Test nouveauté | Freins VTT Magura Race Pro : l’aluminium leur va si bien

Par Olivier Béart -

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Test nouveauté | Freins VTT Magura Race Pro : l’aluminium leur va si bien

Magura semble avoir enfin entendu ceux qui réclamaient d’autres leviers pour les freins de la marque allemande. Exit le fameux Carbotecture, place à de tout nouveaux leviers entièrement usinés en aluminium, et à des étriers affinés. Enfin un digne successeur haut de gamme pour le MT7 ? Où se place-t-il par rapport aux Gustav et Louise ? Réponses avec notre premier essai :

Le cas de Magura est un peu particulier. D’un côté, la marque allemande jouit d’une réputation de puissance et de légèreté difficilement égalée, portée par des références comme le MT7 ou, plus récemment, le Gustav Pro taillé pour le gros enduro, la DH et les e-bikes. De l’autre, ses leviers en Carbotecture (qui est, n’en déplaise à la marque, une matière « plastique » renforcé de fibres de carbone) ont toujours divisé, tant sur le plan esthétique que sur celui du ressenti au levier. Au point que certains font des mélanges « Shigura » entre des leviers Shimano et des étriers Magura.

C’est peut-être là que le nouveau Race Pro veut faire la différence. Présenté par Magura comme « le frein le plus puissant et le plus précis jamais conçu » par la marque, il inaugure un corps de levier et un maître-cylindre entièrement usinés dans l’aluminium — une première chez Magura sur ce type de produit. Voyons cela en détails.

Leviers : aluminium usiné, et plus encore

C’est clairement au niveau des leviers qu’il y a le plus de changement. Bien sûr, il y a le fait que tout le corps est entièrement en aluminium usiné, ce qui réjouira ceux qui n’ont jamais accroché avec les leviers Carbotecture, présents depuis plus de 10 ans dans la gamme. La finition est superbe et donne immédiatement une impression de haut de gamme.

Mais il y a aussi et même surtout des nouveautés sur le plan technique. Magura a changé l’architecture de son levier, tout en restant fidèle à certains de ses grands principes, comme son maître-cylindre radial qui a fait sa réputation (comprenez avec un piston actionné vers le cintre et positionné à 90° par rapport à celui-ci) et qui permet d’avoir un toucher assez direct.

Ce qui change, c’est que Magura y ajoute ici un réservoir d’huile disposé axialement plutôt que radialement, pour un ensemble plus compact sur le cintre. La paroi interne du cylindre est anodisée pour réduire les frottements, et le pivot du levier repose sur un roulement à billes interchangeable, deux éléments pensés pour limiter la fatigue de l’avant-bras (arm pump) sur les longues descentes.

Le levier profite d’un réglage de la garde sans outil, mais Magura n’a pas prévu de réglage de course libre (free-stroke) sur ce modèle.

Autre argument mis en avant pour cette architecture :  le rapport entre le déplacement du levier et la pression exercée sur le piston est constant sur toute la course, ce qui est censé offrir une belle linéarité au freinage plutôt qu’un effet plus binaire on/off, ce qui rend le Magura Race Pro plus prévisible et plus facile à moduler.

On trouve aussi le système de connecteur rapide de la Durit de frein, baptisé Easy Link, un système développé par Magura qui permet de connecter/déconnecter la Durit sans outil autre qu’un petit tournevis pour faire sauter la goupille de sécurité. Sur le Race Pro, il est encore plus accessible, ce qui facilite un peu plus les opérations.

Enfin, un petit accessoire baptisé Shiftmix, en deux parties, permet enfin de fixer directement une commande de tige télescopique ou un levier de vitesses Shimano, SRAM ou TRP sur le collier de fixation du levier Magura, pour épurer le poste de pilotage.

Étrier : comme un air de famille, en plus raffiné

L’autre élément majeur du Race Pro, c’est un étrier forgé en une seule pièce puis intégralement repris en usinage CNC. S’il vous rappelle un design connu, c’est normal : la base est celle de l’étrier 4 pistons (et 4 plaquettes) du Gustav, tout en étant ici nettement affinée par l’usinage, histoire de gratter quelques grammes.

L’étrier du Race Pro embarque quatre pistons de 19 mm — très légèrement plus gros que les pistons du SRAM Maven B1 — associés à un maître-cylindre de 12 mm, soit la même architecture que celle qui avait fait la réputation du Gustav Pro .

Cette combinaison abaisse la pression hydraulique de travail : la durite se dilate moins sous l’effort, ce qui limite la perte de puissance et permet, selon Magura, un point de mordant bien défini et un ressenti homogène entre l’avant et l’arrière, même avec des durits longues.

Au final, Magura annonce 16 % de puissance de freinage supplémentaire par rapport au Gustav Pro (en noir sur les photos ci-dessous, pour comparer), mesurés sur banc selon la norme DIN EN ISO 4210, et une rigidité de système supérieure de 20 % à celle du MT7. Le tout pour un poids de 310 g par frein avec un mètre de durit. C’est plus lourd qu’un MT7 (quasiment 50 g de plus), mais plus léger que le Gustav Pro (environ 360 g), pour une puissance annoncée supérieure aux deux.

Le Race Pro reprend les plaquettes MDP 13 déjà utilisées sur le Gustav, mais se limite aux disques classiques de 2,0 mm (180 à 220 mm de diamètre), plus fins que les disques spécifiques de 2,5 mm du Gustav Pro.

Positionnement, prix et disponibilité

Chez Magura, le Race Pro vient se glisser tout en haut de la catégorie « Heavy duty », au-dessus du MT7 Pro, qui reste la référence plus abordable et plus légère de la gamme avec son corps en Carbotecture. Il ne remplace pas pour autant le MT7, et il se place à côté du Gustav Pro, positionné en « Extreme duty » avec ses disques épais de 2,5 mm taillés pour les descentes plus longues et les ensembles pilote/machine plus lourds (e-bike notamment).

Le Race Pro se veut davantage polyvalent, revendiqué pour l’enduro, le trail, l’e-MTB light voire même le cross-country, tout en flirtant avec les mêmes niveaux de puissance que les freins les plus imposants de la gamme. Le Louise Elite est quant à lui positionné sur un usage et un niveau de prix nettement plus accessibles.

Car oui, le Magura Race Pro est affiché à un tarif plutôt coquet de 699,90 € la paire. Disponible en gris mat ou en noir, il doit arriver en petites quantités en Europe à la mi-octobre 2026, puis en pleine disponibilité d’ici à la fin de l’année. Il reçoit toujours une garantie 5 ans contre les fuites, comme le reste de la gamme.

Freins Magura Race Pro : le test terrain

Nous avons essayé le Magura Race Pro lors d’une présentation organisée par la marque en Allemagne, près de Munich. Puis, peu avant cette présentation, nous les avons reçus à la rédaction pour poursuivre le test. Mais ce que nous vous livrons ici sont des premières impressions, qui demanderont à être confirmées sur la durée.

Nous ne faisions pas partie des allergiques aux leviers Carbotecture, surtout sur les dernières versions du Gustav Pro et du Louise Elite. Mais force est de reconnaître que ces nouveaux Magura Race Pro ont une toute autre classe avec leurs leviers usinés. On n’est pas au niveau de finition et d’originalité de petites marques « boutique » comme Trickstuff, mais on sent que Magura veut s’en rapprocher. Dommage que ce soit aussi le cas au niveau du prix car à près de 700 € la paire, ça pique. Reste à voir sur le terrain s’ils les valent.

Il ne faut pas longtemps pour se rendre compte que le feeling du levier est très différent de ce à quoi Magura nous a habitués ces dernières années. Le coulissement du levier est très fluide, quasiment sans friction… et aussi sans la moindre torsion perceptible, contrairement au Carbotecture qui reste tout de même plus souple. Le point de contact est net et parfaitement perceptible, mais les Magura Race Pro ne sont pas pour autant « on-off ».

On se réjouit que Magura ait tenu sa promesse au niveau de la progressivité car le dosage est aussi particulièrement facile, avec un frein qu’on peut faire doucement lécher les disques pour ajuster finement sa vitesse, tout comme on peut le faire freiner fort si besoin, avec une puissance évidente et rassurante.

Peu importe les chiffres, on sent qu’on est clairement sur un frein qui ne manque pas de coffre et qui pourra convenir sans aucun mal à des usages très engagés, y compris en montagne avec de gros dénivelés. Le Gustav Pro restera plus un « gros frein » e-bike, mais le Race Pro séduira clairement plus facilement les pilotes fins et expérimentés qui savent doser leur freinage et qui aiment avoir un frein précis qui suit au doigt et à l’œil leurs ordres.

Verdict

Pas besoin de rouler longtemps avec ces nouveaux freins Magura Race Pro pour sentir un changement clair et net dans le feeling ressenti au niveau des leviers de freins. Les allergiques aux leviers Carbotecture adoreront… et les autres aussi, car ces freins sont particulièrement séduisants à l’usage avec une puissance importante et rassurante, mais qui reste facile à doser avec précision. Avec ce modèle, Magura se replace clairement face aux Sram Maven et aux Shimano XTR, voire même face à des marques de niche comme Trickstuff et d’autres en ajoutant une image haut de gamme et un design un peu différent. On continue le test, mais les premières impressions sont excellentes. Reste à espérer qu’il y ait par la suite une déclinaison plus accessible car il serait dommage de réserver ce nouveau type de freins Magura uniquement aux riders les plus fortunés.

Plus d’infos : https://magura.com/product/race-pro/

Par Olivier Béart