Test nouveauté | Focus Sam2 2021 : le gros Sam est de retour !

Par Paul Humbert -

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Test nouveauté | Focus Sam2 2021 : le gros Sam est de retour !

Une année après avoir dévoilé une toute nouvelle gamme de VTTAE construite autour du nouveau moteur Bosch Performance CX, Focus dévoile un nouveau Sam2 (prononcez « square ») à l’attention de celles et ceux qui cherchent un outil parfait pour enchaîner les descentes. Il reprend les lignes du Jam2 mais opte pour une géométrie plus engagée et un équipement bodybuildé. Nous l’avons découvert pendant deux journées sur les reliefs de Freiburg en Allemagne.

 

 

On notait toutefois l’absence du fer de lance de la gamme VTT : le Sam et sa déclinaison à assistance électrique, le Sam2. Ce manque est comblé – du moins pour moitié – pour 2021 avec l’arrivée du Sam2. En quelques mots, ce vélo c’est 170mm de débattement, des roues de 29 pouces, une batterie de 625Wh et toujours un intéressant « flip-chip » positionné sur l’axe de roue arrière.

Côté moteur, cela va faire un an que le Bosch Performance CX de quatrième génération est arrivé sur les sentiers. Depuis, il a même légèrement évolué avec la mise à jour « extended boost » portant son couple max à 85Nm et offrant un petit coup de « boost » dans certaines circonstances (qu’on vous présente dans un article dédié : https://www.vojomag.com/bosch-2021-extended-boost-et-85nm-le-performance-cx-se-peaufine/ ). On retrouve cette mise à jour sur ce nouveau Sam2.

 

 

Pas de révolution côté cinématique pour ce Sam2 qui reprend les mêmes bases que le Jam2, lui plutôt orienté All-Mountain, avec son architecture baptisée FOLD pour “Focus Optimized Linkage Design” et qu’on classifie comme un monopivot avec biellette.

La courbe de suspension est bien évidemment adaptée à ce nouveau Sam2 mais, sur le papier, elle devrait être assez similaire à ses petits frères de la gamme : assez confortable et souple en début de course puis plus progressive par la suite. Les éléments fournis par la marque le confirment : la courbe est dégressive pour ses 30 premiers pourcents avant de basculer passé le point de SAG. Le vélo est conçu pour être utilisé avec des amortisseurs à air comme à ressort. 

Côté géométrie, ça bouge bien plus ! Si certains tubes du cadres sont mutualisés, la géométrie change complètement, et vous avez encore la possibilité de la chambouler à l’aide d’un « flip-chip » sur l’axe de roue arrière qui permet au vélo de passer en 27,5 pouces ou de tester l’option « mixte » 29/27,5 !

Dans sa configuration « standard » 29 pouces, le vélo affiche un reach de 450mm en taille M, avec des bases de la même longueur et un angle de direction de 65°. Le tube de selle est à un angle effectif de 76 degrés et le déport de la fourche est fixé à 46mm. 

 

 

On note également l’apparition d’une taille XL.

 

 

Côté construction, le vélo reste tout en aluminium, la marque n’ayant pas pris le chemin du carbone pour le moment pour ses VTTAE. L’ensemble n’est pas particulièrement léger à près de 26kg (poids annoncé), mais pour un programme comme celui du Sam2, la descente, principalement, ce n’est pas complètement bloquant. 

Ce qui  compte en revanche, c’est la rigidité de l’ensemble. On retrouve, comme sur le Jam2, des roulements de bonne taille, un équipement robuste (on y reviendra) et des tubes de grosses sections. 

Le cadre comporte quelques petits éléments propres à la marque : ses bumpers de fourche, le flip-chip qu’on a évoqué, la prise de chargement sur le haut du top tube…

On retrouve une protection sur les bases, mais rien sur le moteur ou le tube inférieur.

 

 

L’élément visuel le plus propre aux Focus a été présenté sur tous les VTTAE 2021 et on le retrouve assez logiquement sur ce nouveau vélo : la potence qui intègre tous les câbles et gaines. Baptisée C.I.S (pour cockpit integrated system), elle mesure 50mm de long sur toutes les tailles et on a pu assister à son installation. La solution optimale reste d’avoir le coup de main et un peu d’aide, mais l’ensemble reste accessible à qui souhaite bricoler sur son vélo. 

On remarque également que les entretoises sont en deux parties. 

Du côté du moteur Bosch, on retrouve toujours le dernier Performance CX avec la batterie « maison » de 625Wh. Côté commande, on retrouve un modèle Purion.

 

 

Sous la batterie, les câbles sont guidés et maintenus par un guide qui vient se « clipser » contre la paroi. 

Dans la gamme, on retrouve deux modèles de Sam2 : le Sam2 6.8 équipé avec un ensemble de composants Sram/Rochshox à 5699€ et le modèle que nous avons pu découvrir en Fox/Shimano : le Sam2 6.9 commercialisé à 6699€.

On retrouve un duo de suspensions bien costaud avec la dernière Fox 38 qui offre 170mm de débattement et une cartouche Grip2. On rejoint les premières sensations d’Olivier au moment de la présentation de la fourche (à retrouver ici : https://www.vojomag.com/test-nouveaute-fox-38-36-grip2-redistribution-des-cartes/ ). Avec notre pilotage plutôt léger, on ne ressent pas nécessairement le besoin d’une fourche comme celle-ci, mais on apprécie toutefois de la retrouver à l’avant de ce vélo. En e-bike, les forces sont décuplées, le poids est plus présent et on a aimé pouvoir évoluer avec une base ultra solide. 

Pour l’amortisseur VAN, rien de bien compliqué, on retrouve un fonctionnement simple et à la hauteur de ce qu’on attend. Seul bémol du systême : à chaque taille de cadre est associé un ressort plus où moins costaud. Sur notre taille L, nous avons dû rouler avec un ressort de 400 alors que le vélo est initialement proposé avec un ressort de 450, ce qui aurait probablement été trop raide pour nos 72kg. C’est un changement à garder en tête lors de l’achat même si ça reste assez accessible, voire gratuit, si votre revendeur vous propose un échange.
On passe ensuite au freinage et on retrouve les Shimano XT 4 pistons qui gagnent notre grand comparatif de freins (à relire ici : https://www.vojomag.com/dossier-6-freins-a-disques-4-pistons-au-banc-de-test/ ) . Sans trop de surprise, la performance est au rendez-vous. 

Côté train roulant, là aussi c’est plutôt solide et nous n’avons rien eu à redire après deux journées. Les roues associent des cercles RaceFace AR30 à des moyeux Novatec D162. Elles accueillent des pneus Schwalbe Magic Mary en carcasse Super Trail devant et Super Gravity derrière, soit un très bon choix, solide et polyvalent. Focus opte pour une section de 2.6 qui offre une bonne motricité. 

Le poste de pilotage qu’on vous présentait est complété par un guidon RaceFace Chester de 35mm de diamètre et de 780mm de large. Il est chaussé de poignées Getta de la même marque. Attention, si vous avez des petites mains, vous risquez d’avoir envie de passer à une section un peu plus fine. 

Côté assise, on retrouve d’abord la tige de selle Fox Transfer RL à grand débattement sur notre taille L, ce qui est apprécié. Elle est combinée à un levier KS qui est, lui, assez mal intégré au poste de pilotage. C’est d’ailleurs un élément qui sera corrigé par Focus dans les prochaines semaines (même si les premiers vélos seront peut-être livrés dans cette configuration). 

Côté selle, on retrouve une Prologo Proxim W450 particulièrement inconfortable. L’assise est correcte mais sa forme entraîne un inconfort à l’arrière de la jambe au pédalage. Un sentiment partagé par plusieurs testeurs de ce modèle.

 

 

Enfin, côté transmission, on retrouve un groupe Shimano XT/SLX qui ne s’est pas fait remarquer négativement le temps de notre prise en main. 

Prise en main : Focus Sam2 6.9 2021

 

 

Nous voilà à Freiburg, à quelques kilomètres de la frontière française et de l’Alsace. On retrouve des sentiers découverts avec Cannondale qui abrite un bureau d’ingénieurs au coeur de la ville. Cette dernière est le point d’arrivée de plusieurs descentes tracées et entretenues par le club local. Focus a son siège à Stuttgart mais cette légère délocalisation en forêt noire nous a permis de découvrir le vélo sur des sentiers un peu plus variés que ceux qui entourent le bureau de la société. 

Direction le Canadian Trail pour une première journée, avant de basculer de l’autre côté de la ville pour quelques pistes encore plus travaillées et truffées de sauts plus où moins gros. On a pu découvrir ce Sam2 sur un terrain essentiellement travaillé par l’homme mais laissant apparaître un relief parfois bien cassant et rappelant les sections techniques qu’on pourrait retrouver en terrain de montagne. Il manquera toutefois cette confrontation avec des sentiers lents et techniques pour compléter cette première découverte. 

Cette prise en main est encore plus intéressante de notre côté puisqu’à l’heure où nous rédigeons ces lignes, nous bouclons un test plus longue durée du « petit » Jam2. Ce dernier s’est jusqu’alors montré assez docile et confortable. Polyvalent même puisqu’on ne s’est pas privé de l’emmener dans des sentiers de montagne bien cassants. Là où il va sortir de sa zone de confort, c’est sur les successions de gros chocs ou dans les portions raides et techniques. 

En prenant en main le Sam2, on retrouve un inévitable air de famille, bien que la géométrie soit plus poussée. Avec le Jam2, on tourne dans un mouchoir de poche et avec le Sam2, il nous faut tout de même une petite demi-journée pour se faire à ses cotes et ajuster notre position sur la machine. À l’instar des machines d’enduro moderne, il demande plus d’implication du pilote. Toutefois, une fois ce ré-équilibrage fait, on retrouve nos marques. Le vélo en vraiment rigide comme il faut et on le sent près à encaisser. 

Comme son petit frère, il a un tempérament qui le pousse à rester collé au sol, et d’ailleurs sa suspension est particulièrement efficace et apporte pas mal de confort sans le brider quand on lui demande de réagir. On ressent toutefois qu’il faut pousser la machine un peu plus vite pour qu’elle se mette en musique. Passé ce seuil critique, le vélo devient vraiment sympa à rouler. Il est plutôt lourd mais ça lui offre une certaine stabilité. On arrive toutefois à le faire virer de bord sans trop de peine et la machine encaisse sans broncher. 

En montée, le vélo n’est pas à la hauteur de son petit frère le Jam2. Qu’on se comprenne bien : le Sam2 est confortable au pédalage puisqu’on est bien droit, le vélo ne s’affaisse pas et conserve une bonne motricité avec ses gros pneus, mais il va cabrer un petit peu plus vite que d’autres e-bikes plus « All-Mountain ». De son côté il s’annonce comme orienté vers la descente et, dans ce cas, on peut lui pardonner ça.

 

 

Après deux grosses journées au guidon de ce Sam2 2021, on découvre le prolongement du Jam2 actuellement en test à la rédaction. Il conserve les mêmes bases de son comportement et pousse tous les curseurs d’un cran. Il laisse derrière lui une certaine facilité d’accès mais il gagne en rigidité, en efficacité dans le défoncé et en stabilité de manière générale. On ne le met plus à défaut dans les descentes les plus cassantes ou dans les portions raides où le Jam2 a tendance à « plonger ». Toujours avec une envie de rester collé au sol et d’offrir beaucoup de confort, le Sam2 a choisi le côté de la pente qui lui convient le mieux : c’est la descente…mais il ne faudrait pas lui interdire d’aller un peu plus loin !

 

 

Pour compléter cette prise en main, nous avons tenté un petit jeu : vous présenter en action la machine et les sentiers sur lequel nous l’avons découvert. Bon ride !

Plus d’infos sur le site de la marque : ttps://www.focus-bikes.com/fr_fr/ 

ParPaul Humbert