Test | Léon Monstra & Sauvage Le Monstre : de doux géants entre gravel et VTT

Tech
3 mai 2022 — Olivier Béart

Le « monster gravel » ?!? Qu’est-ce que c’est encore pour une invention marketing ? Holà, ne jugez pas trop vite ! Tout d’abord, cela ne vient absolument pas d’une ou plusieurs grandes marques, mais de quelques artisans et petites marques qui ont souhaité répondre à des demandes de certains de leurs clients et/ou expérimenter de nouvelles manières de faire du vélo off-road en faisant le trait d’union entre gravel et VTT. Expérimenter : voilà justement quelque chose que nous adorons, car pour parler d’un sujet en connaissance de cause, rien ne remplace le terrain ! Nous avons donc testé non pas un, mais deux « monster gravel », le Léon Monstra et le Sauvage Le Monstre, tous deux en titane. Voici ce que nous avons pu en tirer comme enseignements.

Les photos vous donnent déjà quelques indices, mais il nous semble indispensable de commencer cet article par quelques explications sur le « monster gravel ». Pourquoi ce terme de « monstre » ? Bon, il ne faut pas s’en cacher, c’est un nom qu’on retient ! Mais sur le plan technique, c’est tout simplement à cause des pneus de ce type de vélo qui, tout comme les roues, sont issues du VTT, avec des boudins en 29×2.35’’.

Pour le reste, si on excepte la fourche plus haute et quelques détails de géométrie liés à la taille de roues, c’est clairement au gravel que ces vélos empruntent les codes. Dans les cotes globales, dans l’absence de suspensions, ou encore dans le poste de pilotage recourbé : là, il n’y a rien de VTT. Au final, cela donne des hybrides très intéressants qui reprennent la position de pilotage et la simplicité d’un gravel, en y ajoutant des trains roulants plus musclés pour pouvoir s’adapter à des terrains plus variés… et souvent plus musclés.

Cette découverte du monster gravel, nous l’avons faite grâce à David Robert, l’homme à la tête des marques Léon et Sauvage, spécialisées dans le titane. « J’ai découvert cela aux USA, et comme avec le titane je peux me permettre des productions à l’unité chez mon fabricant en Asie, j’ai eu envie d’essayer. Et j’ai adoré ! Je l’ai fait tester à d’autres et, qu’ils soient plutôt intéressés à la base par le gravel ou le VTT, je les ai vus revenir avec de grands sourires. Je me suis donc dit que j’allais proposer ce genre de machine au catalogue de mes marques. »

Avant de passer au test terrain, que nous vous proposons cette fois en vidéo car cela nous a paru être le meilleur moyen de vous expliquer ce que nous avons ressenti au guidon de ces deux machines, place aux présentations des deux protagonistes : le Léon Monstra et le Sauvage Le Monstre.

Faisons connaissance

Nous avons déjà eu l’occasion de vous parler à plusieurs reprises de Léon et Sauvage, ces deux marques cousines dont le siège est situé dans les Vosges (voir ici nos principaux articles concernant Léon et Sauvage). La spécialité maison, c’est le titane. Tous les cadres sont produits en Asie, chez le même sous-traitant depuis le lancement de la marque, mais selon les spécifications établies par le boss, David Robert. Sauvage est à considérer comme la marque « de série », alors qu’avec Léon, le positionnement est plus haut de gamme et il existe de nombreuses possibilités de personnalisation, à commencer par les cotes du cadre, la déco/peinture custom, etc.

Au niveau du poids, il n’y a pas réellement de différence entre les châssis Léon et Sauvage puisque ce sont les mêmes tubes qui sont utilisés à la base. Dans les deux cas, il faut compter autour de 1750g en taille L. Au niveau de la géométrie, les deux se différencient par contre bel et bien. Le Sauvage adopte des cotes « fixes » (entendez par là « non customisables ») avec des bases assez longues de 440mm, un angle de direction de 71° et un angle de selle de 74°, et une douille de direction en 130mm de hauteur.

Du côté du Léon, les cotes sont plus débridées. Bases raccourcies à 425mm, angle de direction de 70°, tube de selle en 74,5, douille courte de 100mm, potence courte : voilà une inspiration qui rappelle les dernières tendances VTT. Bref, il est plus radical sur le papier et, comme vous le verrez plus loin, cela se ressent sur le terrain. Outre les cotes, le souci du détail est plus poussé sur le Léon, avec notamment un boîtier de pédalier T47 (roulements plus gros que sur les boîtes classiques pour plus de fiabilité) et des passages internes pour la Durit de frein.

Au niveau des équipements aussi, les deux prennent des directions différentes. Le plus marquant, ce sont les cintres. Tous les deux sont vraiment agréables, mais pour des raisons différentes. Le Ritchey du Sauvage est plat sur le dessus et très large, alors que le Deda du Léon, plus étroit, adopte des formes complexes, pas forcément très esthétiques, mais diablement efficaces. Dans l’ensemble, le Sauvage a une position plus relax, qui invite aux longues distances, alors que le Léon de cet essai est plus agressif. Mais attention : avec la personnalisation qui est à la base du concept Léon, on peut faire un peu ce qu’on souhaite en dialoguant avec David lors de la conception du châssis et il sera possible de se rapprocher de la philosophie Sauvage si on le souhaite.

A noter que la fourche de nos modèles d’essai, tout en carbone, a une hauteur très importante de 490mm. Les prochaines productions seront dotées d’un nouveau modèle en 450mm de haut, toujours compatible en pneus de 2.4, mais qui permettra d’allonger un peu les douilles de direction et, si besoin, d’abaisser l’avant pour ceux qui le souhaiteraient. Cela ne nous a pas du tout dérangés venant du VTT, que du contraire même, mais c’est vrai que l’avant des deux machines est assez haut.

Dans les deux cas, on dispose d’une transmissions type VTT en 1×11 (Shimano GRX et E13 sur le Sauvage) ou 1×12 (Sram sur le Léon) avec de grandes cassettes à pignon de 50 dents. C’est effectivement cohérent avec la grande polyvalence de ce type de machine. Dans les deux cas, les roues sont des Duke, mais avec jantes carbone sur le Léon et alu sur le Sauvage. Evidemment il y a une différence de poids et de tonicité, mais les deux montages sont excellents et les petits modèles en alu n’ont pas à rougir. Côté pneus, les classiques Maxxis Rekon Race du Léon ont clairement notre préférence sur les Tufo, certes originaux et solides, mais qui manquent d’accroche latérale avec leur profil fort rond. Du côté des freins, les Shimano GRX du Sauvage gagnent haut la main face aux Sram du Léon qui manquent vraiment de mordant.

Avant de passer au test terrain, un dernier mot sur le prix : chez Léon, il faut compter 1890€ le cadre seul. Pour la suite, tout est à la carte mais un montage comme celui de l’essai, avec peinture custom, passe la barre des 6000€ (pour un poids de 8,8kg). Sauvage est clairement plus accessible avec un cadre seul affiché à partir de 1140€ (option fourche à 300€) et des montages qui commencent juste sous les 3000€ (comptez environ 3600€ pour le vélo de l’essai, pour un poids de 9,5kg). Dans tous les cas, ce sont des tarifs plutôt très bien placés par rapport aux grandes marques et qui permettent de goûter à des saveurs uniques sans payer plus.

Monster gravel Léon & Sauvage : le test terrain

Place maintenant au test terrain, avec nos impressions à l’issue de plusieurs mois passés au guidon de ces deux (gentils) monstres. Quand nous parlons de nos impressions, nous parlons de celles de votre serviteur, mais aussi de pas moins de six autres testeurs aux profils très variés, allant de l’ancien pur routier à l’enduriste VTT. Sans déflorer la vidéo, on vous glisse tout de même que plusieurs se sont renseignés sur le prix des engins en nous les rendant, en vue d’un éventuel achat, et qu’un d’entre eux a déjà craqué en rachetant le Sauvage de cet essai…

Allez, on n’en dit pas plus, place aux images !

Plus d’infos :

https://cycles-leon.com/velos/monstra

https://www.sauvagebicycles.com/le-monstre/