Test e-bike | Giant Stance E+ 0 : et si le vrai luxe, c’était le confort ?

Par Olivier Béart -

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Test e-bike | Giant Stance E+ 0 : et si le vrai luxe, c’était le confort ?

Le Stance E+ a longtemps été le choix de la raison chez Giant : un VTTAE tout-suspendu polyvalent, simple, pensé pour la randonnée et les sorties sans fioritures techniques. Mais pour ce nouveau millésime, le géant taïwanais a décidé de revoir sa recette. Plus de débattement, géométrie revue, arrivée d’un bloc moteur costaud avec 800 W de puissance et 100 Nm de couple. Bref, sur le papier, le Stance E+ 0 quitte son costume de randonneur timide et gonfle ses muscles pour élargir ses horizons. Vojo l’a testé :

La gamme e-bike de chez Giant est large, avec les Trance X Advanced E+ et Reign Advanced E+ équipés de la suspension Maestro et de cadres en carbone en guise de fleurons dans le haut de la famille des VTT à assistance électrique. Plus que jamais, le Giant Stance E+ se place dans leur sillage, mais avec un cadre en alu et une suspension qui se veulent plus accessibles, tout comme son tarif. Voyons cela en détails :

Châssis, moteur et batterie

Côté cadre, Giant reste fidèle à son alliage d’aluminium maison qui répond au doux nom de « ALUXX SL ». Les lignes sont propres, avec des soudures épaisses mais bien nettes et surtout des tubes hydroformés aux formes très travaillées.

L’intégration de la batterie dans le tube diagonal est soignée, même si sa capacité de 800 Wh lui donne un gabarit imposant, qui se répercute au niveau du cadre, lui aussi imposant dans sa partie basse. Elle est amovible par le bas du tube diagonal et, si jamais ce n’est pas suffisant, on peut encore ajouter un range extender de 200 ou 250 Wh en option.

Côté moteur, Giant installe ici son tout nouveau moteur SyncDrive Pro 3X, développé en collaboration avec Yamaha. Si son grand frère le Reign E+ utilise un système en 48 Volts, le Stance conserve une architecture classique en 36 Volts. Malgré cela, les chiffres tiennent la route par rapport à la concurrence actuelle : 100 Nm de couple maximal et jusqu’à 800 Watts de puissance en crête pour un poids contenu à 2,6 kg. Pour vous donner un point de comparaison, c’est une augmentation de 11 % du ratio couple/poids du moteur par rapport à la génération précédente.

Pour piloter le tout, on retrouve la console RideControl Dash 2 sur la gauche du cintre, qui combine les boutons de commande un écran couleur LCD de 1,5″ affichant les données essentielles. On dispose de cinq modes (Eco, Tour, Actif, Sport et Power). L’ensemble est entièrement personnalisable (couple, modes, temps de réponse) via l’application mobile RideControl.

Pour le reste, le Giant Stance E+ montre que, s’il est un vrai VTT, il n’oublie pas quelques détails bien pratiques pour ceux qui voudraient en faire un usage plus typé tout chemin, voire vélotaf. On retrouve donc des points de fixation intégrés pour une béquille (norme KSA40) et de vrais garde-boue vissés.

Suspensions

Historiquement confiné à un timide combo de 130 mm à l’avant et 120 mm à l’arrière, le Stance E+ change de catégorie. Il affiche désormais 150 mm de débattement à l’avant et 140 mm à l’arrière, ce qui nous semble effectivement être un minimum sur un e-bike « full power » de ce gabarit.

Par contre, par souci de simplicité et d’économies sur une version qui se veut plus accessible, Giant a troqué sa fameuse suspension Maestro (une forme de VPP) contre une cinématique monopivot « Flex Point » moins complexe, qui utilise la déformation contrôlée des haubans et des bases en aluminium pour se passer de vrai point de pivot sur roulements près de l’axe de roue arrière. Sur cette dernière version, le système a été retravaillé pour offrir un effet anti-squat amélioré, limitant le pompage au pédalage sous l’effet du couple généreux du moteur.

Pour orchestrer tout cela sur cette version haut de gamme « 0 », Giant a équipé son Stance d’une fourche Fox 36 Rhythm Air à l’avant et un amortisseur Fox Float X à l’arrière. Des valeurs sûres, positionnées en entrée/milieu de gamme mais simples à régler et plutôt efficaces comme nous le verrons plus loin. Sur le modèle « 1 », on retrouve des suspensions propres à Giant, que nous n’avons par contre jamais testées.

Géométrie

L’augmentation du débattement s’accompagne d’une refonte assez importante des cotes du Stance E+. L’angle de direction perd un degré complet pour s’établir à 64,5°, ce qui annonce plus de stabilité et d’aisance dans la pente. Pour contrebalancer cela et éviter que le vélo ne cabre en montée, l’angle de tube de selle se redresse pour atteindre 76,5°, basculant le pilote vers l’avant, dans une position de pédalage plus efficace. Le boîtier de pédalier a également été abaissé pour réduire le centre de gravité. Quant aux bases arrière, elles restent assez longues, avec 468 mm. Ce qui montre que Giant privilégie clairement la sécurité, la stabilité et la motricité en côte plutôt que la nervosité pure.

Équipements, poids et versions

Le Giant Stance E+ est disponible en deux versions : la « 0 » testée ici, affichée à 5500  €, et la « 1 » qui est 1000 € moins chère et qui adopte logiquement des équipements un ton en dessous (transmission Deore/Cuore 10 vitesses et suspensions Giant notamment). Les deux sont plutôt bien placés au niveau tarif, même si on commence à trouver des cadres carbone dans la tranche entre 5500 et 6000 €, mais souvent avec des équipements moins fournis.

Au niveau du poids, notre vélo de test n’est clairement pas léger, puisque nous l’avons pesé à 25,8 kg en taille M (pour 25,4kg annoncés).

Sur la version « 0 » testée ici, la transmission fait appel à un mix de Shimano XT et Cues, non pas en Hyperglide comme sur la plupart des VTT, mais en Linkglide. La différence ? Le Linkglide a été spécifiquement pensé pour les vélos à assistance électrique, avec un ensemble chaîne/cassette/dérailleur renforcé pour plus de durabilité et des passages de vitesse plus souples, même avec le couple et la puissance supplémentaire des assistances « full power ». Par contre, si on a bien une cassette 10-50, on n’a que 11 rapports, contre 12 sur les transmissions Hyperglide de dernière génération.

Pour stopper l’engin, Giant a confié le freinage aux très bons Shimano XT à 4 pistons. Il ne s’agit pas de la dernière génération, mais de la précédente. Pas de souci sur le terrain, ça freine bien, même si on peut regretter de ne pas bénéficier de l’excellente ergonomie des leviers de la dernière génération. Les disques sont en 220 mm avant et 203 mm à l’arrière, ce qui aide aussi à offrir une puissance suffisante.

Les roues sont un modèle maison Giant TRA 2, avec des jantes en aluminium de 30 mm de largeur interne. Pas vraiment légères, elles ont répondu présent côté robustesse pendant notre test. Elles sont montées avec des pneus Maxxis Minion DHF à l’avant (accrocheur et directif) et Dissector à l’arrière (plus roulant tout en conservant une bonne traction).

Le reste des composants est aussi signé Giant, pour le poste de pilotage, la selle, ou encore la tige de selle télescopique dont le débattement varie selon la taille du cadre. Sobre, sans chichis mais efficace et sans défaut.

Giant Stance E+ 0 : le test terrain

Est-ce que tous les vélos ont vraiment besoin d’être taillés pour la compétition et les pratiques extrêmes ? Clairement pas, et le Giant Stance E+ prouve qu’on peut faire des vélos simples mais efficaces et très agréables au quotidien. Cette facilité commence à l’étape des réglages. Une pression d’air dans les suspensions, un ajustement du rebond, un check des pneus et de la hauteur de selle, puis on est partis et on n’a pas besoin de se prendre la tête avec 1000 boutons ou molettes.

Le moteur est un peu de la même veine, avec des modes qui sont tous très élastiques. Même en Eco, on n’a pas l’impression de se retrouver coincé face au moindre raidard imprévu, alors que l’assistance est très douce et discrète par ailleurs.

On peut par contre un peu regretter que les cinq modes soient fort proches, et que même le mode Power ne soit pas plus démonstratif. On sent que l’assistance a de la poigne, mais Giant a privilégié une programmation assez douce d’origine. Heureusement, on peut personnaliser le tout via l’application et obtenir des modes plus marqués, ainsi qu’un peu plus de répondant si on le souhaite.

La commande a divisé nos testeurs. Certains la trouvaient « ok », mais d’autres ont regretté que le mélange écran/boutons ne permette à aucun d’exceller, et que l’écran déporté oblige à détourner le regard pour voir les informations qu’il affiche. On ne peut pas dire qu’elle ait de gros défaut, mais cette commande n’est pas la plus pratique et l’écran pas le plus lisible du marché.

Dans l’ensemble, on retient quand même que le moteur SyncDrive est clairement à mettre dans la catégorie « main de fer dans un gant de velours », et sur un vélo tel que le Stance E+, sa combinaison de douceur et de force est clairement un atout. Et un bon accord avec le comportement général du vélo. Il sait aussi se montrer assez discret, même si ce n’est pas le plus silencieux du marché.

L’autonomie est correcte, mais sans plus. Avec la batterie de 800 Wh, nous avons réussi à faire en moyenne 1200 m de d+, et il faut s’appliquer pour atteindre les 1500 m, notamment à cause du poids de l’engin qui impose d’utiliser souvent les modes supérieurs si on veut garder un peu de vitesse quand ça grimpe.

Côté comportement global du vélo, le trait de caractère qui domine, c’est le confort. Les suspensions sont orientées vers la souplesse et très flatteuses sur les petits chocs. Cela ne nous a pas surpris de la part de la fourche, mais plus au niveau de la suspension arrière. On rencontre en effet des cinématiques de type Flex Point plutôt sur des vélos de XC, et on craignait une certaine fermeté, mais nous avons rapidement été rassurés sur le terrain : l’arrière est d’une rare onctuosité, qui donne au Stance E+ des airs de tapis volant.

En montée, le grip général est impressionnant, et on peut vraiment se laisser porter par l’assistance, tout en faisant confiance au vélo pour faire passer la puissance au sol. La géométrie très équilibrée place le pilote dans une bonne position pour aborder les montées raides, et la suspension est peu sensible aux mouvements du pédalage. C’est davantage un vélo neutre et rassurant qu’un petit jouet, mais le résultat final est convaincant.

Quand on s’attaque à des descentes plus techniques, c’est le mot confiance qui vient en tête en premier lieu. On aborde les passages scabreux avec décontraction, et le cadre du Giant Stance E+ fait preuve d’une rigidité bien dosée qui lui permet de prendre vie dans les passages chahutés. On est aussi très bien placé sur le vélo pour en rester maître, même quand le trail est complexe.

On voit par contre les limites de la fourche quand on commence à prendre de la vitesse dans la pente, car elle arrive un peu vite en fond de débattement, alors que l’arrière garde pour sa part toute son efficacité. On ne peut pas non plus parler de vélo « fun », notamment à cause de son poids et de son arrière assez long qui limitent les excentricités. Mais est-ce vraiment ce qu’on attend d’un Stance ? Pour cela, il y a les Trance et Reign, au caractère plus trempé.

Verdict

Avec le Stance E+, Giant réussit à donner des lettres de noblesse à un vélo de randonnée. Eh non, ce n’est pas un gros mot ! Tout le monde n’a pas besoin de rouler sur un vélo pensé par et pour des pilotes de haut niveau. Il faut aussi des vélos simples, juste faits pour rouler confortablement et en se sentant en sécurité. Pour cela, Giant a tapé dans le mille. Tout en donnant à cette dernière génération juste un peu plus de débattement et une géométrie plus moderne qui vont lui permettre de ne pas perdre tous ses moyens au moment d’aborder le premier passage un peu complexe. 

Giant Stance E+ 0

5500 € €

25,8 kg (sans pédales, taille M)

  • Confort des suspensions et du vélo en général
  • Moteur doux mais qui ne manque pas de poigne, bien en accord avec la machine
  • Vélo rassurant, qui met d'emblée en confiance
  • Autonomie correcte, sans plus
  • Ergonomie de la commande/écran du moteur perfectible
  • Poids élevé, qui peut se sentir sur le terrain
  • RAS

Évaluation des testeurs

  • Prix d'excellence
  • Favori
  • Qualité / prix

Par Olivier Béart