Déborah Motsch : mon guide pour voyager en Nouvelle-Zélande

Nature
11 août 2017 — Déborah Motsch

Voyager en Nouvelle-Zélande : Où rouler

Je ne vous l’apprendrai pas, la Nouvelle-Zélande se compose de deux îles. On passe de l’une à l’autre très facilement en ferry et chacune d’entre elles a ses particularités que j’ai eu à coeur d’aller découvrir.

Rider sur l’île du Nord

Rotorua

Rotorua est tout simplement incroyable. Au départ de la « Whakarewarewa Redwood Forest », dans la boutique « Mountain Bike Rotorua », vous trouverez toutes les infos nécessaires pour faire le tour de vos rêves. Il y a une infinité de sentiers (130km pour être exact) créés pour des vététistes, par des vététistes, au milieu de la jungle. Quelques sentiers offrent même une superbe vue sur le lac Rotorua. Certains jours, des navettes circulent pour optimiser le dénivelé négatif ! Le Bike Park pourra aussi vous accueillir mais je ne m’y suis pas rendue.

Taupo

Taupo se trouve à un peu plus d’une heure au sud de Rotorua et est bien moins connu. Les sentiers de Taupo sont une belle découverte. C’est un peu comme Rotorua, en plus petit. Il y a aussi un lac et plein de sources d’eau chaude à proximité pour se détendre après un bon ride !

Rider sur l’île du Sud

Queenstown

Pour rider à Queenstown, on a l’embarras du choix et il y en a pour tous les goûts et tous les niveaux.

Le Bike Park à Queenstown. Un Bike Park avec des pistes shappées à la perfection et une vue sur le lac en permanence. C’est la magie de Queenstown. En règle générale, je ne roule pas souvent sur les Bike Park, mais celui-ci est vraiment excellent.

– “7 mile” à 10-15 minutes de Queenstown : une petite forêt au bord du lac avec une trentaine de kilomètres de sentiers ultra fun et ludiques dans un cadre paradisiaque. Les trails à ne pas louper : Phoenix et Kachoong.

– Coronet Peak : une station de ski à 20min de Queenstown. Les trails à ne pas louper : Rude Rock et Skippers Canyon.

– Corotown : un sentier de 14km au départ de Coronet Peak avec une arrivée à Arrowtown. Le mieux est de s’organiser une navette avec Queenstown Bike Taxi pour le faire dans les meilleures conditions possibles.

– Mon trail préféré : « Salmon Run ». Technique et exposé mais très plaisant et joueur, un vrai régal ! Pour accéder au départ de Salmon Run : prendre la gondola (quand on a le pass saison) + 20-25min de pédalage, ou 50min-1h de montée au départ de Queenstown. Salmon Run c’est une descente d’une quinzaine de minutes, exposée, à flan de montagne avec des épingles pentues dans un toboggan qui vous offre une vue sur le lac. La fin de Salmon Run arrive en ville, pile devant l’Atlas, le repère des riders pour une bonne bière et un bon steak !

Où se renseigner ? La meilleure chose à faire est d’aller à “Vertigo Bikes” pour récupérer une carte des sentiers. Les mécanos se feront une joie de te briefer !

Où boire un coup ? Atlas beer & coffee ou Lonestar

Où faire des compet’ fun ? Vertigo Summer Series, QTMTBC (Queenstown Mountain Bike Club)

Et pour les filles… tous les jeudis il y a des “ladies ride” organisées par les Dirt Town Queen. Après chaque ride, c’est apéro obligatoire !


Wanaka

La « Sticky Forest » est une colline surplombant le lac et abritant des dizaines et des dizaines de trails. C’est un véritable labyrinthe qui mérite qu’on y pose ses roues rien que pour profiter des belles vues !

Alexandra

Avez-vous déjà vu des trails au milieu du désert ? A 1h30 seulement de Queenstown, on change complètement de décor et de climat. Les locaux qualifient le terrain de jeu de « mini Moab ». On aperçoit des sentiers à perte de vue au milieu des collines désertiques. Une sorte de bol de spaghettis géant, parfait pour les gourmands ! Tous les trails sont tracés en « private land », aucun sentier n’est officiellement balisé et à plusieurs reprises on doit traverser des barrières. En s’y aventurant seul, c’est difficile de trouver les sentiers les plus chouettes mais Altitude Bike saura vous conseiller et vous guider.

Craigieburn

Si vous rêvez d’un ride en backcountry, Craigieburn est fait pour vous ! Le panorama est exceptionnel et surtout, Craigieburn, c’est loin de TOUT ! Il y a beaucoup de sentiers à flanc de montagne. D’un côté le guidon frôle les troncs ou les roches et de l’autre côté il y a le vide. Le tout sur un terrain fuyant de type pierrier où il faut plutôt avoir le coeur bien accroché ! En l’espace de quelques secondes, on passe de parties dégagées et exposées à des parties en forêt un peu plus protégées. On a le droit à toutes sorte de terrains et de décors. Craigieburn est une « station de ski ».

Lorsque je prépare une sortie, je récupère les infos sur place, dans un shop où un office du tourisme. Cette fois-ci, je m’engage sur une « gravel-road » en direction de la station mais une barrière entrave le chemin. Je suis coincée et il n’y a pas de réseau, personne, ni aucune habitation, bref rien pour trouver mon chemin ou des endroits où rouler. Je finis par renoncer. Quelques semaines plus tard, j’y retourne avec des amis et je réalise que les stations de ski en NZ n’ont absolument RIEN à voir avec les stations de ski françaises ! Pendant l’été, il faut laisser sa voiture en bas (d’où la barrière) et monter à vélo. Une fois arrivée à la « station », il n’y a qu’une mini cabane pour acheter son forfait. Il n’y a pas une habitation et encore moins un lieu pour se renseigner. Donc si vous voulez aller rider à Craigieburn, renseignez-vous sur internet avant d’y aller !

The Old Ghost Road

« The Old Ghost Road », c’est 86km de sentiers backcountry à travers de superbes crêtes, des rivières, des cascades, des forêts denses et verdoyantes. Le sentier est très entretenu et fluide à rouler. Les plus téméraires peuvent faire la Old Ghost Road en un jour mais il y a des refuges tout au long du parcours pour pouvoir en profiter.

Je conseille un arrêt au refuge « Ghost Lake », le panorama est à couper le souffle ! Le plus difficile en terme de dénivelé est fait, le lendemain matin le bonheur sera encore plus grand.

Reefton

Le “Kirwans track”, c’est un sentier de 28km aller-retour. Autant vous dire que les 14km de montée piquent sacrément, quelle aventure ! À l’aller puis au retour, la perception du trail n’est pas du tout la même. L’atmosphère est incroyable tout au long de ce sentier, entre la terre meuble et les arbres velus.

Je garde un sacré souvenir de cette sortie. À la sortie du van, j’ai subi une attaque de sandflies, ces toutes petites mouches qui paraissent toutes mignonnes, mais qui piquent bien plus que des moustiques ! Autant vous dire que je me suis préparée rapidos pour partir rouler. Je vous avoue que la montée c’était un peu le parcours du combattant avec pas mal de portages et de franchissements d’obstacles. Ça glissait pas mal et je n’était pas très rassurée. Arrivée en haut, la pluie et l’orage approchent. J’ai eu tellement peur que j’ai fait la descente d’une seule traite en priant pour que l’orage n’arrive pas au-dessus de moi ! Je n’ai regretté à aucune seconde d’avoir fait ce trail, l’atmosphère était magique tant le terrain était moelleux et les arbres remplis de mousse !

Nelson & environs

Nelson faisait partie des endroits qui me faisaient le plus rêver avant mon départ et je n’ai pas été déçue ! L’idéal est de s’entourer des locaux pour rider là-bas, les sentiers ne sont pas toujours évidents à trouver. Il y a des tours vraiment sympas à faire à la pédale mais ici la grimpette, ce n’est pas de la rigolade, c’est souvent très pentu.

Mes trails préférés : Peaking, 629 et Frankenstein. Ces trails ne sont pas évidents à trouver et c’est vraiment mieux d’y aller en navette. Il y a un service de navette sur Nelson : Helibike Nelson.

Aux alentours de Nelson, il y a d’autres trails incontournables : Nydia Track, Wakamarina et Whites Bay. Ce ne sont pas des boucles, un service de navette est également nécessaire. L’idéal est de contacter Shane au Blue Moon Backpackers à Havelock. À noter que Nydia Track et Wakamarina sont quasi inroulables si c’est boueux, mieux vaut se renseigner sur les conditions avant d’y aller.

Mon petit bonus : La Trans NZ Enduro

La Trans NZ Enduro, c’était magique!  C’est une course d’enduro de 5 jours sur l’île du Sud. Le nombre de participants est limité à 120 personnes. J’ai adoré ce format de course car c’est beaucoup plus facile de sympathiser avec les riders. Il y avait une superbe ambiance, plutôt relax, tout le monde se félicitait à tout bout de champ et on avait même des bières à chaque fin de journée !

Pendant les 5 jours, c’est décor de carte postale assuré. Les endroits sont très variés, les paysages sont sauvages et il y a tous types de spéciales. C’est un régal de découvrir des nouveaux sentiers tous les jours, j’ai vraiment adoré !

Le petit plus c’est que tous les soirs on était logés dans des lodges (au sec !) et non dans des tentes. Tout est pris en charge, on a juste à rouler et profiter !

Ce voyage de 6 mois en Nouvelle-Zélande a été une de mes plus belles expériences. J’y ai rencontré des gens géniaux, j’ai vraiment pris goût à la liberté et j’ai roulé dans des endroits magnifiques. Si vous hésitez à vous lancer, n’hésitez plus, foncez. Vous penserez simplement à m’envoyer une carte postale !

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