Présentation & premier essai | Orbea Wild FS : l'intégration mesurée

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25 septembre 2017 — Olivier Béart

Orbea Wild FS : le premier test

Avant toute chose, nous n’allons pas essayer de vous faire croire que nous avons essayé l’Orbea Wild FS de façon poussée. Vu le planning serré, nous n’avons fait qu’une sortie d’un peu plus de 25km à son guidon et, même si le terrain dans les environs de Madrid était très varié (entre cailloux bien cassants, virages en épingles et portions plus plates et rapides), il faudra affiner tout cela à l’issue d’un vrai test sur nos terrains de jeu habituels. Néanmoins, nous avons déjà pu sentir pas mal de choses intéressantes au Guidon du Wild FS 10 en pneus Plus.

Les premiers kilomètres sur un single, ludique et tortueux mais assez plat, permettent de se rendre compte que l’Orbea Wild FS est très maniable et facile à faire tourner. Juché sur un taille M au reach de 390mm alors que je roule le plus souvent sur des vélos ayant des valeurs de 420 à 440mm pour mes 178cm, je ne me sens pas pour autant coincé dans un vélo trop petit pour moi. A refaire, j’opterais pour un L car j’aime les vélos longs, mais le M est tout à fait roulable et ce dimensionnement montre qu’Orbea vise large au niveau du public du Wild, qui a été voulu très accessible. En cela, il nous rappelle un certain Specialized Levo, lui aussi facile et polyvalent. Il y a pire comme référence.

Dans la longue montée qui nous permet de rejoindre le départ des portions descendantes, c’est une fois de plus l’équilibre de la position qui séduit. Les appuis sont naturels et on grimpe facilement, sans chercher à faire le petit fou. Quand on aborde un passage plus raide et technique par contre, le Wild FS se réveille et se montre plus vif, ce qui est bien agréable pour se faufiler entre les obstacles. Les roues de 27,5 Plus aident bien aussi au niveau du grip. Quant au moteur Shimano, il était parfaitement réglé sur notre exemplaire de test (ce qui n’a pas toujours été le cas sur les premières présentations auxquelles nous avons assisté) et nous avons pu pleinement profiter de sa force tranquille, principalement en mode Trail.

Dans la première partie de la descente, très technique et rocailleuse avec en plus quelques beaux virages en épingles pour couronner le tout, le poids du Wild FS lui donne une stabilité naturelle intéressante malgré son faible empattement et les suspensions fonctionnent impeccablement pour bien garder les roues plaquées au sol. Dans les virages serrés, pas besoin de jeter le vélo, il tourne dans un mouchoir comme on pouvait l’espérer.

Là où on sent toute la pertinence du choix d’Orbea en matière de type de batterie, c’est quand on commence à attaquer plus franchement, à faire sauter le vélo par-dessus les obstacles plutôt que de les contourner et à le faire slalomer d’un côté à l’autre du sentier pour rechercher la ligne la plus rapide et directe. Là, la direction du vélo se montre légère et précise et le Wild FS est très facile à faire décoller. En cela, il rappelle le Commencal Meta Power et son excellent centrage des masses, même si on sent clairement que l’Orbea est moins radical et moins axé vers les pratiques en montagne.

Dans la seconde partie de la dégringolade, on prend plus de vitesse et on se repose beaucoup sur les suspensions. Elles font leur job, le vélo se montre confortable et on atteint des vitesses élevées sans vraiment s’en rendre compte. Les pneus Kenda, peu connus et peu répandus actuellement, sont une belle découverte dans la mesure où leurs flancs bien rigides évitent toute sensation de flou, sans pour autant se montrer raides et incapables de filtrer les petits vibrations. La gomme assure aussi une très bonne accroche et le dessin, très à l’aise sur les rochers, devrait se montrer assez polyvalent.

Verdict

Au final, après cette petite demi-journée d’essai, on se dit que si on n’a pas de coup de coeur esthétique immédiat pour l’Orbea Wild FS (il a un look très sympa sous certains angles et beaucoup plus difficile sous d’autres), sur le terrain, il répond pleinement aux attentes et il a un véritable ADN d’Orbea. La filiation avec l’Occam est réelle, le centrage des masses apporte vraiment quelque chose au niveau du comportement et permet d’obtenir un vélo facile, joueur et à l’aise un peu sur tous les terrains. Bien sûr, on sent que dans quelques années, on fera sans doute des vélos électriques aux lignes bien plus fines, et il y a certainement de la place dans la gamme Orbea pour un modèle électrique plus engagé (une sorte de e-Rallon qui viendrait se positionner face au Specialized Kenevo). Mais, sur les sentiers, le Wild FS n’aura pas à rougir avant très longtemps car, sur son créneau, ce bref essai nous laisse entrevoir une belle réussite.

Plus d’infos : www.orbea.com/be-fr/marques/wild-fs

Images d’action : Gonzalo Manera