Test | Schwalbe Albert & Magic Mary Radial : le combo rassurant

Par Adrien Protano -

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Test | Schwalbe Albert & Magic Mary Radial : le combo rassurant

Deux noms qu’on ne présente plus, et pourtant une vraie nouveauté derrière l’étiquette. Schwalbe propose désormais l’Albert et le Magic Mary avec une carcasse “Radial”, une construction qui promet davantage de grip, plus de filtrage et une lecture du terrain différente… Que valent ces deux modèles dans leur déclinaison Radial ? Comment se comparent-ils ? Lequel pour quel usage ? Réponse avec notre test : 

 

Dans la gamme Schwalbe, il y a des modèles que l’on ne présente plus… C’est le cas du Magic Mary, véritable icône du pneu enduro/DH. La famille « Gravity » de Schwalbe a toutefois été rejoint par un autre modèle phare à l’occasion du lancement de la construction Radial durant l’été 2024 : l’Albert.

 

Les deux modèles se partagent intelligemment le terrain pour couvrir les différents terrains, pratiques et conditions… tout en partageant une construction Radial commune.

Le Radial selon Schwalbe : angle des nappes, surface de contact et filtrage

Le Radial, on vous en a déjà parlé lors de son lancement : Nouveauté | Schwalbe réinvente sa gamme gravity. On fait un rappel général pour les plus distraits !

La carcasse radiale, kézako ? Dans un pneu de vélo, les fils qui composent la carcasse sont disposés à un angle d’environ 45° par rapport au sens de roulement du pneu et s’entrecroisent avec un angle de 90° entre eux. On appelle cela une carcasse « diagonale », pour des raisons assez évidentes. Schwalbe a complètement revu le positionnement de ces fils pour les placer de façon beaucoup plus perpendiculaire au sens de roulement (à droite ci-dessus, pneu classique à gauche). La marque garde l’angle précis secret, puisque c’est le coeur de tout le système.

Avec une carcasse (presque) radiale, le pneu est plus souple et se déforme mieux sur les obstacles : Schwalbe annonce 30 % de surface de contact en plus à la même pression (1,5 bar), et toujours 10 % de mieux si on augmente la pression de 0,5 bar dans le pneu radial par rapport au pneu classique. Le rebond serait également plus amorti, ce qui donne un pneu qui dissipe plus d’énergie sur les chocs et offre plus de grip et de contrôle.

En revanche, la résistance au roulement serait un peu plus importante du fait de l’empreinte plus longue et du plus grand nombre de crampons (donc autant d’arêtes) en contact avec le sol, et la résistance au pincement un peu moins bonne à pression identique puisque la carcasse se déforme plus facilement. Cependant, comme la surface de contact reste plus importante même à pression un peu plus élevée, rajouter quelques dixièmes de bar dans ces pneus pourrait permettre de contrebalancer ces inconvénients tout en tirant toujours parti des avantages.

Schwalbe Albert Radial

L’Albert se positionne comme le pneu le plus polyvalent de la gamme Radial de Schwalbe, clairement orienté enduro. Son dessin de crampons en 2-3-2, très en vogue actuellement, ne dépaysera personne : on retrouve cette architecture chez de nombreux fabricants, preuve de son efficacité sur un large éventail de terrains.

Les crampons, nombreux et généreusement dimensionnés, occupent une large surface de la bande de roulement. Sur le papier, cela annonce un pneu particulièrement à l’aise sur les terrains secs et compacts, avec beaucoup de gomme en contact avec le sol. Schwalbe insiste toutefois sur la polyvalence du profil, capable de rester cohérent lorsque les conditions se dégradent, sans tomber dans l’excès d’un pneu trop typé “hardpack”. L’objectif est clair : offrir un compromis solide entre rendement, grip et contrôle, sans enfermer l’Albert dans un usage trop spécifique.

Au catalogue, l’Albert se décline exclusivement en construction Radial, avec deux carcasses — Trail et Gravity — et deux gommes — Soft et Ultra Soft. Quatre dimensions sont proposées : 27,5 x 2,5″, 27,5 x 2,6″, 29 x 2,5″ et 29 x 2,6″. Les versions Trail sont affichées à 73,90 €, avec des poids annoncés autour de 1110 g en 27,5″ et 1180 g en 29″, tandis que les versions Gravity grimpent à 79,90 €, pour des poids comprises entre 1245 et 1350 g selon le diamètre et la section.

Schwable Magic Mary Radial

Le Magic Mary Radial s’inscrit comme la déclinaison la plus agressive et la plus orientée « grip » de la gamme Radial de Schwalbe. Véritable référence en enduro et en descente depuis plus d’une décennie, le Magic Mary n’est clairement plus à présenter. Dans cette version Radial, Schwalbe ne cherche pas à réinventer son dessin mythique, mais à en exploiter pleinement le potentiel grâce à cette carcasse plus « déformable ».

On retrouve ainsi le profil emblématique à crampons intermédiaires bien marqués, alternant des blocs centraux disposés pour maximiser la traction au freinage, et de larges crampons d’épaule très espacés. La bande de roulement centrale reste relativement ouverte, favorisant l’auto-nettoyage, tandis que les crampons latéraux, fortement inclinés vers l’extérieur, sont conçus pour offrir un grip maximal lorsque le vélo est engagé sur l’angle.

Le Magic Mary Radial est proposé exclusivement en construction Radial, avec deux carcasses — Trail et Gravity — et deux gommes — Soft et Ultra Soft. Uniquement disponible en 2,5″ de section, il est proposé en 27,5″ et 29″. Comme pour l’Albert, les versions Trail sont affichées à 73,90 €, avec des poids annoncés autour de 1220 g en 29″, tandis que les versions Gravity grimpent à 79,90 €, pour des poids comprises entre 1255 et 1340 g selon le diamètre et la section.

Schwalbe Albert Radial et Magic Mary Radial : le test terrain

Nous avions déjà pas mal roulé avec le Schwalbe Albert et publié un test l’hiver dernier, à la sortie des carcasses radiales. Nous nous étions aperçus que cette carcasse particulière ouvrait de nouveaux horizons au profil plutôt polyvalent de l’Albert.

Bien sûr, la carcasse n’est pas la seule à l’œuvre mais nous avons perçu que le pneu a une meilleure capacité de déformation, ce qui lui permet de mieux enrober les reliefs et de procurer plus de sécurité au pilote. C’est surtout flagrant dans les dévers et quand il y a des racines, y compris humides.

Malgré toutes ses qualités, l’Albert montre quand même ses limites en montage avant quand on attaque et aussi dans les conditions boueuses, quand le terrain se fait plus meuble, alors qu’il continue de bien s’en sortir à l’arrière.

Nous avions donc hâte d’essayer le Magic Mary à l’avant. C’est un profil que nous connaissons bien, et de voir dans quelle mesure il profite du passage à la carcasse radiale. A nos yeux, le Magic Mary n’est pas vraiment un bon pneu arrière. Ses crampons fort écartés consomment beaucoup d’énergie, et leur disposition n’est pas optimale niveau traction. Ils ont aussi tendance à s’user vite en cas de gros freinages/dérapages répétés.

L’idée de combiner le Schwalbe Albert à l’arrière avec le Magic Mary à l’avant apparaît donc comme très naturelle. Sur le terrain, on profite en effet d’un pneu arrière excellent en traction, mais dont les crampons un peu plus rapprochés et plus bas sont moins gourmands en énergie, y compris dans cette version équipée de la gomme Super Soft. Pour l’hiver c’est une véritable arme, très difficile à prendre en défaut. La combinaison entre la carcasse radiale et la gomme tendre est redoutable.

Néanmoins, pour l’été ou si vous roulez sur des terrains qui drainent bien l’humidité, on vous recommandera de passer sur la gomme soft à la place de la super soft. La soft est déjà très accrocheuse mais moins gourmande en énergie et aussi moins sensible à l’usure, même si nous n’avons pas noté de dégradation prématurée sur notre modèle d’essai.

A l’avant le Magic Mary est un pneu facile à comprendre et, ici aussi, l’adoption de la carcasse radiale magnifie ses qualités. Ses crampons carrés un peu plus écartés et surtout ses crampons latéraux très marques en font un pneu sûr et rassurant à l’avant. On prend de l’angle sans la moindre arrière pensée et, par rapport à avant, la carcasse semble mieux accompagner les mouvements du pilote et les reliefs du terrain, ce qui le rend encore plus agréable, rassurant et confortable à rouler.

Avec la gomme super soft, c’est un pneu qu’on peut conseiller à des pilotes ayant besoin d’un pneu très accrocheur devant pour se rassurer quand ils s’aventurent sur des terrains très techniques ou quand les conditions sont compliquées. Par temps froid et humide, la gomme Super Soft est aussi tout à fait recommandée. Et, contrairement à l’Albert, on recommande de la laisser toute l’année ; le pneu avant étant moins sensible à l’usure et moins important au niveau rendement.

Un point d’attention toutefois : si ces pneus sont très rassurants pour les pilotes débutants et aussi très agréables pour des experts, les pilotes les plus agressifs et très rapides pourront trouver cette carcasse radiale un peu souple dans les gros appuis. De manière générale, nous recommandons de mettre environ 10% de pression en plus par rapport à des pneus classiques. On profite alors toujours de la grande capacité naturelle de la carcasse radiale à enrober les reliefs, tout en minimisant certaines réactions parfois déconcertantes qu’elle peut avoir dans les appuis.

Au cours de notre essai et des centaines de kilomètres accumulés sur plusieurs autres vélos de test équipés de pneus Schwalbe à carcasse radiale, nous avons pu constater leur grande solidité. Les crevaisons sont très rares et nous avons aussi noté une durabilité améliorée, même en gomme Super Soft, par rapport à ce que nous connaissions il y a quelques années. Cela reste des pneus à gomme tendre pensés pour la performance et l’accroche plus que pour la durée de vie, mais ils ne fondent pas non plus comme neige au soleil, même en usage e-bike, et c’est plutôt une bonne nouvelle vu leur tarif.

Verdict

Le combo Schwalbe Albert à l’arrière et Magoc Mary devant s’impose plus que jamais comme une valeur sûre. Un de ces duos sur lesquels on peut compter en toutes circonstances et sans prise de tête. Très à l’aise en conditions humides et hivernales, le Magic Mary est un pneu rassurant et facile à comprendre pour ceux qui aiment se lancer dans des parcours techniques avec un pneu avant bien directif et prévisible dans ses réactions, alors que l’Albert est clairement plus à l’aise derrière quand il s’agit de procurer une bonne traction. Vu leur poids et leur construction, le rendement est secondaire et ils consomment pas mal d’énergie, même si l’impact négatif de la carcasse radiale nous a semblé minime car elle permet de rouler un peu plus gonflé sans perdre en capacité de déformation de l’âme du pneu. Dans l’ensemble, le passage à cette fameuse carcasse radiale ne change pas radicalement le comportement de ces deux modèles, mais elle met encore plus en valeur leurs qualités et elle procure encore plus d’accroche et de sécurité dans les circonstances difficiles, notamment en conditions humides.

Pour plus d’informations : https://www.schwalbe.com/fr/pneus-velo/vtt/?p=1

Par Adrien Protano