Les 5 choses à retenir des Championnats du monde VTT 2026 à Val di Sole
Par Adrien Protano -
Une semaine, quatre disciplines et une belle collection de maillots arc-en-ciel distribués dans la vallée italienne. Du relais au XCO en passant par le Short Track et la DH, ces championnats du monde de Val di Sole auront offert quelques confirmations, plusieurs surprises et surtout beaucoup de belles histoires. Plutôt que de refaire une nouvelle fois la liste des résultats, voici les cinq choses que l’on retiendra de ces Mondiaux 2026 :
Les héros d’un jour… qui ne doivent rien au hasard
C’est toute la beauté d’un championnat du monde : contrairement à la Coupe du monde et sa régularité récompensée sur une saison entière, le maillot arc-en-ciel se joue en quelques minutes ou dizaines de minutes. Un seul jour, une seule course et pratiquement aucun droit à l’erreur. Certains semblent particulièrement doués pour répondre présent lorsque l’enjeu devient maximal.
Difficile évidemment de ne pas commencer par Tom Pidcock. Arrivé à Val di Sole sans avoir disputé la saison de Coupe du monde (uniquement la manche de Nove Mesto avec une victoire) et seulement quelques semaines après le Tour de France, le Britannique s’élançait depuis la cinquième ligne.
Qu’importe : il lui aura fallu quatre tours pour rejoindre la tête avant de progressivement faire exploser la course et s’offrir un deuxième titre mondial XCO Élites, avec 17 secondes d’avance sur Charlie Aldridge. Une nouvelle démonstration de cette capacité assez fascinante à passer d’une discipline à l’autre et à être immédiatement au niveau lorsque l’objectif est suffisamment important.
En descente, Jackson Goldstone appartient déjà un peu à cette même catégorie. À seulement 22 ans, le Canadien a conservé son maillot arc-en-ciel après son titre de 2025. Et il l’a fait en partant dernier sur une Black Snake où Lachlan Stevens-McNab occupait le hot seat depuis près d’une heure. Goldstone était encore en retard de 0,461 s après le deuxième secteur avant de renverser complètement la situation dans la seconde moitié de la piste et de s’imposer de 0,695 s.
Et puis il y a évidemment Vali Höll. Mais à son sujet, parler de « héros d’un jour » commence à devenir franchement réducteur…
Vali Höll, cinq ans que le maillot arc-en-ciel ne change plus d’épaules
2022, 2023, 2024, 2025 et désormais 2026. Depuis cinq ans, le maillot de championne du monde Élite de descente appartient à une seule et même personne : Vali Höll.
À Val di Sole, l’Autrichienne a encore ajouté une ligne à une série qui commence à prendre des proportions historiques. Lisa Baumann a pourtant signé le meilleur premier secteur, mais Höll a fait tellement de dégâts dans la partie supérieure qu’elle conserve encore 1,728 s d’avance au passage de la ligne.
Le plus impressionnant est peut-être qu’on oublie presque que cette histoire avec le maillot arc-en-ciel avait commencé bien avant son arrivée chez les Élites. Höll avait déjà été sacrée championne du monde Junior en 2018 et 2019. Autrement dit, sur ses neuf saisons depuis son arrivée sur la scène internationale, elle compte désormais sept titres mondiaux individuels.
À ce niveau, tout se joue parfois sur presque rien
0,007 seconde. Sept millièmes. C’est l’écart qui séparait Lachlan Stevens-McNab et Jordan Williams pour les médailles d’argent et de bronze en descente.
Jackson Goldstone n’a lui-même remporté le titre que pour 0,695 s après 3 min 28 s d’effort sur l’une des pistes les plus difficiles du calendrier. Chez les femmes, Hattie Harnden termine à seulement 0,318 s de Lisa Baumann pour l’argent. Sur une piste où une mauvaise trajectoire peut coûter plusieurs secondes, les médailles se sont pourtant jouées dans des écarts minuscules.
Le constat vaut également en cross-country, même si les vainqueurs du XCO ont fini par creuser des écarts importants. Derrière Sina Frei, Martina Berta et Nicole Koller terminent ainsi toutes les deux à 1 min 07 s et ont dû se départager jusque dans les derniers mètres pour l’argent. Le XCC a poussé cette logique encore plus loin : Laura Stigger a dû attendre le sprint pour battre Evie Richards, tandis qu’Adrien Boichis a lui aussi décroché son maillot arc-en-ciel au terme d’un final extrêmement serré face à Charlie Aldridge. Quel spectacle !
L’Italie avait rendez-vous à la maison
On parle souvent de la pression supplémentaire que représente un championnat du monde à domicile. Pour l’Italie, elle semble surtout avoir donné des ailes. Du premier au dernier jour, les Azzurri auront été parmi les grands animateurs de ces Mondiaux de Val di Sole.
Le ton était donné dès la toute première journée avec le relais par équipes. Treize ans après son dernier titre mondial dans la discipline, l’Italie retrouvait l’or grâce à Juri Zanotti, Paolo Costa, Martina Berta, Giorgia Pellizotti, Valentina Corvi et Fabio Bassignana.
Une victoire construite collectivement, mais avec un moment qui restera forcément un peu plus que les autres : le cinquième relais, celui de Valentina Corvi. L’Italienne a complètement retourné la course en reprenant 1 min 35 s à l’Autrichienne Johanna Piringer et en offrant à Fabio Bassignana près d’une minute à gérer pour le dernier tour. Au bout du compte, l’Italie s’imposait avec 51 secondes d’avance sur la Suisse et 1 min 31 sur les États-Unis.
Et comme pour boucler la boucle, c’est encore Valentina Corvi qui allait faire chavirer le public italien quelques jours plus tard. À 21 ans, elle a dominé la course XCO U23 pour décrocher le premier titre mondial individuel de sa carrière. Une victoire qui confirme surtout son statut parmi les grandes promesses du XC italien, elle qui s’était déjà montrée particulièrement régulière en Coupe du monde cette saison (à savoir 13 podiums XCC et XCO confondus, dont 9 victoires).
Quelques heures plus tard, Martina Berta ajoutait encore une médaille à la collection. Impossible d’aller chercher Sina Frei, partie vers le titre, mais l’Italienne a remporté le sprint pour la deuxième place face à Nicole Koller et décroché l’argent devant son public.
Pas les Mondiaux espérés, mais de sacrées promesses pour 2027 à la maison
Soyons clairs : la France n’a pas connu à Val di Sole la razzia à laquelle elle nous a parfois habitués. Pas de médaille en XCO Élite, pas de maillot arc-en-ciel en descente et quelques-uns des grands noms tricolores absents du podium…
Rappelons que la France repart bien de Val di Sole avec un champion du monde Élite : Adrien Boichis. Fini de parler de promesse ou de génération future pour lui. Après son doublé XCC-XCO aux Gets une semaine plus tôt, le Français a décroché le titre mondial XCC devant Charlie Aldridge, tandis que Luca Martin prenait le bronze. Adrien Boichis n’est plus un jeune qui vient occasionnellement bousculer les meilleurs : à 23 ans, il s’est installé tout en haut de la hiérarchie mondiale.
Le XCO du dimanche aura été moins souriant aux Bleus (même s’ils ont joué aux avant-postes durant une grande partie de la course), mais il ne faut pas chercher bien loin pour trouver la génération suivante. Chez les U23, Naël Rouffiac est devenu champion du monde devant… Alix Andre-Gallis. Un doublé français qui en dit beaucoup sur la densité actuelle du réservoir tricolore. Et il faut ajouter à cela le bronze d’Agathe Vauchamp chez les Juniors !
Et pour la descente ? Antoine Pierron avait signé un run suffisamment solide pour s’installer un moment dans le hot seat avant l’arrivée des grands favoris et terrmine 7e, deux places devant son frère Amaury (9e). Max Alran, vainqueur de sa toute première Coupe du monde Élites une semaine auparavant aux Gets, n’a cette fois pas réussi à retrouver le même état de grâce et termine plus loin, tout comme Loris Vergier. Chez les Femmes, Marine Cabirou prend la neuvième place malgré une grosse sortie de piste, tandis que Myriam Nicole, malade, a dû renoncer à prendre le départ de la finale.
Et en 2027, tout ce petit monde jouera à domicile. Les Mondiaux ne distribuent évidemment jamais leurs médailles à l’avance, Val di Sole vient justement de nous le rappeler. Mais s’il fallait chercher une nation qui possède à la fois les leaders, la relève et la profondeur pour transformer l’avantage du terrain en médailles dans douze mois, la France serait plutôt bien placée sur la liste. Rendez-vous en Savoie l’été prochain !
Pour retrouvez tous les résultats complets :








