Dossier | Gravel bike, qui es-tu ? 5 tests toutes saisons pour le savoir !

Dossier Tech
2 octobre 2018 — Olivier Béart

Conclusion

A l’heure où les VTT sont de plus en plus complexes, spécialisés et radicaux, on peut ressentir l’envie de revenir à certaines bases et à plus de simplicité. De redécouvrir aussi des sensations oubliées sur des chemins devenus trop simples et banals avec des vélos bardés de technologies. Ressentir à nouveau les gravillons, réapprendre à éviter les petits obstacles, soigner ses trajectoires, composer avec l’absence de suspensions : en ce sens, le gravel est une vraie réjouissance et un retour aux bases particulièrement agréable. Dans ce cas, on peut parler au sens large, car tous les vélos de ce dossier parviennent, chacun à leur manière, à distiller ce genre de plaisir.

Après, ce que ce dossier montre aussi, c’est que “LE” gravel… ça n’existe pas ! Que ce soit un terme générique et simple pour désigner un certain type de pratique, oui, mais pour décrire une catégorie de vélos aux contours bien définis, non. Ce dossier nous a montré qu’on peut y ranger une tellement grande variété de machines que cela en devient presque un qualificatif “fourre-tout”. Le gravel n’est pas réellement tout-terrain au sens d’un VTT, dans la mesure où il va bloquer sur certains types de relief trop prononcés. Mais il offre par contre bel et bien une liberté à laquelle aucun pur vélo de route ne peut prétendre.

Mis à part le cas très particulier du Chiru et celui de l’Orbea Alma qui est un pur VTT de XC que nous avons simplement monté avec une fourche rigide pour le confronter à son cousin le Terra, les autres machines approchées dans le cadre de ce dossier se rapprochent tout de même plus de l’univers de la route. Mais, à l’heure où les machines purement destinées à l’asphalte se spécialisent, elles aussi, de plus en plus (aéro, légèreté extrême, etc.), ces vélos qu’on range sous le terme très vaste de “gravel” ont le mérite de jeter des ponts entre les différentes disciplines.

Ils ont aussi le mérite de ne pas laisser sur le côté du chemin un très vaste panel de cyclistes qui n’ont pas les moyens, le physique ou tout simplement l’envie de rouler sur des machines hyper pointues. Ici, simplicité, fiabilité, confort et plaisir sont les maîtres mots. Cela n’empêche pas d’avoir des vélos technologiquement avancés, mais qui ne perdent pas de vue que le vélo reste avant tout un superbe moyen de déplacement et de découverte, plus qu’un engin de recherche de la performance pure. C’est aussi une façon de ne pas se soucier de la météo avant d’aller rouler car on est vraiment sur des vélos “tout temps”.

Quand on regarde de façon plus précise les quelques machines choisies ici pour tenter d’avoir une photographie de cette catégorie “gravel” et de ses différentes facettes, voici une tentative de résumer en quelques mots les impressions laissées par chacun :

  • L’Orbea Terra nous a donné l’impression d’un vélo encore très orienté performance et proche d’un route avec juste un zeste de polyvalence en plus ;
  • Le Stevens épate par son excellent rapport qualité/prix et sa capacité à jouer tant le côté routier que l’apprenti cyclocrossman ;
  • Le Canyon est un pur cyclocross, fun et épatant dans son domaine de prédilection ainsi que dans les bois, et il donnera beaucoup de plaisir à un VTTiste ;
  • Le Chiru Divider est une machine atypique, taillée pour les longues distances et les raids, mais qu’on pourra aussi utiliser pour des sorties plus courtes autour de chez soi, profitant de son confort et de sa fiabilité ;
  • Et enfin, le Ritchey Outback parvient à allier vintage et modernité, avec un comportement plus proche de celui d’un vélo de route, mais en mode confort et horizons élargis.

A l’heure d’essayer de tirer des conclusions plus générales, ce dossier nous donne surtout le sentiment qu’un vélo dit de “gravel” est en fait le parfait vélo de route pour un VTTiste. Les freins à disque, les pneus plus gros qui permettent de rouler hors des rubans d’asphalte et qui ne frustrent pas quand on a envie de s’échapper de la circulation, des cadres qui gardent une position plus redressée et confortable qu’un vélo de course : tout cela aide à ne pas se sentir complètement déconcerté, même si on roule sur un vélo qui s’éloigne de celui qu’on roule lors de ses pures sorties tout-terrain.

Mais dans tous les cas, n’oubliez surtout pas ce principe de base : “Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse !”