Test VTT | Norco Revolver vs Transition Spur : gros XC ou petit trail ?

Par Paul Humbert -

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Test VTT | Norco Revolver vs Transition Spur : gros XC ou petit trail ?

Débattement similaire, programme identique, voisins de paliers, le Norco Revolver et le Transition Spur sont deux VTT à la croisée du XC et du all-mountain qui ont attiré notre attention. On les a mis côte-à-côte sur nos sentiers de test, et on a découvert ce qui les rassemble, et comment ils se distinguent :

 

Ils ne sont ni vraiment des VTT de XC comme on l’entend en Europe, ni vraiment des all-mountain, mais les Transition Spur et Norco Revolver se trouvent à la croisée des chemins pour qui aime pédaler vite et longtemps, tout en ayant un peu plus de capacités en descente qu’un vélo de XC traditionnel. 

Hasard du calendrier, ces deux vélos que nous avions hâte de tester sont arrivés entre nos mains au même moment. Nous n’avions pas prévu de les mettre l’un face à l’autre, et les différences de niveau de gamme empêchent une comparaison parfaite, mais on a pris tellement de plaisir à rouler et à les comparer qu’on vous les présente face à face. On vous épargne les présentations détaillées, et on vous parle de ce qui influencera le comportement du cadre, le coeur de la machine, que vous retrouverez de l’entrée de gamme aux modèles les plus luxueux. 

Ce qui les rassemble 

Leur débattement : les deux VTT ont un même débattement de 120 mm derrière et une fourche de 130 mm devant. Ils partagent également la même taille de roue. Pour ce programme, le 29 pouces est incontournable. 

Screenshot

D’où viennent-ils ? : Norco est implanté à l’Est de Voncouver au Canada, et Transition est au Sud de Bellingham aux USA. À peine une heure de route et 50 miles séparent les deux entreprises. Le terrain du Pacific Northwest imprègne l’ADN de Norco et Transition, et les deux marques sont influencées par une culture très « gravity ». Dans les deux cas, ce sont les plus petits vélos tout-suspendus des deux marques. 

Le programme : les deux vélos en carbone se sentent capables de sortir du cadre traditionnel du cross-country malgré leurs débattements proches. Leurs géométrie et leurs suspensions les amènent à encaisser plus, et les positions de pilotage sont plus tolérantes, pour se permettre davantage d’excentricité en descente. 

Les composants : du moins, en partie. Sur nos modèles d’essai, le Transition était équipé d’un montage plus cossu, mais on retrouve sur les deux VTT une transmission Shimano XT Di2, des suspensions Fox 34 SL et Float SL (plus haut de gamme chez Transition) et des pneus Maxxis Forekaster. 

Les suspensions : même si la réalisation est différente, les deux cinématiques de suspension sont des mono-pivots à basculeur. Les deux marques utilisent uniquement une petite biellette pour gérer la progressivité de la suspension. Dans les deux cas, la flexibilité des bases influera sur le comportement général des vélos. 

 

Les poids : à tarifs équivalents, les deux vélos sont annoncés à à peine plus de 12kg, et 11,74 pour le Transition le plus haut de gamme. 

Les garanties : Norco comme Transition garantissent leurs cadres à vie. 

Ce qui les distingue 

 

Les composants : Sur le Transition, on retrouve un poste de pilotage en carbone, des roues plus haut de gamme et plus dynamiques et des suspensions plus pointues. Les freins sont également un cran en dessous sur le Norco, mais les prix s’en ressentent. 

Les tarifs : Nos modèles de test sont le Spur Carbon XT Di2 à 7999 € et le Norco Revolver C2 130 à 5199 €. Certaines comparaisons ne sont pas possibles, mais sans trop extrapoler, on arrive tout de même à mettre les châssis l’un en face de l’autre. Pour une comparaison parfaite, il aurait fallu viser le modèle Eagle 90 chez Transition et le modèle C1 chez Norco. Norco a toutefois un avantage côté rapport prix/équipement. 

La géométrie : le Norco est bien plus radical. Pour les modèles L/S4, le reach est à 480 mm en position basse chez Transition, 485 mm en position haute, contre 493 mm chez Norco. Le Revolver est bien plus long à l’avant, mais ses bases sont également un peu plus courtes, à 434 mm contre 439/441. 

Le Transition est un petit peu plus haut de l’avant avec un stack légèrement plus élevé et un tube de selle légèrement plus droit (76,6° vs 75,25°). Les angles de direction sont identiques à 66° (« High » chez Transition). 

Avantage à Norco pour l’amplitude, avec 5 tailles proposées, contre 4 chez Transition. 

Accessoires et personnalisation : net avantage au Transition qui équipe son vélo d’un rangement dans son cadre, accessible via une petite trappe : on bénéficie d’assez d’espace pour son matériel de réparation, un peu de nutrition ou un coupe-vent. Toujours sur le Transition, un flip-chip sur le pied d’amortisseur permet d’opter pour une position « high » ou « low », avec une différence sensible sur le terrain. Le Norco est dénué de ce genre d’options. 

Le Norco Revolver et le Transition Spur sur le terrain 

Dans les deux cas, nous étions très heureux de grimper sur ces machines. Les marques européennes proposent assez peu de vélos avec une telle philosophie : s’approcher des performances des vélos de XC en montée, tout en laissant une belle part de fun. Le chrono n’est pas la seule chose qui compte. 

On commence par les réglages, et Norco prend une belle longueur d’avance avec l’onglet « Ride Aligned » de son site qui propose des préconisations très complètes, et assez justes dans notre cas, pour régler son vélo. Chez Transition, on est sur un réglage plus classique du sag, mais on apprécie la facilité de changement de sens du flip-chip : pas de rondelle qui se balade, une clé hexagonale de 5 permet de changer en vitesse sur les trails. 

Comme le tableau de géométrie nous l’a appris, le Revolver est très long. On avance beaucoup la selle sur ses rails, et on adopte une position assez aggressive sur l’avant. Le vélo pédale bien, mais le Transition est plus nerveux sur ce point. Evidemment, les différences de roues impactent le dynamisme, mais même ce facteur mis de côté, on donne un petit avantage au Transition. 

Dans les deux cas, on a affaire à deux VTT légers qui viennent flirter avec les performances des vélos de XC. Le train roulant (roues et pneus) impacte l’efficacité pure des deux vélos, mais on est content de retrouver des crampons et de la tolérance en descente, pour ces deux vélos très capables, et dont l’ADN en descente est à chercher chez les gros vélos. 

En descente justement, c’est là où le Norco reprend l’avantage. Le vélo est très stable, encaisse les chocs et la vitesse, mais ne devient pas pataud pour autant. Il nous bluffe dès les premiers mètres, et on sent véritablement l’ADN « enduro » qui se cache derrière. Même avec des composants moins haut de gamme que sur le Transition, on a un vélo très capable entre les mains. 

Le Transition n’est pas en difficulté pour autant, mais il a un comportement plus équilibré. Son flip-chip, en position basse, lui donne du confort supplémentaire, mais on va sentir plus vite les limites du vélo quand le terrain frappe vraiment. Dans les deux cas, la transmission Shimano est assez bruyante. Sur le Transition, on a la sensation de plus de vivacité, d’une plus grande facilité à changer d’angle et d’une rigidité accrue (mais bien dosée), mais on trouvera plus vite ses limites en descente. Le problème de ces vélos : on se sent capable de tout ! 

Chose surprenante : l’engagement dont on se sent capable avec le Norco nous aurait poussés à choisir une fourche Fox 36 SL, là où la 34 SL nous semblait parfaitement en adéquation sur le Transition. 

La suspension du Norco semble plus linéaire en fin de course quand le Transition opte pour quelque chose de plus progressif, ce qui peut déstabiliser une machine avec peu de débattement. 

Sur ce segment « trail », on pourrait être tentés de comparer ces deux vélos au Scor 2030 ou au nouveau Santa Cruz Tallboy, mais on est encore sur une nouvelle saveur, plus légère, plus fine. Le Scor et le Santa Cruz penchent plus du côté du all-mountain avec des performances au pédalage en retrait par rapport à ces deux petits vélos. 

L’ADN n’est pas éloigné, et on pourrait partir sur les mêmes sorties avec tout ces vélos, mais l’engagement maximal possible ne sera pas le même. Ce qu’on retient, c’est que ces vélos sont faits pour rouler partout. En XC, la machine nous fatigue à la longue en descente. En enduro, les montées deviennent pénibles. En VTTAE, on finit par ne plus avoir de batterie. Avec ce Spur ou ce Revolver, on continue coûte que coûte, et les deux vélos partagent ce côté fun qui accompagne de belles performances en montée. On a la sensation que les chefs produits et ingénieurs roulent aux mêmes endroits et très certainement ensemble d’ailleurs. 

On se dit même qu’avec de petits ajustements et si on est joueur, on peut s’aligner sur une course de XC comme sur un petit enduro avec les mêmes machines. 

Le Norco nous a bluffés par ses performances en descente qui exciteront tous les enduristes à la recherche d’un tout petit vélo. Avec une meilleure paire de roues, il sera assez inarrêtable. De son côté, le Transition est moins radical, mais plus équilibré. Plus vif en montée, moins extrême en descente, sans perdre son côté fun. Son flip-chip ne le fait pas changer de visage, mais on sent la différence, et on adore la petite boite à gants pour partir l’esprit libre avec tout le nécessaire dans son vélo. En ce sens, c’est un vélo plus complet quand le Norco est un vélo avec davantage de caractère, qu’on achète en connaissance de cause. 

Le site de Norco : www.norco.com

Le site de Transition : www.transitionbikes.com

Par Paul Humbert