Test nouveauté | Mondraker Zendit : VTTAE clivant, mais Mondraker dans l’âme ?
Par Adrien Protano -
Chez Mondraker, l’arrivée du moteur Avinox n’a pas été abordée comme un simple nouveau moteur à greffer sur un châssis existant, mais plutôt comme l’opportunité de donner vie à sa propre vision du VTTAE d’enduro. Avec 170 mm de débattement à l’avant et 165 mm à l’arrière, le Mondraker Zendit reprend les codes de la marque espagnole pour les pousser encore plus loin. Nous avons pu prendre en main ce nouveau modèle en avant-première sur les trails autour du QG de la marque espagnole, présentation et premières impressions :
La marque espagnole insiste : le Zendit n’est pas “un vélo Avinox de plus”, mais bien un Mondraker pensé autour de sa propre vision du VTTAE d’enduro, qui a été rendu possible par ce système Avinox. Avec 170 mm de débattement à l’avant et 165 mm à l’arrière, ce nouveau modèle vient se positionner au sommet de la gamme e-enduro de la marque, entre le polyvalent Crafty et l’imposant Level en aluminium.
Un châssis entièrement nouveau, mais à l’ADN Mondraker
Mondraker rappelle qu’ils ont été parmi les pionniers dans l’intégration des batteries dans le cadre. Mais malgré ce savoir-faire, ils sont longtemps (et toujours) restés dépendants des moteurs disponibles sur le marché.
« Avec le Neat, on s’était orientés vers un moteur mid-power (le TQ) et une intégration très poussée. Un concept intéressant… mais qui s’est retrouvé en décalage avec l’évolution du marché, désormais dominé par les moteurs pleine puissance », explique Salva Martínez, product manager chez Mondraker. « On reste toutefois persuadés du Neat et de ses lignes épurées. On a sauté sur l’occasion lorsqu’on a découvert que le moteur Avinox répondait à nos attentes », ajoute-il.
L’intégration reste ainsi une priorité : le tube diagonal est encore plus fin que sur le Neat, de 6 mm, malgré la présence d’une batterie de 800 Wh cette fois… Joli exploit !
Avec ce désir d’intégration poussé et ce moteur Avinox M2S, Mondraker a imaginé un tout nouveau cadre, plutôt que de repartir d’une base existante. Le cadre de ce Zendit est entièrement en carbone avec un poids annoncé à précisément 3000 g en taille M/L.
Pour la première fois, Mondraker fait appel à des machines CNC 6 axes pour le perçage et la finition du cadre, venant remplacer des opérations jusqu’ici réalisées manuellement. Un choix qui permet d’améliorer la précision et la constance dans la fabrication, nous détaille Luis Martìnez, Global Product manager.
Le Zendit profite également directement du savoir-faire acquis avec son équipe de coupe du monde de descente, avec l’intégration du même système de pivots que le Summum DH, éprouvé au plus haut niveau en compétition. L’ensemble repose sur des roulements Enduro Max de taille unique, associés à deux joints supplémentaires en caoutchouc, avec à la clé une durabilité accrue et une meilleure résistance dans le temps.
Avec la puissance en hausse, Mondraker explique que la rigidité du cadre a été l’un des sujets à traiter durant le développement, tout comme la transmission où Sram a recommandé à la marque l’utilisation d’un plateau de 36 dents pour assurer la durabilité de la transmission en raison des contraintes élevés du moteur.
À ce sujet, le système propose aussi une fonction intéressante : le dérailleur est connecté à la batterie principale, ce qui permet au moteur de réduire momentanément l’assistance au moment du changement de vitesse, afin de préserver la transmission.
Un système Avinox M2S très puissant !
Le Zendit repose sur le nouveau moteur Avinox M2S, une évolution du moteur DJI qui a tant fait parler de lui. Sur papier, la marque annonce 150 Nm et 1500 W de puissance…. Des chiffre à donner le tournis ! À titre de comparaison, le précédent moteur DJI offrait 120 Nm et 1000 W… et était déjà le plus puissant du marché. Le reste des concurrents tournaient entre 80 et 100 Nm, et jusqu’à 850 W de puissance. Bref, on est bien au-dessus de tout ce qu’on a connu jusque-là !
L’objectif n’est toutefois pas seulement d’offrir une assistance brutale, mais de proposer une réponse plus progressive et contrôlable par le pilote, notamment dans les sections techniques.
Le système s’appuie ici sur une batterie haute densité de 800 Wh, conçue pour exploiter pleinement le potentiel du moteur tout en conservant un bon compromis autonomie/poids, et avec un format particulièrement long et fin. Elle est annoncée à 3,74 kg.
Pour plus d’informations sur ce moteur Avinox M2S (et M2), rends-vous par ici : LIEN
Géométrie : plus agressif que le Crafty
Avec le Zendit, Mondraker assume clairement une orientation plus gravity encore que son modèle Crafty présenté l’année dernière : Test VTTAE | Mondraker Crafty : modernisé, affûté, mais fidèle à son tempérament
À titre de comparaison, l’angle de direction est 1° plus ouvert, le boitier de pédalier est 5 mm plus bas, tandis que le reach et l’empattement sont tous deux plus longs. Bref, c’est un vélo qui se destine à un programme résolument enduro. Pour compenser le boîtier plus bas, la marque a réduit la longueur des manivelles, ce qui permet de conserver la même garde au sol que sur le Crafty, tout en abaissant le centre de gravité.
Le Zendit est livré en montage mulet de série, soit une roue de 29” à l’avant et 27,5” à l’arrière, de quoi favoriser le franchissement tout en accentuant l’agilité du vélo avec la plus petite roue arrière. Une option que Mondraker considère aujourd’hui comme la plus équilibrée pour un e-bike d’enduro, et c’est la raison pour laquelle la marque ne propose que cette configuration de série.
On notera qu’il est toutefois possible d’opter pour une roue de 29’’ à l’arrière grâce à la présence de ce flip chip au niveau du triangle arrière. Un second flip chip permet de jouer sur la géométrie cette fois entre une position standard et une position basse, qui s’avère assez extrême (avec un BB drop de 11 mm, un angle de direction qui passe à 63,1° et un angle de tube de selle de 73,1°).
Israel Romero, product marketing manager au sein de la marque, insiste toutefois : « Nous avons voulu assurer un comportement identique et une cinématique de suspension aussi performante dans les quatres configurations possibles de ces deux flip chips. »
Une cinématique Zero suspension connue mais affinée
Mondraker conserve ici sa propre cinématique maison Zero Suspension, avec cette amortisseur placé proche du boîtier de pédalier et du moteur afin d’abaisser le centre de gravité du vélo autant que possible. Comparé au Crafty, celle-ci a été affinée au vu de son positionnement plus enduro. L’objectif de la marque a notamment été de réduire l’antisquat (notamment en raison de l’usage d’un plateau de 36 dents), tout en ayant un leverage ratio légèrement plus progressif, afin de mieux gérer les gros impacts dans ce programme enduro. Si ces termes ne vous parlent pas, rendrez-vous juste ici : Petit lexique illustré du VTT : toutes les clés pour comprendre
Et le poids de ce Mondraker Zendit 2026 ?
Le Zendit ne cherche pas à battre des records de légèreté. Mondraker annonce 22,7 kg pour un montage milieu de gamme et 23,1 kg pour la version haut de gamme. Les écarts s’expliquent notamment par une tige de selle, un amortisseur et une paire de pneus plus lourds sur la version haut de gamme.
La marque assume ce choix : le Zendit est pensé pour un usage engagé, plus que pour la chasse au gramme. Difficile toutefois de ne pas imaginer que Mondraker prépare aussi un futur e-bike Avinox plus léger, qui viendrait compléter la gamme.
Mondraker Zendit : versions et tarifs
La gamme est composée de trois modèles à ce stade :
L’entré de gamme de la famille Zendit est le RR, affiché au tarif de 8500 € et avec un poids de 22,7 kg. Il est équipé comme suit :
- Fourche Fox Float 38 Factory
- Amortisseur Fox Float X2
- Transmission Sram S1000
- Freins Sram Maven Base
- Roues DT Swiss H1900 Hybrid
Notre version de test pour cette prise en main est le RR S à 10 500 €. Sur cette version, le Zendit se voit équipé d’une fourche inversée de chez Fox, la Podium Factory. La transmission et les freins évoluent pour un groupe électronique Sram XO T-Type et une paire de Maven Silver. Les roues sont ici des DT Swiss HX 1700.
Enfin, la version la plus luxueuse, le XR, pointe à 12499 €. Sur cette version, la paire de roues grimpe encore d’un cran avec des DT Swiss HXC 1500, tout comme les freins avec une paire de Maven Ultimate. La tige de selle télescopique passe à l’électronique avec une Reverb AXS.
Mondraker Zendit 2026 : le test terrain
Une question mérite directement d’être traitée avant toute chose : est-ce que c’est vraiment utile d’avoir autant de puissance sur un vélo ? Notre a priori penchait plutôt vers le non avant de grimper sur ce Zendit.
Avinox a clairement fait un gros travail sur la manière de délivrer son assistance.
Toutefois, après ces deux journées passées au guidon de ce Zendit, nous devons admettre que le sujet est plus subtil que prévu. Avinox a clairement fait un gros travail sur la manière de délivrer son assistance et sur le réglage des différents modes, pour ne pas avoir quelque chose de trop poussif, et qui soit réellement exploitable sur les sentiers.
Pour autant, nous n’avons pas encore la réponse finale à notre interrogation sur cette course à la puissance. D’un côté, c’est indéniable que cette puissance supplémentaire permet de s’attaquer à de véritables murs, un peu plus encore que les moteurs de précédente génération. De l’autre, nous sommes convaincus qu’il faut rester attentif à ce que cela reste réellement du VTT, et à la cohabitation qui en découle sur les sentiers !
Á la descente
Voilà qui permet maintenant de nous concentrer sur le vélo en lui-même, et une vérité transparait très vite : ce Mondraker Zendit est clairement un gros vélo. Il n’est pas à mettre entre les mains de tout le monde. On est bien face à un modèle enduro qui nécessite de la pente, de la vitesse et une certaine dose d’engagement.
Une fois qu’on parvient à donner vie au châssis, celui-ci nous le rend par contre très bien. La cinématique de suspension de chez Mondraker est une fois de plus une réussite. On a à la fois du support et le confort nécessaire pour de longues journées d’enduro.
Un point qui nous a également beaucoup plu sur ce modèle est la sensibilité qu’il offre. L’amortisseur et plus généralement la cinématique lissent très bien le terrain, ce qui donne un peu l’impression de rouler sur un tapis volant, plus le rythme s’accélère, et d’avoir beaucoup de grip.
Une crainte qui revient souvent lorsqu’on monte sur un e-bike au si gros débattement est sa maniabilité et la facilité avec laquelle il est possible de « jouer » avec le vélo. Inquiet lors de nos premiers tours de roue, on a rapidement été rassuré : le vélo n’est pas uniquement efficace en ligne droite mais il est aussi assez maniable dans les différents virages et épingles que nous avons pu rouler, à condition d’avoir le coup de guidon suffisant.
Á la montée
Mondraker insiste également sur les capacités en montée de ce châssis. Si cela pouvait paraître être un argument marketing de prime abord, force est de constater après cette prise en main que le pari est réussi. La suspension arrière suit bien les aspérités du terrain, ce qui donne lieu à une très bonne traction de la roue arrière. Cette traction, associée à la bonne gestion de la puissance par la moteur, donne lieu à une vrai arme pour les montées impossibles.
On notera toutefois que le plateau de 36 dents, associé aux manivelles de 155 mm, nous a demandé un petit temps d’adaptation. Les sensations de puissance, et de réponse du moteur, nous ont semblé différentes de tout ce que l’on connaissait jusque-là.
Il nous faut également le mentionner : si la Fox Podium peut convaincre par sa sensibilité en début de débattement, force est de constater que son poids pénalise un peu, surtout sur l’avant du vélo. On serait très curieux d’essayer la version plus accessible, équipée de la nouvelle Float 38 (qui affiche tout de même 1,1 kg de différence).
Autonomie
Un dernier mot sur l’autonomie, même si cela dépend fortement du poids du pilote, du type de pilotage, des modes utilisés et de leurs réglages…. Sur les deux sorties réalisées en utilisant tous les modes (principalement le mode intermédiaire Trail, et un peu d’Eco et de Boost), nous pouvons estimer une autonomie entre 1600 et 2300 m de dénivelé positif pour un pilote de 63 kg. Attention, ces chiffres sont estimés avec les modes de série de l’assistance Avinox, soit 1300 W et 130 Nm pour le mode Trail. On pourra clairement soit rehausser le mode Eco pour que celui-ci soit plus exploitable sur les sentiers, ou diminuer légèrement ce mode Trail pour optimiser l’autonomie (tout en conservant le Boost et SuperBoost) pour exploiter le plein potentiel du moteur.
Verdict
Tout ce qu’on vous explique là, c’est après deux journées sur le vélo, et reste encore à affiner sur nos terrains de jeu habituels pour confirmer (ou pas) nos premières sensations. Quoi qu’il en soit, ce Mondraker Zendit nous a fait forte impression. On est bien face à un gros vélo d’enduro qui respire l’ADN Mondraker et qu’on ne conseillera pas à tout le monde… et c’est clairement ce qui fait sa force !
Pour plus d’informations : https://mondraker.com










