Pimp my ride : alléger et améliorer son vélo en 3 étapes

Tech
10 août 2017 — Olivier Béart

Etape 1 : améliorons et allégeons pour pas un rond !

L’objet de notre première étape a pour but de gagner du poids facilement, mais aussi et surtout de personnaliser le vélo pour l’adapter à sa pratique et à ses habitudes. Eh oui, comme nous allons le voir, customiser intelligemment ce n’est pas qu’essayer de faire le vélo le plus léger et ça ne coûte pas forcément plusieurs milliers d’euros  !

1.1. Passer en tubeless

Pour des raisons de facilité, de montage et de logistique, les vélos sont presque toujours livrés d’origine avec des chambres à air… mais des pneus et des jantes tubeless ready. Ce serait donc trop bête de ne pas en profiter. Pour une trentaine d’euros, quand le nécessaire n’est pas fourni avec le vélo ou gracieusement offert par votre revendeur préféré, investissez sans plus attendre dans une paire de valves et dans 500ml ou 1l de latex pour passer vos pneus en tubeless !

L’opération ne prend qu’une dizaine de minutes, vous fera gagner entre 100 et 200g (selon le poids des chambres à air d’origine et la quantité de latex que vous mettez – nous vous recommandons deux mesurettes, soit 80ml pour du XC. Ici, nos deux chambres font 295g et on les remplace par 4 mesurettes de latex, soit 180g, plus 20g de valves), mais elle vous permettra surtout de bénéficier de tous les avantages du concept : risque de crevaison réduit, meilleure accroche en permettant de rouler à plus basse pression, résistance au roulement réduite,… Un must !

1.2. Adapter ses points d’appui

Autre point crucial à travailler : les points d’appui. Au-delà des pédales, vous allez passer votre temps avec le derrière posé sur une selle et les mains appuyées sur des grips. Testez les équipements d’origine : si ceux-ci vous conviennent, tant mieux ! Mais souvent il s’agit de modèles assez standards, un peu durs et pas vraiment optimisés. Ici, ne cherchez pas spécialement à gagner du poids. Nous ne vous donnerons pas de conseils car c’est très personnel mais si vous aviez une selle favorite sur votre ancien vélo, reprenez-la ! Ou plutôt profitez de l’occasion pour racheter la même si elle a de l’âge car ces choses-là vieillissent. Beaucoup de magasins proposent aussi des selles test. Profitez-en !

Pour les grips, nous avons un gros faible pour les modèles en silicone, et les « originaux » des américains de ESI gardent nos faveurs. Presque à coup sûr plus légers que les modèles d’origine (il ne pèsent que 50g et permettent ici de gagner 30g) ils sont surtout hyper confortables, très accrocheurs même en cas de pluie et ils ne tournent pas. Pour une vingtaine d’euros, voici un autre upgrade facile et qui peut littéralement transformer vos sorties !

1.3 Soigner sa position

Toujours sur le poste de pilotage, et au niveau de la selle, pensez à bien affiner votre position : recul et hauteur de selle, longueur de potence, hauteur du poste de pilotage sont autant de points qui méritent une grande attention. A quoi bon en effet investir lourdement pour avoir un vélo léger et performant si c’est pour ne pas pouvoir l’utiliser pleinement à cause d’une mauvaise position ! Au-delà des conseils de base que votre revendeur pourra vous prodiguer, une petite étude posturale peut permettre d’objectiver tout cela pour un coût de 75 à 150€ en moyenne (on ne parle pas des études hyper poussées, bien plus chères et pas toujours utiles – l’exemple illustré ici est l’étude Bike Fitting de Shimano, très complète et facturée 150€).

1.4. Des suspensions aux petits oignons

Enfin, cela peut sembler évident, mais lors des premières sorties, écoutez vos sensations pour affiner les réglages de vos suspensions ! Partez des réglages préconisés par le constructeur mais embarquez une pompe à suspension dans votre sac et n’hésitez pas à vous en éloigner légèrement en essayant avec un peu plus ou un peu moins d’air à l’avant comme à l’arrière. Idem pour les mollettes de rebond et de compression (ce dernier réglage n’est pas présent sur toutes les suspensions). Vous ne savez pas exactement à quoi cela sert ? Eh bien essayez au milieu puis aux positions extrêmes : vous n’allez rien casser et vous comprendrez ! Puis, clic par clic, avec l’aide ici aussi des recommandations de la marque, vous trouverez votre graal. N’hésitez pas à noter sur un papier vos impressions ainsi que les pressions et réglages des mollettes, cela peut vous être d’une grande aide.

Toujours sur les suspensions, les fourches à air actuelles offrent de plus en plus la possibilité d’ajuster le volume de la chambre d’air au moyen de spacers/tokens. N’explorez cette piste qu’après avoir bien apprivoisé les autres réglages de base mais, pour faire simple, l’ajout de tokens se justifie si vous trouvez que votre fourche a trop tendance à plonger dans le débattement sur les gros impacts quand elle vous semble bien sur les petits chocs. Si vous augmentez simplement la pression, vous perdrez en début de course ce que vous allez gagner à la fin. L’ajout de tokens permet de jouer sur les deux tableaux. Ces tokens sont normalement livrés avec la fourche et pour savoir comment les placer/retirer, les sites de Fox et RockShox sont assez clairs. Et l’opération est très simple.

Très important : lorsque le vélo a bien roulé, ne négligez pas l’entretien ! Trop souvent, on voit des vélos de grande qualité dont le comportement est dégradé par la faute de suspensions pas ou mal entretenues. Ce qui est traître, c’est que cette détérioration étant progressive, on a tendance à ne pas la sentir. Il est donc important d’être discipliné et de faire entretenir ses suspensions au moins une fois par an par un spécialiste et de les examiner régulièrement pour déceler tout problème, voire d’apprendre à faire soi-même les opérations de base comme le nettoyage des joints et le changement de l’huile de lubrification.