Test nouveauté | Mondraker Foxy Carbon 29 RR : une longueur d'avance

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15 mai 2018 — Olivier Béart

Mondraker Foxy Carbon 29 : le test terrain

Nous avons eu la chance de pouvoir essayer un des tout premiers exemplaires disponibles du Mondraker Foxy Carbon 29 en exécution RR. Il s’agit du milieu de gamme, mais il a déjà tout ce qu’il faut pour envoyer sur les sentiers et même pour s’aligner en course. C’est d’ailleurs ce que nous avons fait en participant à l’Enduro de l’Amblève à son guidon dès le lendemain du jour où nous l’avons reçu ! Ce n’était pas du tout prévu, mais lors de la séance photo que nous avons réalisée (avec l’accord des organisateurs) sur une des traces de l’enduro alors en plein balisage, votre serviteur s’est senti directement tellement bien à son guidon qu’il a décidé de chambouler ses plans et de le prendre pour rouler en course dès le lendemain !

Vous l’aurez compris, le premier contact a été un coup de cœur immédiat pour ce vélo atypique, aux lignes acérées et au design qui ne peut laisser indifférent. Mais on ne décide pas de prendre un tout nouveau vélo en course parce qu’il est beau ! Non, c’est à l’occasion des quelques premiers kilomètres parcourus à son guidon que l’alchimie a fonctionné immédiatement. Pour un peu moins de 180cm, les points d’appui tombent sous le sens et malgré le reach qui peut sembler démesuré sur papier, il n’en est rien au niveau des sensations sur le terrain.

Directement, sa stabilité met en confiance. On voit d’énormes cailloux au sol, mais ils ne semble jamais pouvoir stopper notre évolution, ni nous déséquilibrer. Un régal, dû en grande partie à la géométrie, avec laquelle la fourche à déport réduit se marie particulièrement bien. Ainsi mis en confiance, on se prend à attaquer de plus en plus, à tenter de nouvelles lignes, et c’est très gratifiant.

La roue avant se charge très facilement et le grip en virage du vélo est monstrueux. Pour autant, on ne se sent jamais en danger ni trop déporté sur l’avant. Que du contraire, l’équilibre des masses frise la perfection, et le vélo est particulièrement à l’aise dans le très raide, où il est à la fois rassurant et facile à manier. On pourrait s’attendre à ce qu’il soit délicat dans les portions serrées, mais ce n’est pas le cas. Il tourne facilement, en douceur, sans demander à être brusqué. C’en est presque déconcertant, au point qu’il faut un petit temps d’adaptation. On a l’impression qu’on plante un piquet dans chaque virage et qu’on tourne autour sans jamais dévier !

En course, son caractère rassurant et la mise en confiance qu’il procure sont des atouts précieux quand on commet des erreurs dans l’empressement du stress et du chrono. Il nous a plusieurs fois aidé à rattraper de belles bourdes et des trajectoires imprécises, et il nous a permis de nous amuser tout le long, y compris dans les passages les plus tendus. Il est aussi à l’aise dans les drops et les sauts, qui ne sont avec lui que des formalités. Sa suspension arrière rend bien l’énergie qu’on lui donne, tout en se montrant capable d’avaler les chocs avec mæstria. Dans son ensemble, le cadre n’est pas un bout de bois et sa rigidité (ou souplesse) bien dosée est un atout.

Autre surprise : sur le plat et des sentiers sans grande difficulté, il se montre aussi vif et pas du tout ennuyeux. D’autres “gros” 29 pouces ont tendance à perdre leurs moyens sur ce genre de terrain presque trop facile pour eux, mais il rappelle ici aussi fort l’Orbea Rallon R5, lui aussi très à l’aise dans ces situations pour un gros vélo. Le Mondraker Foxy Carbon 29 se montre encore un peu plus nerveux dans les relances que son compatriote et, au fil des sorties, on se rend compte qu’il développe plus un comportement de gros all-mountain que de pur enduro tourné vers la course. Ce n’est pas non plus un YT Jeffsy, qui est plus une sorte de  “gros XC très capable” et avec plein de débattement (150mm aussi) qu’un vrai enduro, mais l’équilibre trouvé par Mondraker est intéressant et réussi.

On sent que Mondraker a tout de même fait le choix d’une certaine polyvalence et n’a pas tout misé sur les performances en descente.

Vous pourrez l’emmener en haute montagne, faire des courses d’enduro très relevées à son guidon, mais on sent que Mondraker a tout de même fait le choix d’une certaine polyvalence et n’a pas tout misé sur les performances en descente. Il montre même d’étonnantes capacités au pédalage et on se verrait sans trop de mal faire de très longues sorties (type Epic Enduro) voire des épreuves sur plusieurs jours avec pas mal de d+ à son guidon. Il se montre léger et, une fois la plateforme activée sur l’amortisseur, il pompe très peu.

Au fil des heures et des sorties, mais aussi en faisant passer le vélo entre les mains de deux autres testeurs pour confirmer ou non ces premières sensations, l’enthousiasme des débuts n’est pas du tout retombé mais quelques bémols sont apparus. Il y a quelques petits bruits de gaine dans le cadre qui sont vite énervants, ainsi que la grosse biellette qui peut venir frotter sur les mollets quand on les a gros. La tige de selle trop courte et au débattement réduit est aussi dommage sur une telle machine. Mais on lui pardonne assez vite, tant il est attachant et on craque vite à nouveau dès qu’on regarde sa belle gueule et qu’on l’emmène reprendre une rasade de singles.

Verdict

Il reste quelques détails à peaufiner, mais le Mondraker Foxy Carbon 29 est un vélo qui parle au cœur plus qu’à la raison. Attachant dès les premiers mètres, il fait des choix radicaux qui lui permettent d’épater sur plusieurs tableaux, à commencer par sa maniabilité redoutable. Plusieurs 29 avaient déjà réussi à faire disparaître les clichés sur l’agilité des grandes roues ; lui, il les enterre définitivement. Joueur mais aussi très sûr, il étonne par sa polyvalence et on le sent aussi capable de séduire des amateurs de gros vélos que des bikers habitués jusque-là à des montures à plus petit débattement. Un très bel ovni qu’il vaut mieux ne pas essayer si on n’envisage pas de changer de vélo car il se peut qu’il agisse comme une drogue dure…
De notre côté, nous avons hâte de le comparer à des machines comme le Transition Sentinel ou encore l’Orbea Rallon R5, très proches sur papier, mais qui peuvent s’avérer bien différents sur le terrain.

Plus d’infos : www.mondraker.com