Visite | Bonob : le vélo belge qui grandit avec votre enfant
Par Adrien Protano -
Dans un petit atelier du Brabant wallon en Belgique, un duo s’est donné comme mission de repenser entièrement le vélo pour enfants. Leur idée ? Concevoir un seul vélo capable d’accompagner l’apprentissage de l’enfant depuis ses premiers pas jusqu’à ses premiers vrais coups de pédale. Visite et présentation de Bonob :
Derrière Bonob, on retrouve Jean-Philippe, ingénieur et artisan cadreur déjà connu pour ses vélos sur mesure VOORDE Cycles, ainsi que Patrick, son associé. L’idée est née de manière très simple : en concevant un vélo pour Lucas, le fils de Jean-Philippe. En observant l’évolution naturelle de son enfant, une évidence s’est imposée : plutôt que d’adapter l’enfant au vélo, pourquoi ne pas concevoir un vélo capable de s’adapter à l’enfant ? « Pourquoi faut-il souvent acheter successivement un tricycle, une draisienne puis un vélo à pédales alors qu’un enfant apprend finalement à rouler de manière progressive et continue ? », ajoute la marque
Jean-Philippe nous raconte la naissance du projet : « L’idée est venue tout simplement en voulant fabriquer un vélo pour mon fils, Lucas. À l’époque, j’avais accès aux machines nécessaires grâce à mon travail. Passionné de fabrication artisanale de cadre, je me suis lancé dans la conception de son propre vélo. J’ai beaucoup expérimenté cette histoire de jonction adaptative. »
Un vélo, trois étapes
Le concept de Bonob repose entièrement sur cette idée, avec un ingénieux système modulable, permettant d’adapter le vélo au fur et à mesure de l’apprentissage de l’enfant.
Le vélo évolue progressivement selon les capacités de l’enfant. Dans sa première configuration, il se présente sous la forme d’un tricycle très bas et particulièrement stable, destiné aux tout-petits qui commencent à se déplacer seuls. L’objectif n’est pas encore d’apprendre l’équilibre mais simplement de découvrir le mouvement et l’autonomie.
Vient ensuite la transformation en draisienne. Les deux roues arrière disparaissent pour laisser place à un vélo à deux roues pluto léger. Cette étape permet à l’enfant d’acquérir naturellement l’équilibre, aujourd’hui considéré comme la compétence fondamentale dans l’apprentissage du vélo.
Enfin, lorsque l’enfant est prêt, un kit permet de transformer l’ensemble en véritable vélo à pédales. L’idée est alors de conserver tous les repères acquis durant les étapes précédentes tout en ajoutant progressivement le pédalage et le freinage. Une approche qui s’inscrit parfaitement dans les méthodes modernes d’apprentissage du vélo, où les petites roues ont pratiquement disparu.
Tout a été pensé pour que le changement soit le plus simple et intuitif possible. « On a ici affaire à des parents qui n’ont parfois aucune notion de mécanique. Ça se devait d’être facile. C’est aussi pour ça que l’on intègre un jeu de clés Allen, le seul outil nécessaire », explique la marque.
Un vrai travail d’ingénierie
Si le concept paraît simple sur le papier, sa mise en œuvre a nécessité plusieurs années de développement. Le cadre repose sur une construction mêlant tubes en aluminium et connecteurs renforcés par fibres. Le système breveté permet de modifier la géométrie du vélo selon trois positions distinctes afin d’accompagner la croissance de l’enfant. La hauteur de selle peut ainsi évoluer d’environ 28 cm à 45 cm, tandis que la géométrie de direction s’adapte progressivement pour offrir davantage de stabilité aux débutants puis davantage de maniabilité lorsque l’enfant gagne en confiance.
Le poids constitue également un élément central du projet. Dans sa version vélo à pédales, le Bonob affiche seulement 4 kg sur la balance. Un chiffre particulièrement intéressant lorsque l’on sait qu’un vélo trop lourd représente souvent l’un des principaux freins à l’apprentissage chez les plus jeunes.
Bonob a également accordé une attention particulière à l’entretien. La transmission utilise une courroie plutôt qu’une chaîne traditionnelle, supprimant les risques de graisse sur les vêtements et limitant fortement la maintenance. Le freinage repose sur un frein à disque hydraulique spécialement adapté aux petites mains, tandis que de nombreux composants ont été choisis pour leur résistance à la corrosion et leur durabilité.
Made in Belgium
Les vélos Bonob sont conçus et assemblés en Belgique, avec une volonté affichée de privilégier autant que possible des partenaires et fournisseurs européens. La démarche s’inscrit également dans une logique de durabilité : plutôt que de multiplier les achats au fil de la croissance de l’enfant, le même vélo est pensé pour accompagner plusieurs années d’utilisation, voire être transmis à un frère ou une sœur.
Les hommes derrière la marque nous montrent comment un vélo est complètement fabriqué sur place. Après avoir coupé les tubes à la bonne dimension, ceux-ci sont collés avec des pièces en impression 3D.
Pour l’anecdote, tous les supports de travail en couleur qu’on peut apercevoir sur les images ont également été imprimés en 3D par Jean-Philippe.
Difficile de trouver des roues qui répondent aux cahiers des charges, alors Bonob assemble les siennes. Il n’est pas impossible qu’un certain voisin Erase ait été impliqué dans le développement…
Évidemment, toute cette réflexion a un prix. Le Bonob 1TO3, qui comprend les trois étapes de l’apprentissage (tricycle, draisienne et vélo à pédales), est proposé à 469 €. Il est également possible d’acheter chaque configuration séparément, 269 € pour le tricycle, 239 € pour la draisienne et 389 € pour le vélo à pédales, puis de les faire évoluer au fil du temps grâce à différents kits de transformation.
Un tarif qui place clairement Bonob sur le segment premium du vélo enfant. L’investissement peut paraître conséquent au premier abord, mais il est aussi à mettre en perspective avec la philosophie du projet : remplacer plusieurs vélos successifs par une seule plateforme évolutive.
Au-delà du vélo lui-même, c’est surtout la démarche qui nous a plu. Dans un secteur où l’on a parfois tendance à multiplier les produits pour répondre à chaque étape de la croissance d’un enfant, Bonob prend le problème dans l’autre sens : partir de l’apprentissage et concevoir un vélo capable de l’accompagner. Le résultat est cohérent, bien pensé et techniquement abouti. Reste désormais à voir si cette jeune marque belge parviendra à se faire une place sur un marché dominé par les grands acteurs du cycle. Une chose est sûre : les bonnes idées naissent parfois dans de petits ateliers, et celle-ci mérite assurément qu’on s’y intéresse.
Pour plus d’informations : https://www.bonob.bike/fr




