Test nouveauté | Freins Sram G2 : comme un air de petit Code

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28 mars 2019 — Olivier Béart

Vous l’aurez peut-être deviné, derrière ce nom de Sram G2, on retrouve la deuxième génération des freins Guide 4 pistons, dont la première version était tout de même au catalogue depuis 2014. Largement inspirés par les “gros” freins Sram Code au niveau du design et des évolutions techniques, ils jouent cependant plus la carte de l’allègement et de la polyvalence. Nous avons déjà eu l’occasion de les rouler en avant-première. Voici ce qui évolue et nos premières impressions :

Dans la gamme de freins de la marque, les Sram Guide se placent entre les Level destinés au XC avec leur levier épuré et leur étrier 2 pistons, et les Code destinés au gros enduro race et à la DH. Les nouveaux Sram G2 jouent donc toujours les équilibristes entre puissance et poids contenu pour des usages qui vont du XC engagé jusqu’à l’enduro en passant par les vélos électriques pour lesquels ils peuvent tout à fait convenir, même si Sram dispose d’un modèle spécifique dans sa gamme.

La nouvelle génération de freins Sram G2 a la lourde tâche de succéder aux Sram Guide, souvent très appréciés pour leur toucher et leur modulation parfaite, mais on ne peut non plus passer sous silence qu’ils ont connu des soucis sur certaines séries (pistons bloqués dans les leviers notamment, comme nous l’avons expérimenté aussi dans notre test des les Level ULT) et qu’ils nécessitaient un suivi attentif pour garder leurs performances dans le temps. Ici, les Sram G2 s’inspirent largement de la dernière génération de freins Code sortie l’an dernier et dont notre expérience montre qu’elle est plus “à l’épreuve des balles” que les précédents freins de la marque.

Sram G2 : ce qui change, ce qui reste

Ce qui reste identique sur les Sram G2, c’est essentiellement le positionnement comme frein 4 pistons léger et polyvalent, mais sur le plan technique, à part le volume de liquide de frein (DOT 5.1) et la forme des plaquettes (compatibles avec la précédente génération, même si de nouvelles garnitures font leur apparition), tout change.

Au niveau des leviers, si la cinématique Swing Link – unanimement appréciée – reste identique, la forme du maître-cylindre change. Elle se fait un peu plus imposante et anguleuse, avec des lignes tendues qui rappellent les Code, mais qui montrent un certain travail d’optimisation pour essayer de gratter quelques grammes là où c’est possible. A l’intérieur, toutes les pièces sont revues et s’inspirent de la dernière génération de Code.

On retrouve la molette d’ajustement du point de contact (près de l’inscription G2) et celle sur le levier pour l’ajustement sans outil de la garde. Le système de fixation sur le cintre ne change pas et est bien évidemment toujours compatible matchmaker, ce système qui permet de monter un shifter et/ou une commande de tige de selle télescopique Reverb sur un seul collier.

Le plus gros changement se trouve au niveau de l’étrier, qui est entièrement nouveau. Le focus a été mis sur la rigidité, avec un étrier un peu plus étroit, dont le design se dote de lignes acérées qui font office de renforts et qui voit les parties autour des vis et points d’assemblage prendre du volume. Au final, Sram assure obtenir un point de contact un peu plus affirmé et une sensation de freinage plus agressif. En cela, ils veulent clairement rappeler les Code.

A noter aussi que la largeur de l’étrier est réduite par rapport à la précédente génération de freins. Les pistons sont désormais en composés phénoliques et non plus en aluminium. Le dispositif de refroidissement “Heat Shield est ainsi supprimé et l’ensemble est moins volumineux. Sram explique ce retour à un espace plus faible par l’expérience acquise sur les Code et la volonté d’avoir un feeling plus direct au niveau du freinage, tout en gardant une évacuation de la chaleur au même niveau que les précédents grâce à la présence des pistons phénoliques et à un travail sur le design de l’étrier, très ouvert sur sa partie haute.

Sram annonce que le centrage reste très facile malgré le rapprochement des plaquettes. Et si c’est comme sur le Code, on peut effectivement les croire. Dernier point : le design des pistons assure que le rattrapage de l’usure des plaquettes permet de garder exactement le même feeling tout au long de la vie de ces dernières.

Dernier détail : de nouvelles Durit font leur apparition. Reconnaissables à leur teinte noir mat, elles sont annoncées comme plus souples et moins sujettes à mémoriser leur forme, ce qui facilite le montage et permet de les couper un peu plus courtes pour un aspect plus discret. Mais elles conservent des performances identiques au niveau du “fluid management”.

De nouvelles garnitures pour les plaquettes

Même si c’est évidemment le feeling qui reste le plus important, les nouveaux freins Sram G2 sont annoncés comme ayant une puissance de freinage mesurée de 7% supérieure aux précédents Guide. Cette augmentation ne vient pas que des modifications sur les étriers. Elle vient aussi d’un nouveau type de plaquettes “Power Organic” qui entend offrir plus de mordant. Leur base est en alu et non en acier comme sur les précédents modèles de plaquettes.

A noter que la forme des plaquettes ne change pas par rapport à la précédente génération et que les précédentes garnitures métal (base couleur cuivre) et “Quiet Organic” (base de couleur noire) restent au catalogue comme alternatives pour ceux qui recherchent des plaquettes plus orientées vers la durabilité (métal) ou offrant un point de contact un peu plus “souple” ainsi que le plus grand silence de fonctionnement (Quiet Organic). Les nouvelles plaquettes Power Organic (base grise) peuvent aussi se monter sur les précédentes générations de Guide.

Un nom, deux versions

Si la gamme Guide “G1” offrait pas moins de 6 versions, les freins Sram G2 démarrent leur carrière avec deux déclinaisons positionnées dans le haut de gamme : les Sram G2 Ultimate et Sram G2 RSC. Nul doute que d’autres devraient suivre dans les mois et les années qui viennent, comme cela a été le cas pour les autres modèles de la marque.

Le modèle Sram G2 Ultimate est, comme son nom l’indique, le plus haut de gamme et il s’agit du frein 4 pistons le plus léger de la gamme. Il s’offre un levier avec un point d’articulation monté sur roulements et la partie en contact avec les doigts est en carbone. La visserie est en titane.

Poids : 242g (ensemble complet avec Durit de 850mm)
Prix : 295€ l’unité, sans disque

Le modèle Sram G2 RSC se veut, lui, plus accessible au niveau tarif et entend se positionner comme le meilleur rapport qualité/prix de la gamme. L’étrier est identique au G2 Ultimate, mais le levier change un peu, avec notamment un point d’articulation sur bagues et plus sur roulements et une partie en contact avec les doigts en alu. Il offre par contre toujours l’ajustement du point de contact. La visserie est en acier, mais la différence de poids reste minime par rapport aux Ultimate.

Poids : 255g (ensemble complet avec Durit de 850mm)
Prix : 190€ l’unité, sans disque

Sur les deux modèles de Sram G2, les disques restent identiques et vendus séparément. La disponibilité est quasi immédiate, puisqu’ils seront en vente dès le mois d’avril.

Freins Sram G2 Ultimate : premier test terrain

Lors de la présentation des nouvelles transmissions sans fil Sram AXS, nous avons eu l’occasion de rouler sur un vélo qui était déjà équipé de ces nouveaux freins. C’est donc sur un terrain très sec que nous avons fait nos premiers tours de roues et il faudra bien entendu confirmer ces sensations – et tester la fiabilité sur le long terme – lors d’un vrai test sur nos terrains habituels. Mais voici déjà quelques points qui sont ressortis lors de ce premier test.

Pour rouler régulièrement avec les Code, il est clair que le feeling des nouveaux freins Sram G2 s’en rapproche très fort. Le point de contact est plus marqué que sur la précédente génération de Guide et l’impression de disposer de plus de puissance est immédiate. Même si Sram annonce le chiffre de 7%, cela semble beaucoup plus sur le terrain. Il faut un petit temps d’adaptation pour retrouver la modularité et le feeling qui ont toujours fait la force des Guide, car le contact avec le levier est un poil plus ferme et franc. Mais après quelques kilomètres, on retrouve des sensations très agréables et une vraie modularité combinée à plus de puissance que par le passé.

L’ergonomie des leviers reste un gros point fort et, malgré le rapprochement des plaquettes par rapport au disque, nous avons pu constater que le montage et les réglages sont presque plus simples que par le passé. On apprécie aussi de disposer de molettes de réglage efficaces sur les leviers pour ajuster le point de contact et l’éloignement des leviers.

Les trails de Tucson ne nous ont pas encore permis de tester véritablement l’endurance des freins, dans la mesure où il s’agit plus de successions de petites descentes que de longues dégringolades capables de faire chauffer le plus endurant des freins. Nous devrons donc pousser le test plus loin à ce niveau également, mais les premières impressions sont très bonnes puisqu’on retrouve ce qu’on a toujours apprécié sur les Guide et les freins Sram en général (le toucher essentiellement) mais avec un poil plus de puissance et de constance. Rendez-vous dans quelques mois pour un test plus complet.

Plus d’infos : www.sram.com