Prise en main | Devinci Django
Le mini-Troy

Tech
29 avril 2016 — Paul Humbert

Avec son Django, la marque canadienne Devinci débarque sur le segment du « trail » avec un petit vélo de 120mm de débattement équipé de roues de 27,5 pouces. Petit Troy plutôt que gros marathon, le Django peut, sur le papier, devenir l’arme de prédilection d’un grand nombre d’amateurs de longues sorties pédalantes ne souhaitant pas perdre une once de plaisir en descente. Nous avons mis la main, le temps d’un week-end, sur un des premiers Devinci Django. Notre testeur Manu l’a enfourché et l’a lancé sur ses sentiers habituels. La suite, c’est lui qui nous la raconte :

sans titre-4On ne chôme pas chez Devinci. Après le Hendrix et le Troy (qui est d’ailleurs en test longue durée chez nous également), c’est au tour du  Django et du Wilson carbone de faire leur entrée dans la gamme en 2016. Chez Vojo, ça ne chôme pas non plus mais nous sommes presque pris de court… Tant mieux, on aime avoir du pain sur la planche!

sans titre-13Ce week-end c’est le Django que l’on a passé à la moulinette pour une première prise en main. Nous avons dégoté un Django au montage bien particulier, celui de Vincent de Samba, l’importateur français de la marque. Spécialement préparé pour l’All-Mountain Challenge (une course sur deux jours où chaque pilote s’élance avec un même vélo sur une course de cross-country et d’enduro), il affiche 11,9 kg sur la balance dans cette version pas encore définitive. Vincent projette de changer d’amortisseur.

sans titre-19C’est donc avec ce vélo spécialement préparé que nous allons pouvoir déguster les premiers singles fraichement sortis de leur hibernation, ou, comme le Django, de prison.

geoTout comme le Troy, le Django adopte une géométrie moderne avec un reach bien long ( 440mm en taille M), des bases courtes (427mm) et un angle de direction de 67,5°. On n’oublie pas non plus la suspension Split Pivot, avec son point de pivot concentrique à l’axe de roue arrière, développée par Dave Weagle pour mettre en mouvement les 120mm. Entre la biellette et les haubans, il est possible d’ajuster la géométrie pour redresser légèrement le vélo et refermer les angles. À l’occasion de notre prise en main, nous avons uniquement testé la position la plus ouverte, et la plus pertinente à notre avis.

sans titre-53Afin d’allier la rigidité et la précision du carbone au confort et au côté safe de l’aluminium pour les bases, plus exposées, Devinci a mêlé les deux matériaux et les bases du Django sont en métal plutôt qu’en fibres.

sans titre-3Pour ce montage « All-Mountain Challenge », Vincent a bien entendu puisé dans le catalogue Sabma. Nous retrouvons en toute logique une paire de roues NoTubes Arch. Le train roulant est complété par un un pneu Onza Ibex en 2.25 à l’avant et par un Maxxis Ikon à l’arrière. Une Fox 34 de 140mm de débattement vient remplacer la RockShox Pike de 130mm. Sur un cintre en carbone Enve riser, Vincent a monté des poignées ESI en silicone. Le vélo est freiné par une paire de Magura MT6.

sans titre-20Pour plus de sécurité, un tout petit guide chaine Hope (Finger Chain Guide) a été installé.

Sur le terrain

devinci-django-vojo-2016-paul-humbert-16Nous partons pour une journée « trail », car oui, comme nous l’a bien spécifié son propriétaire, le Django n’est pas un Troy. Nous sommes toutefois obligés de faire la comparaison avec son grand frère tant la ressemblance est frappante.

devinci-django-vojo-2016-paul-humbert-14Le Django met en confiance, dès les premiers tours de roues on est à l’aise et prêt à en découdre. Le vélo ne demande d’ailleurs que ça: avaler des kilomètres de sentiers !

devinci-django-vojo-2016-paul-humbert-6Le poste de pilotage est digne d’un bike d’enduro avec sa potence courte et son cintre de 750mm de large. Le toucher des freins Magura MT6 est top et avec ce mini-Troy on a directement envie de s’envoyer dans la pente.

devinci-django-vojo-2016-paul-humbert-7La journée commence toutefois par une montée et là on lâche les chevaux. Le Django offre un rendement impressionnant, avec un pneu semi-slick à l’arrière, le vélo pédale presque tout seul. Les roues Notubes Arch ont un super rapport poids / confort / rigidité. Dans les passages les plus sinueux et techniques le vélo répond du tac au tac, il est hyper réactif et emmagasine de la vitesse dans chaque virage et appui. C’est un régal et on enchaîne les kilomètres sans s’en rendre compte.

devinci-django-vojo-2016-paul-humbert-5Le Django est facile à piloter et il est plutôt à l’aise partout. Même quand les singles deviennent plus techniques et exigeants, il garde un bon confort et un excellent grip.  C’est d’ailleurs un peu déroutant et on oublie rapidement qu’il n’offre “que” 120mm de débattement. Il n’est clairement pas conçu pour une pratique enduro mais s’envoyer une petite spéciale « à la cool » n’est pas un problème pour lui. La suspension développée par Dave Weagle est, une nouvelle fois, très pertinente.

devinci-django-vojo-2016-paul-humbert-4Au fil de la journée, on enchaîne les singles et dès que l’on commence à prendre de la vitesse, le Django se déchaîne. Il offre confort, grip et précision. Le split pivot fonctionne à merveille et on retrouve une nouvelle fois les mêmes sensations que sur un Troy. Ce n’est que dans la pente raide que l’on va atteindre la limite de ses capacités en descente. Le choix de la fox 34 en 140mm (contre 130mm pour la Pike d’origine) est judicieux, le vélo reste équilibré et il serait dommage de se priver d’un peu plus de débattement et d’angle à l’avant.

devinci-django-vojo-2016-paul-humbert-2Le Django est une belle découverte. C’est un vélo taillé pour la montagne, à la fois vif, rapide, facile et confortable. Le montage “à la carte” version Sabma y est certainement pour quelque chose mais même dans les versions proposées au catalogue, le Django semble être une véritable machine à Trail.

devinci-django-vojo-2016-paul-humbert-15À l’issue de ce week-end, il nous reste l’envie le l’essayer plus longuement à l’occasion d’un test prolongé à la sauce Vojo. Mais nous n’avons toutefois aucun doute sur le fait que ce vélo ravira bon nombre d’amoureux de singles. Si l’enduro est devenu trop “engagé” pour vous et que le marathon n’est pas votre truc, ce bike a de nombreux atouts pour vous séduire. Particulièrement polyvalent, vous pourrez l’emmener partout et vous faire plaisir, il vous suffira d’adapter votre vitesse et vos attentes si vous glissez vers les « extrêmes ». To be continued…

Retrouvez plus d’informations sur le site de la marque (www.devinci.com) ou dans notre présentation du modèle : www.vojomag.com/news/devinci-django-troy-a-petit-frere