Test nouveauté | MET Parachute MCR 2 : un intégral qui sait aussi rouler à visage découvert
Par Olivier Béart -
Casque intégral quand ça descend, casque ouvert quand ça monte : MET remet le couvert avec le Parachute MCR 2, la nouvelle génération de son casque VTT à mentonnière amovible. Plus léger, mieux ventilé, certifié selon les normes les plus exigeantes et doté d’un système magnétique de mentonnière encore plus facile à manipuler, il veut devenir le casque de tous ceux qui aiment autant monter que descendre, en enduro comme en VTT à assistance électrique. Vojo a pu le découvrir en avant-première au siège de la marque. Voyons ce qu’il a dans le ventre :
Fondé en 1987, MET est toujours une entreprise familiale. Elle compte une grosse vingtaine de personnes, mais sa spécialité est large : tout le vélo, des casques pour enfants à ceux des pros du peloton route (Tadej Pogačar en porte un, ce qui aide à se faire connaître). Si la production se fait aujourd’hui en Chine, toute la recherche, le développement et les tests restent chez eux, en Italie, avec de gros investissements récents, dont une soufflerie et un renforcement de la R&D ainsi que des laboratoires d’essais.
Vojo a été invité au siège de la marque pour découvrir le tout nouveau Parachute MCR 2, présenté en avant-première. Voyons ce qui change :
Le Parachute, un modèle iconique
Le Parachute est un peu le casque emblématique de MET, et cette version marque sa quatrième génération (la deuxième à utiliser le système de mentonnière magnétique MCR). L’idée de départ est née avant même l’explosion de l’enduro : proposer un casque intégral léger, que l’on puisse porter tout le temps, pour offrir un niveau de protection nettement supérieur à celui d’un casque ouvert, mais sans les inconvénients habituels d’un intégral classique, qui devient vite une étuve dès que ça monte.
La demande est bien réelle, et MET y est légitime, puisque la marque occupe ce segment depuis longtemps. C’est aussi une belle vitrine de son savoir-faire : un casque convertible est l’un des plus complexes à concevoir, car il doit faire un peu tout et son contraire, être sûr et léger, bien ventilé et rassurant.
Aujourd’hui, le MET Parachute MCR 2 évolue avec la pratique, en s’adressant autant aux amateurs d’enduro et de VTT électrique qu’à ceux qui cherchent simplement un casque polyvalent.
La sécurité comme point de départ
Chez MET, la sécurité passe avant tout, avec une ambition claire : décrocher toutes les certifications, et pas seulement celles qui arrangent la marque. Elles sont prises en compte dès le début du développement, ce qui change beaucoup de choses.
Cela s’appuie d’abord sur vingt ans d’expérience en simulation par éléments finis (un calcul informatique qui prédit comment la matière se déforme lors d’un choc). MET dispose de son propre laboratoire virtuel, qui permet de tester un casque avant même que le premier exemplaire physique existe. Viennent ensuite ses bancs d’essai maison, soutenus par trente ans de données de crash tests.
Une troisième source est plus originale : le programme de remplacement après chute, qui permet à la marque de récupérer des casques ayant réellement vécu un accident. Ceux des pros s’y ajoutent, parfois accompagnés de vidéos de la chute, ce qui aide à comprendre ce qui s’est vraiment passé. MET compare ainsi en permanence ses résultats de laboratoire à la réalité du terrain pour que ses tests collent au plus près de ce qui arrive vraiment sur un sentier.
Tout cela n’a de sens qu’avec un laboratoire utilisable à tout moment de l’année, qui sert aussi à contrôler en continu la production, pour vérifier que les standards sont respectés casque après casque. La marque voit aussi venir la suite : l’évolution du domaine montre qu’il faut combiner, dans les tests, la dissipation d’énergie linéaire (un choc frontal « droit ») et en rotation (celui qui fait tourner la tête). De nouvelles normes européennes tenant compte de ce double aspect devraient arriver, et MET participe aux groupes de réflexion qui les préparent.
Certifié au-delà de la norme
Le Parachute MCR 2 s’est construit sur ce principe, que la marque résume par « Safety is Science ». Pendant le développement, pas moins de 823 impacts ont été réalisés et analysés dans son laboratoire. Le résultat est une certification NTA 8776, une norme néerlandaise née pour les vélos électriques rapides (45 km/h), bien plus exigeante que celle des casques VTT classiques. Par rapport à ce standard, MET annonce des impacts testés à une vitesse supérieure de 21 %, une énergie dissipée de 43 % plus élevée et une zone couverte certifiée plus étendue de 10 %.
Le casque est aussi certifié ASTM (la référence américaine) et reçoit un système Mips Air Node Pro. Ce dispositif réduit les effets d’un choc en rotation sur le cerveau, grâce à une couche intérieure qui peut glisser légèrement. Par rapport à la version non Pro, il offre plus de maintien pour un casque aussi volumineux, au prix d’un poids très légèrement supérieur, vraiment négligeable. MET attend encore les données officielles du laboratoire de Virginia Tech (autre référence mondiale en classement de la protection des casques), mais ses propres essais internes ont déjà donné d’excellents résultats.
Côté construction, on retrouve une coque en polycarbonate injectée avec une doublure en polystyrène expansé, dans un montage « full-wrap » qui enveloppe bien le tout et améliore la durabilité.
MCR 2 : la mentonnière magnétique évolue
MCR signifie « Magnetic Chinguard Release ». Ce système a été mis au point en collaboration avec Fidlock, spécialiste des fermetures magnétiques, qui a décliné ici son principe de fixation pour une mentonnière. Il en est ici à sa deuxième génération.
L’aimant sert d’abord d’aide à la mise en place : il est libre de tourner, ce qui permet de l’approcher de plusieurs façons, et il guide la mentonnière pour qu’elle se place correctement à chaque fois. Une fois en position, une fermeture mécanique prend le relais, pour la sécurité.
Pour cette deuxième génération, MET a surtout travaillé sur l’ergonomie : la conversion entre intégral et casque ouvert est plus facile, même avec les gants.
Le plus intéressant se cache là où l’on ne regarde pas, dans la structure du casque : une pièce en forme de toile d’araignée, noyée dans la coque, crée un lien solide entre le casque lui-même et le système d’accroche de la mentonnière. Sans elle, le plus beau des aimants ne servirait à rien en cas de chute.
Mieux ventilé et plus léger
La ventilation progresse de 25 % par rapport au modèle précédent. Le Parachute MCR 2 compte 24 aérations, reliées par des canaux internes optimisés. La soufflerie de MET a joué un rôle clé, même si ce n’était pas pour chercher l’aérodynamisme : elle sert ici à mieux maîtriser les flux d’air à l’intérieur du casque, pour qu’il refroidisse mieux sans rien sacrifier de la sécurité.
Le Parachute MCR 2 pèse 730 g en taille M, en configuration intégrale. C’est près de 100 g de moins que la génération précédente, alors qu’il encaisse des impacts plus importants. Pour situer la performance, il ne pèse que 5 g de plus que le Vanguard, le casque intégral de MET dont la mentonnière n’est pas amovible. On porte donc la polyvalence pour presque rien.
Supervisor : une visière qui sait se faire oublier
La visière, baptisée Supervisor, est réglable et peut accueillir les lunettes de protection. Elle soulève une question de sécurité plus délicate qu’il n’y paraît : lors des tests de certification, elle est retirée pour garantir des mesures comparables, ce qui impose qu’elle n’influence pas la protection. MET l’a donc conçue pour qu’elle se détache en cas de chute ou se déforme sous certains chocs. Dans les deux cas, elle ne doit ni déplacer le casque sur la tête, ni se briser en blessant. Les lunettes de soleil ont aussi leurs encoches d’accueil intégrées.
Pour le reste, on note aussi la présence à l’intérieur du casque du système de réglage Safe-T Heta Fit, qui offre un ajustement sur 360° et en hauteur. Il garantit un casque stable et bien en place, qu’il soit en mode ouvert ou intégral. La forme intérieure a été retravaillée pour un port plus confortable et plus sûr. Enfin, le casque est aussi équipé d’une boucle Fidlock au niveau de la sangle jugulaire.
Tailles, prix et disponibilité
Le Parachute MCR 2 est proposé en trois tailles : S (52-56 cm), M (56-58 cm) et L (58-61 cm). Son prix de vente conseillé est de 370 €. Il sera disponible dès le mois de novembre en trois coloris, trois autres arrivant ensuite.
MET Parachute MCR 2 : le test terrain
Nous avons eu l’occasion de tester le casque MET Parachute MCR 2 en avant-première en nous rendant à l’usine, située au pied des Alpes, non loin du lac de Côme. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que les testeurs de chez MET ont de magnifiques trails VTT bien engagés à la porte même de l’usine, puisque nous sommes chaque fois partis directement de là pour rouler.
Au cours de ces deux premieres journées, nous avons accumulé plus de 3000 m de dénivelé négatif bien engagé au guidon d’un Orbea Wild LT, histoire de tester ce nouveau casque. A noter que nous étions aussi équipés de protections Bluegrass (dont la veste Venture) et de vêtements Rapha dont nous vous reparlerons prochainement.
Avant de partir rouler, un petit mot sur la taille : habitué à des casques en taille M (même si avec 58 cm, je suis souvent dans le haut de la fourchette), j’ai dû partir ici sur un MET Parachute MCR 2 en taille L pour être à l’aise. Clairement, mieux vaut essayer ce genre de modèle avant l’achat, surtout quand on n’est pas habitué aux casques intégraux, car en plus du tour de tête, la forme du reste du crâne (notamment la mâchoire) joue aussi. Par contre, dans la taille L, j’étais parfaitement à l’aise, et la mollette de réglage occipital ainsi que les mousses interchangeables au niveau des joues m’ont permis d’atteindre un fit absolument parfait. A signaler aussi qu’avec sa boucle Fidlock, il s’enfile très facilement même avec la mentonnière en place.
Sur le terrain, le MET Parachute MCR 2 en version « full face » tient parfaitement en place, même sur les terrains les plus cassants. Rien ne bouge, et sa tenue sur le crâne est digne des meilleurs casques intégraux du marché. Il est bien aéré, mais on se sent aussi très bien enveloppé et protégé. Clairement, il réussit un mariage parfait entre aération/respirabilité et sentiment de sécurité. On n’entend pas non de bruits d’air parasites, ce que les habitués aux « gros » casques intégraux apprécieront aussi.
MET a tellement bien réussi son Parachute en version intégrale, qu’on oublie presque qu’il a une mentonnière amovible. Comprenez par là que, pour de petites montées ou des transitions courtes, on n’a pas la sensation d’étouffer et l’envie immédiate d’enlever la mentonnière. Ce qui est un beau compliment. Par contre, pour les longues ascensions, ou pour des sorties moins engagées, là, on peut vraiment profiter du concept « 2-en-1 ».
Le retrait de la mentonnière est assez facile : il suffit de tourner les deux mollettes (une de chaque côté) et de tirer dessus pour qu’elle se retire en un clin d’œil. Par contre, la remettre en place nécessite un peu d’habitude si on souhaite garder le casque sur la tête. Il faut trouver la bonne position, et ce n’est clairement pas facile au début. Après quelques manipulations, on finit par attraper le tour de main, mais on ne peut pas dire que c’est 100% naturel.
On sent clairement que MET a privilégié la sécurité du casque assemblé au côté purement pratique d’une mentonnière qui s’enlèverait hyper facilement, comme par magie. D’ailleurs, aucune marque n’a vraiment trouvé de système magique à ce niveau et il faut plutôt voir ce système comme un atout pour avoir deux types de casques en un pour des sorties très contrastées.
En version « jet », sans mentonnière, le MET Parachute MCR 2 se montre plus léger que son prédécesseur, mais il reste un tout petit peu plus lourd sur la tête qu’un casque ouvert classique. Quand on y fait vraiment attention et qu’on compare directement à un modèle classique (comme nous l’avons fait lors de cet essai), c’est perceptible, mais cela s’oublie vite sur le terrain. Notamment car le maintien est tout aussi parfait sans mentonnière et car l’aération de qualité procure un agréable sentiment de liberté.
Verdict
Précurseur dans le monde du casque intégral léger, puis des casques modulaires, MET se replace parmi les références du segment avec cette dernière version de son Parachute. On sent que la marque a privilégié la sécurité et le côté « casque intégral » avant tout. Et dans ce domaine, il frôle la perfection avec un excellent compromis maintien/sentiment de protection/aération. En version « ouverte », il ne peut rivaliser en poids avec les modèles classiques, mais il demeure très agréable. Seul le système MCR 2 reste un peu complexe, même s’il est bien pensé et qu’il garantit une accroche parfaite de la mentonnière. Mais, au final, le concept 2-en-1 reste très séduisant, surtout quand il est parfaitement réalisé comme ici. Il aide aussi à justifier le prix élevé.
Plus d’infos : https://www.met-helmets.com/en/shop/mtb-helmets/enduro-helmets/parachute-mcr-2/
Photos : Ulysse Daessle – MET & Vojo