Roc d’Azur 2026 : des stars et des sprints à gogo

Par Christophe Bortels -

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Roc d’Azur 2026 : des stars et des sprints à gogo

Plus long qu’un XCO, plus court qu’un marathon : avec ses 55 kilomètres menés à un train d’enfer, le Roc d’Azur n’est vraiment pas une épreuve comme les autres ! Et cette édition 2026 nous l’a une fois de plus prouvé, avec ses stars venues de tous horizons et ses sprints en pagaille… Récit :

Le soleil se lève sur le massif des Maures, à l’ouest de Fréjus. C’est parti pour la toute dernière journée du Roc 2026. A 8h15 sera donné le départ de l’ultime épreuve VTT de l’évènement : le tant attendu Roc d’Azur !

Le public se place dans le Fournel, impatient de voir les concurrents dévaler cette mythique descente située au 12e des 55 kilomètres que compte l’épreuve.

Si la retransmission en live de l’épreuve sur diverses plateformes numériques tuera un peu le suspense pour certains, la question est la même chaque année : qui apparaîtra en premier dans la descente ? Bien décidé à améliorer le record de victoires (5) dont il est déjà l’unique détenteur, Jordan Sarrou fait office de grand favori. Mais il devra se méfier des Italiens, dont Jakob Dorigoni, vainqueur en 2025, ainsi que des marathoniens présents en nombre, avec quasi tout le top 10 du Roc Marathon disputé vendredi qui est aligné sur ce Roc d’Azur. Les crosseurs Cole Punchard et Joshua Dubau sont également au départ, tout comme les routiers Bruno Armirail et – plus surprenant – Paul Seixas, venu se faire plaisir sur le Roc au lendemain de sa victoire sur le Tour de Lombardie !

Chez les femmes, on notera la présence des Françaises Léna Gérault et Noémie Garnier, de Samara Maxwell et sa coéquipière Greta Seiwald, ou encore de la Belge Emeline Detilleux, sans oublier l’Italienne Giorgia Marchet, victorieuse sur le Roc en 2025, et sa compatriote Chiara Gualandi, 3e l’année dernière.

C’est le Néerlandais Tom Schellekens, 3e du Roc Marathon vendredi, qui s’offre le luxe de survoler les roches et ornières du Fournel en tête.

Bien placé, Jordan Sarrou est 2e d’un gros groupe d’une quinzaine de coureurs qui s’est détaché dans la longue bosse de 4 kilomètres et 200 mètres de dénivelé juste avant de basculer dans le Fournel, qui a permis comme d’habitude de faire un premier tri dans le peloton. On y retrouve, entre autres, Jakob Dorigoni, Cole Punchard, Davide Foccoli et plusieurs autres Français dont Joshua Dubau.

Paul Seixas figurait bien dans le groupe de tête en début de course…

… mais ses lacunes en technique ne pardonnent pas dans le Fournel, où il est même contraint de mettre pied à terre. « Un bon jour pour se mettre une boîte« , lance-t-il en pleine descente.

Léna Gérault emmène quant à elle un peloton féminin encore bien groupé, parti quelques minutes après la première vague. Juste derrière elle, Samara Maxwell s’exclame en riant (et en français) : « Je fais n’importe quoi ! » Décidément, les stars sont bien bavardes dans le Fournel.

Les stigmates des grosses pluies du milieu de semaine sont encore visibles par endroits.

Les concurrents prennent ensuite la direction de la nouvelle boucle d’une dizaine de kilomètres apparue dans le parcours l’année passée.

26 kilomètres après le Fournel, le mythique col du Bougnon se dresse devant les concurrents.

Il prend encore plus que d’habitude des petits airs de col du Tour de France avec ce nouveau couloir de banderoles, sans doute destiné à garder les nombreux spectateurs à distance et à faciliter le travail des équipes TV.

Les spectateurs qui arrivent à vélo prennent la mesure des pourcentages indécents du Col du Bougnon, sous les encouragements de ceux déjà placés sur le bord du parcours.

Même les enfants se prêtent au jeu, avec plus ou moins de succès.

Qui sait, il y a peut-être parmi eux un futur Tadej Pogacar ? Celui-ci a en tout cas déjà le bon maillot !

On comprend vite qui est le chouchou des spectateurs…

D’ailleurs, le voilà ! Cole Punchard imprime un train d’enfer au pied du Bougnon, suivi de Jordan Sarrou et Joshua Dubau. Le trio vient de faire un petit trou dans la descente du Car Brûlé sur les autres échappés.

Jordan Sarrou se retourne, Joshua Dubau est juste derrière lui…

… alors que le groupe de poursuivants n’est qu’à quelques secondes. Il est emmené par le vainqueur sortant Jakob Dorigoni et fermé par le 1er du Roc Marathon Davide Foccoli, le Norvégien Osten Brovold Midtsundstad et le Français Jules Rossel étant intercalés entre les deux Italiens. Ils vont recoller au duo de tête peu de temps après.

Bien placé dans le top 20, le Belge Pierre de Froidmont est victime d’une casse de dérailleur en pleine ascension.

Flo et ses potes sont évidemment là pour mettre l’ambiance dans cette montée mythique du Roc. On n’ose imaginer le volume sonore au passage de Paul Seixas… mais pas le temps d’assister à ça, il reste moins de 20 km de course, on doit filer à l’arrivée !

Cole Punchard et Jordan Sarrou ont profité de la dernière descente technique du parcours pour distancer leurs compagnons d’échappée, et les quelques kilomètres de plat pour revenir sur la Base Nature de Fréjus ne permettent pas de faire une différence. Le sprint est inévitable…

… et inévitablement, c’est Jordan Sarrou qui l’emporte ! Il boucle les 55 km et 1500 mètres de D+ en 2h18.

Jordan Sarrou, désormais sextuple vainqueur du Roc d’Azur : « Je suis revenu mardi des USA, donc c’était compliqué de récupérer mais finalement ça l’a fait aujourd’hui. C’était très tactique, c’était dur de faire la différence donc on est restés en groupe et j’ai essayé de ne pas trop appuyer dans les descentes pour limiter les risques de crevaison. On a fait un petit gap dans la dernière descente avant de rejoindre la plage et la piste cyclable, on a roulé à deux avec Cole. Il était fort, j’étais à la limite derrière mais il a lancé le sprint un peu tôt donc j’ai pu profiter de l’aspi et finalement l’emporter. Ça clôture bien la saison et puis c’est la fin de l’équipe BMC donc c’est sympa de signer cette sixième victoire… »

Cole Punchard était bon perdant face à Monsieur Roc d’Azur… « Dans la dernière descente j’ai beaucoup poussé car je savais que c’était mon point fort, et c’est comme ça qu’on s’est isolés avec Jordan. J’ai lancé le sprint à 300 mètres, j’ai tout donné mais Jordan m’a passé juste sur la ligne. C’était ma première fois au Roc donc je ne connaissais pas du tout le parcours et je suis vraiment content de ma place. Chapeau à Jordan pour sa sixième victoire ! »

Quelques secondes après l’arrivée du duo Sarrou-Punchard, Osten Brovold Midtsundstad remporte un sprint crucial pour la 3e place face au vainqueur sortant Jakob Dorigoni (4e) et Davide Foccoli (5e). Avec sa victoire sur le Roc Marathon et cette 5e place, Foccoli devrait logiquement remporter l’Xtrem Roc, un nouveau classement combiné Roc Marathon + Roc d’Azur créé cette année.

Le podium du Roc d’Azur 2026 : Cole Punchard (2e), Jordan Sarrou (1er) et Osten Brovold Midtsundstad (3e).

Les Français Joshua Dubau et Jules Rossel (ici dans le Bougnon) n’ont pas réussi à accrocher le bon wagon en dernière partie de course mais terminent à de belles 6e et 7e places.

Encore un sprint, cette fois pour attribuer les ultimes places disponibles dans le top 10. Le Norvégien Eskil Evensen-Lie se montre le plus rapide face à l’Italien Alessio Agostinelli et au Français Nathan Cornillon.

Bien plus loin dans le classement, Paul Seixas et Bruno Armirail se font un sprint pour le fun entre routiers. Ils terminent un peu au-delà de la 60e place.

Paul Seixas : « Au début j’ai suivi tant que ce n’était pas très technique. Et puis arrivé dans la première descente j’ai vu que techniquement je ne tenais pas du tout le rythme, du coup je me suis écarté pour laisser passer les gars qui étaient là pour faire la course. J’ai attendu Bruno Armirail et puis on a fait le parcours ensemble. C’était sympa, j’ai profité, j’ai roulé tranquille. En tout cas je ne suis pas encore fait pour le VTT ! C’est un travail différent… Mais c’est sympa, c’était plus pour l’expérience, parce que ça faisait un an que je n’avais plus fait de VTT. »

L’anecdote du jour nous vient de Pierre de Froidmont, qui aurait pu voir sa course s’arrêter net après son gros souci mécanique dans le Bougnon. C’était sans compter sur la gentillesse d’un spectateur, qui lui a prêté un dérailleur et un shifter afin qu’il puisse repartir et terminer la course (à la 84e place). Merci monsieur (et merci le Di2).

Chez les femmes, Samara Maxwell signe la 95e place au scratch et remporte le Roc d’Azur pour sa première participation ! « Vendredi au marathon j’y suis allée cool pour m’amuser, aujourd’hui je voulais faire la même chose mais comme d’habitude une fois en course je voulais gagner. J’ai roulé avec la tête de course, on était à trois ensemble, on discutait et on s’amusait. Quand on est arrivées à l’avant-dernière montée la foule était incroyable et m’encourageait donc j’ai poussé. En haut j’ai vu que j’avais fait le trou et j’ai continué jusqu’au finish. C’était vraiment fun ! »

Léna Gérault termine à deux minutes de la gagnante, deux jours après sa victoire sur le Roc Marathon. Le podium féminin est complété par la Suissesse Ramona Forchini.

Victorieuse sur le Roc d’Azur en 2025, Giorgia Marchet doit cette fois se contenter de la 5e place, derrière sa compatriote Claudia Peretti (4e).

C’est tout pour ce Roc. Rendez-vous en octobre 2027 pour la 43e édition du Roc d’Azur !

Résultats complets du Roc d’Azur 2026

Par Christophe Bortels