Test nouveauté | MET Parachute MCR, moderne et modulable

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29 mai 2019 — Christophe Bortels

Reparti d’une feuille blanche pour le développement de sa troisième génération de casque intégral léger, MET dévoile le Parachute MCR. Et contrairement à la version précédente, il est équipé d’une mentonnière amovible ! Voici sa présentation détaillée et nos impressions après un mois en sa compagnie.

Il faut bien le dire : si le “vieux” Parachute, sorti en 2014, nous avait convaincus à l’époque et faisait office de précurseur en matière d’intégral léger, il commençait à accuser le poids des années tant esthétiquement que technologiquement. Il était donc temps pour MET de le remettre au goût du jour et de relancer la franchise “Parachute”.

Voici donc le Parachute MCR ! L’esprit reste le même, à savoir un casque intégral léger et très ventilé, mais tout ou presque a changé…

Esthétiquement tout d’abord, le nouveau Parachute est davantage dans l’air du temps, moins anguleux – pour ne pas dire moins torturé – que l’ancien modèle, et globalement plus épais, notamment au niveau de la mentonnière qui présente désormais des ouvertures particulièrement généreuses. Elles sont au nombre de 21 sur l’ensemble du casque.

C’est justement du côté de la mentonnière que se situe la grosse évolution, puisque, même si elle est toujours particulièrement bien intégrée dans la ligne globale, elle est désormais amovible pour pouvoir passer facilement d’une configuration “casque intégral” à “open face”, et inversement. Le nouveau Parachute conserve malgré tout sa certification ASTM qui valide les casque intégraux pour un usage en descente. MET vient donc titiller Bell et Giro sur le marché du casque “2-en-1” en se posant en concurrent direct des Super DH et Switchblade, tous deux également certifiés ASTM.

Concrètement, le retrait de la mentonnière se fait en deux temps : il faut d’abord relever puis tourner deux petits leviers situés de part et d’autre du casque…

… puis tirer sur la mentonnière de chaque côté, vers l’avant, pour la déloger du casque.

Pour la remettre en place, on aligne les crochets de la mentonnière (en argenté sur la photo ci-dessus) sur les ouvertures dans le casque, on pousse d’avant en arrière puis, quand c’est enclenché, on vient presser du plat de la main vers les oreilles pour faire claquer les ergots (en rouge sur la photo) que l’on avait fait tourner au moment du retrait. La procédure de démontage/remontage est donc un peu plus “complexe” que le terme MCR (Magnetic Chinbar Release) ne le laisse penser. On verra plus loin, dans la partie test, si tout ça se fait facilement ou non.

La dimension “magnétique”, développée avec Fidlock, n’intervient en tout cas qu’au moment de l’enclenchement final. N’allez donc pas croire que la mentonnière ne tient en place que grâce à des aimants !

Pour le reste, le Parachute MCR adopte la technologie MIPS, qui permet dans une certaine mesure (de l’ordre de 10 à 15mm) de désolidariser la tête des mouvements du casque et donc ainsi réduire l’impact des accélérations angulaires sur le cerveau. Nous vous invitons à relire le gros dossier que nous avons récemment consacré aux différentes technologies mises en place par les fabricants pour préserver notre précieux neurones.

Toujours dans le même souci de limiter les traumatismes, MET a travaillé sur la souplesse de la penne du Parachute MCR pour qu’elle se déforme lors d’un crash plutôt que d’accrocher le terrain. Cette penne n’est pas réglable à strictement parler, mais elle peut être placée en position haute pour venir caler un masque en dessous, en liaison par exemple. On notera également que, si l’ancienne génération était fournie avec un support amovible pour caméra à fixer dans une aération sur le haut du casque, ce n’est désormais plus le cas. MET ne souhaite en effet plus encourager le placement d’une caméra à cet endroit, mais la zone est plate et il est toujours possible d’y coller un support pour celui qui le souhaite.

Comme sur l’ancienne génération, on retrouve un système de serrage à l’arrière du casque, désormais fourni par Boa pour davantage de précision et de fiabilité. Ce système est lui-même réglable en hauteur sur plusieurs crans pour s’adapter au mieux à l’os occipital.

Au niveau de la fermeture jugulaire, on constate avec plaisir que MET a mis de côté la boucle en D et le bouton pression – qui nous avaient peu convaincus lors de notre test en 2014 – pour adopter une solution magnétique Fidlock bien plus pratique et rapide. On aligne les deux parties pour fermer automatiquement grâce aux aimants, on les fait glisser l’une sur l’autre pour ouvrir.

Exit aussi le pad frontal en Gel 02, place à une mousse plus traditionnel. La doublure est globalement plus généreuse et moins minimaliste que ce qu’on pouvait trouver sur l’ancien Parachute. C’est aussi le cas au niveau des cheek pads (les mousses de joues), désormais bien plus grands. Pour info, le Parachute MCR est fourni avec deux paires de cheek pads d’épaisseurs différentes, ainsi qu’une housse pour le transport. Un sac rigide est disponible en option au prix de 35€.

Un gros travail a également été fait en ce qui concerne les finitions et la qualité perçue. On le remarque notamment à l’intérieur de la mentonnière (ici vu d’en dessous) où le tissu de la précédente génération a laissé la place à un généreux rembourrage souple, facile à laver, doux et pratique quand on porte le casque sur le bras ou au bout du cintre. Le filet qu’on retrouvait jadis dans les ouvertures de la mentonnière a par contre disparu, de même que le passant pour l’élastique du masque à l’arrière.

Pour ce qui est du poids, nous avons pesé le casque (en taille M) à 831g en configuration complète – soit une bonne centaine de grammes de plus que l’ancien modèle – et à 455g sans la mentonnière.

Le nouveau Parachute est proposé en six coloris et trois tailles : Small (52/56cm), Medium (56/58cm) et Large (58/61cm). Son prix public est fixé à 330€ et il sera disponible à l’achat dès le début du mois de juin, c’est-à-dire quasi immédiatement.

Le MET Parachute MCR sur le terrain

MET a mis à notre disposition un Parachute MCR issu d’un premier batch de production un mois avant sa sortie, nous avons donc pu le tester en profondeur durant plusieurs semaines. Cet essai s’est déroulé sur des terrains variés, au Lac de Garde et à Finale Ligure tout d’abord, puis sur nos traces habituelles, notamment celles de l’enduro de la Semoy. Nos deux testeurs roulaient avec la précédente version du Parachute depuis sa sortie il y a 5 ans, il a donc été facile de voir si les évolutions de cette nouvelle mouture allaient dans le bon sens.

Les changements sont sensibles dès qu’on enfile ce nouveau Parachute : si l’ancien ne faisait pas l’unanimité et pouvait même être qualifié de spartiate par certains – et c’est vrai que même s’il nous convenait, son feeling particulier sur la tête n’était pas au goût de tout le monde – celui-ci est d’emblée plus doux, plus enveloppant. Le confort global et le maintien avant même de serrer le Boa font un bond en avant, grâce au padding plus généreux sur le dessus de la tête et au niveau des joues, ainsi qu’au remplacement du Gel O2 par une mousse plus traditionnelle à hauteur du front. Il faut toujours faire attention à la position des sangles au moment de l’enfilage, mais elles ont moins tendance à se mettre mal que sur la précédente génération. Une fois sur la tête, on ne peut pas dire qu’on ressent les 120g supplémentaires par rapport à l’ancienne version. Avec ses 831g, le Parachute MCR reste de toute façon quelques centaines de grammes plus léger qu’un intégral, une différence nettement plus sensible.

Le serrage Boa, recouvert de mousse, se montre quant à lui ergonomique, très précis et agréable à utiliser. Des lecteurs nous avaient fait remonter des soucis de fiabilité à ce niveau-là suite à notre test de l’ancien Parachute (que nous n’avions pas rencontrés nous-mêmes), espérons que le passage au Boa permettra de les éviter. Un mot aussi sur la boucle magnétique Fidlock qui s’avère extrêmement plus pratique que l’ancienne boucle en D et peut même être utilisée à une main. On aurait toutefois aimé un peu de rembourrage pour éviter que le plastique dur soit en contact direct avec la peau en dessous du menton.

On constate également que l’ouverture à l’avant à été agrandie. Résultat, le champ de vision est élargi, un masque se fait une place sans problème (y compris sous la penne quand on la relève), il est plus facile de boire et, évidemment, la ventilation s’en ressent, bien aidée aussi par les grandes ouvertures dans la mentonnière. En action, la tête est bien aérée et on oublie presque qu’on porte un intégral. Pour autant, la doublure plus généreuse et la surface de contact plus importante qui en résulte font qu’on a un peu plus vite chaud qu’avec le “vieux” Parachute lors des longs pédalages. Mais il faut dire que celui-ci avait placé la barre très haut en matière de ventilation ! C’est donc là qu’intervient la mentonnière amovible…

Dans notre test en 2014, nous nous étions montrés sceptiques quant à l’utilité d’une mentonnière amovible. Mais les usages changent, et notre avis a suivi la même voie. Au-delà d’avoir un seul casque à tout faire, on ne peut qu’apprécier le fait de pouvoir s’alléger et se ventiler un peu en retirant la mentonnière lors de longues liaisons par exemple. On se sent aussi moins “nu” et on se protège du soleil par la même occasion. Par contre, n’espérez pas la retirer en roulant, la manoeuvre demande un peu de dextérité et de concentration. L’étape la plus difficile est d’ailleurs la toute première, a fortiori avec des gants : attraper le bon côté du petit levier rouge pour le relever puis le tourner, ce qui “désenclenche” la mentonnière, sur laquelle il faut ensuite tirer (fort) vers l’avant pour la démonter complètement. Pour ce faire, on vous conseille d’ailleurs de laisser le casque serré afin de faciliter ce retrait en force. Dans un sens, c’est plutôt rassurant de constater que la mentonnière ne se désolidarise pas trop facilement…

Grâce à sa conception ajourée entre les deux cheek pads et au rembourrage, la mentonnière une fois démontée peut être placée assez facilement sur le cintre, où elle tient en place sans trop de risque de tomber… en liaison route en tout cas, ce qui est moins sûr en tout-terrain. La plupart du temps, nous avons donc préféré l’accrocher à la ceinture d’un sac banane ou à la sangle d’un sac à dos pour être certain de ne pas la perdre.

Une fois en mode “open face”, on retrouve le confort de l’intégral, il faut toutefois veiller à placer le réglage occipital à la bonne hauteur pour assurer un bon maintien du casque. Sans être léger et ventilé comme un pur casque de XC, le Parachute s’en sort bien et fait le boulot pour un usage trail ou all-mountain qui ne nécessite pas la protection supplémentaire apportée par une mentonnière. Niveau look, il paraît un peu gros sur la tête, mais nos deux testeurs étaient pile entre deux tailles et ont opté pour la plus grande des deux – Medium – pour pouvoir au mieux comparer avec l’ancien Parachute, lui aussi utilisé en M. On pourrait donc sans doute retrouver une esthétique un peu plus fit avec un Small et des mousses de joues plus fines.

Et pour repasser en config’ casque intégral alors ? Pour être honnête, on doit dire que la première fois qu’on a essayé de remettre la mentonnière sur le casque, ça a été bien compliqué, et on y est d’ailleurs pas arrivé ! Aligner à l’aveugle les crochets de la mentonnière sur les ouvertures du casque quand il est sur notre tête, puis pousser dans le bon sens lors des deux enclenchements successifs, ce n’est franchement pas facile… dans un premier temps. Car à l’usage, on “chope le truc” assez rapidement et ça devient une simple formalité, même s’il faut là aussi être assez ferme dans ses gestes. Nous nous sommes amusés à chronométrer les opérations de retrait et de remise de la mentonnière : six ou sept secondes pour l’enlever (si on trouve tout de suite le bon côté des petits leviers rouges !), et pas vraiment plus de temps pour la remettre. Ces manoeuvres sont visibles dans la vidéo officielle de présentation du parachute MCR, à partir de la 42e seconde.

Précisons enfin que le design moins anguleux, les ouvertures plus larges et la finition plus qualitative font du nouveau Parachute un casque bien plus facile à nettoyer que l’ancien. Les mousses, elles, sont toutes détachables pour un lavage plus facile. Il ne s’agit évidemment pas d’un test longue durée, mais pour l’instant on ne note aucun vieillissement prématuré, que ce soit au niveau de l’intérieur ou de l’extérieur du casque, même si la finition matte a comme souvent tendance à se marquer un peu plus vite et à accrocher plus facilement les crasses que du brillant.

Verdict

Avec ce Parachute MCR, MET a donc réussi sa mise à jour d’un modèle iconique. On y gagne en confort, en polyvalence et théoriquement en sécurité grâce à l’ajout du MIPS, sans parler du look désormais bien plus moderne. Si l’ergonomie n’est pas parfaite, retirer ou remettre la mentonnière se fait sans trop de problème avec un peu de pratique. Quant au prix, il est un au-dessus de la concurrence, mais il ne nous semble pas déraisonnable au vu des prestations et de la qualité de fabrication de ce casque.

MET Parachute MCR

  • Polyvalence
  • Confort
  • Qualité de fabrication
  • Look moderne
  • Ergonomie des petits leviers de la mentonnière
  • Pas à la portée de toutes les bourses
  • RAS
Note générale
Évaluation du testeur
Prix d'excellence
Coup de coeur
Rapport qualité / prix
Usage recommandé
  • XC
  • TR
  • EN
  • DH
Prix : 330€
Poids : 831g / 455g

Plus d’infos sur le site de la marque : www.met-helmets.com