Test | Caméra d’action DJI Osmo Nano : un petit format qui titille les grands

Par Olivier Béart -

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Test | Caméra d’action DJI Osmo Nano : un petit format qui titille les grands

Si GoPro a longtemps régné en maître sur l’univers des caméras d’action, la concurrence est aujourd’hui bien plus fournie et le nouveau leader s’appelle désormais DJI. Sa gamme est large, avec l’Osmo Action, la 360 et la Pocket, sans oublier la petite et modulaire DJI Osmo Nano qui a pour particularité d’être en deux parties. On l’a testée :

Quand on promet du matos léger, discret, mais qui ne sacrifie rien à la performance sur le terrain, forcément, c’est alléchant. Alors, quand le géant des drones et de l’image DJI débarque avec l’Osmo Nano, cela pique notre curiosité, même si, à la base, on a plus tendance à tester des pneus, des roues et des fourches que des « gadgets » technologiques.

La DJI Osmo Nano a été pensée pour concurrencer frontalement les formats ultra-compacts, comme la gamme Insta360 GO. Mais, malgré son format très compact, elle veut offrir des caractéristiques techniques dignes des caméras standards de taille classique et ne faire aucun compromis sur l’image. Voyons si cela se vérifie sur le terrain, mais avant, faisons le tour du propriétaire.

Poids plume et design modulaire

Esthétiquement, DJI casse les codes de la caméra d’action monobloc traditionnelle (type GoPro ou Osmo Action standard) pour proposer un concept en deux parties. Ils poussent ainsi encore plus loin le concept déjà aperçu sur la DJI Action 2, elle aussi en deux parties. Mais ici, plus question de deux cubes identiques, on passe sur des modules nettement plus différenciés.

D’un côté, on trouve le module caméra autonome : un minuscule parallélépipède ultra-léger (52 g, mesurant 57 x 28 x 28 mm) qui embarque l’objectif, le capteur, une petite batterie interne et un stockage flash fixe de 64 Go ou 128 Go selon l’option choisie.

Et, de l’autre, on a le Multifunctional Vision Dock, un boîtier de 72 g équipé d’un écran tactile OLED de 1,96 pouce, d’une seconde batterie plus grosse et d’un espace pour accueillir une carte SD afin d’augmenter la capacité de stockage.

Le tour de force réside dans la connexion magnétique double face, qui reprend le standard DJI, qu’on retrouve sur d’autres produits de la marque. Le module caméra vient se clipser fermement dans le dock grâce à un système d’aimants épaulés par des ergots physiques de sécurité. On peut fixer la caméra côté écran pour un mode « vlog » ou plutôt sur la face arrière.

Mais ce qui est plus intéressant encore, c’est que le dock fait office de télécommande sans fil et d’écran déporté. On peut fixer la caméra sur le casque ou le cintre et garder le dock à portée de main (ou au poignet) pour contrôler le cadrage en direct via le Live View et modifier les réglages à la volée. Le module caméra seul est étanche jusqu’à 10 mètres (IPX8), tandis que le Vision Dock se limite à une certification IPX4 (résistant aux éclaboussures – on recommandera donc de bien le protéger dans une pochette quand on roule en conditions humides).

Une subtilité d’architecture importante concerne la gestion de la mémoire : contrairement au module caméra qui est scellé, le Vision Dock intègre un emplacement pour carte Micro SD (jusqu’à 1 To). En action, le module caméra enregistre obligatoirement sur sa mémoire flash interne. Une fois de retour au stand ou lors d’une pause, le fait de reclipser la caméra dans son dock permet de transférer manuellement et rapidement les fichiers de la caméra vers la carte Micro SD, libérant ainsi de l’espace pour les prochains runs.

Optique et qualité d’image

Dans ce châssis compact, DJI a intégré un grand capteur CMOS de 1/1.3 pouce, identique à celui qui équipe ses caméras haut de gamme comme l’Action 5 Pro. Ce choix technique lui permet de revendiquer une plage dynamique allant jusqu’à 13,5 stops et une excellente gestion des contrastes dans les zones d’ombre et de lumière.

Côté vidéo, la Nano filme jusqu’en 4K à 60 images par seconde (et grimpe à 120 fps en 4K avec l’option ralenti), le tout complété par des clichés photo de 35 mégapixels. Pour les vidéastes exigeants et les pros qui aiment passer par la case post-production, la caméra gère l’enregistrement en 10-bit avec les profils de couleurs D-Log M et HLG.

Voici un exemple de vidéo « sortie de boîtier » sans aucun traîtement (n’oubliez pas de cliquer sur la petite roue crantée en haut à droite de l’image pour profiter de la qualité maximale) :

L’objectif offre un champ de vision ultra-large fixe de 143°, idéal pour restituer l’effet de vitesse et englober tout le poste de pilotage (cintre et mains du pilote) dans le cadre. La stabilisation est confiée au système maison RockSteady 3.0/3.0+, avec deux modes principaux : « Daily » (pour le vlog ou la marche) et « Action » (algorithme plus agressif pour lisser les secousses violentes en VTT).

Pour l’audio et le partage, l’Osmo Nano intègre l’écosystème DJI OsmoAudio qui permet de connecter directement en Bluetooth deux émetteurs DJI Mic sans récepteur physique. Enfin, la connectivité USB 3.1 ultra-rapide sur le dock permet de décharger les fichiers à des vitesses théoriques allant jusqu’à 600 Mo/s ; et on peut aussi passer par la carte SD ou une connexion USB-C.

Batterie et autonomie

On l’a dit, la caméra est en deux parties et, côté alimentation, DJI déploie une gestion à double niveau, liée à sa conception modulaire. Le module caméra intègre une micro-batterie scellée pensée pour minimiser le poids en action. De son côté, le Multifunctional Vision Dock embarque sa propre batterie haute capacité et fait office de station de charge nomade rapide dès que la caméra y est clipsée.

Sur le plan purement théorique, DJI annonce une autonomie maximale combinée allant jusqu’à 200 minutes (soit plus de 3 heures de fonctionnement) en utilisant conjointement les réserves d’énergie du dock et du module caméra dans des conditions d’enregistrement optimales (généralement mesurées en 1080p à 30 images par seconde, sans connexions sans fil actives). On peut aussi activer le mode Endurance dans les menus, qui permet de gratter plus de 10 minutes d’enregistrement continu en 4k/60fps, en limitant les requêtes réseau de la caméra.

DJI met aussi en avant une recharge très rapide, qui permet de regagner 80 % en à peine 20 minutes quand on place le module caméra sur le dock. Bref, le temps de souffler un peu, de boire un coup ou de remonter en haut d’une spéciale, et la petite caméra de 52 g est de nouveau pleinement d’attaque pour un nouveau run complet. Lorsque le module caméra est logé dans son dock et que l’ensemble est branché sur une prise secteur, le système tire profit des protocoles de charge rapide (norme USB-C PD 3.0, nécessitant un chargeur d’au moins 30W). Il faut alors compter environ 30 minutes pour recharger entièrement le module caméra à 100 %, tandis que le cycle complet pour recharger simultanément la caméra et les 1300 mAh du Vision Dock demande un peu moins d’1h30.

Et une fois qu’on a filmé ?

Une fois qu’on a enregistré ses exploits, on dispose de deux solutions pour les décharger, les visionner, les monter et les partager. La première option est très classique : basculer les fichier du stockage interne vers la carte SD, puis les faire passer sur son ordinateur/disque de stockage. La seconde permet de réagir plus rapidement, sur le terrain, avec l’application DJI Mimo qui gère l’activation, les réglages fins et qui permet de transférer tout ou partie de ses vidéos sur son smartphone. L’app propose un mode « Story » guidé pour générer de courtes séquences dynamiques prêtes à poster. Attention toutefois au stockage sur le téléphone, qui peut vite être saturé, et au cache qu’il faut régulièrement penser à vider. Par contre, on regrette que la DJI Osmo Nano ne soit pas (encore ?) compatible avec la très bonne application LightCut, officiellement recommandée par DJI et compatible avec de très nombreux autres modèles de sa gamme (drones et caméras d’action).

Versions et packs disponibles

Plusieurs versions de la DJI Osmo Nano sont disponibles, ainsi que des packs avec des accessoires destinés à certaines pratiques plus spécifiques.

Packs de base

  • Osmo Nano Standard Combo (64 Go) : 319 €
  • Osmo Nano Standard Combo (128 Go) : 349 €

Cette configuration de base s’adresse en priorité à ceux qui possèdent déjà une panoplie d’accessoires ou recherchent la compacité à moindre coût. Pour ce prix, le fabricant livre le module caméra de 52 grammes, son précieux dock multifonction, ainsi que les supports magnétiques de première nécessité (tour de cou et clip pour casquette). C’est une option pertinente aussi si on souhaite se composer soi-même son pack d’accessoires.

Déclinaisons DJi Osmo Nano ciblées « Vélo »

  • Osmo Nano Mountain Cycling Combo (64 Go) : 415€
  • Osmo Nano Mountain Cycling Combo (128 Go) : 445 €
  • Osmo Nano Road Cycling Combo (64 Go) : 430 €

C’est le cœur du sujet pour les pratiquants de sports cyclistes, avec une segmentation entre route et tout-terrain. Le pack Mountain Cycling se distingue en intégrant une fixation de cintre plus robuste pensée pour encaisser les chocs et les vibrations . Il inclut aussi un support qui se fixe sur la mentonnière d’un casque intégral, mais hélas pas le support thoracique (vendu 70 €).

Le pack Road Cycling, légèrement plus onéreux en version 64 Go, réorganise la dotation en accessoires. On y retrouve un support double pour rails de selle ainsi qu’un bras articulé flexible qui permet de déporter la caméra sur le cadre ou le cintre afin de capturer des angles plus originaux.

Les alternatives : Vlog et Outdoor

  • Osmo Nano Vlog Combo (64 Go) : 382 €
    Osmo Nano Hiking Combo (64 Go) : 408 €

En marge du cyclisme, DJI complète son offre avec d’autres ensembles thématiques. La déclinaison Vlog met l’accent sur la capture audio en incluant d’office le tout nouveau micro sans fil DJI Mic Mini Transmitter (disponible au choix en noir ou en blanc). Le pack Hiking, quant à lui, s’oriente vers la randonnée et le trail running avec des fixations légères pour bretelles de sac à dos et des clips rapides de ceinture.

DJI Osmo Nano : le test terrain

Le premier point qu’on relève sur cette DJI Osmo Nano, c’est la compacité du module caméra. Cela peut sembler anodin, dans la mesure où les caméras d’action classiques ne sont déjà pas bien grosses, mais le fait que le module caméra de la Nano soit quasiment deux fois plus petit encore, permet de le fixer à bien plus d’endroits et bien plus facilement. On peut par exemple très aisément le glisser sous la visière du casque ou à des endroits un peu improbables sur le vélo.

Au-delà de sa taille, son poids plume permet aussi de limiter les vibrations de l’image, et aussi du casque quand on choisit ce type de montage. Si une caméra d’action classique ne fait pas trembler un casque intégral, elle peut par contre clairement déséquilibrer un casque « jet »/ »open face » plus classique, surtout si on monte la caméra au niveau de la visière comme c’est de plus en plus recommandé pour la sécurité. Enfin, elle gênera moins le champ de vision si on la place en bas de la visière.

Même si on recommandera la sangle thoracique pour une stabilité optimale et pour pouvoir ajuster finement la position de la caméra, on peut aussi clairement utiliser le simple petit aimant pour accrocher la caméra sur son maillot en vitesse, en position horizontale ou verticale. Ce qui est impossible avec une caméra plus lourde. Enfin, si vous disposez déjà d’une large panoplie d’accessoires au format GoPro, sachez qu’il existe des adaptateurs (comptez en moyenne une quinzaine d’euros).

La mise en marche de la caméra est très simple (un seul bouton) et on apprécie vraiment de disposer du module dock/écran séparé qui permet de vérifier précisément son cadrage en live ou de visionner ses extraits sur le terrain. Le système d’accroche clips/aimants de la caméra aux accessoires et au dock est lui aussi très intuitif et permet de bouger la caméra très facilement, notamment pour la recharger.

Au niveau de l’autonomie justement, vous pouvez compter sur environ 40/50 minutes (selon la qualité) de film avec juste la caméra et doubler voire presque tripler cette valeur en  rechargeant la caméra sur le dock. Vu la compacité de l’ensemble, cela nous a paru tout à fait correct. La recharge à 80% en 20 minutes se vérifie sur le terrain, ce qui est un atout. Et, même si on ne peut pas changer les batteries internes, une fois sur secteur ou sur une batterie externe, le dock et la caméra se rechargent très rapidement. Concrètement, on peut donc facilement filmer toute une journée de ride sans aucun souci (en s’équipant d’une carte SD de 512 Go ou 1 To pour enregistrer ses rushes).

Exemple de vidéo montée avec l’IA de l’app DJI Mimo, sur base d’une dizaine de rushes issus directement de la caméra :

Une fois de retour au calme, on apprécie aussi le rapport qualité d’image / compacité : l’intégration de ce fameux capteur 1/1.3″ et sa qualité impressionnent vraiment. On est surpris par la dynamique, qui se traduit par une excellente capacité à restituer les détails autant dans les ombres que dans les zones de forte lumière. La stabilisation est également très performante, de sorte qu’on peut sortir des images très qualitatives qui ne dénoteront pas dans une vidéo pro. On l’a déjà dit, mais on regrette par contre vraiment que la DJI Osmo Nano ne soit pas compatible avec l’appli LightCut, très performante, car on doit ici se contenter des fonctions basiques de l’app DJI Mimo, ou passer par des apps/programmes plus professionnels.

Au rang des points négatifs/à surveiller, on doit tenir à l’œil la température de la caméra, qui va limiter l’enregistrement continu à 15-20 minutes en statique, ou une trentaine de minutes en action avec flux d’air, avant coupure de sécurité. En pratique, c’est rare qu’on filme aussi longtemps en continu, mais il faut quand même penser à lui laisser le temps de souffler et de refroidir entre plusieurs runs. Ce qui n’est pas possible quand elle recharge, car cette opération fait aussi chauffer la caméra. En pratique, nous n’avons mis qu’une seule fois la caméra en sécurité, et nous l’avions bien cherché, mais il est indéniable qu’une caméra petit format comme celle-ci est plus sensible à la chauffe.

Au-delà de 30-35 km/h, nous avons aussi noté une saturation sonore liée au vent, qui nécessite l’usage d’un micro externe (le DJI Mic Mini est tout indiqué) ou de mousses de protection. Enfin, l’ergonomie sous la pluie / avec gants est perfectible. Si le bouton physique de la caméra se manipule bien, l’écran tactile du dock s’avère difficile à opérer avec des gants ou des doigts mouillés. Il faut aussi faire attention au fait que le dock n’est pas étanche (uniquement résistant aux projections) et doit donc être protégé en conditions humides.

Verdict

Certes, l’autonomie est un poil plus limitée et la DJI Osmo Nano est un peu plus sensible à la chauffe que des modèles classiques de taille plus imposante, mais son poids plume, sa compacité et surtout son concept modulaire ainsi que la qualité des images produites nous ont vraiment convaincus en pratique. Sa polyvalence et sa facilité d’utilisation sont de réels atouts, tout comme la capacité de la fixer facilement à beaucoup plus d’endroits qu’un modèle classique. Le seul point qu’on aimerait voir vraiment amélioré est lié à l’app et aux fonctions de montage automatique, actuellement limitées avec l’Osmo Nano.

Plus d’infos : https://www.dji.com/be/nano

Par Olivier Béart