Test nouveauté | Amflow PX & PR : deux nouveaux écrins pour les moteurs Avinox M2 & M2S

Par Olivier Béart -

  • Staff pick

  • Tech

Test nouveauté | Amflow PX & PR : deux nouveaux écrins pour les moteurs Avinox M2 & M2S

Le géant de l’électronique DJI ne se contente pas de présenter une nouvelle évolution de ses assistances vélo Avinox M2 et M2S ! Même si ces moteurs font aujourd’hui une entrée remarquée chez de nombreux grands noms du VTT, le groupe poursuit avec sa propre marque de vélo en présentant deux nouveaux châssis : le Amflow PX ultra léger et plus haut de gamme, et le Amflow PR, plus accessible tout en restant doté d’un cadre 100% carbone. Voici tous les détails et notre premier test de la version PX.

Chuuut ! Si on écoute les consignes de la marque, il ne faut plus parler de DJI ! Pourtant, c’est toujours bien le géant chinois de l’électronique (drones, caméras, batteries, etc.) qui se trouve derrière Avinox pour les moteurs et Amflow pour la partie vélo. Et justement, il y a des nouveautés chez les deux !

A la base, les nouveaux moteurs Avinox M2 & Avinox M2S

Pour la partie moteur, l’évolution du très remarqué M1 se scinde en deux, avec le Avinox M2, déjà plus puissant et coupleux que le M1, et une version encore plus poussée et haut de gamme, le Avinox M2S. Vous trouverez toutes les infos dans cet article détaillé (lien), et nous allons reprendre ici les points clés : Test nouveauté | Avinox M2S & M2 : encore plus de puissance, toujours plus de couple ?

Avinox M2

Extérieurement, le bloc moteur Avinox M2 ne change pas de volume ni d’aspect par rapport au M1. Par contre, à l’intérieur, il bénéficie de plusieurs améliorations qui lui permettent non seulement de faire passer la puissance maximale à 1100 W et le couple à 110 Nm (contre 1000 W et 105 Nm pour le M1), mais aussi d’être plus silencieux, plus étanche, d’avoir une meilleure dissipation de la chaleur et moins de résistance au roulement lorsque l’assistance est coupée. Le Avinox M2 est annoncé à 2,65 kg, ce qui en fait déjà un des moteurs les plus puissants et légers/compacts du marché.

Avinox M2S

Mais, comme si ce n’était pas encore assez, la marque enfonce le clou avec le Avinox M2S, qui bénéficie de toutes les améliorations du M2 (silence de fonctionnement, dissipation de la chaleur, etc.) tout en étant encore plus léger (2,59 kg) et surtout encore plus costaud : on grimpe à 1300 W de puissance, voire même à 1500 W pendant maximum 60 secondes en mode Boost, et 130 Nm de couple, voire 150 Nm en Boost ! C’est tout simplement… le double de la puissance d’un moteur Bosch Performance CX, et près de 50% de couple en plus, le tout dans un bloc plus compact et plus léger !

Abordons de suite le sujet : ces chiffres ont de quoi interpeller. Est-ce trop ? Est-ce encore du vélo ? Avinox profite en tout cas du fait que la législation permet (pour le moment du moins) ce genre d’évolutions, et pousse la technique au maximum de ses possibilités. Mais, comme nous le verrons plus loin, cette puissance est largement maîtrisée par la très bonne gestion électronique de l’assistance, et on ne se sert pas tout le temps de sa pleine puissance ni de son couple de camion, loin de là ! On n’irait d’ailleurs pas bien loin, puisque cela impacte évidemment aussi l’autonomie de la batterie.

Pour contrôler le tout, on dispose toujours d’un écran tactile sur le tube supérieur et de commandes au guidon. Les modes d’assistance restent entièrement personnalisables (soit via l’app, soit directement sur l’écran tactile du vélo) pour pouvoir faire ce que l’on souhaite de cette assistance. Comme le dit le proverbe : qui peut le plus peut le moins. Et, derrière les chiffres, ces deux moteurs ont bien d’autres atouts qu’il serait dommage d’éluder complètement derrière ce débat sur la puissance et le couple.

Pour les accueillir, deux nouveaux châssis Amflow PX et Amflow PR

Bien que ces nouveaux Amflox PX (à gauche) et PR (à droite) restent proches au niveau esthétique du cadre de la précédente génération, ils sont complètement nouveaux et ils poussent plusieurs curseurs bien plus loin, au niveau de la légèreté, de l’adaptabilité et des aspects pratiques. Voyons cela en détail :

Cadre full carbone et poids plume

Le design des Amflow PX et PR reste dans la lignée du premier vélo de la marque. On est toujours sur une construction 100% carbone, mais les lignes se font un peu plus fines, simples et rationnelles. Cela se voit notamment au niveau de la fixation de l’amortisseur sur le tube supérieur et dans la section de plusieurs tubes. Le but ? Gagner de précieux grammes. Le résultat : Amflow annonce le cadre du modèle PR à 2,9 kg (sans moteur ni batterie) et celui du PX à 2,4 kg seulement !

Pour le reste, ces deux cadres restent très classiques, avec une suspension de type 4Bar Linkage et un concept global qui n’est pas sans rappeler un certain Specialized Stumpjumper ou un Levo. Le débattement est de 160mm à l’arrière comme à l’avant sur les deux modèles.

Batterie intégrée, amovible ou pas, et range extender

Au-delà du moteur, c’est au niveau de la batterie que se marque la plus grande différence entre le PR et le PX.

L’Amflow PR va miser davantage sur l’autonomie, tout d’abord avec un moteur un peu moins puissant et donc un peu moins gourmand.

Mais il embarque surtout une batterie amovible de 800 Wh, à laquelle on peut venir ajouter un range extender de… 600 Wh ! Oui, vous avez bien lu, il est possible de porter la capacité totale à 1400 Wh. Mais attention, c’est uniquement valable pour les tailles L, XL et XXL vu l’encombrement de ce fameux range extender.

De son côté l’Amflow PX prend un chemin différent, résolument axé sur la performance et la légèreté. Il embarque une batterie de « seulement » 700 Wh, qui ne pèse que 3,18 kg contre 3,78 kg pour la version 800 Wh. Pour gagner du poids, elle n’est pas amovible sur le PX. De manière générale, ces nouvelles batteries ont une densité énergétique plus élevée que celles du premier Amflow (214 ou 220 Wh/kg selon le modèle, contre 200 Wh/kg auparavant). Elles sont dotées d’une charge rapide, qui permet de passer de 0 à 80% de charge en 1h16 sur la batterie de 700 Wh et 1h36 sur la 800 Wh (avec chargeur 12A).

Géométrie adaptable

A la base, les Amflow PR et PX ont une géométrie assez classique, avec un reach de 470 mm, un angle de direction de 64,5° pour le PR et 64,2° pour le PX, des bases plutôt courtes de 439 mm en montage « mulet » d’origine (roue de 27,5″ derrière et 29″ devant). Quatre tailles sont au programme, M, L, XL et XXL. On peut s’étonner qu’il n’y ait pas de S, mais en regardant les cotes, on constate qu’il « taille petit ».

Mais le vélo est surtout équipé d’une série de « flip chips » qui vont permettre de jouer sur l’angle de direction (5 positions avec différentes coupelles interchangeables au niveau du jeu de direction), la hauteur du boîtier de pédalier (2 positions, avec un flip chip situé à la base de l’amortisseur) et la longueur des bases (4 positions avec possibilité de monter une roue de 29 pouces à la place de celle en 27,5mm d’origine). Voilà de quoi pouvoir donner différents visages à un même vélo.

Amflow PX & Amflow PR : versions, poids et prix

Chaque modèle est proposé avec deux montages. Le PR se veut plus accessible, alors que le PX se positionne plus dans le haut de gamme. Le PX est disponible dès à présent tandis que le PR arrivera plutôt au deuxième semestre de l’année 2026.

Amflow PR Carbon – 4499 €

Ce modèle d’entrée de gamme, déjà pas mal équipé, est proposé à un tarif très agressif, surtout pour un vélo avec cadre carbone doté d’un tel ensemble moteur/batterie. Il est monté en suspensions Fox AWL/Rythm, Sram S1000 AXS, freins Tektro et roues aluminium.

Amflow PR Carbon Pro – 5899 €

On passe ici sur des équipements un peu plus haut de gamme, avec des suspensions Fox Float X et Fox 36 Performance plus évoluées et des freins Magura Gustav Pro. Les roues et la transmission sont par contre identiques. Le poids annoncé est d’un peu plus de 22 kg.

Amflow PX Carbon – 6999 €

Le premier modèle Amflow PX adopte le même équipement que le PR Carbon Pro, mais avec le moteur Avinox M2S, la batterie de 700 Wh et le cadre plus léger.

Amflow PX Carbon Pro – 9999 €

Enfin, tout en haut de l’échelle, on trouve l’Amflow PX Carbon Pro qui est le modèle testé ici et dont nous allons détailler un peu plus les composants. Il est annoncé à 20 kg par la marque, mais nous avons pesé notre exemplaire de test à 20,9 kg en taille L avec pneus convertis en tubeless et éclairage. C’est plus que ce que dit la marque, certes, mais cela reste un score exceptionnel pour un e-bike « full power ».

Les suspensions sont fournies par Fox : un Float X Factory à l’arrière et une fourche 36 Factory à l’avant, tous deux du millésime 2027.

La transmission vient de chez Sram, avec un groupe XO AXS, combiné à un grand plateau avant de 36 dents pour digérer le couple important du moteur. Les manivelles sont des Amflow en aluminium en 155 mm de longueur.

Le freinage est confié à Magura avec les Gustav Pro. Ils sont équipés de disques spéciaux en 203 mm, produits pour Amflow, qui intègrent le capteur de vitesse de la roue arrière (le disque avant est identique pour une question esthétique et pour avoir un disque/capteur de réserve en cas de souci).

Les roues sont en carbone, conçues par Amflow, avec des jantes assez imposantes en 30 mm de largeur interne, 28 rayons à l’avant et 32 à l’arrière, et un moyeu arrière avec corps de roue-libre renforcé à 60 points d’enclenchement. Les pneus sont des Schwalbe à carcasse Gravity. Pour rappel, d’origine, le vélo est livré en montage mulet avec une roue de 27,5 à l’arrière et 29 à l’avant, mais il est possible de passer en 29 pouces à l’arrière aussi.

On trouve d’autres composants maison très soignés au niveau du poste de pilotage, ou encore de la tige de selle télescopique (190 mm de débattement sur les tailles M et L, 210 en Xl et 230 en XXL) au fonctionnement très fluide.

Petite originalité, on constate que Amflow livre ses vélos avec un éclairage avant ! C’est rare sur les vélos sportifs, mais parfois bien utile et il est bien entendu démontable si on n’en a pas l’utilité. Nous avons eu l’occasion de l’utiliser et l’éclairage est à la fois puissant et qualitatif. On peut juste regretter qu’il n’y ait pas un petit feu de position rouge discret à l’arrière, par exemple au niveau du collier de selle, pour compléter le dispositif.

Amflow PX Carbon Pro : le test terrain

Nous avons eu l’occasion de recevoir l’Amflow PX Carbon Pro trois semaines avant son lancement officiel, ce qui nous a permis de le baptiser sur nos terrains de jeu habituels. Le premier point qui épate, c’est le poids de l’engin. Avec moins de 21 kg en ordre de marche avec des équipements costauds et des pneus franchement lourds, il réalise une belle prouesse.

Sur le terrain, cela se sent : le vélo dégage en effet une impression de légèreté qui le rend très facile à prendre en main et qui lui donne naturellement un côté joueur. La batterie remonte assez haut dans le tube diagonal, de sorte que l’avant du vélo est assez chargé, mais le poids global du vélo fait qu’on joue très facilement avec les reliefs du terrain.

Nous n’avons pas encore joué avec toutes les combinaisons de géométrie possibles (il y en a plus de 40 en tout), mais en position neutre « de base », il a justement un comportement assez… neutre. C’est un vélo facile et, on l’a dit d’emblée, il profite de son poids plume pour être agréable à manier, mais on ne peut pas dire qu’il a une personnalité très marquée.

Il est à l’aise quand c’est sinueux, mais sans vraiment déclencher d’effet « waouh » ni se montrer hyper joueur malgré sa petite roue arrière et ses bases courtes qui en général aident bien à ce niveau.

Le constat est un peu le même au niveau de la stabilité. Les suspensions sont efficaces, confortables, et le débattement est suffisant pour s’engager sur des traces bien défoncées, avec un vélo qui se montre posé et rassurant, mais sans être au niveau de vraies machines d’enduro. Les pneus Schwalbe, très accrocheurs, aident bien aussi à prendre confiance.

Mais, même si on a du mal à lui trouver de réels défauts, au plus on le roule, au plus on se dit qu’il y a une erreur de casting au niveau des équipements. Sur papier, le montage de l’Amflow PX réunit tout ce qu’on s’attend à trouver sur un gros e-bike… mais c’est peut-être là son erreur. Ce n’est justement pas un gros e-bike, et encore moins un vélo d’enduro même s’il est très capable et s’il peut se prêter à certaines excentricités ! Sa vraie nature, c’est celle d’un all-mountain/trail léger, et on aurait aimé que la marque assume plus ce statut, surtout dans la version PX, en proposant un montage plus léger.

On ne peut s’empêcher de s’imaginer ce qu’aurait pu donner ce châssis avec un montage similaire à celui du Specialized Levo R, avec une fourche en 140 mm de débattement et 130 ou 140 mm à l’arrière, accompagnée de pneus et de freins plus légers. On aurait pu passer allègrement sous la barre des 20 kg (quand un Levo reste à plus de 22 kg) et avoir un vrai jouet totalement cohérent. Nous allons d’ailleurs essayer de garder un peu plus longtemps le Amflow PX pour tester ce type de configuration qui, à nos yeux, devrait être plus cohérente que le montage actuel qui a tendance à brider un peu la machine, ou du moins à la placer dans un registre qui n’est pas le sien.

Et le moteur dans tout cela ? Eh bien il ne faut clairement pas s’arrêter aux chiffres. D’origine, le mode Trail est un peu trop brutal (comme le Turbo, mais là on sait à quoi s’attendre) et la différence est un peu trop marquée avec le mode Eco, mais tout est personnalisable, et on dispose aussi d’un mode Auto particulièrement doux, agréable et performant. Ce dernier permet de profiter pleinement de toute la poigne de l’assistance, mais avec une grande délicatesse et surtout beaucoup de maîtrise.

A part très brièvement et en le faisant « exprès » en mode Turbo ou avec le Boost, il est quasiment impossible de faire déraper la roue arrière, même sur terrain fuyant et dans de très fortes côtes. La gestion électronique de l’assistance est assez bluffante, et le vélo se pilote de manière très naturelle malgré la puissance et le couple gargantuesques. Est-ce une moto ? A aucun moment nous n’en avons eu l’impression. Par contre, c’est clair qu’on va plus vite et avec moins d’effort que ses petits copains avec des vélos en assistance Bosch Performance CX par exemple. Le silence de fonctionnement est aussi remarquable. C’est le moteur le plus silencieux et discret que nous ayons testé à ce jour, et cela participe à l’agrément général.

Dans des montées techniques, c’est toujours le pilote qui fera clairement la différence, même si le moteur Avinox permettra de s’affranchir de côtes très raides avec plus de facilité. Là où la différence sera la plus marquée, c’est au niveau des longues ascensions lisses mais raides, où on peut rester à 25 km/h dans des pourcentages qui frôlent les 20%, alors qu’on est plafonné à 17-18 avec une assistance plus classique. C’est utile et amusant par exemple pour multiplier les runs en trail-center, en minimisant le temps passé sur les liaisons.

Mais tout cela impacte évidemment l’autonomie ! Si on joue avec le plein potentiel du moteur Avinox M2S, un pilote de 80 kg peut vider la batterie de 700 Wh en à peine plus de 800 m de D+. Dans le cas présent, les pneus particulièrement tendres jouent aussi et on pourra gagner beaucoup en adoptant une monte un peu plus roulante si on ne passe pas sa vie à rouler sur des spéciales enduro. Par contre, en jouant avec les modes, ce moteur peut aussi se montrer très frugal et permettre d’atteindre les 1500, voire 1800 m de D+ sans trop de souci. Et c’est clairement une de ses forces : il a plusieurs visages et il semble capable de tout faire.

Verdict

Amflow propose une offre intéressante avec ce PX, qui se distingue avant tout par son poids plume et sa facilité de prise en main. Mais, même si son côté consensuel lui permettra de convenir à beaucoup de monde, on ne peut s’empêcher de penser que ce modèle PX aurait été plus cohérent et bien plus agréable encore avec moins de débattement et un montage encore plus léger. Il aurait pu passer sous la barre des 20 kg, affirmer un comportement plus joueur et afficher une autonomie encore meilleure. Ici, on a parfois l’impression d’avoir mis de gros pneus et des grosses suspensions de 4X4 sur une petite berlinette de sport. Pour le coup, Amflow semble avoir cédé aux sirènes du marché et monté ce vélo avec « ce que la plupart des clients veulent sur un e-bike », plutôt que de prendre un réel parti pris. Maintenant qu’on trouve le moteur Avinox sur de nombreux autres châssis et chez beaucoup de marques, n’hésitez pas à regarder l’ensemble de l’offre pour vous décider. Surtout si vous voulez un vélo de caractère pour une pratique plus engagée, typée enduro.

Pour plus d’informations sur Amflow PX : https://www.amflowbikes.com/px-carbon
Et sur le Amflow PR : https://www.amflowbikes.com/pr-carbon

Notre article complet sur les nouveaux moteurs Avinox M2 et M2S :

Par Olivier Béart