Rencontre avec Marie Favier…
gagnante du Shimano XTR Challenge/MB Race

Sport
9 mai 2018 — Elodie Lantelme

Seule féminine parmi les 4 vainqueurs du concours Shimano XTR Challenge/MB Race, Marie a mis à son horizon de boucler les 70 km de cette épreuve autoproclamée « course la plus dure au monde », qui se déroulera les 7 et 8 juillet dans le massif du Mont-Blanc. Pour y parvenir, l’Altiligérienne a son cocktail. Nous l’avons croisée à la sortie du boulot.

En ce début de mai, il restait à peine 20 minutes de lumière au bord du lac de Bas-en Basset, en Haute-Loire. Marie sortait tout juste de l’Intersport d’à côté, où elle gère les rayons cyclisme et course à pied. Le temps d’attraper son vélo, le casque et les chaussures gagnées avec le montage full Shimano du concours Shimano XTR Challenge/MB Race, et la jeune femme était prête, mais le soleil, lui, se débinait.

« J’ai choisi cet endroit parce qu’on vient souvent rouler avec mon copain, Anthony, en tandem, et c’est juste à côté du boulot, donc c’était facile de s’y retrouver. » Le vélo, Marie y a goûté au lycée, à Monistrol-sur-Loire, quand elle s’est inscrite à la section VTT de son établissement. Avant, elle n’en avait jamais fait, ou trois fois rien. Elle a embringué son père dans l’aventure, et roule ! « J’en faisais trois heures par semaine avec l’école, on touchait à tout, comme un TRJV. »

Elle va décider de s’orienter vers le cross-country : « Je préfère les longues montées, l’effort… et en descente, comment dire ? C‘était compliqué ! J’aimais pas prendre le temps d’apprendre pour la technique, mais j’aime être dehors et découvrir des paysages, des régions ! » Son premier souvenir fort de vélo remonte à un championnat Auvergne UNSS :« Il y avait Laura Charles, qui était dans la team Focus. Je suis partie à bloc, j’étais en tête et super contente… j’ai tenu 500 mètres avant d’exploser (rires) ! » En raison d’une d’une malformation cardiaque, l’Altiligérienne va devoir s’arrêter durant un an afin de se faire opérer.

Mais celle qui se définit comme « motivée, dynamique et… têtue » ne compte pas laisser cet épisode l’éloigner du guidon. Elle s’y remet doucement, puis plus fort. Très fort, même, puisqu’elle goûte à ses premières épreuves longues : les 24 Heures du Luberon et… la MB Race. C’était il y a deux ans.

Elle en garde un souvenir magique. De l’ambiance, surtout. A tel point que le salon de leur appartement abrite quantité d’évocations de cette course pas comme les autres : « C’était dur, je n’étais pas assez préparée physiquement, mais il y a tellement de monde sur le bord, c’est la seule course qui me met autant les frissons ! »Électrique et double plateau au menu

Cette année, elle a mis le 70 km à son horizon : « Si je peux aller plus loin, tant mieux, mais ça ne sera que du bonus. » Sa monture pour y parvenir ? Un Focus Raven Elite : « Le cadre est léger, réactif mais il reste super confortable. C’est un 27,5, ça me permet de faire de la longue durée, je suis moins à l’aise sur le 29. » Vu son gabarit (1,64 m pour 56 kg) et sa pratique, le semi-rigide lui va bien, l’absence de tige de selle télescopique aussi : « J’hésitais, surtout pour les courses techniques comme le Roc laissagais, auquel j’ai participé pour la première fois cette année, mais en fait, ça ferait du poids supplémentaire pas forcément utile. »

 

Parmi les options possibles pour le montage Shimano qu’elle a gagné, en vue de la MB Race, Marie a choisi le Di2 :« Pour la fiabilité de l’électrique. Une fois que c’est réglé, on est parti pour des kilomètres ! » assure-t-elle, approuvée par Anthony, son copain, mécanicien à Monistrol Cycles depuis 4 ans. C’est d’ailleurs lui qui a réalisé le montage sur le Focus. Il a dû faire vite, ça poussait derrière pour aller rouler avec au plus tôt. Une journée a suffi. Enfin presque : « Avec la géométrie du Focus, le dérailleur avant touchait le cadre quand je mettais sur le petit plateau. Donc j’ai inséré une cale pour décaler le pédalier, et ensuite, c’était tout bon. La ligne de chaîne est bonne, il n’y a pas de souci. » Une adaptation validée avant utilisation par le SAV Shimano.

« Je n’avais jamais roulé avec le Di2 avant, précise Marie. Au début, ça faisait bizarre de n’avoir qu’une manette, ça change pour te repérer dans tes rapports, mais comme ils sont indiqués, c’est juste “wow”, c’est vraiment bien ! Il a fallu peaufiner quelques réglages, car le dérailleur avant sautait à cause de la cale. » Anthony a donc programmé le Synchro Shift pour conserver 2 dents en haut.

Le double plateau s’est imposé. « J’ai essayé le mono plusieurs fois et je n’arrive pas à trouver le compromis pour monter tout en gardant une certaine assurance en descente :  ça moulinait, c’était horrible… Là, j’ai choisi un 34/24 en cassette XT 11×42. L’étagement, c’est tout ce dont j’ai besoin pour rouler par ici, c’est vallonné, ça monte, ça descend ! Ça mouline pas mal, parce que je n’aime pas pédaler en force, je préfère garder de la réserve, en cas de coup dur. »

Comme elle a toujours pédalé en cales Shimano, la transition avec les XTR a été facile. Et pour les freins, elle a opté pour du 160 mm dans le pack XTR : « Ça suffit largement par rapport à mon poids et à celui du vélo, en plus ils sont bien ventilés ! Je ne fais pas de la DH (rires) ! »

Elle ne fait pas de la descente, mais cette épicurienne dont le plat préféré reste les quenelles à la sauce tomate a quand même monté des jantes Notubes Crest MK3 : « Elles sont costaudes et confortables, pas trop lourdes (340 g) et surtout très fiables ! » 

La fiabilité, indispensable pour affronter le maximum de foncier qui l’attend jusqu’à fin mai dans le cadre de sa préparation, avant de retravailler bien le technique, et de prendre le départ des 3700 m de D+ qu’elle rencontrera sur les 70 km de la MB Race.

Pour en savoir plus sur la MB Race : http://mb-race.com/fr/