Roc Marathon 2026 : l’audace à l’italienne
Par Christophe Bortels -
Après une première journée essentiellement consacrée à l’enduro, au gravel et aux randos, place ce vendredi au premier gros morceau du Roc d’Azur : le Roc Marathon ! Toujours aussi beau mais toujours aussi technique et redoutable, il nous a cette fois offert un scénario assez rare sur ce type d’épreuve… Récit :
C’est chaque année la même histoire sur le Roc Marathon, dont le départ est donné à 7h30 le vendredi matin : il fait si sombre au moment de la mise en grille qu’on a l’impression que le départ va être donné dans le noir… Et puis la magie opère et, c’est immuable, le soleil finit évidemment par se lever juste à temps !
Au départ, les marathoniens pur jus sont les favoris sur cette épreuve longue et difficile. Parmi eux, une impressionnante délégation italienne emmenée par le champion national Fabian Rabensteiner. On notera l’absence de Wout Alleman (vainqueur de l’épreuve en 2025), victime d’une fracture de la clavicule, et qui n’aurait de toute façon pas participé à ce Roc Marathon puisqu’il devait s’aligner sur les championnats du monde de gravel en Australie ce week-end.
Quelques crosseurs de renom sont aussi venus se faire plaisir sur ce très beau parcours, à l’instar de Jolanda Neff, le récent vainqueur du général de la coupe du monde de XCO Luca Martin, leur co-équipier canadien Cole Punchard, la Néo-Zélandaise Samara Maxwell, le Belge Pierre de Froidmont, et quelques autres.
Au programme du jour : un peu plus de 100 kilomètres et 2500 mètres de dénivelé positif…
… le tout sur un terrain bien technique et très rarement roulant.
Encore totalement sous eau la veille suite aux fortes intempéries des jours précédents, ce passage était heureusement bien plus praticable ce vendredi !
La boue amenée par les pneus sur les racines et les pierres rend les passages techniques parfois délicats à négocier.
Même une fine technicienne comme Jolanda Neff doit renoncer à passer sur le vélo.
Au tiers de l’épreuve, une groupe d’une quinzaine de coureurs s’est isolé en tête de la course.
La plupart des favoris sont là… et la plupart sont italiens ! Mais comment font-ils ?
Un petit groupe de cinq concurrents mène la poursuite à quelques dizaines de secondes.
Le soleil va jouer à cache-cache en début de course avant de se montrer plus franc dès la fin de matinée. Quant à la pluie annoncée, elle n’est finalement jamais venue.
En suivant l’épreuve, on croise l’actuelle championne du monde de marathon Anna Weinbeer en bord de parcours, dans un role d’assistante-supportrice de luxe. La Suissesse devait défendre son titre sur ce Roc Marathon, mais une blessure à la main semble avoir contrecarré ses plans.
C’est l’occasion de faire un petit topo sur cette course dans la course : après une bonne quarantaine de kilomètres, Léna Gérault mène la course, suivie de l’Italienne Claudia Peretti et de Jolanda Neff, alors que Samara Maxwell et Tatiana Tournut (ici en photo) sont en poursuite pour essayer d’accrocher une place sur le podium féminin.
La mi-course approche, les montées exigeantes s’enchaînent, le groupe de tête s’étire… Ça ne va pas tarder à exploser !
D’autant que le parcours n’offre vraiment, mais vraiment, aucun répit.
Après le Col de Valdingarde, l’Italien Davide Foccoli est le premier à dévaler la belle descente qui suit. Surprise : il est seul !
Les secondes passent, puis les minutes. Ah, voilà enfin les poursuivants. Mais l’écart est énorme : plus de 4 minutes… Quasi du jamais vu sur le Roc Marathon à ce stade de l’épreuve ! Ils sont six à tenter de revenir sur l’Italien : Fabian Rabensteiner, Dario Cherchi, Alessio Agostinelli, Stefano Goria, Martin Fanger et Tom Schellekens.
Audacieux ou suicidaire ? On vous laisse juger. Toujours est-il que Davide Foccoli est désormais lancé dans un improbable solo de 50 kilomètres après avoir attaqué dans une longue bosse à la mi-course…
La course reste évidemment ouverte, notamment pour les places d’honneur dans le top 10.
Au pied du Col du Bougnon, Davide Foccoli est toujours largement en tête.
Un peu plus loin, il aborde seul la mythique dalle en béton, à une bonne dizaine de kilomètres de l’arrivée.
C’était inévitable : le groupe de poursuivants a lui aussi fini par exploser. Isolé à la 2e place, on retrouve Stefano Goria, compatriote et co-équipier de l’homme de tête.
C’est plus serré pour la 3e place, convoitée par le Suisse Martin Fanger et le Néerlandais Tom Schellekens.
Il aura tenu jusqu’au bout : Davide Foccoli remporte ce Roc Marathon 2026 en 4h32, au terme d’un de ces exploits qui font la légende des grandes épreuves !
Stefano Goria franchit la ligne quatre minutes et demie plus tard pour venir décrocher la 2e place.
Les Italiens et co-équipiers signent un superbe doublé pour la structure italienne Scott Racing Team.
Quelques minutes plus tard, la 3e place se joue au sprint.
Sprint remporté par le Néerlandais Tom Schellekens devant le Suisse Martin Fanger.
Le podium du Roc Marathon 2026 : Tom Schellekens (3e), Davide Foccoli (1er) et Stefano Goria (2e).
Le champion d’Italie Fabian Rabensteiner et l’Allemand Martin Frey (qui prendra sa retraite après le Roc d’Azur dimanche) décrochent respectivement les 5e et 6e places.
Juste derrière, on retrouve les Italiens Alessandro Saravelle (7e), Alessio Agostinelli (8e) et Jacopo Billi (9e).
Lorenzo Trincheri complète le top 10 et la razzia italienne sur ce Roc Marathon : ils sont sept coureurs vert-blanc-rouge parmi les dix premiers !
On notera aussi la 11e place de Nicolas Samparisi (oui, encore un Italien) au guidon d’un KTM 32 pouces.
Chez les femmes, Léna Gérault aura dominé l’épreuve de bout en bout. Elle s’impose en 5h26 et signe le 67e temps au scratch.
La championne d’Italie Claudia Peretti prend la 2e place.
Le podium féminin est complété par Samara Maxwell. Il n’y a pas de trace de Jolanda Neff (3e à la mi-course) dans le classement au moment d’écrire ces lignes.
Il est à présent temps de se remettre de toutes ces émotions et de se reposer en prévision du Roc d’Azur dimanche !



































