Test | USWE Race 2.0, VST 8L et Rush 8L : trois sacs d’hydratation VTT/gravel à l’essai

Par Olivier Béart -

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Test | USWE Race 2.0, VST 8L et Rush 8L : trois sacs d’hydratation VTT/gravel à l’essai

USWE a commencé à se faire connaître dans la boue suédoise sur des motos d’enduro, et ils finissent sur le dos d’une bonne partie du peloton des grandes courses d’endurance. L’originalité de ces sacs d’hydratation : un système de fixation unique, qui promet un maintien parfait. Une réputation méritée ? Pour le savoir, nous avons testé trois de ses modèles phares pour le VTT et le gravel : le très minimaliste USWE Race 2.0, la veste VST 8 Linspirée du trail running, et le plus classique Rush 8 L.

Tout part de Malmö, en Suède, et d’une frustration de l’équipe fondatrice qui roulait en moto d’enduro dans la campagne suédoise avec des sacs qui rebondissaient sur leurs dos comme des « singes qui dansent ». En 2007, ils achètent une vieille machine à coudre et se lancent dans la construction d’un prototype, sans vraiment savoir coudre. Leur inspiration ? Les harnais utilisés dans la foresterie et l’agriculture pour porter de petites machines à main.

Le résultat, c’est leur concept baptisé No Dancing Monkey, NDM pour les intimes : un système d’attache du sac « suspendu » aux quatre points d’attache, avec des parties élastiques dans les sangles qui s’étirent avec la cage thoracique à chaque inspiration et qui assurent un contact parfait du sac avec le corps. Bilan : contrairement à un sac à dos classique, il ne faut plus choisir entre « je respire » et « il ne bouge pas ».

Ça, c’est pour la théorie, et même si les sacs USWE ont reçu plusieurs prix et sont utilisés par de nombreux coureurs pros (y compris non sponsorisés) et amateurs en course (ils sont aussi les sacs officiels des Epic Series et de l’Unbound Gravel), nous avons voulu voir par nous-mêmes si cette réputation est méritée. Et surtout quels sacs de la gamme correspondent à quel usage en VTT et gravel.

Les 3 variantes du No Dancing Monkey

USWE ne s’est pas contenté d’un seul harnais NDM : la marque en propose aujourd’hui trois différents. Le NDM Harness est le système originel, ajustable. Le NDM Vest, pensé pour la course à pied et les efforts intenses, est un corps en mesh très aéré, qui épouse le torse comme un vêtement. Et enfin, le NDM Pack System, qui est renforcé pour les charges lourdes et les plus gros sacs. Nos trois modèles puisent dans cette famille : le Race 2.0 utilise le NDM 1.0 Pro, alors que le Rush et le VST reposent sur le Vest. Voyons maintenant en détail ce que cela donne concrètement, sac par sac.

USWE Race 2.0 2L

Le Race 2.0 est le plus petit et le plus léger des sacs USWE. Il est annoncé à 230 grammes sans la poche à eau, ce qui en fait un sac de course à l’état pur : pas de poches extérieures, pas de compartiments, juste ce qu’il faut pour porter deux litres d’eau et quelques essentiels. C’est le sac du marathon XC, du gravel de grande distance et plus généralement des courses pour lesquelles les bidons ne suffisent plus, mais où chaque gramme compte.

Son harnais est un NDM 1.0 Pro fixe : quatre points d’attache, sangles en mesh 3D, plaque dorsale en membrane de mesh ultra-légère et impression en silicone pour éviter que le sac glisse. Le tout se ferme au centre du torse par une fermeture à un seul geste, qui se libère d’une main. La taille est unique, pour un tour de poitrine de 84 à 110 cm, avec un réglage par velcro sur chacun des 4 points d’ancrage pour un ajustement parfait. Pour garder le poids au plus bas, USWE a supprimé le réglage en hauteur de la sangle centrale que l’on retrouve sur ses modèles plus gros. Le corps du sac mesure environ 32 cm de haut sur 16 cm de large et 9 cm d’épaisseur. Il est en polyester recyclé issu de plastiques marins avec un traitement déperlant sans PFAS. Ce modèle existe en blanc, noir, bronze et rose.

La poche à eau est une Elite de 2 litres signée HydraPak, avec ouverture à large goulot et raccord rapide Plug-n-Play (le tuyau se débranche en une seconde avec un clip, sans vider le réservoir). Elle vient avec une housse isolante légère, censée garder l’eau fraîche plus longtemps, et le tuyau se range sur un clip magnétique à positionner à gauche ou à droite, fourni avec le sac. Côté rangement, il y a un compartiment principal qui contient la poche à eau et une petite poche zippée de la taille d’un téléphone. Pas de quoi faire un pique-nique : l’idée est de prendre uniquement l’essentiel en plus de l’eau. Le sac est aussi utilisable en course à pied selon la marque, mais il vise clairement le vélo en premier lieu. Le prix est de 129,95 €.

Le test terrain

Le sac USWE Race 2.0 est minimaliste et il ne le cache pas. Une seule poche, consacrée majoritairement au transport de l’eau, et c’est tout. Mais force est de reconnaître qu’il le fait très bien. On transporte les 2 litres d’eau sur le dos sans les sentir, et sans le moindre mouvement parasite. La promesse est vraiment tenue. On apprécie aussi beaucoup le fait que les sangles soient réglables, ce qui permet vraiment d’ajuster le sac non seulement en fonction de sa taille, mais aussi de ses préférences (plus ou moins serré). Attention toutefois, on sent que ce sac est fait plutôt pour les compétiteurs fins, et les gabarits charpentés pourraient vite atteindre les limites.

La boucle de serrage centrale est aussi très agréable et facile à manipuler d’une seule main, et retirer/enfiler le sac se fait très naturellement. On voit souvent des coureurs changer de sac en pleine course sans s’arrêter au ravitaillement, et on comprend pourquoi. Peu de sacs permettent d’en faire autant. On apprécie aussi la présence du petit système aimanté de maintien du tuyau du sac d’hydratation : un vrai plus. Enfin, cerise sur le gâteau, en prenant soin de choisir des accessoires compacts, on peut sans souci emporter une petite pompe (ou un mini compresseur), une chambre à air et un multi-outil.

USWE Bike VST 8L

Le VST est le gilet « couteau suisse » de la gamme. Il a été conçu comme un vrai (sur)vêtement technique, très léger (environ 250 grammes sans hydratation), taillé près du corps et construit pour passer sans transition du VTT au gravel, voire à la course à pied. Le principe : un même gilet, deux configurations. La version Bike embarque une poche à eau de 2 litres Elite dans le dos, pour garder le poids derrière les omoplates. Une version Run, avec deux flasques souples de 0,5 litre dans les poches avant, existe pour les trailers, et on peut même combiner les deux.

Le harnais est un NDM Vest : corps en mesh très respirant, sangles en croix avec une seule boucle ronde au centre de la poitrine, panneaux latéraux élastiques et cordons réglables de chaque côté pour ajuster le serrage. Côté dos, la poche à eau glisse dans son compartiment dédié, maintenue par des cordons pour éviter qu’elle ne se balade.

Le volume total de stockage est de 8 litres, mais attention : il est réparti entre deux grandes poches zippées dans le dos (l’une s’ouvre par le haut, l’autre par le bas, pratique pour caler une veste d’un côté et des outils et une chambre à air de l’autre) et une série de poches à l’avant.

De chaque côté de la poitrine, on trouve trois poches ouvertes extensibles (idéales pour les gels ou la nourriture) et une poche zippée pour le téléphone. Il y a aussi deux poches zippées en mesh, pour les papiers, la carte bancaire ou les clés, et une poche cachée sous la couture basse. Le tuyau n’a pas d’attache dédiée : de petites boucles élastiques dans les poches sont censées faire le travail. Le clip magnétique pour le tuyau est vendu en option (environ 15 €), ce qui est un peu dommage à ce niveau de prix. On note un réflecteur Recco (le dispositif de localisation utilisé par les secours en montagne) et des logos réfléchissants pour la visibilité.

Contrairement au Race, le VST n’est pas réglable au niveau des points d’ancrage. Il existe donc en cinq tailles, de XS à XL, et USWE précise bien qu’elles ne correspondent pas aux tailles de maillot : il faut se fier au tour de poitrine. XS de 68 à 80 cm, S de 80 à 92, M de 86 à 98, L de 92 à 104 et XL de 104 à 116 cm. Il est disponible en noir, blanc et bronze. Nous l’avons testé en taille M. Le prix est de 162 €.

Le test terrain

La Bike VST ne trompe pas sur la marchandise : elle s’enfile plus comme un gilet que comme un sac à dos. On retrouve le côté très enveloppant du sac Race, mais encore plus prononcé car les bretelles sont plus larges. Il n’y a pas d’ajustement possible, donc il faut être attentif au choix de la taille, mais le guide proposé par USWE est fiable. Et le sac VST est un peu plus souple que les modèles réglables, ce qui donne un peu de marge. Le maintien reste excellent, même s’il est un peu moins « ferme » que le Race.

On peut plus facilement envisager un usage loisir également, et les bikeuses apprécieront aussi ses bretelles plus larges au niveau de la poitrine. Dans l’ensemble, son confort est un vrai point fort et il offre un véritable effet « seconde peau », dans un registre différent du Race qui mise tout sur un maintien plus ferme. Quand il fait chaud, on voit qu’il se mouille facilement de transpiration et il faut reconnaître objectivement qu’il est un peu moins aéré que les deux autres modèles testés ici, mais il ne nous a jamais donné d’impression de surchauffe, alors que nous avons eu l’occasion de le rouler par de très fortes chaleurs.

Les poches frontales sont très pratiques et permettent d’avoir beaucoup de choses à portée de main : téléphone pour les photos quand on roule en mode tourisme, les gels et les barres pour les courses, ou encore un petit outil pour se dépanner en un éclair. On adore. Par contre, on regrette clairement que USWE ne fournisse pas de série le petit système aimanté de maintien du tuyau de la poche d’hydratation. La petite boucle de maintien intégrée au sac est minimaliste et, même en raccourcissant le tuyau, on a du mal à lui trouver une place parfaite sans cet accessoire, indispensable à nos yeux.

A l’arrière, le sac est très souple et le tissu se déforme quand on charge le sac. Ce n’est pas très esthétique, mais par contre nous n’avons pas rencontré de souci de solidité (même des accessoires pointus ne percent pas la membrane et ne l’abîment même pas), ni de maintien. Et l’élasticité de la grande poche permet de « tirer » un peu sur son volume théorique, ce qui est parfois pratique (par exemple pour mettre une veste chaude un peu grosse). Ayez aussi à l’esprit que les modèles clairs sont plus salissants, surtout sur ce modèle vu la matière dans laquelle il est fait.

USWE Rush 8L

Le Rush est le gilet de VTT et de gravel de la marque, pensé pour ceux qui veulent avant tout avoir du volume sur l’arrière et aussi des poches à portée de main sans enlever le sac. Il partage le principe du VST (harnais NDM Vest, panneaux latéraux élastiques) mais avec une organisation plus orientée ravito et outillage. Sa structure est également plus rigide que celle du VST. Il est annoncé à 318 grammes sans la poche à eau, pour des dimensions de l’ordre de 45 cm de haut sur 40 cm de large et 5 cm d’épaisseur.

Le dos est ventilé en mesh, les panneaux latéraux s’étirent avec la poitrine et un cordon élastique permet d’ajuster l’ensemble. Le Rush compte cinq poches à l’avant, dont deux zippées (téléphone, clés) et trois ouvertes pour gels et barres, plus un grand compartiment principal dans le dos. La poche à eau Elite de 2 litres y est calée dans une gaine de compression : des sangles à serrer permettent de la plaquer pendant que l’on boit, histoire d’éviter les ballottements. Au bas du dos, une poche zippée en mesh permet de stocker les chambres à air, mini-pompe et outils. On y trouve aussi des points réfléchissants à l’avant et à l’arrière, ainsi qu’un point d’attache pour un feu arrière LED. Comme pour le VST, le clip magnétique pour le tuyau est vendu en option (environ 15 €), ce qui est un peu dommage à ce niveau de prix.

Le Rush se décline lui aussi en cinq tailles, XS à XL, avec les mêmes tours de poitrine que pour le VST : XS de 68 à 80 cm, S de 80 à 92, M de 86 à 98, L de 92 à 104 et XL de 104 à 116. Il existe en noir et en bleu. USWE indique que le Rush fonctionne aussi pour la course à pied, mais la marque a une gamme trail dédiée (la famille Pace) et des sacs moto à part. Le prix est de 159,95 €.

Le test terrain

Le modèle Rush de chez USWE offre des sensations plus proches d’un sac à dos à bretelles classique que les autres modèles testés ici. Comme pour le VST, il faut faire attention au choix de la taille, d’autant que les bretelles et le sac sont moins souples sur ce modèle Rush, ce qui laisse moins de marge d’erreur, même s’il y a de petits lacets d’ajustement bien pensés sur les côtés. On peut par contre se fier au guide des tailles fourni par USWE, qui est fiable ici aussi. Le confort est bien présent, et le système de fermeture très pratique, mais les bretelles plus rigides n’arrivent pas au même niveau de perfection que sur les modèles Race et VST.

On retrouve par contre avec bonheur les poches très pratiques au niveau de la poitrine. Elles sont moins nombreuses mais un peu plus logeables que sur le modèle VST et, au final, le résultat est excellent dans les deux cas. Le stockage dans la partie arrière du sac est facile et la rigidité plus importante du tissu assure que le sac ne se déforme pas quand il est chargé, ce qui est plus esthétique que sur le modèle VST. On regrette aussi l’absence de série du système aimanté de maintien du tuyau du sac d’hydratation, qui manque tout autant que sur le VST, et qu’on vous recommande de prendre en option.

Pour un sac qui se veut plus orienté VTT et trail/enduro, on aurait apprécié avoir un système pour accrocher le casque ou les genouillères. On peut aussi regretter qu’il n’y ait pas de protection dorsale disponible, même en option. Dans l’ensemble, le Rush est un très bon sac, et son maintien est exemplaire, mais il se démarque un peu moins de la concurrence que ses deux petits frères testés ici. Et, même si au premier abord il semble plus robuste que le VST, il est le seul à présenter un petit signe de faiblesse au niveau d’une couture à l’issue de ce test. À surveiller.

Verdict

Original, le système d’accroche No Dancing Monkey des sacs USWE tient bel et bien ses promesses. Le maintien est exemplaire, tout comme le confort général. Que ce soit en usage gravel, VTT marathon ou même VTT engagé, c’est quasiment impossible de sentir bouger ces sacs même d’un millimètre. Et si leur concept est d’être très près de la peau et de faire corps avec le pilote, nous n’avons jamais ressenti la moindre surchauffe en les portant, même en plein été, ce qui est très appréciable. 

Le modèle Race brille par sa légèreté et sa compacité. Il se fait oublier et est un choix idéal pour emporter de quoi s’hydrater quand les bidons ne suffisent plus, ou qu’on ne veut pas encombrer son cadre. Le modèle VST est à peine plus lourd et offre en plus un stockage nettement supérieur. C’est surtout au niveau des poches avant qu’on apprécie ses espaces de stockage, qui permettent d’avoir plein de choses utiles sous la main (barres, gels, téléphone, petit outil, etc). C’est le roi de la polyvalence et du confort, même s’il a quelques petits défauts (absence d’aimant pour le maintien du tuyau d’hydratation, tissu fort souple pour le stockage sur l’arrière). Le Rush est aussi très agréable, mais rentre un peu dans le rang par rapport aux autres modèles testés ici.

Au final, vous l’aurez compris, ces sacs USWE méritent vraiment qu’on s’y intéresse et leur concept original peut en grande partie justifier leur prix élevé. S’il ne fallait en retenir qu’un, ce serait le Bike VST, pour son confort royal et aussi sa capacité à jouer tant sur le côté légèreté/racing, que sur un registre plus loisir/bikepacking. 

Plus d’infos : https://uswe.com/

Par Olivier Béart