Dossier | Gravel bike, qui es-tu ? 5 tests toutes saisons pour le savoir !

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2 octobre 2018 — Olivier Béart

Ritchey Outback : voyageur au long cours

Si les composants Ritchey n’ont rien de rétro, les vélos de la marque gardent et cultivent fièrement un fameux côté vintage, privilégiant l’acier comme matériau. Et ça ne sonne pas creux, puisque les plus anciens se souviendront que Tom Ritchey, excellent coureur sur route, a aussi compté parmi les pionniers du VTT. De la rencontre de ces deux univers est né le Ritchey Outback.

Tom Ritchey est une légende de notre sport. Excellent soudeur, il a compté parmi les premiers fabricants de cadres de VTT, se basant sur son expérience acquise dans le milieu de la route. Aujourd’hui, sans faire de l’ombre aux nombreuses marques qui sont clientes de la division accessoires et composants, Ritchey continue de produire en petites séries des vélos qui cultivent volontairement leur côté atypique. L’Outback en fait partie.

Le Ritchey Outback joue sur la corde très en vogue du vintage, avec des tubes en acier très fins et une déco bien rétro, juste relevée par une couleur flashy du plus bel effet. Quand on y regarde d’un peu plus près, la qualité des soudures est très belle et le travail sur les bases et les haubans montre qu’il y a une volonté d’apporter du confort sans trop pénaliser la rigidité latérale. Cela donne aussi une vraie modernité au cadre, car on n’aurait pas vu cela il y a 20 ou 30 ans, époque à laquelle le reste des lignes du vélo se plaît à renvoyer. Sympa aussi, le clin d’œil rétro avec le serrage de selle intégré au raccord bases/tube de selle.

Autre élément de modernité indispensable pour le programme gravel auquel il se destine : les freins à disque. Ceux-ci sont magnifiquement intégrés, surtout au niveau de l’étrier arrière. A noter aussi que les freins Shimano montés sur notre Ritchey Outback de test nous ont semblé nettement plus performants que les Sram que nous avons eus sur d’autres vélos de ce comparatif. La transmission reste en double classique, avec juste une cassette 11-32.

La fourche est en carbone, plutôt du genre très rigide d’ailleurs, avec un axe traversant en 12mm (comme à l’arrière aussi, autre signe de modernité du cadre). Des roues Ritchey Zeta tubeless en alu, plutôt rigides elles aussi, complètent le package, avec des pneus Ritchey Alpine JB qui ont plus l’air de slicks (profondément) retaillés que de pneus cramponnés. Ils sont en section de 30mm, ce qui nous semble fort étroit pour vraiment aller partout où on le souhaite.

Sur le terrain

Le Ritchey Outback n’est pas vraiment estampillé “gravel” par Ritchey, mais plutôt “adventure bike”. Et c’est un qualificatif qui lui colle plutôt bien. C’est sur asphalte majoritairement que nous avons commencé à l’utiliser, sur des petites routes souvent mal entretenues ou en vieux pavés. Et c’est un univers qu’il apprécie. Dans ce contexte, le cadre filtre bien et apporte un réel confort. Les pneus, presque aussi roulants que des pneus de route classiques, donnent aussi le meilleur d’eux-mêmes et se montrent rassurants quand il y a un peu de boue, des gravillons ou qu’il fait humide.

La douille de direction du Ritchey reste assez courte et le vélo nous a été livré avec une impressionnante série d’entretoises sous la potence. Même si ce n’est pas très esthétique, nous les avons laissées, car sans elles, le poste de pilotage nous semblait vraiment positionné trop bas, et trop proche de ce qu’on rencontre sur un vélo de course, par rapport à ce que nous avions envie de faire avec une telle machine.

Globalement, la géométrie se rapproche d’ailleurs très fort de celle d’un vélo de route traditionnel, et on voit que c’est plus au niveau du travail des tubes, de la présence de freins à disque et de la possibilité de monter des pneus jusque 40mm de section, que Ritchey a travaillé le côté “adventure”.

Le bon côté, c’est que malgré un poids pas vraiment plume (9,37kg sans pédales et 2,1kg rien que pour le cadre), il accélère bien et l’acier donne une petite touche de nervosité bienvenue. Il n’est pas explosif, mais on n’est pas sur un cadre inerte, loin de là. Une fois lancé, il roule bien, et tenir l’allure avec un groupe de routiers ne pose pas de souci.

S’il excelle sur mauvaises routes et sur les pavés, le Ritchey Outback n’est par contre pas le meilleur dès qu’on s’aventure sur les chemins. Tant que c’est large et roulant, ça va, on profite encore bien de ses capacités de filtration. Mais sur les impacts plus importants, il a du mal, et les pneus vraiment fins n’aident pas. Tant qu’il fait sec, leur profil donne une certaine accroche, mais quand il y a plus qu’un peu de boue sur une route ou de l’asphalte mouillé, c’est la patinoire. Pour augmenter son spectre de compétences, c’est le premier accessoire qu’il faudra changer.

La position très route ne met pas non plus à l’aise dans les descentes typées VTT mais, une fois qu’on a compris qu’il ne fallait pas le prendre pour ce qu’il n’est pas et qu’on le ramène sur de petites routes ou de grands chemins, on recommence à en profiter pleinement et à enfiler les kilomètres sans trop le sentir.

Verdict

Randonneur au long cours pas dénué d’un brin de nervosité, le Ritchey Outback est plus un vélo de route adapté aux revêtements difficiles qu’une machine polyvalente capable aussi de s’aventurer à l’occasion dans les bois sur des chemins typés VTT. Avec d’autres pneus, cela changerait déjà pas mal de choses, mais il n’y a pas que cela. La géométrie va aussi être un facteur limitant. Comme vélo d’entraînement hivernal ou de découverte, il se montre par contre très agréable et en le qualifiant “d’adventure bike”, Ritchey ne ment pas car, à défaut d’aimer les petits sentiers, il semble fait pour les grands espaces.

Plus d’infos : https://eu.ritcheylogic.com/eu_en/outback-frameset