowler. 180mm de débattement à l’avant, 170 à l’arrière, la taille de roue est différenciée avec du 29 devant et du 27,5 plus derrière. L’ensemble est ambitieux autant qu’il peut être cohérent si il est réalisé avec la manière.

D’autres versions plus “tranquilles”, comme le Macina Kapoho, sont également présentées.

Pro

La marque d’accessoires de Shimano dévoilait sur cet Eurobike une nouvelle tige de selle télescopique orientée XC/gravel, la Discover DSP. Disponible uniquement en 27,2 mm de diamètre et en passage interne, elle offre 70 mm de débattement. Entièrement en aluminium, elle est annoncée à 417 g en 350 mm de long et sans recul.

Tune

Chez Tune, c’est un nouveau matériau qui est mis en avant. La marque allemande présente notamment ce cintre réalisé à partir de thermoplastique, plutôt que d’un habituel mélange carbone-résine époxy. Bien plus compliqué à travailler (le moule doit être monté à 400°C et 320 bars contre 90°C et 6-7 bars), ce matériau serait néanmoins à la fois plus rigide, plus léger et plus efficace dans l’amortissement des vibrations. Il présente également l’avantage d’être 100 % recyclable, comme la plupart des thermoplastiques.

La marque allemande exposait également une tige de selle dans le même matériau (renforcé de fibre de lin) et une selle en une seule pièce qui ne pèse que 65 g.

On retrouvait aussi ce thermoplastique sur ces moyeux en aluminium qui ont la particularité d’être faits dans une nuance légèrement moins dense que l’aluminium classique (2,6 contre 2,8). Cela permet de gagner… 10 g par moyeu !

Enfin, la marque annonce pour 2020 une nouvelle organisation pour choisir facilement ses moyeux : on pourra choisir entre 3 types de roulements (standard / endurance / céramique), 3 types de corps de roue libre (standard, bleu / renforcé, jaune / engagement double, noir) et 2 matériaux pour les embouts, aluminium ou carbone.

Fox E-Live Valve

Chez Fox, on présentait l’E-Live Valve, le système électronique de gestion des suspensions adapté au moteur Bosch. Les deux marques ont travaillé main dans la main pour proposer un produit particulièrement intégré et abouti, comme on peut le voir sur ce Moustache.

L’E-Live Valve reprend toutes les caractéristiques de la version que nous avions testée l’année dernière (Fox Live Valve : roulez, l’électronique fait le reste !) en tirant parti des différents avantages offerts par la présence de l’assistance. Le système fonctionne ainsi sur la batterie Bosch, ce qui supprime la petite batterie disgracieuse sur les vélos classiques tandis que l’unité centrale est plus ou moins intégrée au vélo. La gestion des différents modes s’effectue directement via l’écran et la commande Kiox et Fox propose maintenant de créer différents profils utilisateurs avec des réglages un peu plus pointus que les 5 modes d’origine via une l’application E-Live Valve Link.

Revoloop

Revoloop est une chambre à air annoncée comme extrêmement légère et 100 % recyclable. Développée en Allemagne, elle est en thermoplastique ce qui lui permet d’être chauffée et broyée pour être réutilisée une fois usée. S’il est possible de renvoyer la chambre à air directement chez Revoloop, la marque souhaite développer un système de collecte chez les revendeurs pour simplifier le processus. La version VTT 29″ est annoncée à seulement 45 g, soit environ 100 g de moins qu’une chambre à air classique.

Si la résistance est réellement au rendez-vous (on se souvient des Tubolito, finalement plus fragiles qu’annoncé), cela pourrait être une solution de secours légère et peu volumineuse en cas de crevaison avec un pneu tubeless par exemple. Seul souci, le prix pour le moins prohibitif : 28,99 € la chambre à air en 29″.

Stage Cycling

Peu connue dans le milieu du VTT, Stage Cycling l’est plus sur route où la marque jouit d’une certaine notoriété pour ses capteurs de puissance intégrés aux manivelles. La marque américaine, basée à Boulder dans le Colorado, dévoilait ici ses dernières versions compatibles avec les nouveaux pédaliers Shimano 12V, y compris dans une version inédite avec un capteur pour chaque manivelle.

Plus intéressant, la marque présentait ses nouveaux compteurs Dash L50, L10 et M50 (photo). Si le L50 et le L10 sont un peu grands pour une utilisation VTT, le M50 présente plus d’intérêt. Parmi les caractéristiques à noter, un écran de 2,25″ extrêmement brillant pour être facilement lisible en plein soleil (comparé à un téléphone, c’est assez impressionnant), un fond de carte OpenStreetMap (donc gratuit) et bien sûr la compatibilité avec les différents cardio-fréquencemètres et capteurs de puissance de la marque. Le M50 est vendu 239 €, soit exactement le même prix qu’un Wahoo Elemnt Bolt, l’une des références du marché.

Autres trouvailles

Un des thèmes récurrents ces dernières années est l’intégration. Les marques souhaitent épurer au maximum leurs vélos et cela passe aussi par le poste de pilotage. Magura est notamment venu avec son concept MCI que nous vous présentions il y a quelques mois (Magura Cockpit Integration : au tour des Durits de disparaître).

Nous avons également retrouvé le cintre Beast Components, vu au Riva Bike Festival (Riva Bike Festival 2019 : quoi de neuf sous le soleil italien ?), nonchalamment posé sur un pied à l’extérieur d’un hall.

Toujours côté intégration mais niveau outillage cette fois, nous avons remarqué ces très belles stations Clorofilla tout équipées (pied, pompe, branchement VAE et outils essentiels).

Enfin, on abandonne un peu l’intégration pour finir mais que serait l’Eurobike sans ces créations venues d’on ne sait quelle imagination farfelue… Certaines sont connues mais reviennent chaque année tandis que d’autres sont de vraies découvertes. Mais une chose est sûre, la plupart d’entre elles sont mieux dans un salon que sur les routes ou les chemins.

Retrouvez la première partie de notre passage à l’Eurobike ici : Eurobike 2019 | Partie 1