Test e-bike | Raymon Vamok Ultra : on revoit ses classiques
Par Olivier Béart -
Après avoir repris son indépendance, Raymon veut se faire une nouvelle place avec des vélos qui mettent en avant une finition soignée et un bon rapport qualité/équipement/prix dans tous les segments. Même si la marque allemande propose aussi des vélos sans assistance, les e-bikes ont sans surprise une place importante dans sa gamme. Nous avons testé le Vamok Ultra en 160 mm de débattement avec moteur Bosch Performance CX. Voici ce que nous en avons pensé :
On a connu Raymon il y a quelques années comme faisant partie du groupe Pierer e-bike, aux côtés des déclinaisons vélo des marques moto Husqvarna et GasGas. Aujourd’hui, Raymon a repris son indépendance, suite à l’arrêt de cette division du groupe Pierer, et elle entend se faire une place sur le marché du vélo comme constructeur généraliste proposant des vélos au rapport qualité/équipement/prix avantageux.
La gamme est large avec des vélos de route, gravel et VTT sans assistance, mais les e-bikes constituent une grosse partie du catalogue. Parmi eux, le Vamok est rangé dans la catégorie « enduro full power avec son débattement de 160 mm et son assistance Bosch Performance CX. Voyons cela plus en détails :
Châssis, batterie & motorisation :
Quand on l’observe, même de près, on pourrait croire que le Raymon Vamok Ultra est doté d’un cadre en carbone. Et pourtant, son châssis est entièrement en aluminium ! S’il parvient à tromper les observateurs même les plus avertis, c’est grâce à des soudures parfaitement polies et à un niveau de finition vraiment très soigné.
La peinture est du même acabit, avec des parties grises très sobres combinées à d’autres mouchetées du plus bel effet. Où qu’on pose son regard et même en cherchant la petite bête, on ne trouve rien à redire. Chapeau.
L’architecture du cadre en elle-même est par contre très classique, avec une suspension 4-bar linkage dotée d’un amortisseur placé verticalement le long du tube de selle. Elle développe 160 mm de débattement.
Il est équipé de roues de diamètre différent, avec du 29 devant pour le franchissement et du 27,5″ à l’arrière pour conserver des bases courtes et préserver un certain côté joueur.
Côté moteur, c’est aussi une référence, avec le Bosch Performance CX, associé à la plus grosse batterie disponible (800 Wh). On connaît le volume de cette batterie, qui nécessite un tube diagonal assez imposant qui alourdit les lignes du vélo, même si Raymon a bien travaillé la finesse des autres tubes pour conserver une ligne harmonieuse. A noter que la batterie est amovible pour permettre la recharge hors du vélo.
Sur la balance, ce beau bébé affiche un peu plus de 26 kg en taille L, ce qui commence à faire beaucoup. Nous verrons sur le terrain s’il parvient à les faire oublier… ou pas.
Géométrie
La géométrie du Raymon Vamok Ultra est assez classique. On note tout de même un reach plutôt long (460 mm en M et 485 mm en L). L’angle de direction est de 64,3°, ce qui n’a rien d’extrême, et le tube de selle est à 77,8°, ce qui est dans la tendance actuelle qui amène à redresser cet angle pour avoir une meilleure position en montée. Enfin, les bases sont en 445 mm, ce qui est dans la moyenne pour un vélo en montage 27,5 derrière et 29 devant. Quatre tailles sont proposées, du S au XL.
Equipements et versions
La gamme Raymon Vamok commence à seulement 4799 € avec le modèle Comp, déjà avec la batterie de 800 Wh et le même châssis, mais équipé en Shimano Deore, RockShox Psylo Silver et freins TRP. On passe ensuite au Pro en Shimano Deore/XT, RockShox Domain Gold et freins Magura Louise à 5299 €. Puis, la gamme culmine avec le Vamok Ultra testé ici et dont nous allons détailler le montage.
Sur ce modèle haut de gamme qui reste affiché à un tarif assez concurrentiel, on a droit à une transmission complète Shimano Deore XT Di2, sans le moindre composant d’un niveau plus bas (on a souvent une cassette Deore car elle est peu visible, mais pas ici). Le fonctionnement n’est pas au même niveau de douceur que le Sram GX, mais le XT Di2 reste néanmoins très efficace et on a vite du mal à se passer de la facilité de l’électronique.
Les freins sont aussi issus du groupe Shimano XT, avec le tout nouveau modèle 4 pistons, qui est un modèle de puissance et de modularité. Saluons aussi le fait qu’il est livré avec les disques Ice-Tec haut de gamme alors que c’est également un poste sur lequel certaines marques font des économies.
Du côté des suspensions, c’est la RockShox Zeb Base qu’on retrouve à l’avant, en 160 mm de débattement, et l’amortisseur RockShox SuperDeluxe à l’arrière. L’amortisseur fonctionne bien, mais comme nous le verrons plus loin, l’hydraulique de la fourche montre vite ses limites.
Les roues sont un modèle maison en alu, pas vraiment léger ni dynamique, mais plutôt robuste. Elles sont chaussées de pneus Schwalbe Albert Trail en 2,5″ de section, avec carcasse radiale et gomme Ultra Soft. Ils sont plutôt polyvalents, même si dans la boue nous aurions préféré un modèle comme le Magic Mary à l’avant.
Enfin, les composants sont des modèles maison sans marquage et très discrets mais néanmoins de bonne qualité. Nous n’avons en tout cas rien à leur reprocher en fonctionnement, ni en confort ou en ergonomie.
Raymon Vamok Ultra : le test terrain
La géométrie du cadre est assez classique pour le segment, avec tout de même un avant plutôt haut. C’est assez confortable et cela incite plus à la rando découverte qu’à la compétition. A allure modérée, on sent un vélo confortable, sain et qui met vite en confiance. Les suspensions filtrent très bien les petits impacts, bien aidées par les pneus à carcasse radiale qui apportent un toucher de terrain plus feutré que des modèles classiques.
En côte raide, l’avant un peu haut invite à mettre du poids sur l’avant pour éviter que l’avant se lève, et on a vite abaissé la potence au maximum pour limiter cet effet (avec succès). On connaît bien le moteur Bosch, qui a la poigne suffisante pour venir à bout des montées techniques et des forts pourcentages, surtout avec la mise à jour 750 W / 100 Nm et le mode eMTB+ que nous apprécions beaucoup.
Ce moteur et le vélo permettent assez vite de prendre de la vitesse et de jouer dans les portions techniques, mais même avant d’arriver dans de vraies descentes, on se rend compte que la fourche n’est pas à la hauteur. Si on n’a rien à reprocher à l’amortisseur, la RockShox Zeb Base se montre vite dépassée par les successions d’impacts, même sur terrain plat. C’est dommage car le châssis est bon, et c’est vraiment un problème du côté hydraulique, dans la gestion de la compression et surtout du rebond, qui l’empêche d’offrir de vraies bonnes performances.
En descente, c’est toujours la fourche qui va nous limiter. Le vélo est globalement sain, le cadre a une rigidité bien dosée, mais la fourche a tendance à plonger vite et fort dans les pourcentages négatifs. Le poids du vélo et de ses roues ne s’était pas trop fait sentir en montée, mais en descente, l’inertie de l’ensemble et du train roulant nécessite aussi une certaine attention et peut fatiguer les pilotes plus légers ou moins musclés sur le haut du corps. Avec plus de 26 kg sur la balance, il n’y a pas de miracle et les lois de la physique se rappellent à nous.
Dans l’ensemble, pour une pratique pas trop engagée, le Raymon Vamok Ultra est un vélo agréable, confortable et rassurant mais, comme vous l’aurez compris, sa fourche et ses roues viennent le brider assez vite dès qu’on veut faire un peu plus. C’est dommage car pour le reste l’équipement est vraiment de bon niveau, surtout le groupe XT Di2 et les freins, qui sont une vraie plus-value pour ce genre de machine.
Que changerait-on sur le Raymon Vamok Ultra
Clairement, la fourche est le premier point que nous ferions évoluer. Bonne nouvelle : pas besoin de tout changer ! Il faut compter pas loin de 400 € pour upgrader la cartouche d’origine vers l’excellente Charger 3.1, mais le jeu en vaut la chandelle selon nous. La cartouche Fast Suspensions DC3 n’est hélas pas compatible avec la Zeb Base, mais vous pouvez vous rapprocher d’un spécialiste des suspensions pour qu’il puisse vous conseiller sur l’amélioration de cette fourche, et par la même occasion vous faire un service complet. Avec une meilleure fourche, le vélo sera alors bien plus agréable et capable en descente, et encore plus confortable.
Bien que visiblement robustes, les roues nous ont donné l’impression d’être pataudes et peu vivantes. Il y aura aussi à gagner au niveau du comportement à ce niveau, en choisissant soit un modèle un peu plus léger, soit plus raffiné. Globalement, essayer de gratter un peu de poids sur le vélo sera bénéfique, pour essayer au moins de le faire passer sous les 25 kg, qui n’est pas qu’une barrière psychologique. En l’état, son embonpoint peut le limiter dans certaines circonstances et se faire sentir.
Verdict
Sans révolutionner le segment, le Raymon Vamok offre un châssis classique et très bien fini pour accueillir le moteur Bosch Performance CX et sa grosse batterie de 800 Wh. On apprécie d’avoir un groupe complet Shimano XT Di2 et les excellents nouveaux freins du même nom, mais on regrette que la fourche ZEB Base soit en retrait et que les roues ne soient pas plus « vivantes ». L’ensemble est agréable et confortable pour rouler cool et pour un usage en randonnée, mais il nécessitera quelques modifications et upgrades (fourche et roues) pour délivrer son plein potentiel.
Raymon Vamok Ultra
5999 €
26,2 kg Taille L, sans pédales
- Finition du cadre magnifique et très soignée (soudures et peinture)
- Facile à prendre en main et confortable
- Moteur Bosch Performance CX et batterie 800Wh à un tarif accessible
- Groupe Shimano XT Di2 et freins : à ce tarif, c'est rare !
- Le poids élevé (26,2 kg) n'est pas toujours perceptible, mais a du mal à se faire complètement oublier
- Roues quelconques
- Fourche RockShox ZEB Base limitée en performances par sa cartouche hydraulique
Évaluation des testeurs
- Prix d'excellence
- Favori
- Qualité / prix
Plus d’infos : https://www.raymon-bicycles.com/en/modelle/vamok