Test | Notubes Crest S1 - Asterion XC29 : upgrader ses roues sans se ruiner ? Vive l'alu !

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31 juillet 2018 — Olivier Béart
C'est presque cliché de le rappeler, mais les roues sont sans aucun doute un des premiers points qu'il convient de chercher à améliorer sur un vélo. Aujourd'hui, on parle de plus en plus de carbone, et ce matériau focalise presque toute l'attention car c'est essentiellement là que se concentrent les nouveautés. Mais ici, nous avons voulu voir si pour une somme allant de 500 à 600€ et en restant sur de l'aluminium, il était possible d'avoir des roues très performantes, capables de booster les performances d'un vélo entrée, milieu, voire même déjà assez haut de gamme. Réponse avec ce double test des roues entrée de gamme Notubes Crest S1, proposées à 499€, et des Asterion XC29, affichées elles à 599€.  

Test | Roues Asterion XC29

Monteur de roues lyonnais désormais bien connu, Asterion met un point d’honneur depuis ses débuts à proposer des montages manuels de très haute qualité. Outre les montages customs, Asterion propose aussi une gamme de roues montées avec des composants sélectionnés et développés par ses soins. C’est le cas avec les Asterion XC29 testées ici et qui, à 599€ la paire, constituent le ticket d’entrée à l’univers du montage artisanal.

A la base de ces roues Asterion XC29, on retrouve des moyeux fournis par leur partenaire, Aivee. Il s’agit d’un modèle spécifique à ces roues, baptisé MP Custom. Même s’il s’agit de “l’entrée de gamme” de cette marque 100% française, on est déjà face à un moyeu qui n’a rien à envier à des produits très luxueux, que ce soit au niveau de la finition anodisée (disponible en 4 couleurs sans supplément de prix) ou des roulements (made in Japan, seule exception au made in France chez Aivee), ou encore au niveau des solutions techniques retenues.

Conséquence positive de la collaboration directe entre Asterion comme monteur et Aivee comme fabricant de moyeux, la géométrie de ces derniers a été optimisée (notamment au niveau de l’écartement des flasques) pour obtenir une roue bien rigide latéralement, plus facile à monter et à équilibrer.

La jante est aussi spécifique, avec une largeur interne de 24mm et une très faible hauteur (17mm). Il n’y a pas d’oeillets, ce qui permet de gagner pas mal de poids, et les flancs sont très bas, sans crochets, pour mieux laisser le pneu travailler (on retrouve cela plus souvent sur des jantes en carbone).

Le rayonnage fait appel à 32 rayons plats Sapim CX-Ray. Il s’agit de rayons haut de gamme, preuve qu’Asterion ne badine pas sur ce poste. En option (56€), il est possible de les ligaturer, ce qui va apporter un soupçon de cohésion et de rigidité en plus aux rayons. En parlant d’option, Asterion propose plusieurs couleurs non seulement pour ses moyeux, mais aussi pour les écrous (alu Sapim Polyax) et les stickers (option payante, contrairement aux autres). Le tout est entièrement assemblé à la main dans les ateliers de la marque à Charly (69).

Sur la balance, nous avons mesuré nos modèles d’essai à 1631g la paire. On arrive tout doucement dans des poids qui permettent de faire la différence avec beaucoup de roues montées d’origine sur de nombreux vélos. Vu la finition (magnifiée par les nouveaux graphismes sur les moyeux et au niveau des stickers des jantes) et la qualité du montage, le tarif de 599€ a vraiment des allures de très bonne affaire.

Nous les avons testées sur les mêmes montures que les NoTubes Crest S1, à savoir un Scott Spark RC et un Rockrider XC500 en semi-rigide. Avant de rouler, signalons que le montage des pneus s’est aussi déroulé ici sans le moindre souci. Sur le Scott, elles ont pris sans mal la succession de roues carbone haut de gamme (DT XMC 1200). Bien sûr, on peut percevoir une petite différence sur plusieurs points, comme un peu plus de “pep’s” en relances, roues carbone qui roulent un peu mieux aussi une fois lancées, sans doute en partie à cause de la hauteur des jantes sur les XMC, plus de rigidité dans les gros appuis… mais on est pas loin du trop de rigidité sur les DT à notre sens. Et dans tous les cas, les “petites” Asterion XC29 à 599€ n’ont pas à rougir !

Que ce soit au niveau du comportement sur le terrain ou de l’image que ces roues renvoient, elles ont tout d’un produit très haut de gamme

A plusieurs moments, elles nous rappellent un vieux slogan de pub pour la Renault Clio : “Mais que reste-t-il aux grandes ?”. C’est aussi un peu ce qu’on pense lors de cet essai, que ce soit au niveau du comportement sur le terrain ou de l’image que ces roues renvoient et qui a tout d’un produit très haut de gamme. Montées sur un semi-rigide d’entrée de gamme comme le Rockrider XC500, elles semblent même un peu en décalage avec le vélo et le cadre nous a semblé un peu inerte, alors que cette caractéristique ne nous avait pas du tout sauté aux yeux avec d’autres roues.

Le dynamisme est vraiment très présent dans les accélérations et les relances, notamment grâce aux jantes légères (Asterion annonce autour de 380g), mais aussi de l’exceptionnelle qualité du montage. Il faut aller sur des roues plusieurs crans au-dessus (en carbone) pour vraiment sentir un progrès clair et net. Mais elles peuvent regarder droit dans les yeux des NoTubes Crest Mk3 (100€ plus chères) ou les excellentes DT Swiss X1501 (300€ de plus en prix public). Pour 100€ de plus que les Crest S1, elles offrent aussi des performances assez nettement supérieures, qui peuvent valoir le coup si on les envisage comme roues à utiliser en course ou si on est d’un naturel pointu sur le matos.

Par rapport à leur faible hauteur, on se serait attendu peut-être à un peu plus de souplesse verticale pour absorber les impacts, mais heureusement, leur largeur de 24mm permet au pneu de bien travailler et de jouer son rôle à ce niveau, de sorte que si elles sont exigeantes, cela ne tourne pas à l’excès. On pourra aussi se passer de l’option ligatures, présente sur notre modèle de test, pour limiter le phénomène. Au niveau latéral, elles sont pour le coup très rigides et d’une précision diabolique, sans pour autant virer à l’inconduisible. Que du contraire, les roues parviennent à se donner légèrement pour aider le vélo à garder la trajectoire. Enfin, coté solidité, c’est du sans souci comme toujours avec Asterion. Pas de voile, pas de saut, et des jantes dont nous avons éprouvé la solidité sur de nombreuses courses et sorties hard pendant quasiment 5 mois.

Verdict :

Magnifiquement bien finies, montées avec soin, très dynamiques : les Asterion XC29 sont dans la lignée de tous les produits de la marque, exceptionnels. Mis à part le poids, elles ont tout ou presque de roues (très) luxueuses, pour un prix qui les place dans le segment milieu de gamme. Ajoutez à cela une politique d’options et de customisation, et vous avez des roues qui, sans vous ruiner, vous permettront de toucher du doigt la perfection. Elles sont aussi à voir comme un upgrade, plus que comme une “2e paire”, car à moins de posséder une première paire absolument exceptionnelle, il y a fort à parier qu’elles ne quitteront plus votre vélo. En tout cas, sur notre Spark, nous n’avons toujours pas remis les roues carbone… 

Plus d’infos : https://www.asterion-wheels.com