Prise en main | RockShox Lyrik RC2 et Superdeluxe 2019

Tech
23 mars 2018 — Paul Humbert

Rockshox Lyrik & Superdeluxe 2019 : découverte au coeur des Albères.

Dans la galaxie Sram, c’est au tour de Rockshox de briller. Millésimée 2019 (parce qu’il faut bien choisir une date, aussi étrange que cela puisse paraître), la fourche Lyrik d’enduro est de retour au côté de l’amortisseur à gros volume, le Superdeluxe. Après une autopsie en règle des composants, accompagnez-nous pour un premier test terrain sur les plus beaux sentiers des Albères, au pied du Pic du Canigou. 

En recevant notre adresse de rendez-vous, difficile de ne pas sourire. Pour découvrir la nouvelle Rockshox Lyrik et l’amortisseur Superdeluxe, nous avons rendez-vous au Cap Néoulous, dans les Pyrénées Orientales. À quelques minutes de Perpignan et à un coup de pédale de l’Espagne, on retrouve Stéphane et France qui sont presque des habitués de Vojo. Ils nous ont déjà accueillis avec deux lecteurs et Sram, à la découverte, humide, de leurs sentiers. On les retrouvait plus tard avec l’équipe Orbea Enduro Team en stage de préparation avant le début de saison.

Les marques se sont attachées à cette belle bâtisse et à ceux qui l’occupent pour en faire un point de ralliement régulier quand l’envie de rouler en bonne compagnie se fait trop pressante. De notre côté, on ne boude pas notre plaisir car si quelques chemins nous sont familiers, il reste un nombre croissant de traces à découvrir.

Fraîchement débarqué du train, on retrouve Jérémie Reuiller et son appareil photo qui nous rejoint pour cette présentation. Lui aussi est un habitué chez Vojo puisqu’il a couvert les EWS pour votre média préféré pendant près de trois ans. Il revient également pour nous sur la relation de photographe à pilote qu’il a construite avec Jérôme Clementz dans notre Volume 1 (à retrouver ici).

Ce n’est donc pas une surprise si c’est sur un Orbea Rallon R5 qu’on grimpe pour découvrir la nouvelle Rockshox Lyrik et l’amortisseur Rockshox Superdeluxe.

On règle la machine fraîchement assemblée dans l’atelier, la veille de notre premier jour de vélo. On repère évidemment la couleur rouge de la nouvelle Lyrik, qui sera également déclinée en noir, exit le blanc donc. L’amortisseur est en tous points semblable au précédent mais il cache quelques évolutions. On le comprendra plus tard en découvrant les entrailles des produits (lien).

Dans la fourche, 2 tokens sont d’ores et déjà installés et 3 tokens sont glissés dans l’amortisseur. Notre Orbea Rallon développe 150mm de débattement et la Lyrik affiche 160mm avec un offset de 42mm. L’arrivée d’offsets différents sur un même modèle de fourche est une belle opportunité pour les marques de vélos qui vont pouvoir affiner leur travail sur les géométries, mais il conviendra d’être attentif avant un achat « seul » pour upgrader un vélo. Côté air, on gonfle la fourche à 78psi pour nos 73kg.

En suivant les conseils de Simon André, ambassadeur Sram et en charge des médias pour le marché français chez Orbea, on ouvre la cartouche au maximum. Notre première mission le lendemain matin sera de trouver la bonne assiette sur le vélo.

Avant de trouver l’assiette du vélo, on trouve la notre bien remplie à l’étage. Au Cap Néoulous, on mange bien et local !

1,5 bars et 1,6 bars dans les pneus au départ, on se lance sur la première descente de notre séance de découverte. On appréhende d’abord le Rallon avant d’aller chercher de la finesse dans les suspensions. Le vélo est particulièrement agile, facile et rassurant. Avec 1m83 et un vélo en taille L, on ressent assez rapidement le besoin d’optimiser l’ergonomie sur le vélo. On change l’inclinaison du cintre et on finit par passer sur une potence de 50mm de long. Avec un cintre de 780mm de large, on est enfin posé comme on le souhaite.

Avec un petit peu plus de 30% de SAG, on va au bout de la course du Superdeluxe sur les plus gros chocs et appuis sur les sentiers rapides, mais tout reste presque imperceptible. On continuera dans cette configuration qui s’avèrera être la bonne.

Du côté de la Rockshox Lyrik, on avance progressivement et on ferme un petit peu la basse vitesse jusqu’à mi-course. Sur les sentiers rapides, on va également chercher plus de réactivité avec la haute vitesse et on ferme de deux clics pour arriver à la position intermédiaire. Cette position correspond d’ailleurs au pré-réglage de base pour une cartouche RCT3.

On évoluera pendant un bon moment ainsi. Les sentiers s’enchaînent, d’abord faciles et fluides, ensuite plus techniques. On terminera chaque journée au sommet du Néoulous et ses 1200 mètres d’altitude. Droit dans la pente au départ, on change les réglages du vélo pour obtenir plus de soutien sur les basses vitesses. L’assiette du vélo est ainsi conservée et on ne ressent pas de besoin d’aller jouer sur la fin de course et la progressivité de la fourche en ajoutant un token.

Au-delà de l’assiette, il est toujours compliqué de comparer deux fourches sans effectuer des runs consécutifs mais on sent un bon support et surtout, de bonnes facultés au moment de lire le terrain à haute vitesse, basse vitesse ou au freinage. Le seuil de déclenchement de la Lyrik est bas et permet d’offrir un très bon grip, mais dans les passages les plus appuyés, on ne plonge pas exagérément.

Le chassis de la fourche est connu mais il est sublimé par le nouveau ressort Debonair. La cartouche Charger RC2 vient ensuite apporter la finesse dont les meilleurs pilotes auront besoin. Difficile de dire si le champ des réglages possible sera suffisant pour des pilotes de haut niveau, mais pour la grande majorité des pratiquants d’enduro, la Lyrik version « 2019 » se présente comme une excellente fourche.

Plus tard et alors qu’on trouvait notre compte avec la fourche réglée telle qu’elle l’était, nous nous sommes amusés à fermer complètement les hautes vitesses sur un terrain rapide. Le retour du vélo est nettement plus vif et on sent tout le potentiel inexploité de la machine entre nos mains. Les pilotes les plus engagés feront à coup sûr bon usage de ce réglage.

On en oublierait presque l’amortisseur Rockshox Superdeluxe, et ce n’est pas plus mal ! Il s’accorde parfaitement avec le comportement du vélo et sans élément de comparaison proche (notre dernier passage sur cet amortisseur datait du lancement du Santa Cruz Nomad, il y a une année), il est difficile de sentir une diminution des frictions. Il travaille toutefois bien en accord avec la Lyrik pour trouver un équilibre rassurant.

En traversant les forêts brûlées, l’Orbea Rallon R5 réussit le pari d’apporter confort et vivacité. Il pédale très bien et on utilise fréquemment la commande de blocage (qu’on vous présentera plus tard). L’Orbea nous accompagne en descente sans se montrer trop exigeant et quand on lâche les chevaux, le vélo est toujours là, c’est le résultat d’un travail en commun avec les suspensions. Merci !

Alors qu’on s’amuse, en s’accrochant, sur la fameuse descente des wagonnets (qui voit notamment passer le raid des chapelles), on enchaîne les compressions et les descentes de marches où le travail des suspensions reste progressif en nous permettant de conserver une certaine vitesse et fluidité.

Quelques milliers de mètres de dénivelé négatif plus tard, on lâche notre vélo de test avec un grand sourire et on l’échange contre une bière fraîche en arrivant au Cap Néoulous. Nous avons bénéficié d’un encadrement et d’un cadre de choix pour découvrir ces nouvelles suspensions. Accordées à un vélo qu’on aime beaucoup, elles nous ont permis de nous retrouver face à nos propres limites et non à celles du vélo. Progressive et confortable, la Lyrik continue d’avoir un bel avenir devant elle. Il restera toutefois à lui redonner la parole sur nos sentiers et dans des conditions plus familières, mais l’acquisition du ressort Debonair nous semble être une opportunité à saisir (pour moins de 50 euros).

On quitte l’équipe qui nous a accompagnés avec des gigas de belles images signées Jérémie Reuiller et retrouvera rapidement les sentiers et l’accueil du Cap Néoulous !

Plus d’infos sur le site de la marque : www.sram.com/fr/rockshox

Découvrez Cap Neoulous et n’hésitez pas à frapper à leur porte pour découvrir les plus beaux sentiers des Albères : www.capneoulous.com