Test | Bryton Rider S810 : le GPS qui fait presque tout… pour beaucoup moins cher
Par Adrien Protano -
Grand écran, excellente autonomie, navigation efficace et prix très agressif : avec le Rider S810, Bryton continue de bousculer les références du marché. Face à Garmin ou Hammerhead, le constructeur taïwanais ne joue pourtant pas exactement dans la même cour. Son dernier GPS accepte quelques compromis logiciels pour proposer une expérience très convaincante à un tarif difficile à ignorer. Nous l’avons testé :
Il y a encore quelques années, choisir un GPS Bryton revenait souvent à faire certaines concessions pour économiser quelques centaines d’euros. Les écrans étaient moins agréables, l’interface plus rudimentaire et les fonctions de navigation plus limitées. Aujourd’hui, l’écart s’est considérablement réduit.
La recette reste pourtant inchangée : proposer beaucoup pour un prix contenu.
Avec le Rider S810, Bryton veut quitter ce rôle de simple alternative économique. Le constructeur propose désormais un appareil moderne, bien équipé et capable de répondre aux attentes de la très grande majorité des pratiquants, qu’ils roulent sur route, en gravel ou en VTT. La recette reste pourtant inchangée : proposer beaucoup pour un prix contenu, de 299,95 € (et à partir de 225 € en cherchant un peu) ou 359,95 € pour le bundle avec capteur.
Une fiche technique qui coche presque toutes les cases
À première vue, difficile de reprocher grand-chose à la fiche technique du Bryton Rider S810. La marque a repris la recette qui fonctionne sur le haut de gamme actuel : un écran tactile couleur de 3,5 pouces, suffisamment grand pour afficher confortablement la cartographie tout en conservant un encombrement raisonnable sur le cintre. A titre de comparaison, l’écran est plus grand que celui d’un Garmin 850 (2,7 pouces) et d’un Hammerhead (3,2 pouces), et à la même taille qu’un Garmin 1050 (3,5 pouces).
Le tactile est complété par plusieurs boutons physiques, une combinaison que nous apprécions toujours autant puisqu’elle permet de continuer à manipuler le GPS avec des gants, sous la pluie ou dans les passages les plus mouvementés, là où le tactile montre naturellement ses limites.
On notera que le support est au format propriétaire Bryton, mais qu’il est possible de l’interchanger avec un support type Garmin fourni de série avec le GPS. Il suffit pour ça de dévisser le support initial, fixé par 4 petites vis hexagonales, et d’installer le nouveau support. Un point en plus également d’un point de vue durabilité puisqu’il sera possible de le remplacer en cas de casse.
Le S810 embarque également l’ensemble des fonctions que l’on est en droit d’attendre d’un GPS moderne. Il communique aussi bien en ANT+ qu’en Bluetooth, ce qui lui permet de se connecter à la quasi-totalité des accessoires disponibles sur le marché : cardiofréquencemètres, capteurs de cadence ou de vitesse, capteurs de puissance, home-trainers, radars arrière ou encore changements de vitesse électroniques Shimano Di2, SRAM AXS et Campagnolo EPS. Les pratiquants orientés performance retrouveront également les principales fonctions d’entraînement, avec la possibilité de suivre des séances structurées ou de consulter en temps réel de nombreuses données de puissance et de fréquence cardiaque.
La partie navigation a elle aussi beaucoup progressé par rapport aux anciennes générations Bryton. Le Rider S810 embarque une cartographie couleur, propose le calcul et le recalcul d’itinéraire, l’import de parcours via l’application Bryton Active ainsi que différentes fonctions de guidage qui permettent aussi bien de préparer une sortie route que de partir explorer de nouveaux itinéraires en gravel ou en VTT. Sans atteindre encore le raffinement des meilleurs GPS du marché, nous y reviendrons plus loin, l’ensemble répond aujourd’hui aux besoins de la très grande majorité des pratiquants.
Enfin, difficile de ne pas évoquer l’un des principaux arguments du Rider S810 : son autonomie. Bryton annonce jusqu’à 50 heures d’utilisation, un chiffre qui le place parmi les références de la catégorie. Bien entendu, cette valeur varie selon l’utilisation du GPS, le niveau de luminosité de l’écran ou encore le nombre de capteurs connectés, mais dans tous les cas, le S810 offre une marge très confortable. Pour les longues sorties, les épreuves marathon ou les aventures de plusieurs jours, c’est un vrai point fort qui permet d’oublier rapidement la question de la batterie.
Bryton Rider S810 : le test terrain
Pendant plusieurs semaines, nous avons utilisé le Rider S810 aussi bien sur route qu’en VTT, en alternance avec un Garmin Edge 1050 et un Hammerhead Karoo. Dès les premiers kilomètres, une chose saute aux yeux : Bryton a énormément progressé.
L’écran constitue d’ailleurs l’une des premières bonnes surprises. Lumineux, suffisamment contrasté et agréable à lire, il offre un réel confort de lecture, que ce soit pour consulter les données d’entraînement ou suivre un itinéraire. Même en plein soleil, nous n’avons jamais eu de difficulté à distinguer la carte ou les différents champs de données. Sur ce point, le Rider S810 n’a clairement plus grand-chose à envier aux références du marché.
Même constat concernant l’autonomie. C’est sans doute le domaine où Bryton impressionne le plus. Plusieurs longues sorties, navigation activée et capteurs connectés ne semblent jamais réellement mettre le GPS en difficulté. Là où certains concurrents demandent déjà un œil sur le niveau de batterie avant une grosse journée, le S810 se fait rapidement oublier. Pour les amateurs de longues aventures, de bikepacking ou de marathons VTT, c’est un vrai point fort.
En roulant, le GPS inspire globalement confiance. Les profils d’activité sont faciles à personnaliser, les pages de données sont lisibles et la navigation répond parfaitement aux besoins de la majorité des pratiquants. Nous avons notamment apprécié la simplicité de création et d’import des itinéraires, qui permet de préparer rapidement une sortie sans devoir passer des heures devant un ordinateur. Le Bryton S810 embarque également une fonction de recherche vocale pour la navigation. Il faut toutefois avoir son téléphone et que celui-ci soit connecté à Internet pour profiter de la recherche vocale, des POI et de certaines fonctions comme “Retour au départ”.
Une fonction type « ClimbPro », baptisée Climb Challenge, est également bien présente sur le GPS et fonctionne sans itinéraire pré-chargé, simplement grâce à la cartographie embarquée. Attention, sur une montée avec plusieurs bifurcations, il peut donc parfois afficher une ascension qui n’est finalement pas celle prévue/désirée. C’est un problème que l’on rencontre sur tous les GPS, mais l’écran d’ascension peut ici rester affiché un peu trop longtemps avant de se mettre à jour.
Tout n’est cependant pas parfait. Si le matériel a désormais atteint un excellent niveau, le logiciel laisse encore apparaître quelques limites. L’interface manque parfois d’intuitivité et certaines fonctions demandent un peu plus de manipulations qu’elles ne le devraient. Au fil de notre essai, nous avons également rencontré quelques petits bugs ou comportements étranges, jamais bloquants, mais suffisamment présents pour rappeler que Bryton n’a pas encore le même niveau de maturité que Garmin.
L’application Bryton Active souffre du même constat. Elle remplit parfaitement sa mission : synchronisation automatique des sorties, création d’itinéraires, gestion des profils ou mises à jour du GPS. En revanche, son ergonomie et son design paraissent aujourd’hui un peu datés. Face à Garmin Connect ou à Hammerhead Companion, l’ensemble manque encore de finition et donne parfois une impression un peu “cheap”. Là encore, rien de rédhibitoire, mais on sent que la marge de progression est importante.
Nous avons également relevé quelques différences sur la précision du GPS. Dans la très grande majorité des sorties, les traces enregistrées sont tout à fait satisfaisantes et largement suffisantes pour un usage courant. En revanche, si l’on aime analyser ses fichiers dans le moindre détail ou comparer précisément ses trajectoires, Garmin conserve encore un léger avantage en matière de précision et de régularité des relevés. C’est un détail qui ne concernera finalement qu’une minorité d’utilisateurs, mais il mérite d’être souligné.
Verdict
Alors que Garmin et Hammerhead proposent aujourd’hui des produits extrêmement aboutis jusque dans les moindres détails, Bryton accepte encore quelques imperfections sur la partie logicielle. En contrepartie, il offre un matériel de très haut niveau, une excellente autonomie et une expérience globale particulièrement convaincante pour un tarif nettement plus accessible. C’est finalement là que se situe toute la personnalité du Rider S810. Et c’est sans doute ce qui nous semble le plus encourageant. Car contrairement à un écran ou à une batterie, le logiciel évolue. Bryton déploie régulièrement des mises à jour qui corrigent des bugs et enrichissent les fonctionnalités de ses GPS. En réalité, les principaux points perfectibles du Rider S810 concernent le logiciel. Et c’est plutôt une bonne nouvelle : contrairement au matériel, ces aspects peuvent évoluer rapidement au fil des mises à jour.
Pour plus d’informations : https://global.brytonsport.com/fr






