Test | POC Cularis Pure : un casque qui s’adapte à la météo
Par Adrien Protano -
Lancé l’an dernier, le POC Cularis avait marqué l’arrivée d’un nouveau casque destiné aux pratiques trail et all-mountain, avec une ambition claire : proposer davantage de ventilation qu’un Kortal tout en conservant un niveau de protection élevé. Avec le Cularis Pure, la marque suédoise ne cherche pas à réinventer la recette. Elle y ajoute simplement une idée aussi simple qu’originale : un système de visières interchangeables permettant d’adapter la ventilation du casque aux conditions météorologiques. Gadget ou véritable bonne idée ? Nous l’avons utilisé durant plusieurs semaines pour nous faire un avis.
Le Cularis devient une petite famille
Avec le lancement du Cularis en 2025, POC venait combler le vide entre ses casques les plus orientés XC et ses modèles destinés à l’enduro engagé. Le Cularis se voulait avant tout un casque de trail moderne : assez couvrant pour inspirer confiance dans les passages techniques, mais suffisamment léger et ventilé pour affronter de longues sorties ou de gros dénivelés. On vous en parlait juste ici : Test I Casque POC Cularis : même recette VTT, look passe-partout.
Quelques mois plus tard, le constructeur suédois enrichit cette gamme avec le Cularis Pure. Contrairement à ce que son nom pourrait laisser penser, il ne s’agit pas d’un nouveau casque développé de zéro, mais bien d’une déclinaison du modèle existant. Le principe est simple : conserver les qualités qui ont fait le succès du Cularis tout en supprimant certains équipements afin d’abaisser le prix.
Même coque, mêmes ambitions
Visuellement, le Cularis Pure reste très proche du Cularis. On retrouve la même coque en polycarbonate moulée autour d’une mousse EPS, une couverture généreuse au niveau des tempes et de l’occiput ainsi qu’un chaussant relativement profond qui participe largement au sentiment de sécurité.
En revanche, POC simplifie légèrement certains équipements. Là où le Cularis utilise le système Mips Air Node, directement intégré dans les mousses de confort, le Pure adopte un Mips Evolve Core plus classique. Les deux technologies poursuivent le même objectif (limiter les mouvements rotationnels lors d’un impact) mais la version Air Node se montre plus discrète et plus haut de gamme.
À l’arrière, on retrouve un maintien à 360°, facilement ajustable grâce à une molette micrométrique. Le berceau occipital peut également être positionné sur trois hauteurs afin d’adapter le casque à différentes morphologies. Les sangles disposent d’un séparateur réglable sous les oreilles et l’ensemble inspire immédiatement confiance, comme souvent chez POC.
Les amateurs de longues sorties apprécieront également le retour du Eye Garage, ces deux ouvertures frontales équipées d’un revêtement antidérapant permettant de glisser facilement les lunettes lorsque celles-ci ne sont pas portées. Le casque est disponible en trois tailles (S : 51-54 cm, M : 55-58 cm et L : 59-62 cm) pour un poids annoncé de 410 g, soit une trentaine de grammes de moins que le Cularis classique. Il est commercialisé à 180 € (contre 230 € pour le Cularis).
On change de visière comme de météo ?
C’est l’une des nouveautés de ce Cularis Pure : plutôt que de proposer une visière réglable comme la plupart de ses concurrents, POC imagine un système de capots supérieurs interchangeables.
Le premier laisse les aérations totalement ouvertes. Le casque profite alors pleinement de sa conception très ventilée, avec de larges ouvertures qui alimentent les profonds canaux internes avant de rejeter l’air à l’arrière.
Le second vient recouvrir les trois ouvertures situées sur le dessus de la tête tout en fermant partiellement les aérations frontales. L’objectif est simple : limiter l’entrée d’eau, de neige ou d’air froid.
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le casque ne devient pas totalement étanche. Une partie de l’air continue de pénétrer par l’avant avant de circuler dans les canaux internes. On conserve donc une ventilation correcte, simplement moins importante que dans la configuration estivale.
Une troisième possibilité est de porter le casque sans aucune visière pour un usage davantage gravel/XC. On notera que dans cette configuration, les points d’attache de la visière sont un peu « grossiers » esthétiquement.
Peu courante, cette idée permet d’adapter le casque à différents usages et à différentes conditions pour l’utiliser continuellement durant toute l’année.
Le revers de la médaille, c’est que la visière reste fixe. Impossible de la relever pour ranger un masque, installer une caméra embarquée ou simplement ajuster sa position selon ses préférences. Un choix qui découle directement du système de capots interchangeables.
Qu’est-ce qui change ?
Au-delà de cette visière, les différences concernent essentiellement les équipements de sécurité additionnels. Le Cularis Pure fait notamment l’impasse sur le système Mips Air Node, intégré au modèle haut de gamme pour limiter les mouvements rotationnels lors de certains impacts obliques. Il abandonne également le réflecteur RECCO, qui facilite la localisation d’un pratiquant par les secours équipés, ainsi que la puce twICEme, permettant de stocker des informations médicales accessibles en cas d’accident.
POC Cularis Pure : le test terrain
L’idée des deux visières interchangeables peut sembler anecdotique sur le papier, mais sur le terrain, elle prend rapidement tout son sens. Nous avons justement utilisé le Cularis Pure dans des conditions particulièrement humides, sous une pluie persistante, et la grande visière remplit parfaitement son rôle. L’eau s’écoule naturellement vers les côtés plutôt que de tomber directement devant les yeux. La différence n’est évidemment pas aussi marquée qu’avec un casque intégral, mais on roule clairement un peu plus au sec qu’avec un casque de trail classique. C’est un petit plus appréciable lorsque la météo se dégrade.
Le remplacement de la visière est lui aussi très simple et ne demande que quelques secondes.
Le remplacement de la visière est lui aussi très simple et ne demande que quelques secondes. Le système de clips est intuitif et inspire confiance… du moins au premier abord. En revanche, difficile de se prononcer sur sa tenue dans le temps. Les quatre points de fixation sont relativement fins et l’on peut légitimement se demander comment ils vieilliront après de nombreux changements entre les deux configurations. Ce n’est pas une inquiétude basée sur un problème rencontré durant notre essai, mais plutôt un point que seul le temps permettra de confirmer ou d’infirmer.
Cette solution entraîne également quelques concessions. Contrairement à la plupart des casques de trail actuels, la visière est fixe et ne peut pas être relevée. Heureusement, POC a trouvé un bon compromis : elle reste suffisamment discrète pour ne quasiment jamais entrer dans le champ de vision, même si l’on en aperçoit parfois très légèrement le bord supérieur. En revanche, impossible de l’ajuster selon ses préférences. Ceux qui aiment relever la visière pour ranger un masque, fixer une caméra embarquée sous celle-ci ou simplement choisir une protection plus ou moins importante selon les conditions devront composer avec cette position unique.
Enfin, le maintien général reste de très bon niveau. Le casque se fait rapidement oublier et conserve une excellente stabilité sur les terrains cassants. Pour autant, difficile de ne pas le comparer aux autres modèles de chez POC, souvent exemplaires sur ce point. Le Cularis Pure reste parfaitement dans la bonne moyenne du marché, mais il nous a semblé un cran en dessous des références de la marque suédoise, qui nous avait habitués à un maintien quasiment irréprochable. Ce n’est pas un défaut rédhibitoire, simplement un niveau d’exigence particulièrement élevé que POC s’est elle-même fixé au fil des années.
Verdict
Avec le Cularis Pure, POC reprend les excellentes bases du Cularis en y ajoutant une idée finalement très simple : adapter la ventilation aux conditions météorologiques. Et contrairement à beaucoup d’innovations qui peinent à convaincre une fois sur le terrain, celle-ci fonctionne réellement. Le capot fermé apporte un vrai supplément de confort sous la pluie et par temps froid, sans transformer le casque en étuve. Certes, la visière fixe impose quelques compromis et le système de clips devra faire ses preuves sur le long terme, mais ces réserves restent secondaires face à une proposition originale et pertinente. Le Cularis Pure ne remplacera probablement pas tous les casques de trail, mais il apporte une réponse suffisamment curieuse que pour s’y intéresser.
Pour plus d’informations : https://poc.com/fr




