Test | Roues, poste de pilotage et pédalier FSA Gradient 2026 : robustesse ultime pour l’enduro
Par Olivier Béart -
Les composants FSA sont très présents sur les vélos en première monte, et la marque jouit d’une réelle image en XC et sur la route, mais moins pour l’enduro et les pratiques gravity en général. Pourtant, la gamme FSA Gradient est présente au catalogue de la marque depuis plus de 10 ans et la dernière génération développée avec le team Atherton entend changer la donne en se faisant une vraie place sur le segment. Nous avons testé le pédalier, le poste de pilotage et les roues FSA Gradient 2026 sur plusieurs mois pour voir si les promesses de performance et de durabilité sont tenues.
Avec cette dernière génération de la gamme FSA Gradient, le fabricant italien entend prouver qu’il peut rivaliser avec les références du segment enduro et descente en combinant une robustesse sans compromis — validée par la certification ASTM 5 — et une certaine recherche de légèreté. Exit aussi les designs parfois polarisants des précédentes générations (notamment la finition « oil slick »), place à des codes visuels plus sobres mais qui soulignent tout de même le côté pointu de ces composants.
Avant le test terrain, faisons les présentations :
Roues FSA Gradient i30 Carbon
Les roues FSA Gradient i30 Carbon sont au cœur du renouvellement de cette série de composants gravity. Avec ce modèle, FSA propose une alternative haut de gamme à ses versions en aluminium, permettant de gagner près de 500 g sur les masses en rotation, puisque sur la balance elles affichent 1830 g la paire en 29 pouces.
Cette paire de roues s’appuie sur de nouvelles jantes en carbone de 30 mm de largeur interne, dont le profil varie entre 22 et 24 mm de hauteur. Pour garantir la fiabilité, la marque a renforcé les zones entourant les perçages de rayons et adopté un profil asymétrique. Ce choix technique permet d’équilibrer la tension entre les deux nappes de rayons et d’utiliser des rayons de même longueur, optimisant ainsi la durabilité de cet ensemble, qui est monté avec 28 rayons droits et des écrous en laiton.
Au centre, les moyeux intègrent un système à double ratchet offrant 72 points d’engagement, ce qui se traduit par une reprise de pédalage très directe de 5°. Par contre, FSA ne propose pas (à ce stade) de système permettant de garder une certaine liberté angulaire (comme chez DT Swiss avec le DF) et donc, si cette réactivité est un atout en relance, elle impose une certaine vigilance quant au pedal kickback selon la cinématique de votre vélo.
Le prix de la paire est affiché tout juste sous les 1500 €, ce qui est plutôt bien placé pour des roues carbone haut de gamme. On soulignera aussi qu’une garantie à vie couvre les défauts de fabrication, complétée par un programme de crash replacement (payant, mais à tarif réduit). Enfin, un QR code gravé sur le corps du moyeu permet d’accéder instantanément aux fiches de pièces détachées, ce qui est plutôt pratique.
Cintre et potence FSA Gradient
Le poste de pilotage mise sur bien plus de sobriété que par le passé, en optant pour des graphismes plus discrets et en abandonnant les potences aux formes complexes et à la finition brillante.
FSA propose plusieurs cintres Gradient, en alu ou en carbone, en diamètres 31,8 ou 35 mm et en 20 ou 30 mm de rise en carbone et 25 ou 40 mm en aluminium. Les modèles en alu sont affichés à 105 €, le poids est de 340 g dans sa version au rise de 40 mm, alors que, à l’opposé, le modèle en carbone 35 mm de diamètre et 20 mm de rise pèse 240 g et coûte 199 €. Au niveau des formes, FSA a opté pour des cotes classiques de 8° de backsweep et 5° d’upsweep.
La potence FSA Gradient est en aluminium usiné CNC et elle est disponible en trois longueurs (33, 40 et 50 mm) et deux diamètres (31,8 et 35 mm). Elle pèse 180 g en 50 mm et 35 de diamètre et elle est vendue 129 €. Dans tous les cas, l’angle est de 6°, ce qui aide à relever légèrement la hauteur du poste de pilotage sur les cadres modernes parfois très bas de l’avant.
Pédalier FSA Gradient Modular 1x
Le pédalier FSA Gradient Modular 1x est en aluminium, mais il est particulièrement travaillé pour optimiser le rapport poids/rigidité/solidité. Contrairement aux modèles forgés pleins plus classiques, FSA utilise ici une construction en deux parties usinées puis collées pour créer des manivelles creuses en aluminium. L’ensemble, axe de 30 mm et plateau 34 dents compris, affiche 640 g sur la balance.
Comme son nom l’indique, FSA met en avant la modularité de son système. Rien de révolutionnaire, mais on peut facilement changer le plateau, monté directement sur la manivelle droite et disponible en 30, 32, 34 ou 36 dents. La ligne de chaîne est ajustable entre 52 et 55 mm grâce à un jeu d’entretoises, et les plateaux sont compatibles avec les transmissions Shimano et Sram 11 et 12 vitesses. Attention toutefois, un outil spécifique est requis pour le système de fixation du plateau, et il faut une clé Allen de 10 mm pour monter/démonter les manivelles (moins courante que le modèle en 8 mm).
À 379 € sans le plateau, ce pédalier se positionne comme un produit premium, plus onéreux qu’un modèle en aluminium standard mais proposant une technicité et une finition qui lui permettent de regarder droit dans les yeux bien des modèles carbone, tout en ajoutant un argument de solidité important dans la catégorie. Mais si on peut comprendre le tarif du pédalier, on a plus de mal à expliquer qu’il faille ajouter près de 200 € à cette somme déjà rondelette pour le plateau spécifique.
Gamme FSA Gradient 2026 : le test terrain
Nous avons testé ces nouveaux composants FSA Gradient pendant un peu plus de 6 mois, en écumant les différents trail centers belges durant l’automne et l’hiver, puis en concluant pas quelques courses au printemps. L’ensemble a été monté sur le Santa Cruz Hightower d’un de nos testeurs les plus expérimentés et les moins tendres avec le matériel.
Ne faisons pas durer le suspense plus longtemps : côté solidité et durabilité, aucun doute possible, FSA ne s’est pas loupé. A l’issue de ce test où rien ne leur a été épargné, mis à part quelques petites griffes sans autre impact que cosmétique, les composants Gradient n’ont pas bronché.
Les roues sont encore parfaitement droites (pas le moindre voile ni saut), les moyeux tournent avec une fluidité parfaite et les jantes sont intactes, mis à part quelques petites éraflures qui ne sont visibles que quand on les regarde vraiment de très près.
Le poste de pilotage est encore nickel, lui aussi, et si le pédalier porte plusieurs traces d’impacts, on voit que ce n’est pas profond et que la structure n’a absolument pas souffert. La finition a également très bien résisté aux frottements des chaussures, le plateau est encore parfaitement droit et ses dents ne montrent pas encore de signe d’une réelle usure ; signe qu’il pourra encore rouler au moins pendant la même durée avant qu’on doive songer à un remplacement (heureusement d’ailleurs, vu son tarif).
Au niveau du comportement, un sentiment global se dégage aussi : on est sur des composants où on sent que la précision et la rigidité étaient en bonne place dans le cahier des charges, en compagnie de la solidité. On n’est donc pas sur les composants les plus souples et tolérants du marché, même si on ne peut pas non plus leur reprocher d’être dans l’excès.
Sur les roues, qui ont remplacé des Zipp 3Zero Moto et un autre modèle en aluminium plutôt souple, le contraste est net : les FSA Gradient i30 Carbon sont plus rigides et moins tolérantes. Mais, en contrepartie, elles apportent plus de dynamisme au vélo et elles le rendent plus « poppy ». On a davantage envie de s’envoler à la moindre occasion pour survoler les obstacles que de les affronter directement.
Difficile de dire ce qui est mieux : ce sont surtout des styles différents. Heureusement, quand ça tabasse et qu’il n’y a pas d’autre choix que de faire fasse aux reliefs tourmentés du sol, les FSA Gradient savent donner un peu de marge au pilote et, même s’il faut les tenir plus que d’autres modèles, elles permettent de garder ses lignes sans trop d’effort et elles ne fatiguent pas non plus excessivement le pilote dans les longues descentes. Par contre, nous avons noté un peu plus de crevaisons qu’habituellement, signe d’une jante qui se déforme peu (même si on ne peut pas écarter non plus une certaine dose de malchance et qu’il est difficile d’être catégorique à ce sujet).
L’ensemble cintre/potence offre une position neutre et familière. Le cintre, en 800 mm de largeur d’origine, est facile à recouper grâce à des graduations aux extrémités, et le serrage au niveau de la potence est simple et solide grâce à un ajustement parfait de ce duo conçu pour fonctionner de concert. Notre modèle de test est en 35 mm de diamètre et en carbone, ce qui est une combinaison qui favorise la précision de pilotage (bien au rendez-vous) au détriment de la tolérance.
On constate quand même que l’ensemble n’est pas un « marteau piqueur » et garde une certaine capacité de déformation, mais on peut aussi percevoir sa rigidité dans les longues descentes, où la fatigue finit par se faire sentir. Heureusement, il existe d’autres options pour ceux qui veulent plus de confort, comme un ensemble en diamètre 31,8 ou le passage sur le modèle Gradient alu.
Enfin, le pédalier dégage cette même impression de rigidité et d’être imperturbable. Le plateau maintient très bien la chaîne (Sram dans notre cas) et nous n’avons eu aucun déraillement à déplorer. le silence de fonctionnement est aussi excellent, que ce soit au niveau de la chaîne sur le plateau ou du pédalier lui-même (pas de craquements). Seule la finition noire est un peu entamée par des impacts de pierres, mais rien d’alarmant.
Verdict
Lors de nos précédents tests (roues XC notamment), les composants FSA avaient déjà montré une solidité et une fiabilité de haut niveau. C’est encore le cas ici avec cette série FSA Gradient dédiée aux pratiques les plus engagées. C’est clairement ce qu’on retient à l’issue de ce test : la série Gradient s’adresse clairement à des pilotes qui veulent des composants qu’ils peuvent monter puis complètement oublier. Le comportement est globalement plus orienté vers la précision et la rigidité que vers l’élasticité et la tolérance, mais FSA n’a pas non plus versé dans l’excès et on pourra les recommander à des pilotes costauds qui mettent le matériel à rude épreuve avec un pilotage musclé. Les pilotes fins et légers, ainsi que ceux qui cherchent un maximum de tolérance et de dissipation des vibrations, trouveront par contre sans doute d’autres options plus adaptées à leurs besoins.
Plus d’infos : https://shop.fullspeedahead.com/fr/series/gradient?p=1