Test longue durée | Orbea Oiz M-Team custom : une certaine forme d’aboutissement

Par Olivier Béart -

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Test longue durée | Orbea Oiz M-Team custom : une certaine forme d’aboutissement

L’Orbea Oiz est l’un des vélos de cross-country les plus en vue et les plus vendus du moment. Depuis le printemps 2024, il nous accompagne et sert de base pour de nombreux tests de matos XC. Après quasiment 18 mois à son guidon, plusieurs milliers de kilomètres et plusieurs transformations, c’est l’heure du bilan pour cet essai très longue durée.

Petit flashback : au printemps 2024, nous devons trouver une plateforme adaptée pour tester les nouvelles suspensions RockShox SID Flight Attendant et d’autres composants XC par la suite. Après avoir eu un Specialized Epic Evo 2020, puis un Scott Spark RC 2022 comme base de test longue durée, notre choix s’est porté sur le dernier Orbea Oiz.

Nous avons profité du programme de personnalisation MyO d’Orbea pour donner à notre Oiz des couleurs assorties au bleu foncé métallisé de la SID Flight Attendant mais, pour le reste, nous sommes restés sur la configuration de série du Oiz M-Team affiché à 7200 €, monté d’origine en suspensions Fox Factory, transmission Sram XO AXS, roues Oquo MP30 Team et freins Sram Level. Comme vous le verrez plus loin, outre les suspensions, nous avons fait quelques upgrades sur ce montage et nous l’avons fait évoluer au fil du temps et du matériel de test. En fin d’article, nous vous révèlerons ce qui est, à nos yeux, la configuration « ultime ».

Pour une présentation détaillée du dernier Orbea Oiz, nous vous invitons à consulter cet article dans lequel vous trouverez tous les détails techniques : Test nouveauté | Orbea Oiz 2023 : 120mm sinon rien !, et regarder la vidéo associée. Vous pouvez aussi lire ce test que nous avions publié en janvier 2024 : Test | Orbea Oiz M-Team XTR : la valeur sûre. Nous allons ici nous concentrer sur nos impressions de terrain au sujet du châssis, des équipements, de la fiabilité de l’ensemble et vous expliquer les évolutions apportées au montage afin de vous inspirer pour améliorer votre machine.

Le châssis de l’Orbea Oiz 2024

Si le look global de l’Orbea Oiz de dernière génération n’a pas évolué de manière radicale par rapport à son prédécesseur, le châssis a tout de même changé en profondeur et le comportement est différent à plusieurs points de vue. Globalement plus abouti et plus performant aussi.

Le premier point marquant, c’est l’évolution en matière de rigidité. Le précédent Oiz était un très bon vélo, léger et performant, mais on pouvait clairement parfois le sentir se dandiner un peu de l’arrière. La nouvelle mouture corrige ce petit défaut et le nouvel Oiz est un vélo qui a plus de tenue, ce qui se ressent non seulement au niveau du rendement, surtout dans les grosses accélérations et les sprints, mais aussi en descente et dans les portions rapides et sinueuses, où il est plus précis. Il se hisse ainsi au niveau des références de la catégorie.

Revers de la médaille, le nouvel Oiz peut parfois paraître un peu plus exigeant, mais ses suspensions en 120 mm permettent en grande partie de rattraper le coup. Le confort est ferme, mais bien présent. Ce n’est certainement plus un vélo de rando (il y a l’Occam SL pour cela), mais l’efficacité est clairement au rendez-vous. Et nous avons eu l’occasion de passer des journées entières dans les Alpes ou en Toscane à son guidon, ce qui nous a permis de voir qu’il sait tout de même ménager son pilote sur les longues sorties et qu’il est adapté au marathon, pour peu qu’on ait un minimum d’entraînement. Nous parlerons plus en détail des suspensions juste après et de leur influence sur le comportement du Oiz.

Côté durabilité, le gain en rigidité du cadre combiné à un travail sur les roulements permet à ces derniers d’avoir une meilleure longévité que par le passé. En 18 mois et plus de 2000 km de roulage par tous les temps, nous n’avons pas eu à déplorer le moindre grincement ou le moindre souci. En fin de test, nous avons jeté un œil aux roulements du point de pivot principal et ceux-ci semblent encore en très bon état. Un simple petit appoint de graisse sur les billes, et c’est reparti pour un tour.

Nous avions aussi quelques craintes à propos des roulements de direction, surtout celui du haut, en raison de l’entrée des câbles qui se fait désormais directement à ce niveau. Mais, là aussi, Orbea a opté pour des roulements de qualité et nous n’avons pas eu de souci. C’est plus beau et plus propre, il n’y a plus de risque que les gaines abîment le tube de direction, mais ce nouveau type d’entrée des câbles dans le cadre a des inconvénients : clairement, c’est un peu plus complexe pour faire passer la Durit de frein arrière, mais Orbea a plutôt bien pensé les choses, de sorte que ce n’est pas du tout insurmontable.

Et, si on roule en transmission Sram AXS + Flight Attendant, il n’y a aucun câble additionnel à faire passer à ce niveau. Même avec un blocage mécanique de l’amortisseur arrière, la maintenance reste tout à fait accessible pour un mécano amateur. On salue aussi le fait qu’Orbea a gardé un système de fixation de la potence classique. Et, même si les entretoises ont un design spécifique, on peut facilement les faire passer en haut ou en bas de la potence pour ajuster sa hauteur de poste de pilotage (plusieurs sont fournies avec le vélo). Bref, sur le long terme, nos craintes ont été plutôt apaisées à ce niveau.

Seul petit bémol, après environ 15 mois d’utilisation, la peinture a commencé à faire trois petites cloques au niveau de la douille de direction. C’est dommage car on voit par ailleurs que la qualité globale des peintures Orbea s’est nettement améliorée et le reste du cadre paraît encore comme neuf. Il n’y a quasiment aucune rayure, aucun éclat dans les zones sensibles… si ce n’est ces trois petits éclats sur le côté gauche de la douille de direction. Certes, ils sont peu visibles, mais c’est dommage.

Suspensions : Fox Factory vs RockShox Flight Attendant

D’origine, l’Orbea Oiz M-Team 2024 est monté en suspensions Fox Factory, avec la Fox 34 en cartouche Fit4 à l’avant et le Float SL à l’arrière. Pour 2025/2026, il y a eu un upgrade de la fourche vers la cartouche Grip SL plus sensible. Ce qui est plutôt une bonne chose car, même si la Fox 34 est une bonne fourche, elle manquait un poil de sensibilité à notre goût. Idem pour l’amortisseur, plutôt ferme. C’est une bonne chose pour le rendement et il ne faut pas jouer tout le temps du blocage pour avoir un vélo performant tout en ayant un bon grip en côte technique, mais en descente, l’arrière nous a régulièrement paru un peu ferme.

Mais ça, c’était avant de monter les suspensions RockShox SID Flight Attendant. Incontestablement, à nos yeux, c’est un véritable upgrade pour le Oiz, que nous avons découvert sous un nouveau jour.

Le blocage électronique joue en permanence entre les modes ouvert/intermédiaire et bloqué pour tirer le meilleur du vélo, et on peut aussi optimiser le réglage en position ouverte pour le confort et le comportement en descente, tout en comptant sur le Flight Attendant pour durcir la compression dès que nécessaire. Bilan, on gagne sur tous les plans !

On apprécie aussi que l’électronique puisse dissocier le blocage de l’avant et de l’arrière, ce qui est impossible avec un blocage à câble. Nous vous en avons parlé longuement dans cet article : Test longue durée | Les 10 travaux du RockShox Flight Attendant XC.

Malheureusement, les meilleures choses ont une fin et, début 2025, nous avons dû rendre les suspensions RockShox pour revenir aux Fox d’origine. Cela n’a pas complètement dénaturé le vélo, qui reste très agréable, mais ça a confirmé que, pour le moment, les suspensions RockShox SID Flight Attendant sont à nos yeux ce qui se fait de mieux pour un vélo de XC.

Avec le retour aux suspensions Fox, nous sommes aussi revenu au blocage mécanique. Le levier OC à trois palettes permettant de commander à la fois les suspensions et la tige de selle télescopique ne nous a jamais convaincus car trop complexe à nos yeux. Heureusement, le modèle 2025/2026 est doté d’une évolution à deux leviers (un push-pull pour les suspensions et une palette inférieure pour la tige de selle) nettement plus convaincante. Dans notre cas, nous avons adapté la poignée tournante RockShox sur les suspensions Fox, ce qui nous a permis d’avoir un levier classique pour la tige de selle sous le cintre, et cela a fonctionné à merveille.

Les équipements de série à la loupe

Nous roulons souvent en transmission Sram AXS, et ce test a confirmé une fois de plus tout le bien que nous pensons du groupe Sram XO T-Type. Le pédalier est un peu lourd mais robuste est très beau, le changement des vitesses est d’une douceur et d’une constance sans égal. Bref, c’est quasiment un sans-faute.

Par contre, les freins Sram Level 2 pistons étaient clairement sous-dimensionnés pour une machine de cet acabit. Soyons de bon compte, nous ne nous sommes jamais sentis en danger, même en montagne où nous avons fait une descente de quasiment 2000 m de d- d’une traite, mais le manque de puissance entraîne une fatigue prématurée des mains et des doigts. Heureusement, ce sont désormais des Sram Motive 4 pistons qu’on retrouve sur le Oiz. Ouf.

Nous n’avons que peu roulé avec la tige de selle télescopique Orbea OC, simple et légère, car nous avons équipé assez vite notre Oiz avec une Reverb AXS, puis avec la Fox Transfer Neo que nous avons en test. Nous ne pouvons donc pas en dire grand-chose, même si un essai de moyenne durée sur un autre vélo tend à montrer qu’elle est plutôt fiable. Quant au poste de pilotage, il est assez rigide, mais il se marie bien au vélo. Il a depuis été remplacé par un très bel ensemble une pièce tout carbone.

Les roues Oquo MP30 Team sont pour leur part très correctes, homogènes et assez solides pour un usage XC intensif, voire plus si affinités. Mais elles manquent de pep’s, d’explosivité dans les relances et elles nous ont paru clairement un cran en dessous du potentiel du Oiz. Comme vous le verrez plus loin, cela nous a été confirmé lorsque nous avons testé d’autres roues sur cette machine. Enfin, les pneus Maxxis Rekon Race 2.4 sont bons sur sol sec et dans la caillasse, mais ils sont également assez lourds et peu efficaces en conditions humides. Là aussi, on peut trouver mieux ailleurs…

Comment upgrader utilement son Orbea Oiz ?

Un test longue durée comme celui-ci nous a offert l’opportunité d’essayer d’autres accessoires sur le Oiz et de faire quelques upgrades. Voici une sélection de ce qui nous a paru le plus pertinent de faire évoluer et de quelques coups de cœur. Nous vous avons déjà parlé des freins, faibles sur le modèle 2024 mais qui ont heureusement évolué depuis ; ainsi que des suspensions et de l’apport que représentent l’amortisseur et la fourche Flight Attendant. Nous allons ici nous concentrer sur le reste du montage.

Le point le plus important, c’est évidemment le train roulant. Même si les roues Oquo d’origine sont tout à fait correctes, on se doutait qu’il y avait moyen de faire mieux. Ce qui nous a été confirmé par le montage des Duke Lucky Jack SLS5 dans leur version la plus légère. Avec des pneus Specialized Fast Trak et Air Trak, des disques Sram plus légers et une cassette XX SL à la place de la GX d’origine, on peut gagner pas moins de… 750 g par rapport à la configuration d’origine !

L’Orbea Oiz passe alors de 11 kg tout rond sans pédales à 10,250kg ! En soi, l’écart est énorme, mais comme en plus tout ce poids est gagné sur le train roulant, la différence se sent immédiatement. Le vélo est encore plus une bombe dans les accélérations et les relances, le rendement dans les longues ascensions est dopé, mais le comportement en descente est aussi amélioré avec des roues un poil plus tolérantes qui aident à mieux lire le terrain et qui épousent mieux les reliefs. Qui permettent aussi de gagner un peu en confort grâce à une meilleure dissipation des vibrations. Sans oublier les pneus, plus légers, plus roulants et même plus polyvalents que les Maxxis d’origine. Bref, il y a beaucoup à gagner à ce niveau.

Si on est chasseur de grammes, il y en a aussi près d’une centaine à gagner en changeant le pédalier Sram XO en alu par le XX SL en carbone. Et on peut également réinvestir une partie du poids épargné dans un capteur de puissance, indispensable pour surveiller ses performances à l’heure actuelle. Enfin, nous avons changé la tige de selle pour un modèle à commande électronique sans fil, mais il s’agit plus de goûts de luxe que d’un réel besoin.

Retenons, au final, que le montage de série du Oiz est déjà cohérent et abouti, mais qu’il y a plusieurs pistes d’évolutions sur le modèle team. Avec, en priorité, le train roulant. Et, à nos yeux, la configuration ultime serait de marier les suspensions Flight Attendant avec la paire de roues Duke pour obtenir un vélo encore plus fabuleux.

Verdict

L’Orbea Oiz 2024 est un vélo abouti, très performant, fiable et bien pensé, qui nous a procuré beaucoup de plaisir durant les 18 mois passés en sa compagnie. Il n’est peut-être pas aussi démonstratif au niveau design que le Scott Spark, pas aussi exotique qu’un Unno, pas aussi premium qu’un Specialized Epic 8 S-Works… mais dans les faits, il peut tous leur tenir la dragée haute et son rapport qualité/performances/prix est un solide argument pour convaincre. Cela laisse un peu de marge pour faire quelques upgrades au fil du temps, notamment au niveau des roues (une priorité !) et éventuellement des suspensions pour entrer dans le monde magique du Flight Attendant (même si, là, on parle d’un budget de 2000 €, hors éventuelle revente des suspensions d’origine). En changeant quelques composants, le Oiz est devenu un des vélos de XC contemporains les plus performants, agréables et homogènes qu’il nous ait été permis de tester à ce jour. Autant dire que le rendre a été difficile. Mais comme on dit, les meilleures choses ont une fin, et on a hâte de voir ce que l’avenir nous réserve.

Plus d’infos : https://www.orbea.com/int-fr/velos/montagne/oiz/

Par  Olivier Béart