Test nouveauté | Orbea Oiz 2019 : XC 100mm ou TR 120mm, lequel choisir ?

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25 septembre 2018 — Olivier Béart
Très attendu et présenté au début de l'été, le tout nouvel Orbea Oiz 2019 a pour originalité de se décliner en deux versions à partir d'un même châssis. En changeant simplement la fourche, l'amortisseur et quelques accessoires, il offre la possibilité de passer d'un pur vélo de XC racing en 100mm à une machine de trail plus polyvalente en 120mm. La promesse est belle sur le papier, mais nous avons voulu vérifier si elle est tenue sur les sentiers. Pour cela, prenons la direction des Pyrénées pour un premier test de ces deux versions :

Orbea Oiz TR : 20mm de plus, ça change tout

20 millimètres. Deux petits centimètres de rien du tout. Eh oui, cela suffit à métamorphoser le vélo ! En fait, il n’est pas juste question d’une augmentation du débattement (de 20% tout de même, ce qui est un chiffre plus représentatif que ceux cités avant), mais bien d’une façon complètement différente de penser un même vélo, avec des settings de suspension différents qui transfigurent littéralement la machine en lui ouvrant bien d’autres horizons.

Au premier contact, en retrouvant notre Oiz qui a été transformé de XC à TR pendant la nuit par les mécanos, on n’est pas déconcerté. Les appuis sont identiques et on sent juste que l’avant est un micro-poil plus haut que la veille. Ce qui n’est pas plus mal quand on n’est pas un crosseur de très haut niveau. Ca reste racing, mais c’est moins exigeant et plus équilibré à nos yeux. Premier bon point. Puis, on a aussi l’indispensable tige de selle télescopique pour vraiment profiter pleinement du potentiel du châssis.

Ensuite, on constate très vite que le vélo n’a rien perdu en nervosité ! La différence de poids est très contenue (on passe à peine au-dessus de 10kg dans cette configuration) et il s’envole toujours au moindre coup de pédale. On sent bien que l’amortisseur est taré un poil plus souple sur le début de course, mais la cinématique bien étudiée du Oiz permet naturellement de limiter le pompage à la portion congrue. On reste sur un tempérament d’un tout bon vélo de XC, et c’est tant mieux.

Par contre, dès qu’on aborde des sections plus défoncées, on sent que le confort a fait un bond en avant assez spectaculaire. Sur le XC, onperçoit qu’on est sur un full qui absorbe très correctement, mais on sent surtout que c’était une notion secondaire pour le public cible et que le setting de suspension en ont tenu compte. Ici, sur l’Orbea Oiz TR, c’est presque le jour et la nuit, avec un amortisseur qui gomme toutes les aspérités et qui utilise à merveille les 20mm supplémentaires pour plaquer la roue au sol en toutes circonstances et pour prendre soin du pilote et de ses petites vertèbres.

Dans les enchaînements sinueux, c’est le même vélo que la veille… en mieux ! Là, c’est l’apport de la Fox F34SC qui se fait sentir au niveau de la précision des trajectoires. La F32 n’est pas une championne de rigidité, c’est bien connu et c’est la rançon de son poids plume. On reste dans des limites très acceptables, mais quand on passe sur la nouvelle F34SC, on sent clairement que c’est plus rigide et que le guidage est amélioré. C’est peu de chose dans certains passages, mais quand on se met à vraiment ouvrir les gaz, ce que l’Oiz TR permet de faire très franchement, ça peut faire la différence et cela participe à augmenter le plaisir pris au guidon d’une telle machine.

Puis, on se décide à prendre de la hauteur. A emmener cet Oiz TR tout en haut de la montagne. A s’attaquer même à des pistes de bikepark… et là, c’est la révélation ! Quelle polyvalence ! Là où un pur vélo de XC montrerait, fort logiquement, ses limites, l’Oiz TR montre… qu’il n’en a pas d’autres que celles du pilote. Bien sûr, ce n’est pas un vrai vélo d’enduro et à la moindre erreur, on n’a pas 160 ou 170mm de débattement ainsi que de tout gros pneus à gomme tendre pour se rattraper, mais lors de cette sortie, nous n’avons pas trouvé un seul chemin ni une seule piste du bikepark où nous nous sommes dit : “Ouille, là, avec un petit vélo comme ça, ça ne va pas passer”.

C’est fun, c’est vif, c’est rassurant aussi. Et incroyablement efficace de surcroit. De pur XC, l’Oiz TR devient une arme pour marathons cassants et autres courses par étapes, un vélo fun pour aller s’amuser à la montagne, un chouette engin pour se balader dans un confort royal… ou au contraire pour envoyer des (pas si) petits sauts en bikepark.

Très franchement, nous ne nous attendions pas à une telle claque au guidon de l’Orbea Oiz TR, ni à une telle différence par rapport à la version XC. C’en est au point qu’on se dit que l’Occam TR a vraiment du souci à se faire dans sa version actuelle et que la porte est ouverte pour une future version qui devra être plus radicale et proche du Rallon pour réellement se démarquer de cet Oiz TR pétri de talent. Par rapport au Specialized Epic Evo, qui adopte une démarche similaire de “crosseur bodybuildé”, on sent qu’Orbea a poussé la réflexion beaucoup plus loin que juste mettre une fourche avec plus de débattement devant et des gros pneus. Le résultat est d’ailleurs bien plus cohérent et séduisant.

Avec l’Orbea Oiz TR, la marque espagnole ajoute un nouveau jalon dans son histoire, comme l’a été l’Occam il y a quelques années et le Rallon plus récemment. Elle ouvre aussi la porte à une nouvelle ère, celle des vélos “typés XC”, mais qui, en s’offrant un peu plus de débattement, s’offrent aussi une toute autre polyvalence. Il a le poids d’un pur crosseur, mais les suspensions d’un pur vélo de trail, et surtout le tempérament attachant d’un véritable Orbea. N’en jetez plus, la coupe est pleine et vous avez compris que nous avons eu un vrai coup de cœur pour cette version. A moins que vous ne fassiez que de la compétition XC pure et dure, pour nous, il n’y a pas photo, le choix de la version TR ne se discute même pas.

Ah oui, on ne vous a pas dit : le fameux rocher sur lequel on avait calé la veille avec le XC… On l’a passé du premier coup avec le TR. Et, même si cela n’a rien de scientifique, Strava nous indique qu’on a amélioré nos temps sur l’ensemble des quelques segments empruntés avec le XC et sur lesquels nous avons re-roulé avec le TR. En descente, comme en montée.

Verdict Orbea Oiz TR

Si nous disions juste avant que l’Oiz XC rejoignait juste ses concurrents dans la course au podium, l’Oiz TR est pour nous un véritable benchmark. Même le Scott Spark 120mm, un de ses rares vrais concurrents, ne nous a pas laissé une impression aussi positive (là, c’est plus la version RC typée XC racing qui a nos préférences). Il y a fort à parier que, presque par réflexe, beaucoup d’acheteurs du Oiz vont se tourner vers la version 100mm. Parce qu’on a toujours fait comme cela pour un usage rando/marathon/XC. Mais bientôt, notre petit doigt nous dit qu’ils se rendront compte des bienfaits d’un peu plus de débattement, de pneus un peu plus gros, d’une tige télescopique,… Et là, le gros avantage de l’Orbea, c’est qu’il ne faudra pas tout changer pour transformer son vélo et le mettre au goût du jour. Croyez nous, ce Oiz TR va marquer son époque.

Plus d’infos : www.orbea.com/be-fr/velos/montagne/oiz