Test nouveauté | Mondraker Zendit R : de l’alu pour mieux régner
Par Adrien Protano -
Quelques mois après avoir dévoilé le Zendit dans sa version tout carbone, Mondraker élargit la famille avec deux déclinaisons plus accessibles, les Zendit R et S. Pas de nouvelle plateforme ici : géométrie, cinématique, débattements et ensemble Avinox M2S/800 Wh sont conservés. La principale différence se trouve à l’arrière, où le carbone laisse place à l’aluminium. De quoi changer le caractère de ce Zendit qui nous avait particulièrement convaincus ? Nous avons pris le guidon du Zendit R pour le vérifier.
Il y a quelques mois, nous découvrions le Mondraker Zendit dans sa première déclinaison, avec un cadre entièrement en carbone. Un vélo qui nous avait marqués par son caractère : gros débattement, géométrie engagée et moteur Avinox surpuissant sur le papier, mais surtout une excellente suspension arrière, beaucoup de traction et un comportement finalement bien plus polyvalent qu’on aurait pu l’imaginer : Test nouveauté | Mondraker Zendit : VTTAE clivant, mais Mondraker dans l’âme ?
Une seule chose importante change au niveau du châssis : le triangle arrière, auparavant en carbone, est désormais réalisé en aluminium.
Cette fois, inutile de repartir d’une feuille blanche : le vélo que nous avons entre les mains est fondamentalement le même. Avec les nouveaux Zendit R et Zendit S, Mondraker ne présente ni une nouvelle génération, ni une nouvelle plateforme. Le triangle avant en carbone est identique, la cinématique et la géométrie sont conservées, tout comme le moteur Avinox M2S, sa batterie de 800 Wh, les 165 mm de débattement arrière, les 170 mm à l’avant et le montage mulet. Une seule chose importante change au niveau du châssis : le triangle arrière, auparavant en carbone, est désormais réalisé en aluminium.
L’objectif est assez évident : faire descendre le ticket d’entrée dans la famille Zendit sans développer une version au rabais du vélo. Les R et S viennent ainsi se placer sous les Zendit RR, RR S et XR déjà présents au catalogue, avec des équipements moins prestigieux et ce nouveau triangle arrière Stealth Alloy.
Même Zendit, autre triangle arrière
Pour comprendre les R et S, il faut donc commencer par ce qui ne change pas : toute la partie avant du cadre est reprise du Zendit que nous avons déjà testé. On retrouve le triangle Stealth Air Carbon, développé autour de l’intégration du système Avinox, ainsi que l’architecture de suspension Zero.
Mondraker conserve également ses roulements de dimension identique sur les différents pivots, avec deux joints supplémentaires destinés à mieux les protéger de l’eau et de la saleté. Salva Martínez, product manager chez Mondraker, nous le montrait en détail lors de la présentation du Zendit en avril dernier.
Même constat du côté des roues : les Zendit R et S restent pensés autour d’un montage 29 pouces à l’avant et 27,5 pouces à l’arrière. Attention, contrairement à la version carbone qui permettait le montage d’une roue de 29″ (en aftermarket) grâce à l’usage d’un flip-chip, c’est ici impossible sur ces versions R et S au triangle arrière en alu. Mondraker explique avoir retenu cette configuration pour combiner stabilité à haute vitesse, traction et facilité à manipuler le vélo.
À l’arrière, en revanche, le carbone laisse place à une nouvelle structure Stealth Alloy. C’est là que se situe la principale évolution de ces deux modèles. Pour la marque espagnole, pas question de simplifier la plateforme pour créer un Zendit moins performant. Les points d’ancrage, la cinématique, les débattements et la géométrie restent ceux du Zendit que nous connaissons. Le changement de matériau permet avant tout de proposer deux montages moins chers.
Moteur Avinox M2S : rien ne change non plus
Pas de compromis non plus sur la motorisation. Les Zendit R et S conservent le Avinox M2S et la batterie de 800 Wh des modèles supérieurs. C’est un élément important dans le positionnement de ces deux versions. Mondraker aurait pu profiter de cette descente en gamme pour modifier la batterie ou la motorisation pour une option plus économique : ce n’est pas le cas.
On retrouve donc exactement cette association que nous avions découverte sur le Zendit carbone : un moteur extrêmement puissant, mais associé à un châssis capable d’exploiter cette puissance grâce à la motricité offerte par la suspension arrière.
Une géométrie que l’on connaît déjà
On retrouve les valeurs assez radicales du Zendit : 63,5° d’angle de direction, un angle de selle effectif de 77° et un boîtier situé à 345 mm en position standard. Le reach est de 480 mm en taille M/L, tandis que les bases sont des 450 mm pour les tailles S à M/L, et 455 mm pour les tailles L et XL.
Le flip-chip permet toujours de passer en position Low. L’angle de direction descend alors à 63,15°, le boîtier à 340 mm et le reach diminue de 4 mm. C’est principalement la position « Standard » que l’on a conservée pour la majorité de notre test, plus adaptée à nos terrains de jeu et à notre pratique. La position « Low » vient exacerber un peu plus encore le côté « enduro très posé » du vélo.
Toujours 170/165 mm et la suspension Zero
Même chose du côté des suspensions. Les R et S conservent 170 mm de débattement à l’avant et 165 mm à l’arrière, avec la même plateforme Zero qui constituait déjà l’un des points forts du vélo lors de notre premier essai. Pour rappel, l’objectif de la marque est ici de placer l’amortisseur le plus proche du boîtier de pédalier et du moteur afin d’abaisser le centre de gravité du vélo autant que possible.
Deux nouveaux montages : R et S, financièrement plus accessibles
C’est finalement principalement sur les périphériques que les deux nouveaux Zendit vont se distinguer des versions que nous connaissions. La hiérarchie devient donc assez facile à comprendre : ce ne sont pas deux nouveaux Zendit, mais deux nouvelles portes d’entrée vers le Zendit.
Le Zendit R, celui de notre essai, reçoit une Fox 38 Performance en 170 mm associée à un Fox Float X Performance à l’arrière. La transmission utilise un dérailleur Sram S1000 Eagle AXS T-Type, et le freinage est confié aux Sram Maven Base. Les roues sont des DT Swiss Hybrid H 1900 Spline, chaussées d’un Maxxis Assegai 29×2.5 WT MaxxGrip EXO+ devant et un Minion DHR II 27,5×2.5 WT MaxxTerra en carcasse DoubleDown derrière. Le poids annoncé est de 23,95 kg.
Le Zendit S pousse encore un peu plus loin la logique d’accessibilité. Il utilise le même cadre carbone/aluminium et le même ensemble Avinox M2S/800 Wh, mais passe sur une RockShox Zeb Base Rush RC, un Super Deluxe Select, des roues Mavic E-Access XR30, des Maven Base et une transmission Sram 70 Eagle T-Type. Mondraker annonce un poids de 24,4 kg.
Côté tarifs, le Zendit S démarre à 6499 €, tandis que la version R est annoncée à 7499 €. Pour rappel, le premier modèle entièrement en carbone (Zendit RR) est affiché à 8499 €, suivi de deux modèles plus onéreux (Zendit RR S à 10 499 € et Zendit XR à 12 499 €).
Mondraker Zendit R : le test terrain
C’est finalement ici que notre essai devient intéressant. Nous avons déjà roulé le Zendit avec son triangle arrière carbone et nous avions largement détaillé son comportement à cette occasion. Il ne s’agissait donc pas cette fois de redécouvrir le vélo, mais plutôt de vérifier si ce nouveau triangle arrière en aluminium modifiait ce que nous avions apprécié.
Première réponse après quelques tours de roues : nous avons immédiatement retrouvé le Zendit.
Première réponse après quelques tours de roues : nous avons immédiatement retrouvé le Zendit. La suspension arrière reste probablement l’un de ses plus gros points forts. Les 165 mm sont particulièrement bien exploités, avec beaucoup de sensibilité sur les petites irrégularités mais suffisamment de maintien pour ne pas donner l’impression d’un vélo qui s’effondre dès qu’on commence à charger les appuis. C’est surtout la gestion du milieu de course qui impressionne, avec une fin de débattement qui arrive tout en douceur. Le résultat est bluffant de confort et d’efficacité, au point de presque oublier qu’on roule avec une roue arrière de 27,5 pouces.
On retrouve surtout cette capacité de l’arrière à suivre le terrain et à conserver du grip. Dans les portions cassantes, la roue reste particulièrement bien connectée au sol. Et dans les montées techniques, cette qualité prend encore davantage de sens avec l’Avinox : plutôt que de simplement disposer de beaucoup de puissance, le Zendit parvient à en transmettre une bonne partie au sol. On vous en parlait en détail ici : Test VTTAE | Mondraker Zendit 2026 : le moteur Avinox M2S ne fait pas tout
Carbone contre aluminium : peut-on réellement sentir la différence ? C’était évidemment la grande question de cet essai. Et notre réponse mérite un peu de nuance : nous n’avons pas ressenti de différence flagrante.
En passant sur le Zendit R, nous n’avons pas eu cette impression parfois très nette qu’un vélo est devenu plus souple, moins précis ou au contraire plus raide. Nous avons surtout retrouvé les sensations que nous avions gardées du Zendit tout carbone : la qualité de l’amortissement arrière, la traction, la facilité avec laquelle la roue arrière suit le terrain et ce mélange assez réussi entre stabilité et mobilité. D’ailleurs, la rigidité du châssis nous semble particulièrement bien dosée. Le Zendit ne manque pas de précision et supporte sans broncher les contraintes imposées par son puissant moteur, mais il conserve une certaine tolérance dans le cassant. Difficile de dire si cette sensation vient d’un châssis moins rigide que sur les anciens Mondraker ou de l’excellent travail de la suspension arrière, mais le résultat est convaincant.
Cela ne permet évidemment pas d’affirmer que les deux triangles arrière sont mécaniquement identiques. Plusieurs mois séparent nos deux essais et nous n’avons pas roulé les deux vélos successivement sur les mêmes pistes, avec exactement les mêmes réglages. Ce n’est donc pas un véritable back-to-back, et prétendre mesurer une différence de rigidité sur cette base serait hasardeux.
Ce que notre essai permet en revanche de dire, c’est que le passage à l’aluminium ne nous a pas sauté aux yeux une fois sur le terrain. Plus important encore : il ne semble pas avoir effacé les qualités qui nous avaient plu sur le Zendit carbone.
C’est précisément ce contraste qui nous avait plu sur le Zendit carbone. Et c’est celui que nous retrouvons sur ce Zendit R.
Le Zendit conserve cette double personnalité qui nous avait déjà séduits. Et c’est d’ailleurs l’une des bonnes surprises de cette plateforme : malgré son débattement généreux et sa géométrie engagée, il se montre nettement moins exigeant que certains anciens Mondraker. On retrouve un vélo au caractère racé, mais sans être impétueux.
À allure tranquille, le Zendit est un compagnon confortable, prévisible et rassurant. Il ne demande pas de rouler constamment à fond pour être agréable, même s’il peut sembler un peu placide, voire légèrement pataud, lorsqu’on se contente d’enchaîner les kilomètres en randonnée. Il reste un pédaleur tout à fait correct, mais ce serait presque dommage de le cantonner à cet usage.
Car c’est lorsqu’on commence à hausser le rythme que le Zendit dévoile son véritable caractère. Il aime qu’on le brusque, qu’on soit incisif dans les changements de direction et qu’on charge les appuis. Il devient alors étonnamment maniable et joueur pour un VTTAE de ce gabarit. On retrouve un vélo vivant, qui donne envie d’attaquer, tout en conservant une stabilité remarquable lorsque le terrain devient plus rapide, cassant ou pentu.
C’est finalement dans ces conditions qu’il s’exprime le mieux. Le Zendit n’est pas particulièrement lourd, mais ce n’est pas non plus un poids plume, et on sent qu’il y aurait encore matière à gagner en dynamisme sur une version plus légère comme le Zendit RR. Cela dit, son équilibre entre stabilité, confort et vivacité est déjà particulièrement réussi.
Petit mot sur l’équipement, où cette version R nous a agréablement surpris. Sans chercher à impressionner avec des composants haut de gamme, Mondraker propose un montage cohérent et bien réfléchi, qui permet déjà de profiter pleinement des capacités du vélo. Pour une version de milieu de gamme, difficile de demander beaucoup mieux.
Le seul point où l’on pourrait imaginer un upgrade serait du côté de la fourche. Certains testeurs ont trouvé son comportement un peu trop linéaire pour une machine aussi capable. On perçoit ici les limites de sa cartouche hydraulique, notamment lorsqu’on commence à rouler plus fort. Le contraste est d’autant plus marqué que la suspension arrière semble, elle, presque sans limites.
Un adversaire de l’Orbea Wild LT Avinox ?
Difficile de ne pas comparer le Zendit R à l’Orbea Wild LT, tant les deux vélos jouent dans la même catégorie et partagent la même motorisation. « Le Zendit se montre un peu moins vif dans les changements de direction et moins facile à décoller du sol, mais il reste parmi les VTTAE les plus joueurs du marché. En contrepartie, il offre un comportement encore plus posé et une suspension arrière particulièrement aboutie. L’Orbea conserve quant à lui l’avantage en matière de dynamisme au pédalage et de réactivité à la relance, y compris dans sa version aluminium », explique Olivier, qui avait roulé le Wild LT lors de sa présentation en juin dernier. Il ne s’agit donc pas d’un comparatif direct, les deux vélos n’ayant pas été roulés côte à côte sur les mêmes terrains.
Verdict
Le résultat est presque plus simple que prévu : le Zendit R est avant tout… un Zendit. Et c’est exactement ce que Mondraker cherchait à faire. Le triangle arrière passe du carbone à l’aluminium, les périphériques deviennent plus accessibles, mais la plateforme que nous avions déjà appréciée reste intacte. Même géométrie, même cinématique, mêmes débattements, même montage mulet, même moteur et même batterie : ce qui change le plus se trouve sur la fiche technique et, surtout, sur le tarif. Ce qui faisait le caractère du Zendit, lui, semble être resté au même endroit.
Sur le terrain, on retrouve donc un VTTAE particulièrement abouti, avec une suspension arrière remarquable, un châssis bien équilibré et un caractère plus accessible que ce que Mondraker nous avait parfois habitués à rencontrer par le passé. Capable de se montrer confortable et docile en randonnée, il révèle surtout tout son potentiel lorsqu’on hausse le rythme et que le terrain devient plus exigeant.
Pour plus d’informations : https://mondraker.com/lu/fr












