Test | Giant Trance X Advanced E+ : le bon camarade

Tech
20 juillet 2022 — Olivier Béart

Nous avions déjà eu l’occasion de tester la version alu du Giant Trance X E+, mais depuis il y a eu du changement ! Une version carbone “Advanced” est venue s’ajouter à la gamme, et le moteur conçu avec Yamaha est entièrement nouveau. Sans oublier les suspensions Fox qui, sur notre version d’essai, ajoutent le système Live Valve de gestion électronique. Voilà qui méritait bien un nouvel essai !

Quand on est un leader mondial sur un marché, on peut soit décider de tout miser sur le volume et le prix, ou bien on choisit la voie de la différenciation. Clairement, Giant a choisi la deuxième option et ne se repose absolument pas sur ses lauriers. En témoigne ce nouveau Giant Trance X Advanced E+ qui arrive non seulement avec un cadre en carbone un an après la version alu, mais qui ajoute aussi un tout nouveau moteur et des suspensions électroniques. Rien que cela !

Il faut dire qu’en face de lui, il y a énormément de concurrence sur ce créneau des VTT à assistance électrique tout-suspendus de 140/150mm de débattement. Véritables bons à tout faire, ces vélos doivent pouvoir séduire tant des adeptes de pilotage technique que de pédalage, ou encore des profils plus typés randonneurs à la recherche de confort et d’accessibilité. Voyons comment Giant a établi la nouvelle recette de ce Trance X E+ !

Châssis, moteur et batterie

Premier point, au niveau du châssis : le cadre passe en carbone, tant pour le triangle avant que pour l’arrière et même pour la biellette supérieure. Cela n’a l’air de rien, mais c’est une petite révolution chez Giant, puisqu’il s’agit de la première fois que la marque utilise sa technologie Advanced Carbon sur un VTT à assistance électrique. Jusqu’ici, leurs e-bikes avaient toujours été exclusivement en aluminium. Giant ne communique pas sur le poids épargné juste grâce au passage du châssis en carbone, mais au global, le gain est net comme nous le verrons un peu plus loin.

Le cadre n’est pas le seul élément qui contribue à faire baisser le poids. Un nouveau moteur Giant SyncDrive 2 équipe le vélo. Toujours développé avec Yamaha (sur base cette fois du PWX3), il est plus silencieux, permet le montage de manivelles avec un q-factor plus réduit, et il est surtout nettement plus compact que son prédécesseur… qui était vraiment particulièrement imposant et lourd, comme nous l’avions souligné dans notre essai du Giant Trance X E+ alu testé l’an dernier.

Ici, on gagne 300g, et on a un bloc moteur qui se replace bien par rapport à la concurrence (Bosch Performance CX/Shimano EP8) tant au niveau du poids que de l’encombrement. Niveau couple aussi, il joue dans la même cour avec 85Nm. A noter que ce nouveau moteur équipe désormais aussi la version alu du Trance X E+.

Si on parle de moteur Giant by Yamaha, c’est que Giant ne se contente pas de monter un moteur Yam’ rebadgé. Il y a non seulement une gestion électronique spécifique, mais aussi des pièces propres à Giant, notamment au niveau du système d’embrayage/débrayage. Tout cela est censé optimiser la consommation et offrir une gestion de l’assistance parfaitement en accord avec le reste du vélo.

La batterie intégrée est quant à elle toujours de 625Wh, ce qui est aujourd’hui une valeur intermédiaire depuis que Bosch a sorti l’option 750wh et que certains grimpent à 900Wh avec un bloc moteur Shimano EP8 (Canyon par exemple). Mais pour ceux qui ne jurent que par la taille du réservoir et qui veulent pouvoir envisager de très longues sorties, il est aussi possible d’équiper le Giant Trance X E+ Advanced d’un Range Extender de 250Wh, vendu en option et qui pèse 1,8kg.

Au final, les différentes améliorations apportées à ce nouveau fleuron de la gamme Giant e-bike permettent de ramener le poids du vélo complet dans des valeurs très concurrentielles : nous avons pesé notre modèle d’essai à 22,8kg en taille L, contre 25,1kg pour le modèle alu testé l’an dernier et doté d’équipements similaires !

Les modes d’assistance, toujours au nombre de 4 (Tour, Active, Sport et Power), ont été revus et sont désormais personnalisables via une app qui permet de choisir entre deux ou trois pourcentages d’assistance pour chaque mode (cette app peut aussi servir de GPS et de compteur, ce qui est un petit plus bien pratique). D’origine, c’est l’assistance la plus élevée qui est sélectionnée pour chacun des modes, et cela nous a très bien convenu ! Le mode automatique, qui ne nous avait pas emballés sur le précédent moteur, a aussi été complètement revu… et il se montre bien plus convaincant. Nous en reparlerons lors de notre test terrain. Enfin, la commande au guidon a aussi été revue pour être plus discrète et facilement manipulable.

Suspensions

Au niveau des suspensions, il y a aussi pas mal de choses à dire ! Comme sur la version classique, sans assistance, le Giant Trance X Advanced (voir notre test complet), la marque a chois d’équiper ses versions haut de gamme des suspensions électroniques Fox Live Valve. Qu’est-ce donc que cela ? Pour des explications détaillées, vous pouvez vous référer à notre article de présentation complet, publié lors de la sortie de cette technologie en 2018 déjà.

Cette technologie n’est pas neuve, mais même si elle n’a jamais vraiment réussi à s’imposer, elle n’en reste pas moins intéressante sur certains vélos pour gagner en polyvalence. Pleinement ouvertes par défaut, les suspensions Live Valve vont se durcir plus ou moins en compression quand on est en côte ou qu’il n’y a pas de relief au sol. On peut donc rouler sans compromis, avec des réglages optimisés pour la descente, tout en ayant des suspensions qui vont se durcir pour offrir plus de dynamisme dans les parties plus roulantes et/ou les ascensions. Nous verrons plus loin ce qu’il en est réellement sur le terrain.

Le Live Valve est décliné ici dans une nouvelle version spéciale e-bike qui ne nécessite pas de batterie indépendante qu’il faudrait penser à recharger en plus de la batterie du vélo. Ici, tout est centralisé et la consommation du système se fait sur la batterie centrale. Rassurez-vous, elle est tout à fait marginale et elle n’impacte aucunement l’autonomie de l’ensemble. Le petit boîtier qui est placé sous le tube supérieur renferme uniquement le cerveau du système, mais par contre on a toujours des fils qui courent un peu partout sur le vélo et qui ne sont pas très gracieux.

Signalons qu’il est également possible d’adapter les réglages du Live Valve via une application smartphone. On a le choix entre deux profils, sport et confort, et 5 degrés de sensibilité, plus souple ou plus ferme. Par contre, sur cette version spécifique e-bike, il n’est pas possible de couper complètement le système… alors que c’est le cas sur la version classique où on peut tout simplement choisir de ne pas l’allumer. Ici, cela se fait d’office à l’allumage du moteur. Mais dans les modes les plus souples, l’action du Live Valve est à peine notable.

Sur le haut de gamme Giant Trance X Advanced E+ 0 de notre essai, cette technologie est présente sur un amortisseur Fox Float X Factory et sur une fourche Fox F36 Factory. Petit bémol : la technologie Live Valve n’est pas compatible avec l’excellente cartouche hydraulique Grip 2, mais avec la Fit4 qui tire ses racines plus dans le XC que dans les disciplines gravity et qui offre moins de possibilités de réglages pour les pilotes pointus.

N’oublions pas de le préciser : le débattement est de 150mm à l’avant et 140mm à l’arrière. Pour la cinématique, Giant est toujours fidèle à son concept Maestro à double biellette (haute et basse), dont nous connaissons les qualités et qui traverse remarquablement bien les générations.

Géométrie

On le remarque de suite : il y a deux colonnes pour chaque taille dans le tableau des géométries. C’est parce qu’il y a un petit flip chip au niveau de l’arrière de la biellette supérieure de la suspension. Elle n’a aucun impact sur le fonctionnement de cette dernière, mais en position high on a un vélo qui sera plus tourné vers le pédalage, alors qu’en low ce seront les performances et l’aisance en descente qui seront plutôt recherchées. La différence n’est pas énorme : 0,7° d’angle de fourche et de tube de selle… mais cela se sent et donne deux personnalités au vélo.

Dans l’ensemble, les cotes sont tout à fait contemporaines pour un vélo de ce type avec 457/462mm de reach en taille M, un angle bien prononcé de 65,8° en position basse et 66,5° en position haute et un tube de selle bien redressé (76/76,7). Seules les bases restent très longues avec 473mm. L’encombrement réduit du nouveau moteur aurait sans doute permis de les diminuer, mais il s’agit d’un choix de Giant pour privilégier la sécurité et l’aisance en montée notamment.

Equipements

Pour cet essai, Giant nous a confié la version tout haut de gamme, le Trance X Advanced E+ 0. On a donc droit à des équipements très luxueux, mais le tarif reste “acceptable”. Ou du moins clairement en dessous de la concurrence puisqu’on est ici à 8500€ quand on dépasse souvent allègrement la barre des 10000€ chez les concurrents.

A ce tarif, en plus du cadre carbone et des suspensions Fox Factory Live Valve, on a aussi droit à de très bonnes roues à jantes carbone de 30mm de largeur Giant e-TRX. Sur ce modèle, Giant a fait le choix de passer en tout 29 pouces (devant et derrière) alors que par le passé beaucoup de ses vélos électriques étaient en 27,5 ou en “mullet” (2è,5 derrière et 29 devant).

Ces roues sont montées en pneus Maxxis Dissector à l’arrière et Assegai à l’avant, en 2.6″ de section. Un choix de diamètre élevé qui privilégie le confort et la facilité sur terrain cassant au détriment parfois de la précision de pilotage et des performances sur terrains meubles. Heureusement que l’excellent dessin des Assegai leur offre globalement de bonnes performances, sans se montrer non plus trop gourmands en énergie, ce qui est important sur ce genre de machine. Quant à la solidité, elle est tout à fait bonne et les pneus à carcasse Exo+ ne nous ont causé aucun souci durant notre test, y compris lors d’une semaine intensive à Finale Ligure.

Du côté de la transmission, Giant fait confiance uniquement à Shimano sur toute sa gamme. On retrouve ici un groupe complet Shimano XT, fiable et précis… même si au fil de nos essais, nous constatons que les composants Shimano (chaîne et cassette en tête) ont tendance à être un peu moins durables que les Sram, surtout dans le haut de gamme. On ne regrette en tout cas pas de ne pas retrouver le XTR, même sur un montage haut de gamme, car celui-ci est clairement inutile sur un e-bike et certains allègements dont il bénéficie sont même contre-productifs. Seule exception au tout Shimano sur ce vélo : les jolies manivelles Praxxis en carbone, avec plateau 36 dents.

Pour les freins, Giant fait aussi confiance à Shimano avec les excellents XT 4 pistons qui avaient en leur temps remporté notre grand test de freins trail/enduro. Petit bémol toutefois : Giant équipe ses vélos de disques Shimano entrée de gamme, qui ne bénéficient pas de la technologie Ice Tech et qui nous ont donné l’impression de ne pas permettre de délivrer tout le potentiel des freins XT malgré leur diamètre de 203mm. Dommage.

Enfin, coté composants, on a droit à des produits maison siglés Giant qui sont tous de très belle facture. Le cintre est en carbone, la selle Romero SL est confortable et la tige de selle télescopique fonctionne très bien. Seuls les grips dotés d’un rebord censé assurer la transition visuelle avec la commande de l’assistance électrique nous ont moins convaincus par leur ergonomie. Mais c’est un détail et ils ne sont pas non plus totalement inconfortables.

A noter qu’il existe aussi deux autres montages sur base du même châssis carbone, avec le Trance X Advanced E+ 1 monté en XT, roues alu et Fox Performance Live Valve pour 7400€, et le Trance X Advanced E+ 2 monté en Deore/SLX/XT et Fox Performance (sans Live Valve) pour 6400€. Les versions alu vont quant à elles de 4900€ à 6200€.

Giant Trance X Advanced E+ : le test terrain

Nous avons testé le Giant Trance X Advanced E+ sur différents terrains, mais principalement lors d’une semaine intensive à Finale Ligure où nous avons enchaîné les journées de ride à son guidon. Premier point : vu les terrains assez techniques et engagés sur lesquels nous l’avons roulé, nous sommes restés pratiquement tout le temps en position “low” du flip-chip permettant d’ajuster la géométrie.

Des angles plus couchés, c’est idéal dans le technique et le pentu, d’autant que dans le cas de ce Giant Trance X, cela ne pénalise pas vraiment l’engin ailleurs. Nous ne conseillons d’ailleurs la position “high” que pour les sorties plus roulante et les reliefs peu prononcés. D’autant qu’avec les manivelles en 165mm de long et une suspension Maestro qui n’a pas tendance à trop s’enfoncer en côte, il n’y a que peu de risque de taper au moindre obstacle.

Si on devait pointer une grande caractéristique de ce Giant Trance X Advanced E+, ce serait sans aucun doute la facilité. On a vraiment l’impression d’avoir près de soi un bon camarade, qui va vous aider en premier lieu à vous sentir serein, en sécurité à son guidon. Et c’est sur cette base saine que repose la personnalité du vélo qui va vous offrir du plaisir en vous mettant en confiance partout, y compris dans des situations où on peut se dire qu’on touche aux limites du débattement et du programme “trail” du vélo.

En descente, le vélo n’est pas vraiment joueur, dans le sens où il n’incite pas vraiment à faire des folies ou à se jeter d’un virage à l’autre. Ni à sauter partout, car il est plutôt du genre rivé au sol (sur ce point, on ne remercie pas les bases longues). Mais par contre, comme il met vraiment en confiance, on n’hésite pas à se lancer sur des trails bien engagés, et on constate qu’on s’en sort toujours bien, et en ayant pris beaucoup de plaisir car on n’a pas l’impression de s’être mis en danger. Au final, c’est même très gratifiant !

L’efficacité est au rendez-vous aussi car le vélo incite à adopter un style de pilotage coulé qui, au final, est souvent assez rapide même si c’est moins démonstratif. Les trajectoires sont précises, le vélo se place bien et permet de bien jouer avec les reliefs du sol… sauf s’il faut décoller les roues du sol comme nous l’avons déjà dit un peu plus haut. Il n’y a que dans le très cassant que les suspensions montrent un peu leurs limites, mais c’est normal car on sort du programme du vélo.

Les suspensions justement parlons-en ! Clairement, le système Live Valve ne nous semble pas indispensable sur ce vélo, ni pertinent sur tous les types de sorties qu’on peut faire au guidon d’un vélo aussi polyvalent. Soyons de bon compte : dans les portions roulantes et sur certaines montées, il apporte un petit plus en dynamisme au vélo. Mais celui-ci ne nous semble pas décisif. Et si nous n’avons jamais relevé de réactions parasites (sauf dans le mode le plus ferme, réservé selon nous à des machines de XC), on se demande tout de même “à quoi bon”.

S’il n’est pas possible de le désactiver totalement, c’est entre le mode le plus discret et le mode intermédiaire que nous l’avons le plus roulé, et toutes les qualités que nous avons relevées sur cette excellente machine nous semblaient avant tout provenir de son châssis, de son moteur et/ou de sa suspension… mais pas du système Live Valve. Bref, on pourrait clairement s’en passer et faire baisser le tarif, déjà très bien placé par rapport à la concurrence.

Si le Live Valve nous semble superflu, c’est aussi parce que le passage au cadre carbone et au nouveau moteur ont vraiment donné au vélo beaucoup plus de dynamisme que sur la première version alu que nous avions eu l’occasion de tester l’an dernier. Sans être une ballerine ou sans aller taquiner les e-bikes légers, ce nouveau Trance X Advanced E+ corrige ce défaut majeur de la première version et se montre clairement plus agréable et performant.

Reste à parler du moteur, qui est aussi pour nous un point d’amélioration majeur. En premier lieu, on se réjouit de retrouver ce que nous avions apprécié sur la précédente version, à savoir sa forte poigne enveloppée dans un gant de velours. On sent que le couple est très généreux et disponible à une cadence de pédalage très basse, mais il est délivré avec subtilité et sans à-coups, ce qui permet un pilotage très naturel et d’éviter les ruades inutiles dans les portions techniques.

Grâce au poids plus faible du vélo dans son ensemble et à l’optimisation du nouveau moteur, la consommation électrique diminue assez clairement. Tout bénéfice pour l’autonomie car si on commençait à réfléchir à l’autonomie à partir de 1300m de d+ sur le modèle précédent, ici on part sur des sorties de 1500/1600m de d+ l’esprit serein, en navigant entre les modes 2 et 3 ou sur le mode auto qui est nettement plus agréable et qui se rapproche aujourd’hui d’un Bosch e-MTB dans sa gestion, en sélectionnant le niveau d’assistance le plus pertinent selon la pente et votre cadence de pédalage.

En restant en mode 2, notre préféré car on sent bien le couple, mais la puissance est limitée à 50% du potentiel maximum, on peut aller chercher 1800m de d+ sans aucun souci. Bref, c’est du tout bon ! Seule l’ergonomie de la commande de contrôle nous semble perfectible. Les boutons ne sont pas assez prononcés et avec des gants on ne sent pas bien quand on l’active. Dommage.

Tout cela contribue à le rendre absolument redoutable en côte, grâce à la combinaison d’un poids raisonnable avec un moteur fort en muscles et une suspension qui offre beaucoup de grip. Peu de côtes nous ont résisté, ou alors elles étaient vraiment impossibles ! Dans ces circonstances, on peut remercier les bases longues qui apportent clairement une meilleure répartition des masses et qui aident au grip phénoménal de la roue arrière.

Conclusion :

Giant réussit une très belle évolution du modèle phare de sa gamme de VTT à assistance électrique. Le maître mot, c’est de rendre les performances accessibles, de faire un vélo confortable et qui met son pilote en confiance pour ensuite lui offrir du plaisir de pilotage une fois qu’il est débarrassé de ses craintes. Grand public mais pas morne ni ennuyeux à piloter, ce nouveau Giant Trance X Advanced E+ profite de son cadre carbone et de son nouveau moteur pour s’offrir une cure d’amaigrissement profitable au dynamisme général de la machine, en nette hausse. Le moteur Giant Sync2 se place aussi parmi nos blocs préférés pour son côté à la fois puissant, coupleux et doux. Reste la question du système Live Valve, qui n’apporte malheureusement pas encore de plus-value décisive à ce stade et qui nous semble donc superflu. Mais malgré cela, le rapport qualité/prix de ce Giant est remarquable et il mérite vraiment de rentrer dans la liste des vélos à regarder absolument quand on envisage un achat dans la catégorie trail !

Plus d’infos : https://www.giant-bicycles.com/fr/bikes-trance-x-advanced-eplus

Retrouvez également notre essai complet en vidéo :