Privateer | Un été d’EWS avec les pilotes privés belges

Par Paul Humbert -

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Privateer | Un été d’EWS avec les pilotes privés belges

Un « privateer », c’est un pilote qui ne vit pas de ses sponsors, mais qui partage les mêmes rêves que les professionnels. Dans l’antichambre du sport de haut niveau, ils sont souvent à un résultat ou un coup de téléphone de réaliser leur rêve. Il n’y a pas de chemin tout tracé jusqu’à une carrière de pilote professionnel, mais chaque course ouvre de nouvelles opportunités. Thomas Theunissen a suivi, pour Vojo, un groupe de privateers belges, mais pas que, le temps d’un été d’EWS.

 

 

Au casting belge de la vidéo, vous retrouvez Bart de Vocht, Manu Warnet, Gilles Franck, Alexis Roukens, Jonas Demuylder, Bastien Renard. Ils sont accompagnés d’Oliwer Kangas (Suède) et de Glenn Macarthur (France).

 

 

Des Enduro World Series, vous connaissez les circuits, les vélos et les pilotes pros. Sur ces mêmes circuits et aux mêmes moments cohabitent professionnels et amateurs. Et entre ces deux catégories très nettes, on trouve les privateer. Pour beaucoup, ils ont le niveau des professionnels et parfois les mêmes ambitions, mais leurs sponsors ne leurs permettent pas encore d’en vivre.

 

 

Avec Thomas, Vojo a embarqué à l’arrière d’un pickup aux Etats-Unis, dormi par terre au Canada et goûté à la terre des plus belles destinations VTT d’europe : « A la base, je partais juste en Amérique du Nord pour voyager un peu et faire des belles images. Je m’attendais aussi à découvrir de super endroits pour rouler. J’avais déjà vécu un week-end d’EWS avec Gilles et Manu. Je pensais que l’expérience serait assez similaire : vivre comme une petite famille pendant une semaine tout en faisant des images de la course. Je n’avais pas plus d’attentes que ça. »

 

 

La vie des privateer est faite de beaucoup de hauts et de quelques bas. Dans ces cas-là, c’est surtout sur la débrouille et l’entraide qu’on peut compter. Pourtant, cette vie, personne ne l’impose et elle est surtout heureuse pour celles et ceux qui la vivent. Pas mal de mécanique de dernière minute et un peu de van-life sont des éléments essentiels à une vie de privateer réussie.

 

 

En partant plus longtemps, j’ai pu découvrir l’envers du décors : le départ pour un autre continent avec le plus de matériel possible, les galères de transport, les vélos égarés dans les aéroports, les ennuis mécaniques qui les privent de finir leur course, la gestion de la fatigue lorsqu’on enchaine plusieurs semaines de course avec des journées de voyage entre deux courses… Mais j’ai surtout pu rouler dans des endroits dont j’ai toujours rêvé. J’ai aussi rencontré énormément de personne que je ne connaissais pas. Gilles m’avait prévenu qu’on retrouverait d’autres Privateers pour diminuer les coûts. Je ne pensais pas autant me lier d’amitié avec des personnes que je n’avais jamais rencontrées avant ce voyage. En vivant plusieurs semaines avec eux, j’ai pu découvrir des personnes passionnées. Dans le groupe de privateers avec qui j’ai voyagé, tout le monde est attentif aux autres. L’enduro est un sport individuel, mais j’ai vraiment découvert un esprit de camaraderie. Lorsqu’un pilote a un problème les autres cherchent à lui porter secours dès que possible. Ils se soutiennent aussi dans la préparation et lorsqu’ils doutent.

 

 

Pendant l’hiver, certains de ces pilotes sont passés de « l’autre côté » en franchissant la porte des pilotes « pros », d’autres repartent pour une nouvelle année de course derrière cet objectif, et d’autres abandonnent cette course pour se concentrer sur le plaisir pur sans réelle quête de résultat. Au-delà de la simple performance sportive, ces courses sont ce qui fait vivre et vibrer ces pilotes privés et on a hâte de les retrouver pour la saison 2023 des EDR (le nouveau nom des EWS).

Vidéo et photos : Thomas Theunissen.

ParPaul Humbert