Test nouveauté | Santa Cruz Nomad 7 : la suspension qui change tout
Par Paul Humbert -
Santa Cruz dévoile son nouveau Nomad : le gros VTT de 170 mm de débattement en montage mullet (27,5/29 pouces) n’est pas radicalement différent à première vue, mais les nouveautés de cette 7e génération sont particulièrement sensibles. Le Nomad 7 s’ouvre à plus de monde et gagne du terrain dans la gamme Santa Cruz. On a testé et on vous explique :
Le Nomad est un vélo iconique de la gamme Santa Cruz. Ses formes caractéristiques et sa polyvalence pour un vélo de 165 mm à sa sortie ont marqué le milieu des années 2000. En 2014, le Nomad passe au carbone et change de look, pour proposer un cadre qui reste encore aujourd’hui très réussi. Ce Nomad 3 marque également les esprits avec un coloris on ne peut plus tape-à-l’œil : bleu turquoise et rose.
C’est comme un clin d’œil que le Nomad 7 se dévoile, 10 ans après la production de ce Nomad 3. Entre-temps, le vélo aura bien grandi, la discipline aussi, en passant par plusieurs tailles de roues. Le Bronson et le Megatower ont longtemps occupé le segment « enduro race » quand le Nomad restait plus à la marge en devenant un gros vélo bike-park / gravity pour s’amuser.
Pour 2026 et cette 7e itération, la donne change. Cette nouvelle version du Nomad campe sur le créneau du gros débattement (170mm) en mullet roue de 29 pouces devant et 27,5 derrière), juste au-dessus du Bronson 5 qui occupe, lui, fièrement le segment 160-150 mm en mulet. Face au Bronson, on a le Hightower en full 29 pouces et, face au Nomad, le Megatower tout en 29 pouces arrive en fin de cycle… et ne sera pas renouvelé : les performances actuelles et la demande de vélos en montage « mulet » sur les gros débattements ne justifiaient plus la cohabitation de deux gros VTT. Le segment enduro « race » tout en 29 pouces est ainsi inoccupé : est-ce qu’il sera assumé par le Hightower qui a bien grandi, ou par ce nouveau Nomad ? C’est une des questions auxquelles on a souhaité répondre en mettant la main sur ce nouveau vélo.
La construction du cadre du Nomad 7
Esthétiquement, le cadre reprend les grands codes des derniers Santa Cruz sans assistance électrique. On repère toutefois des formes plus anguleuses, un « canal » qui abrite l’amortisseur plus imposant, et un triangle arrière qui se « projette » plus vers l’avant pour se fixer sur la biellette haute. L’amortisseur semble légèrement plus à l’horizontale également.
Santa Cruz annonce 86 grammes de grappillés sur son nouveau cadre par rapport au précédent cadre de Nomad CC. Ce gain de poids est assez anecdotique sur un vélo de ce débattement. Ce qui l’est moins, c’est le travail fait par Santa Cruz sur son châssis au global. La conception du cadre a été complètement repensée pour alléger un peu le vélo, mais surtout, pour apporter plus de qualités de filtration à la machine. Ça passe notamment par un gros travail fait sur le tube inférieur du Nomad.
En parlant de carbone, Santa Cruz supprime la distinction entre les cadres de finition « C » ou « CC », les deux niveaux de carbone proposés jusque-là. La marque ne retient que la finition la plus haut de gamme, et la plus légère. La rigidité et la conception carbone sont adaptées sur chaque taille, afin de proposer le même comportement de la taille S à XXL.
Le routing interne des câbles est guidé, du triangle avant jusqu’au triangle arrière. Il a été reproché à Santa Cruz de s’affranchir de ces routings sur le triangle arrière sur ses derniers modèles, privilégiant les transmissions électroniques, mais la marque fait ici machine arrière.
Le guide-chaîne se fixe désormais directement sur le cadre, via une petite platine, tandis que deux nouveaux plots de fixation trouvent leur place sous le tube supérieur.
La boite à gants est retravaillée, avec un mécanisme plus robuste, plus étanche et plus facile à manipuler.
Le cadre est garanti à vie, tout comme les roulements et les roues Reserve.
Géométrie
Le Nomad n’est pas révolutionné. On retrouve un angle de tube de selle légèrement plus droit, un angle de direction un peu plus ouvert, mais les valeurs de reach et les longueurs de bases ne changent pas. Le vélo suit une tendance qui améliore le confort au pédalage, sans compromettre les performances en descente.
Un petit flip chip positionné au niveau du pied d’amortisseur permet de faire légèrement varier la géométrie (0,5° d’angle de chasse, et 5 mm de hauteur de boîtier de pédalier). Cette modification affecte également légèrement la progressivité de la suspension.
De la taille S à la taille XXL, les triangles arrière sont identiques, mais l’ajustement de la position d’ancrage des biellettes permet de conserver les proportions sur toutes les tailles.
Suspension / cinématique
Le système de suspension à point de pivot virtuel baptisé VPP (Virtual Pivot Point) continue d’être décliné sur ce nouveau Nomad. Au premier abord, on pourrait se dire « rien n’a changé », mais les courbes de suspension disent le contraire.
Le plus gros changement concerne l’anti-squat. Ce dernier est baissé drastiquement pour se rapprocher des performances du Bronson 5. L’anti-squat qui baisse, c’est une suspension qui se libère et qui est moins affectée par la tension de la chaîne lors des compressions. Santa Cruz annonce « réduire les chocs lors des impacts “carrés”, augmenter l’efficacité au pédalage, et améliorer la traction ».
L’anti-rise baisse également légèrement, améliorant la sensibilité de la suspension au freinage.
Dernière courbe : Santa Cruz annonce une suspension plus linéaire, assurant ainsi un comportement similaire tout au long du débattement et conservant de la sensibilité en fin de course. La marque se repose sur les performances améliorées des amortisseurs de dernière génération pour éviter un comportement de « pompe à vélo ».
La gamme Santa Cruz Nomad 7 2026
Quatre modèles composeront la gamme Santa Cruz Nomad 7 à son lancement :
- Santa Cruz Nomad 90 : 6299 €
- Santa Cruz Nomad GX : 7499 €
- Santa Cruz Nomad XT DI2 : 8299 €
- Santa Cruz Nomad AXS RSV : 10199 €
Deux coloris sont proposés : ce bleu/rose comme un clin d’œil au Nomad 3, et un vert mat / vert.
Test nouveauté : Santa Cruz Nomad 7 AXS RSV
C’est sur les sentiers autour de la rédaction et dans les bike-parks du Pays de Galles (Caersws et Revolution) que nous avons pu découvrir ce Nomad 7. Pourquoi le Pays de Galles ? Parce qu’on a pu suivre Vero Sandler chez elle et sur ses bike-parks préférés au guidon de ce nouveau vélo.
La découverte commence à la pédale, et on doit dire que malgré un pneu en carcasse renforcée derrière, le Nomad pédale convenablement pour un gros VTT de 170 mm de débattement. On est droit et confortablement posé pour grimper au sommet de toutes les spéciales, ou en montagne quand la neige a fondu. Le rendement ou le rythme ne seront jamais soutenus, mais c’est un bon point pour commencer.
On trouve ensuite assez vite nos marques : la géométrie est bien équilibrée, et on est naturellement centré sur le vélo. Ce qui nous marque d’abord, c’est la facilité avec laquelle on bouge et on joue avec le vélo. Le Nomad dégage une sensation de légèreté et de facilité. Sur le plat, c’est un vélo qui décolle facilement, et dans les virages, on se laisse rapidement aller à des appels/contre-appels sans trop forcer. Un vélo qui semble léger et qui bouge facilement, c’est plutôt positif.
Quand on rentre dans le débattement en prenant de la vitesse, le vélo est assez lisible et on ne se laisse pas dépasser par le vélo. Certains précédents modèles de Santa Cruz ont pu s’avérer exigeants et nécessiter un gros engagement physique et technique pour tirer le meilleur du vélo. Ici, le Nomad lit très bien le terrain, plus longtemps dans son débattement, et sans qu’on ne doive systématiquement charger le vélo. On garde toutefois un bon répondant quand on sollicite la suspension arrière.
Même à haute vitesse, et sur les freinages, le vélo se pose et reste assez stable. Dans ces sections-là, on ressent le travail fait sur le cadre, ou sur la rigidité en général, et qui permet d’apporter un bon niveau de filtration, sans compromettre la précision du vélo. Les roues en carbone aident dans l’équilibre général à rendre ce modèle dynamique en sortie de virage et dans les changements de ligne.
Difficile de commenter le montage très haut de gamme de ce modèle de test, mais certains composants participent assez considérablement au ressenti « apaisé » de ce nouveau Nomad. La fourche Fox 38 dans un premier temps, qui se rigidifie, mais qui s’équipe d’un piston baptisé Glidecore permettant de filtrer les petits chocs lors des freinages et quand la fourche est en charge. L’avant du vélo est ainsi précis, mais moins perturbé.
On peut associer ce ressenti au travail du guidon OneUp Carbon V2 qui arrive chez Santa Cruz. Ce guidon est un de nos coups de cœur de 2025 pour ses capacités de filtration.
Même constat à l’arrière du vélo quand on vient tirer profit du système DT Swiss DEGFD qui offre, au choix, 10° ou 20° de mouvement pour libérer les pieds des effets du kickback (le vélo arrive en position neutre à 0°). C’est un petit plus qui participe à un ressenti très souple et posé du vélo.
À haute vitesse, certains enduro tout 29 comme l’Orbea Rallon peuvent se targuer d’être un peu plus stables, mais le comportement du Nomad est déjà excellent et il ne perd pas particulièrement en grip pour autant. Les virages qui suivent ces grandes sections droites sont ensuite bien plus à son avantage.
Le tout nous amène plus rapidement à prendre confiance sur un vélo, et donc à hausser le rythme. On se surprend à sauter plus rapidement qu’habituellement avec un vélo de test, et on ne réfléchit pas trop à l’approche des passages les plus raides ou techniques.
Ce Nomad est une très belle découverte, et on ne s’attendait pas à prendre autant de plaisir. D’un côté, le vélo semble plus léger et vif. De l’autre, il continue d’encaisser les plus gros chocs, même à haute vitesse, et il se paye en plus le luxe de pouvoir pédaler convenablement. Le Nomad 7, avec sa carte d’identité de « bad boy » qui lui a ouvert les portes des bike-parks, devient plus accessible sans perdre son cœur de cible et son terrain de prédilection. En plus d’être un excellent choix pour qui cherchera un gros VTT robuste et prêt à tout, il s’ouvre les portes de l’enduro « race » en devenant, à notre sens, le véritable héritier du Megatower. Par la même occasion, il devient accessible à un public un peu moins engagé dans son pilotage.
Envie d’en voir plus ? Nous vous préparons une vidéo avec Vero Sandler, à découvrir dans les prochaines semaines.
Plus d’infos sur le site de la marque : https://www.santacruzbicycles.com/fr-fr/collections/nomad
