Test | Kona LBF : gravel ou VTT semi-rigide ? Il brouille les pistes
Par Pierre Pauquay -
Chez Kona, on n’aime pas faire les choses comme tout le monde. Alors, quand les concepteurs maison ont voulu créer un vélo qui pourrait s’aventurer au-delà des capacités d’un gravel, ils ont créé cette espèce d’hybride qu’est le Kona LBF. Pari réussi sur le terrain ? Vojo l’a testé et l’a aussi comparé à son cousin le Kona Unit X avec son guidon plat et sa fourche rigide :
Selon Kona, le LBF (Legend of Big Fork) a été nommé en clin d’œil au fameux « Big Foot » et serait né dans les forêts et les pistes oubliées du Pacific Northwest, un territoire si vaste qu’il pourrait engloutir une bonne partie de l’Europe occidentale. Son ADN de base est clairement issu du VTT, pas du gravel, ce que tend à démontrer la vidéo de présentation tournée par la marque, où l’on voit un biker dévaler un singletrack dans une forêt sombre du Northwest et se livrer à de nombreuses excentricités au guidon du LBF.
Quand il est arrivé à la rédaction, c’est clairement un vélo qui a fait réagir… et dont nous n’avons pas su immédiatement quoi faire. Nous avons été étonnés de découvrir une sorte de mutant, avec son très beau cadre old school, sa fourche RockShox SID issue du cross-country et son drop bar Ritchey parmi les plus larges que nous ayons pu observer. Mais à qui est-il destiné ? Quelle serait son utilisation ? Nous avons tenté d’éclaircir ces points en roulant plusieurs jours avec ce vélo caméléon, et en l’emmenant sur un trip bikepacking.
Châssis
Le LBF préserve la beauté intrinsèque d’un cadre en acier. Il est composé de tubes fins en Reynolds 521 identiques au Kona Unit X ou au Sutra : des tubes à épaisseur variable qui ont forgé la légende de ces vélos en acier Kona, réputés confortables et « vivants ».
On apprécie aussi la simplicité du montage avec les gaines externes, gage de facilité d’entretien. La finition est magnifique, intemporelle. Les soudures TIG sont discrètes et la couleur est apparue très solide.
On apprécie aussi le souci du détail dans la déco, avec par exemple ce blason en métal posé sur le tube de direction. On sent un cadre fait pour durer dans le temps, et ça fait plaisir.
La patte de dérailleur arrière coulissante permet une configuration en single speed ou un montage avec un système Rohloff : les amoureux de ce moyeu germanique apprécieront. Cela permet aussi de régler la longueur des bases selon ses envies et sa monte de pneus (comportement plus fun avec des bases courtes ou plus posé en mode long ; plus ou moins de dégagement, etc). Dommage toutefois que la base arrière droite ne possède pas de protection et qu’il faille l’ajouter soi-même.
Contrairement à l’Unit X ou au Sutra doté d’une fourche rigide en acier, le LBF a puisé dans la gamme RockShox pour l’équiper d’une SID Select en 100 mm de débattement. Cela lui ouvre bien d’autres horizons que des chemins en gravier, même si la présence du cintre de type « drop bar » l’éloigne d’un VTT classique. Anticonformiste, on vous disait !
Géométrie
Attention : ce n’est pas parce qu’on affuble un VTT d’un guidon courbé qu’il devient par la force des choses un gravel. De nombreuses marques ont tenté l’aventure sans changer la géométrie de leur cadre VTT, et le résultat n’était pas toujours heureux. Sur le papier, cela est bien sûr possible. Mais, sur le terrain, on risque vite de se retrouver face à une position trop tendue quand on poigne les cocottes sur le guidon et bien trop basse lorsque l’on pose les mains en bas de ce dernier. Le vélo devient inconfortable, voire sournois dans certaines situations.
Face à ce constat, Kona ne s’est pas contenté de placer simplement un guidon courbé sur l’un de ces cadres mais a passé du temps à dessiner une géométrie qui s’articule autour d’un drop-bar large et au drop limité, signé Ritchey.
La longueur de son tube supérieur (607 mm en talle L) est plus courte que la plupart des VTT modernes, y compris le Kona Unit, son grand frère. Le reach est ainsi assez restreint : 430 mm. Un choix délibéré pour vous offrir une position moins tendue lorsque vous agrippez les poignées Sram Apex. Une potence courte est aussi montée pour s’aligner à cette philosophie.
L’importante hauteur de fourche (stack) de 660 mm rehausse le poste de pilotage : vous aurez un buste bien plus droit que de coutume lorsque vous poserez les mains sur le cintre. Cette ergonomie devrait permettre d’obtenir un grand confort pour des sorties longues. Et lorsque vous agrippez le bas du drop-bar, vous ne serez pas exagérément penché vers l’avant, ce que l’on observe trop souvent sur des gravel.
L’angle de direction couché à 67 ° le différencie aussi des gravel et est comparable aux VTT de trail, tout comme l’angle du tube de selle, redressé à 75°. Bref, des cotes très modernes.
L’espace important du triangle principal permet de fixer une grande sacoche et deux bidons sur le tube diagonal. Doté de bases arrière de 440 mm portées jusqu’à 456 mm grâce au coulissement de la patte arrière, l’empattement du Kona LBF (1176 mm) est important, augurant une bonne stabilité. Au bout du compte, au vu des cotes de son cadre et de son reach assez court, ce Kona pourrait être un aussi bon choix pour la gent féminine…
Équipement et versions
Le Kona LBF n’est pas vraiment bon marché, puisqu’il est affiché à 3999 € au catalogue (un seul montage et pas de kit cadre disponible, ce qu’on peut regretter). Et, même si son équipement est cohérent, on ne peut pas le qualifier de haut de gamme. Le prix de l’originalité ? Voyons cela en détail :
Pour freiner la machine, Kona a puisé dans le catalogue de pièces Sram pour réaliser une combinaison hybride, avec un assemblage de leviers gravel/route Apex et d’étriers VTT G2 à 4 pistons, un peu datés cependant. Les disques Sram HS2 de 180 mm sont résolument orientées VTT et sont ceux qui offrent le plus de puissance dans l’offre Sram.
Les jantes Race Face ARC27 sont larges de 27 mm et montées sur des moyeux Formula basiques mais éprouvés. Les roues disposent de 32 rayons. Bref il s’agit de roues VTT, et le constat vaut aussi pour les pneus Maxxis Dissector à l’avant et Forekaster à l’arrière de section de 2,4… excellent sur des VTT all-mountain, mais qu’en sera-t-il sur ce Kona qui lorgne vers le gravel ?
Pour la transmission, nous naviguons entre des composants spécifiques au VTT comme au gravel. Elle est issue de la collection Sram : Leviers Apex, pédalier X1 (32 dents), dérailleur Apex et cassette GX (10-52) à 12 pignons. Le boitier de pédalier fileté de type Dub est gage de durabilité et de simplicité par rapport au Pressfit.
Le Kona LBF est équipé d’une tige de selle télescopique TranzX Dropper en 170 mm de débattement, ce qu’on apprecie beaucoup pour la sécurité et le confort que cela apporte en descente et dans les franchissements. La gâchette est située au niveau de l’arrondi du guidon, ce qui est compréhensible mais peut aussi gêner la main gauche dans certaines positions.
Enfin, l’élément le plus étonnant du vélo est ce cintre Ritchey Beacon XL BB doté d’un évasement de 36°. Son ergonomie nous est apparue remarquable, offrant trois positions distinctes. Son importante largeur de 52 cm, si elle étonne à ses débuts, permet en tous cas d’obtenir une stabilité inégalée et de fixer aussi de plus longues sacoches, un point important pour les voyageurs au long cours. Dommage qu’il n’existe pas d’arrêt du jeu de direction : le bas du cintre peut buter par inadvertance sur le tube supérieur du cadre.
Kona LBF : le test terrain
C’est la première fois que l’on se sent aussi droit sur un vélo doté d’un drop-bar. Les sensations sont clairement très différentes de celles qu’on ressent au guidon d’un gravel classique, et on exploite directement et pleinement les trois positions que l’on peut avoir avec un cintre de ce type. Sans par contre en avoir les inconvénients, comme des douleurs aux cervicales quand on garde longtemps la position en bas du cintre. Clairement, dans une optique de longues distances sans objectif de rendement ou de vitesse, c’est un choix pertinent.
Cette position bien plus haute, le cadre acier, l’empattement, le boîtier de pédalier bas et les gros pneus offrent beaucoup de stabilité au LBF. C’est un vélo qui donne confiance sur les terrains cassants, et on éprouve un agréable sentiment de confiance à son guidon. On roule relax, même quand ça tabasse.
Et le drop bar sur ces terrains, vraiment utile ? Oui, dans la mesure où il offre plusieurs positions pour les mains, ce qui est souvent agréable quand on roule longtemps. Mais, quand on essaie de l’utiliser « comme un VTT », on se rend vite compte qu’on perd pas mal de repères. Un de nos testeurs, auteur de cet article, possède aussi un Kona Unit X avec cintre plat, au guidon duquel il vient de parcourir 4 000 km en itinérance cet été, dans les Alpes. Il nous a donc paru intéressant de vous livrer un petit comparatif, que vous trouverez plus bas, à la suite de cet article.
Mais restons pour l’instant sur le LBF ! Côté confort, au-delà de la position, son cadre en acier filtre admirablement les vibrations et le LBF a excellé sur des terrains que les gravel ne pourraient emprunter. Son champ d’action est plus large, c’est un fait. A l’avant, la fourche est un atout pour le confort, mais s’agissant de la version basique de la SID, son hydraulique est un peu datée et on consomme vite le débattement en descente, ce qui tempère un peu les ardeurs des pilotes les plus aventureux.
Dès qu’un sentier se présente, on est tenté de le suivre. Sur les passages de racines ou de gros cailloux, on peut faire confiance aux capacités de franchissement du LBF. Le Kona est amusant, et il aime quand on enchaîne vite les virages à grande vitesse. Les freins quatre pistons offrent la puissance nécessaire lorsqu’on aborde un parcours de trail. Et il freinera sans soucis le vélo une fois chargé de sacoches.
Il est sain et on a envie de pousser plus vite la machine mais le guidon dop-bar freine les ardeurs quand le pourcentage d’une descente s’accentue. Un poste de pilotage VTT et son cintre plat seront toujours plus efficaces quand il s’agit de freiner et de contrôler sa trajectoire, un point de vue cependant subjectif provenant de testeurs qui sont tous vététistes à la base…
Et le rendement, me direz-vous ? Même si ce n’est pas la première préoccupation sur ce genre de vélo, on attend tout de même d’un gravel qu’il permette d’avancer un minimum. Et là, le bilan est clairement grevé par le train roulant. Les pneus sont intéressants sur les parcours VTT, mais vraiment handicapants sur les terrains plus lisses… pour lesquels le Kona LBF est pourtant aussi fait, surtout si on envisage un usage en itinérance.
Les roues, à défaut d’être légères, dégagent une impression de robustesse. Mais qu’elles sont raides, et quelle inertie ! Pour en être convaincu, nous l’avons essayé avec le train roulant de notre Kona Unit X que nous avons utilisé pour la traversée des Alpes cet été (Pneus Schwable Smart Sam et roues Newmen à rayons plats ). Le comportement s’en est trouvé transformé : le LBF retrouve une vélocité qui lui fait défaut. Des pneus plus légers et roulants s’accordent clairement mieux avec le Kona LBF, qui paraît alors plus homogène.
Verdict
Le Kona LBF n’est pas VTT classique auquel on aurait simplement ajouté un cintre drop-bar : les ingénieurs de la marque canadienne ont osé dessiner une géométrie particulière. Il s’agit sans doute à ce jour du vélo doté d’un drop-bar capable d’aller sur la plus grande variété de terrains. La géométrie est aboutie, le vélo est fun, rassurant et très confortable. C’est un vrai plaisir de rouler avec et le cintre courbé apporte une variété de positions clairement très intéressante sur de longues distances. Il apporte aussi des saveurs de pilotage différentes, à défaut d’être toujours efficaces ou explicables rationnellement. Il reste que le concept est freiné par le choix de certains composants. Les roues manquent cruellement de tonus et elles grèvent fortement le poids du vélo (14,80 kg). Dans l’univers des VTT en carbone bardés d’électronique, le Kona LBF apporte un vent de fraîcheur. Et cela fait du bien ! Le vélo est attachant, à défaut d’être parfait. Un petit effort sur le tarif et un choix plus cohérent de pneus et de roues en feraient un objet encore plus désirable.
Kona LBF
3990 €
14,80
- Cadre intemporel et magnifique
- L’ADN de Kona préservée
- La géométrie et les angles inspirés du VTT s’harmonisent bien avec un cintre de type drop-bar
- Paré pour l’expédition grâce à son cadre robuste en acier et à ses nombreux points d’ancrage pour le montage de sacoches
- La simplicité du montage, les gaines externes
- Freins à quatre pistons et tige de selle télescopique incluse
- Les pneus trop exclusifs pas adaptés à l’utilisation principale du vélo
- La manette de la tige selle écorche la paume de la main
- Pas de cadre nu disponible
- Le cintre butte contre le tube supérieur du cadre
- Poids des roues et in fine du vélo
- Le prix élevé
Évaluation des testeurs
- Prix d'excellence
- Favori
- Qualité / prix
Plus d’infos : https://en-eu.konaworld.com/products/lbf
Le Kona LBF face au Kona Unit X en bike packing
Notre rédacteur Pierre Pauquay a comme vélo personnel un Kona Unit X. L’occasion était donc belle de le comparer au LBF pour bien comprendre les spécificités de chacun et voir aussi l’utilité réelle (ou non) du drop bar.
Le test de ce Kona LBF était l’occasion de le confronter à son grand frère, le Kona Unit X, le VTT à tout faire de la marque mythique canadienne. L’Unit X actuel est bien connu : il est entré au catalogue en 2020 et fait le bonheur des aventuriers depuis 6 ans. L’autre, le LBF de 2026, vient de naître et il doit encore faire ses preuves.
L’Unit X est devenu un grand classique. En 2026, il est toujours au catalogue de Kona, soit monté pour un prix de 1499 € (Sram NX) et de 1799 € (Shimano Deore), soit proposé cadre nu à 799 €. Avec sa géométrie convaincante, le Kona Unit X est devenu une référence.
Assez classique dans son approche de la géométrie, il affiche un angle de direction de 68° et un angle de tube de selle de 75°. Doté d’un long empattement de 1173 mm et d’un reach de 475 mm en taille L, le modèle, millésime 2026, est loin d’être démodé.
Pierre explique : « J’étais particulièrement enthousiaste à propos de l’Unit X, ayant toujours eu un point faible pour ces VTT en acier, simples et abordables. Mon choix s’est porté sur ce Kona pour un long périple de 3 mois. Pour ce voyage à travers tout l’arc alpin, je me le suis procuré cadre nu et l’ai équipé en conséquence. Chargé comme il se doit pour traverser les Alpes de Menton, au bord de la Méditerranée, à Trieste, sur les rives de l’Adriatique, il n’a jamais bronché tout au long de ces 4 000 kilomètres. »
L’Unit X s’est avéré tout simplement confortable, grâce à la filtration de l’acier et à son montage de pneus de 2,4 de section. Il possède de nombreux points d’ancrage, en ce compris trois supports de porte-bidon sur le cadre, des attaches prévues pour fixer un porte-paquet et des œillets sur chaque jambe de fourche. L’Unit X peut aussi être monté avec des pneus de grosses sections, en 2.6. Concernant le LBF, nous vous convions à lire le test juste au-dessus de ce comparatif.
Kona LBF vs Unit X: le test terrain
Sur les sentiers, l’Unit X est très confortable et stable : la souplesse des haubans en acier Reynolds 520 assurent leur rôle. Le vélo s’est montré particulièrement vif, agile dans les virages avec sa fourche rigide très directrice mais filtrant tout de même bien les vibrations. Il suit magnifiquement la trajectoire et il est incroyablement stable.
« L’Unit X est également un bon grimpeur, ne se cabrant pas grâce à la hauteur de sa fourche rigide. Kona l’a maintenu dans sa collection parce que les gens l’aiment pour toutes ces raisons objectives et le gardent jalousement comme un objet de culte, intemporel. Il est à lui seul un mode de vie », nous explique Pierre.
Les caractéristiques du LBF que vous avez pu lire dans ces colonnes rejoignent le comportement de l’Unit X mais avec une faculté de franchissement nettement plus importante grâce à sa suspension avant et sa tige de selle télescopique. Le vélo est également plus joueur au vu de son reach (axe tube de direction – tube de selle vertical virtuel) plus court : l’esprit de Kona est préservé.
Mais le vélo est plus lourd à emmener dans les côtes et il faut le malmener pour avoir un bon rythme sur chemin. A contrario, l’Unit X étonne dans ce registre.
Ce qu’ils ont en commun
Les deux vélos ont leur ossature en acier, l’un des meilleurs choix pour partir longtemps en itinérance. Le confort des tubes Reynolds est indéniable et leur fiabilité éprouvée. Les larges triangles avant des cadres permettent de fixer des sacoches. Même si, sur ce point, un petit nouveau est apparu dans le catalogue Kona, l’Unity, doté d’un immense espace entre les tubes. L’Unit X comme le LBF ont les mêmes points d’ancrage. Tous les deux disposent d’œillets pour fixer un porte-paquet : un atout pour les voyageurs qui partiront plusieurs semaines avec leur vélo chargé de sacoches.
Leurs différences
Le LBF est équipé d’une fourche SID de 100 mm de débattement : son avantage est évident quand le terrain devient cassant. Mais sur chemin roulant et en gravier, l’Unit X est beaucoup plus véloce que le LBF : il peut compter sur l’élasticité étonnante de sa fourche en acier, gommant les aspérités du terrain, tout en préservant un contact « pur » avec le terrain. Et surtout, en voyage, on peut fixer bien plus facilement deux sacoches Ortlieb sur cette fourche dotée d’œillets, dont le LBF ne dispose pas.
En bikepacking, l’usage d’une tige de selle télescopique pourrait vous aider dans certaines portions techniques. Mais tout dépend bien sûr du terrain que vous allez rencontrer ou celui que vous aurez choisi. « Mon vélo chargé m’avait dès le départ interdit le passage sur des sentiers d’altitude que j’effectue d’habitude pour Vojo dans les Alpes. Pour ce long voyage, j’ai opté délibérément pour des chemins de traverse et des routes carrossables : une tige de selle suspendue ne m’était donc pas indispensable. Et si l’on opte pour une sacoche de selle, l’utilisation d’une tige télescopique devient inutile », ajoute Pierre.
Sur le cintre plat du Kona Unit X, mes mains s’ankylosaient après de longues heures de selle. Sur ce point, le guidon du LBF dispose de plus de possibilités de varier les positions. Et quand on pose ses mains sur les poignées Apex, on est prêt à enfiler des kilomètres sans broncher. La largeur du cintre du Ritchey laisse largement assez de place pour installer une longue sacoche, ce que ne peut offrir un guidon classique de gravel.
Le prix
Pour tout passionné qui souhaite un montage à la carte, seul le Kona Unit X est disponible en cadre nu pour 790 €, ce qui, au vu de sa qualité, est un excellent choix. Les deux autres modèles, proposés à 1499 et 1799 € ne sont pas à négliger, même si leur équipement en Sram NX et Shimano Deore demeure basique.
Si son équipement est cohérent et correct, le LBF est proposé à un prix assez conséquent de 3990 € : on vous laisse juge. Vous aurez cependant accès à une vraie exclusivité et originalité.
En conclusion
Suite à l’émergence du gravel, le LBF est une évolution plus moderne de l’Unit X. Sa géométrie diffère quelque peu et a été la mieux adaptée pour un guidon courbé. Il parvient à cocher plusieurs cases, s’approchant plus de l’esprit du gravel tout en étant très polyvalent. Un bikepacker sera heureux de posséder un cadre fiable doté d’une géométrie saine, durable dans le temps. Il ne craindra pas de s’aventurer hors des sentiers battus grâce à la RockShox SID et de la tige de selle télescopique du vélo. Il appréciera aussi la multitude de positions sur le cintre. S’il s’invite sur des parcours de trail, sur chemin, il n’est cependant pas plus véloce que l’Unit X, que du contraire même. Ce dernier est très efficace en bikepacking. En voyage, l’Unit X pourrait être au final le concurrent le plus sérieux au LBF. On ne détrône pas si vite une légende…
Test | Kona LBF : gravel ou VTT semi-rigide ? Il brouille les pistes



















