Test | Open U.P. 2.0 : gravel première classe

Par Olivier Béart -

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Test | Open U.P. 2.0 : gravel première classe

Open a été un des pionniers du gravel haut de gamme, avec son U.P. sorti il y a déjà maintenant 10 ans ! Depuis, la discipline a évolué et il était logique que la marque mette à jour son modèle phare. Voici donc le Open U.P. 2.0, aéro, prévu pour de plus gros pneus, plus léger et à la géométrie revue. Vojo l’a testé :

En 2017, le Open U.P. a été un des tout premiers vélos de gravel que nous avons testés chez Vojo (voir ici). Depuis, le moins qu’on puisse dire, c’est que la discipline a évolué et surtout qu’elle s’est énormément développée. Conséquence mécanique, la concurrence s’est fortement développée et, quand le U.P. faisait figure de pionnier, le Open U.P. 2.0 doit aujourd’hui composer avec une concurrence nombreuse et féroce !

Open n’a pas pour ambition de vendre beaucoup de vélos. La devise de ses fondateurs, Andy Kessler (ex-BMC) et Gérard Vroomen (ex-Cervélo), est d’ailleurs « working hard to stay small ». On a donc affaire à un vélo qui se positionne dans le haut, voire même dans le très haut de gamme, et qui s’adresse à des bikers en recherche d’exclusivité.

Châssis

Par rapport au U.P., cette version 2.0 se met logiquement au diapason des évolutions de la pratique gravel au fil de ces dernières années, tout en préservant quand même quelques bonnes idées de son aîné.

Le principal changement qui saute aux yeux, c’est le travail sur l’aérodynamique du cadre. La douille de direction est fortement profilée, tout comme le tube diagonal, ovalisé sur sa partie basse et plat sur le haut. Au-delà de la pénétration dans l’air, cela donne clairement un look très agréable à cet Open U.P. 2.0.

Autre changement pour être dans l’air du temps : le U.P. 2.0 accepte des pneus plus gros, jusque 46 mm. On va dire qu’aujourd’hui c’est un peu le « minimum syndical », mais il y a aussi le WIDE dans la gamme Open, qui est davantage pensé pour le confort et les gros pneus (même s’il mériterait aussi d’être mis à jour).

En parlant de confort, le U.P. 2.0 entend quand même le préserver malgré un gros penchant pour le côté performance. Cela se remarque au niveau du traitement de l’arrière du vélo, avec des haubans très fins qui rappellent son glorieux prédécesseur. La tige de selle est en 27.2 mm de diamètre, toujours dans l’idée d’avoir du flex à l’arrière et de dissiper les vibrations avant qu’elles atteignent le pilote.

Signalons aussi que ce cadre est made in Portugal, ce qui est assez rare dans la production actuelle que pour être souligné et encouragé. Le cadre seul est annoncé à 995 g en taille M. Il existe également une version encore plus légère et exclusive, le U.P.PER, dont le cadre ne pèse que 880 g. Pour le reste, les U.P. et U.P.PER sont compatibles avec les montages en mono ou double plateau, ils sont au format UDH pour la fixation du dérailleur arrière, le boîtier est au standard T47 pour un maximum de fiabilité et les freins sont en Flatmount pour disques de 160 mm.

A l’avant, le vélo est livré avec la nouvelle fourche U-Turn Aero développée par la marque pour ce cadre. Comme son nom l’indique, elle soigne aussi la pénétration dans l’air, tout en ayant une rigidité pensée pour être en accord avec celle du cadre. Elle est désormais aussi disponible dans une version « Adventure » dotée de discrètes petite fentes qui permettent de fixer de la bagagerie en remplaçant avantageusement les classiques vis et œillets disgracieux. Elle est annoncée à 390 g en version classique et 380 g pour le modèle Adventure.

D’origine, le cadre U.P. 2.0 est livré dans toutes ses versions (Adventure ou classique) avec de nombreux points de fixation sur le cadre pour y monter de petites sacoches ou de la bagagerie plus imposante.

Le poste de pilotage, baptisé Open B.A.R. (joli nom !) mérite aussi qu’on s’y attarde. Conçu également par la marque, il est disponible au total en 10 versions différentes (longueur de potence et largeur de cintre), mais il est surtout doté d’un ingénieux système de cales permettant de faire varier la longueur de la potence de 15 mm, de 5 en 5 mm, afin de pouvoir affiner précisément sa position. C’est ingénieux et cela vient répondre à une des principales critiques qu’on peut habituellement faire aux combos cintre/potence d’une seule pièce qui manquent de possibilités d’adaptation. Il est livré avec un support GPS qui se place à l’avant du cintre.

Géométrie

Le Open U.P. 2.0 a été voulu par ses concepteurs comme un vélo agile, maniable et très réactif. Il est un peu plus long que son prédécesseur (+10 mm, compensé par un poste de pilotage 10 mm plus court d’origine), mais on reste quand même sur un cadre plutôt compact, avec un angle de direction moins couché que sur certains autres vélos de gravel contemporains (71,5° d’angle en taille M). En tout, cinq tailles sont proposées, du XS au XL.

Equipements, versions et tarifs

Le Open U.P. 2.0 est principalement vendu en kit cadre/fourche/poste de pilotage/tige de selle, au prix de 4200 €. La marque propose aussi des kits de montage Sram (Force et Red XPLR) ainsi que des roues Zipp, mais les tarifs ne sont pas forcément très intéressants et on partira plutôt vers un montage tout à la carte avec une telle base. La version Adventure (avec plus de points de fixation sur le cadre et la fourche) est proposée au même tarif, alors que le U.P.PER 2.0 plus léger est à 5300 €. Au-delà des teintes d’origine, on note que Open a la bonne idée de proposer ses vélos en version « RTP » (ready to paint) pour ceux qui veulent réaliser une peinture personnalisée.

Le montage de notre modèle de test a été réalisé par l’importateur Mohawks avec de très belles pièces, notamment les très luxueuses roues ENVE SES 3.4.

Coûtant à elles seules 3500 € la paire, entièrement fabriquées aux USA, elles disposent de jantes différentes à l’avant et à l’arrière, avec respectivement 39 et 43 mm de hauteur, pour une largeur entre crochets de 25 mm. A la base, il s’agit de roues de route, mais elles ont parfaitement leur place aussi en gravel comme nous l’avons vu lors de cet essai.

Elles sont montées ici avec les pneus Enve HEX en 44 mm, qui adoptent un profil polyvalent fait de multiples petites tétines centrales en forme d’hexagone, combinées à des crampons latéraux plus prononcés. A l’aise sur quasiment tous les terrains, qu’ils soient secs ou humides, leur carcasse a une souplesse bien dosée et très agréable qui permet d’obtenir à la fois du confort et du grip. Par contre, ils sont très sonores sur route et leur résistance au roulement nous a paru un peu élevée et pas totalement en accord avec le reste du vélo.

Pour ce qui est du groupe, notre Open U.P. 2.0 était monté avec l’inévitable Sram Force AXS en 13 vitesses. Un must qui permet de combiner la simplicité du mono-plateau avec une cassette à large étendue de rapports très bien étagée. Les freins sont aussi particulièrement performants, grâce à leur puissance aussi importante que facile à doser.

Au final, notre modèle de test pèse tout juste 8 kg sans pédales et tourne autour des 10 000 € une fois monté. Le prix du rêve et de l’exclusivité.

Open U.P. 2.0 : le test terrain

L’auteur de cet article a un souvenir ému de son VTT Open 1.1, le tout premier modèle de la marque, lancé en 2012. Déjà à l’époque, Open concevait des vélos de caractère, qui ne laissaient personne indifférent. C’est réjouissant de constater que, près de 15 ans plus tard, les vélos ont évolué, mais la philosophie n’a pas changé. Quand on monte sur ce U.P. 2.0, on sent rapidement qu’il se passe quelque chose.

A l’accélération, le vélo est particulièrement vif. Explosif même ! La légèreté se ressent, ainsi que la qualité du cadre, qui renvoie l’énergie telle une arbalète, mais tout de même avec un peu de douceur bienvenue. Cela en fait une véritable arme sur les parcours remplis de relances, tellement chaque accélération est efficace et presque jouissive.

C’est aussi un excellent grimpeur, notamment dans les longues côtes au train, qu’on avale avec une facilité déroutante. On pourrait croire qu’il va être usant à la longue tellement il aime les relances et qu’on lui rentre dedans mais, au final il n’en est rien et il se montre plutôt conciliant avec le pilote, grâce à une rigidité bien dosée du châssis.

Peut-on parler de réel confort ? Le Open U.P. n’est pas « tape-cul », mais il nécessite quand même de rouler à une certaine vitesse pour se révéler complètement. A faible allure, il peut donner l’impression de buter un peu sur les reliefs du sol. Mais dès qu’on hausse le rythme, il donne l’impression de se mettre à flotter sur les obstacles car son cadre arrive dans sa zone de confort à lui. Cette zone où il se déforme de manière optimale pour arrondir les reliefs et pour préserver le pilote afin de lui permettre de garder longtemps un rythme élevé.

Bref, il faut quand même un petit niveau physique de base pour profiter pleinement de cette machine. Et si la version Adventure peut être chargée de bagages, ce sera dans l’optique de voyager rapidement, avec une philosophie plus sportive que nez au vent.

On peut par contre regretter que Open ait limité la compatibilité des pneus à 46 mm de largeur seulement, car des pneus de 50 mm sont de plus en plus courants et offrent de vrais avantages tant au niveau du confort que du rendement sur terrain cassant et hors asphalte en règle générale. D’autant plus si on est chargé de bagages. Et cela aurait aussi amélioré le dégagement dans la boue, qui est tout juste avec les pneus de 44 mm de notre modèle d’essai.

A propos de vent, sent-on que ce vélo est aéro ? C’est toujours délicat de se prononcer de manière ferme sans données chiffrées et scientifiques, mais le fait est que le Open U.P. 2.0 est (aussi) très à l’aise pour rouler très vite sur le plat. Seuls ses pneus le ralentissent un peu, mais il est possible de rouler très vite pendant très longtemps et on peut facilement se prendre pour un TGV à son guidon.

En descente, la géométrie assez classique et plutôt proche d’un vélo de route pouvait nous faire peur sur papier, mais nous avons été vite rassurés sur le terrain. Le Open U.P. 2.0 n’est pas un « petit VTT rigide » comme peuvent l’être certains vélos de gravel très capables dans les descentes techniques, mais il sait se montrer stable et rassurant à haute vitesse. Il faut vraiment que ce soit très cassant pour qu’on doive réduire le rythme. Et la fourche encaisse bien, tout comme le cintre, qui a une rigidité aussi bien dosée que le cadre.

Surtout, il est très amusant dans les singletracks sinueux sur sol plutôt lisse, où sa direction très réactive est un atout. Nous aurions juste aimé un poste de pilotage un peu plus large. Sur un taille M pour un pilote de 178 cm, un cintre en 400 mm nous semble plus approprié que le 380 mm monté ici. Comme il est possible de choisir à la commande, nous vous donnons cette info pour vous aider à faire le bon choix.

Nous avons aussi été très agréablement surpris par les roues Enve. Au départ conçues pour la route, elles se sont montrées plutôt tolérantes malgré leurs jantes hautes, et aussi bien assez solides pour un usage gravel. Nous ne les avons pas épargnées et elles s’en sont sorties sans la moindre égratignure. Leur tarif est très élevé, mais elles assurent sur le terrain.

Verdict

Open conçoit des vélos avec un parti-pris assumé, et c’est tant mieux ! Ce n’est pas le plus confortable, et il y a des vélos de gravel plus à l’aise dans le technique que lui, mais c’est par contre une machine hyper rapide, légère et performante qui comblera ceux qui veulent faire de chaque sortie un moment unique. Car le Open U.P. 2.0 ne se roule pas simplement, il se pilote, il se vit, et il vous fait vivre de belles émotions à chaque relance, à chaque section sinueuse, à chaque bout droit où vous pouvez mettre les watts. A son guidon, on ne recherche pas la perfection, mais l’émotion. Et pour cela, on est servi ! On aurait juste apprécié qu’il soit compatible avec des pneus de plus grosse section, car on pense que cela aurait élargi son champ d’action et augmenté encore le plaisir sur certains types de terrains. 

Plus d’infos : https://opencycle.com/eu-en/up-upper-20

 

Par Olivier Béart