Test | Boeshield T-9 :
l'huile made in Boeing

Tech
20 septembre 2016 — Olivier Béart

Il y a près de 40 ans, Boeing a développé un lubrifiant d’un nouveau type, à base de paraffine car les produits à base de Teflon ou silicone ne répondaient pas aux exigences du célèbre constructeur d’avions. C’est ainsi qu’est né le Boeshield T-9, qui connaît aujourd’hui bien d’autres applications, de l’industrie au domaine naval… en passant par le vélo ! Nous avons testé longuement ce lubrifiant de chaîne un peu particulier pour voir s’il tient ses promesses. Verdict.

boeshield_t9_test_copyright_obeart_vojomag-8Le simple fait d’évoquer l’aéronautique fait toujours forte impression dans un discours marketing. Précision, haute technologie, contraintes mécaniques élevées : toutes ces valeurs se retrouvent automatiquement et presque par magie transférées dans des domaines où elles sont, si pas absentes, à tout le moins pas aussi poussées. Mais ici, c’est d’autre chose qu’il s’agit : le lubrifiant que vous avez sous les yeux a, au départ, été développé par Boeing pour ses propres besoins avant d’être commercialisé sous licence pour d’autres applications. Et, à part un petit logo “Boeing Officially Licenced Product” à l’arrière de la bouteille, on ne peut pas dire que la marque en fait des tonnes sur ce chapitre, ce qui est plutôt une bonne chose.

boeshield_t9_test_copyright_obeart_vojomag-17La formule de ce lubrifiant n’est pas neuve. Elle a été mise au point il y a près de 40 ans car Boeing n’était pas satisfait des lubrifiants à base de silicone ou de Teflon présents sur le marché. Les services R&D de la marque ont donc mis au point ce lubrifiant à base de paraffine et de dérivés pétrolés dont la licence a ensuite été accordée à PMS Products en 1982 afin d’ouvrir la porte à d’autres applications sous le nom de Boeshield T-9 : nautisme, industrie et… vélo ! Son arrivée dans notre sport est plus récente et la marque a mis dernièrement un gros coup au niveau commercial en se dotant d’un vrai réseau de distribution en France comme en Belgique et en sponsorisant des événements majeurs comme le Roc d’Azur et la Belgian Enduro Cup.

boeshield_t9_test_copyright_obeart_vojomag-18Voyons un peu plus concrètement de quoi il s’agit. Sur l’emballage, la liste des promesses est longue : nettoie, lubrifie, protège, repousse la poussière et la saleté, résistant à l’eau, dure “des centaines de miles”, convient tant pour la chaîne que pour les câbles, dérailleurs, pivots,… Bref, il semble pouvoir tout faire ! Un peu comme un WD-40 en version plus. Pour vérifier tout cela, nous en avons utilisé un flacon entier (118ml) pendant près d’un an sur un de nos vélos de test longue durée.

boeshield_t9_test_copyright_obeart_vojomag-12Avant de mettre le lubrifiant sur la chaîne la première fois, nous avions pris soin de bien la nettoyer et d’enlever toute trace d’autre produit. Ce n’est pas exigé par la marque, mais c’est toujours préférable afin de partir d’une bonne base. Par contre, Boeshield recommande de laisser sécher le T-9 pendant au-moins 2 heures avant utilisation. Pas question donc d’en mettre pour lubrifier sa chaîne juste avant d’aller rouler !

boeshield_t9_test_copyright_obeart_vojomag-13Le premier flacon que nous avons utilisé avait un orifice différent qui, très clairement, laissait passer trop de liquide. Le Boeshield T-9 est en effet très fluide, presque comme de l’eau, et on en mettait presque la moitié à côté à chaque application au début. Au prix où il est vendu (15€ les 118ml), c’est dommage ! Sans parler de l’environnement. Visiblement, nous n’avons pas été les seuls à faire remonter l’information et la marque a changé de contenant pour celui que vous avez sous les yeux. Cette fois, le calibrage est bon et il est facile de ne pas déborder. Autre avantage, le bouchon n’est plus amovible (il remonte simplement pour libérer l’orifice) et il n’y a donc plus de risque de le perdre.

boeshield_t9_test_copyright_obeart_vojomag-3Sur le terrain, le Boeshield T-9 s’est révélé être un excellent lubrifiant pour la chaîne, probablement l’application la plus exigeante sur nos machines. C’est surtout dans les conditions sèches et la grosse boue qu’il se montre très performant en évitant aux saletés de s’agglutiner sur la chaîne.

boeshield_t9_test_copyright_obeart_vojomag-9En conditions mixtes (sol humide et flaques mais temps chaud) et sur de longues distances, les résultats sont très bons mais d’autres lubrifiants nous semblent un rien plus performants, comme le Finish Line Ceramic Wet Conditions. Dans ces circonstances, de petits amalgames boue/poussière finissent par se former comme avec des huiles plus classiques. Par contre, au lavage, le Boeshield T-9 n’a pas d’égal et un simple coup de jet d’eau suffit à récupérer une chaîne propre, sans résidus, quelles que soient les circonstances.

boeshield_t9_test_copyright_obeart_vojomag-11Autre point sur lequel le Boeshield T-9 excelle, c’est l’action anti-rouille. Si vous avez laissé votre vélo quelques jours au clou après l’avoir lavé (ou sans même y toucher après une sortie humide) et que des points de rouille apparaissent sur la chaîne, un petit coup de T-9 et tout disparaît. Idem si vous avez des têtes de vis un peu rouillées. Nous ne sommes pas de grands fans de la lubrification des câbles et gaines car en général on fait pis que mieux en attirant les saletés par la présence de lubrifiant mais, dans le cas présent, ce problème n’en est pas un et la fluidité est effectivement un peu améliorée sur des ensembles de qualité moyenne (sur des câbles/gaines haut de gamme, l’effet est imperceptible). Enfin, le Boeshield T-9 est aussi assez efficace pour éliminer certains craquements, comme au niveau d’un boîtier de pédalier par exemple.

Verdict :

boeshield_t9_test_copyright_obeart_vojomag-7Très efficace contre la rouille, n’attirant pas la poussière, peu sensible à la boue, le Boeshield T-9 est un lubrifiant destiné principalement à la chaîne, mais dont le champ d’action plus large est intéressant. Certains lubrifiants spécialisés de dernière génération offrent des performances un cran au-dessus dans certaines circonstances (on a cité notamment le Finish Line Ceramic Wet) mais la polyvalence du T-9 lui redonne l’avantage au final. Son prix est élevé mais dans la moyenne ; il faudra juste faire attention à l’appliquer avec parcimonie car il est aisé de dépasser la dose nécessaire même avec le nouveau flacon dont le bouchon applicateur a été revu. Le seul réel bémol est qu’il est tout sauf écologique et même hautement toxique en cas d’ingestion (attention aux enfants). Il n’est pas le seul dans le cas, mais on commence à voir arriver des lubrifiants naturels de qualité sur le marché. 

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Plus d’infos : http://boeshield.com – http://www.boeshield-t9.be et www.wikisports.be