Dossier | 7 pneus gravel polyvalents au banc d'essai

Dossier Tech
6 mars 2022 — Jan Van Herck

Test | Ritchey WCS Speedmax

Ritchey est un nom bien connu dans le milieu du vélo, et son fondateur, Tom Ritchey, s’est toujours intéressé à toutes les disciplines. Après la route, le VTT et le cyclocross, il est donc logique de retrouver des accessoires gravel à leur catalogue. Des cadres aux composants tels que les selles, les guidons et les tiges de selle ou encore les roues, on trouve presque tout dans le catalogue de la marque américaine, y compris… des pneus. Nous avons testé le Ritchey WCS Speedmax.

Premier coup d’œil et montage

Le Ritchey WCS Speedmax a un nom qui fait référence à un pneu de légende, qu’on présente souvent comme le premier semi-slick VTT de l’histoire, sorti au milieu des années 90. La marque s’est toujours démarquée par des dessins très originaux et cette nouvelle déclinaison gravel ne déroge pas à la règle. Autre originalité : vu le dessin de la bande de roulement, le sens de roulement semble être inversé lorsqu’on suit les recommandations inscrites sur les flancs. Alors que chez la plupart des marques de pneus, on reconnaît plus ou moins facilement une forme de flèche dans le sens de la marche, ici cette flèche est inversée. Cela semble contre-intuitif, mais ce sont bien les conseils de montage de la marque.

En parlant de montage, le Ritchey WCS Speedmax est très facile à mettre en place malgré des flancs assez épais et rigides. Il tient également le tubeless presque immédiatement. Sa rigidité, principalement due au renfort des flancs (baptisé Stronghold) qui doivent empêcher les crevaisons et pincements, ne complique pas les choses mais a tout de même un impact sur la balance. Nous avons pesé le pneu a 517 grammes, ce qui en fait le modèle le plus lourd de ce dossier.

Caractéristiques du pneu

Ritchey n’en est pas à son premier essai avec le Speedmax. La première version de ce pneu date en effet… des Jeux Olympiques de 1996, à Atlanta. Il a récemment été revu et se décline désormais en trois versions différentes : Wire (tringles rigides), Foldable (tringle souple) et le haut de gamme Stronghold WCS tubeless ready ici testé. La différence de prix entre ces versions est considérable : de 25,95 € pour le Wire à 72,95 € pour le WCS en passant par 36,95 € pour le Foldable. On est donc ici en présence d’un pneu très haut de gamme, au tarif franchement élevé.

En ce qui concerne la largeur du pneu, on a à nouveau trois options : 32, 35 ou 40 mm. Toutefois, les 32 et 35 mm ne sont proposées qu’en version Wire. Le WCS Stronghold n’existe qu’en 40 millimètres et une fois monté sur notre jante, nous remarquons qu’il semble avoir beaucoup de volume. A la mesure, il n’affiche cependant “que” 40,9 mm, alors que certains pneus de ce dossier dépassent les 41 mm.

Sur le terrain

Nos idées préconçues sur le sens de montage du pneu (avec la direction de la flèche) sont presque immédiatement écartées. Le pneu est rapide et on sent peu de résistance au roulement sur l’asphalte et les routes de gravier tassées. Selon Ritchey, le pneu est adapté aux courses de CX rapides et le Speedmax WCS fait honneur à son nom. Par rapport aux autres pneus du test, il figure dans le top 3 en terme de (faible) résistance au roulement.

Dans les petites enfilades de virages, les “ailerons” sur le côté du pneu offrent suffisamment d’adhérence et de stabilité pour les négocier confortablement et précisément. En courbe marquée, cependant, c’est une autre histoire et le pneu se comporte plus nerveusement. L’arrière, en particulier, a tendance à perdre le contact avec le sol et à partir en glisse, tant sur le sec que sur le mouillé. Plus le virage est serré (90° et au-delà), plus c’est sensible.

Au-delà de cette nervosité en courbe, le pneu arrière surprend également lors de changements brutaux de conditions, comme un passage soudain dans la boue, l’herbe humide ou sur une route pavée glissante : les ruades ne sont pas loin si on n’adapte pas son pilotage en prévision. Par curiosité, nous avons donc essayé de monter le pneu arrière à l’envers mais cela n’a pas eu l’effet escompté. La résistance au roulement est alors nettement accrue (l’immense avantage du Speedmax en temps normal) et la nervosité toujours présente. Cela n’a donc apporté aucune amélioration.

Notre boucle test a aussi permis de constater que le qualificatif Stronghold n’est pas usurpé. Nous avons accidentellement heurté une pierre saillante sur le bord d’un sentier mais le pneu n’a pas bougé. Le flanc est robuste et protège très bien contre les pincements, tout en faisant preuve d’une belle souplesse synonyme d’amorti et de confort. Le WCS Speedmax obtient également de bons résultats en terme de durabilité et après ce test, il n’y a pratiquement aucun signe d’utilisation. À cet égard, ce WCS Speedmax vaut son prix.

Verdict

Le Ritchey WCS Speedmax est un pneu rapide avec une faible résistance au roulement, une grande résistance aux crevaisons et une grande durabilité. En outre, le pneu a un volume plus important que les autres pneus du test, ce qui signifie qu’on peut potentiellement obtenir plus de confort et une meilleure filtration du terrain. Son point faible est le comportement quelque peu nerveux (surtout arrière) lors du passage dans la boue ou sur des zones humides et une sensation de dérive lors des virages à angle droit. En somme, le Ritchey WCS Speedmax est fait pour rouler vite et longtemps sur des terrains peu techniques, pas pour le pilotage engagé.

Plus d’informations eu.ritcheylogic.com

Ritchey WCS Speedmax

  • Robuste et résistant aux crevaisons
  • Faible résistance au roulement
  • Très durable
  • RAS
  • Poids élevé
  • Comportement nerveux dans les courbes
  • Comportement nerveux dans la boue
  • Prix élevé
Note générale
Évaluation du testeur
Prix d'excellence
Coup de coeur
Rapport qualité / prix
Usage recommandé
  • XC
  • TR
  • EN
  • DH
Prix : 72,95 €
Poids : 517 g