Prise en main | Marin Mount Vision : du caractère et du fun

Tech
4 mars 2019 — Paul Humbert

De retour sur le devant de la scène en Europe, Marin continue son re-développement et présente un Mount Vision complètement revisité. Il quitte son architecture assez traditionnelle pour se rapprocher du Wolf Ridges avec, notamment, sa suspension baptisée Naild R3ACT – 2 Play. 150mm de débattement, en carbone, et équipé de roues de 27,5 pouces, on vous le présente en détails et on vous donne nos premières sensations à son guidon. 

Dans la gamme Marin, le Wolf Ridges fait figure d’OVNI puisqu’il se destine, d’après la marque, aux pratiques allant du cross-country à l’enduro. Nous vous en présenterons un test complet, mais en attendant, penchons nous sur ce Mount Vision qui s’en inspire beaucoup. Pour ce dernier, le programme est moins vaste et la marque le destine aux pratiques all-mountain et enduro. Il développe 150mm de débattement et s’équipe de roues de 27,5 pouces. La marque entend bien en faire un vélo joueur, dynamique et assez unique. 

Ce qui caractérise le vélo, c’est avant tout sa suspension baptisée « Naild R3ACT – 2 Play » développée avec le bureau d’ingénierie Naild. 

L’ensemble repose sur l’équilibre entre les forces au pédalage et le poids du pilote pour garder un maximum d’efficacité au pédalage tout en laissant la possibilité à la roue de continuer à lire le terrain. La particularité est l’utilisation d’un « slider », un gros tube rond qui vient coulisser dans un manchon liant le bras arrière et le triangle avant (les deux parties coulissent sur un joint de fourche de moto). Quand on avance dans le débattement, l’axe de roue arrière va reculer et la chaîne sera en tension, empêchant de ressentir de désagréables « creux » au pédalage. Le Marin a donc un haut niveau « d’anti-squat » tout au long du débattement. Le résultat attendu est une efficacité redoutable au pédalage, sans avoir recours à un blocage d’amortisseur ou à tout autre réglage. Le désavantage théorique sera ce qu’on appelle le « kickback », soit le mouvement des manivelles qui tendent à remonter et à « taper dans les jambes », et ce,  tout particulièrement au freinage. 

Jusque là, le Mount Vision est identique au Wolf Ridges. La différence se situe dans l’ajout d’un basculeur en carbone ancré sur le tube supérieur. Ce dernier rend le travail de la suspension plus progressif afin de dynamiser et de rigidifier la machine (un point qui laisse à désirer sur le Wolf Ridges dont notre test longue durée est à paraître rapidement). 

Cette cinématique est associée à une géométrie en accord avec les ambitions du vélo : les bases sont très courtes (420mm) et on retrouve un reach de 453mm en taille M ainsi qu’un angle de direction de 65 degrés. Le boitier de pédalier est à 330mm du sol. 

L’autre particularité de ce Marin, c’est l’adaptation des cinématiques en fonctions des tailles. La position des points de pivots est modifiée afin d’obtenir un résultat identique pour les différents poids et morphologies. On retrouve donc une déclinaison pour les tailles S et M et pour les tailles L et XL.

Le Marin Mount Vision a été conçu pour être utilisé avec des pneus de largeur 2.6. Un habile compromis entre le confort et le grip des pneus plus, tout en conservant la précision des pneus plus étroits. 

Côté construction, Marin ajoute de nombreux petits éléments pour fiabiliser la machine. Sur le Mount Vision, tous les roulements sont protégés par une petite bague les isolant des contaminations. 

Un sabot vient protéger le tube inférieur au niveau du boitier de pédalier. Le vélo étant déjà bas, cette protection est bienvenue. Un garde-boue arrière est également intégré au cadre. 

Sur toutes les tailles, deux plots permettant d’installer un porte-bidon sont disponibles. Deux plots supplémentaires sont ajoutés sur les tailles L et XL. 

Dans la gamme, on retrouve trois modèles dont les deux plus accessibles sont disponibles dès aujourd’hui. L’entrée de gamme est le Marin Mount Vision 8 à 5299€ que nous avons pu rouler. Vient ensuite le Marin Mount Vision 9 à 6999€ et enfin le Mount Vision Pro à 8999€ qui est retardé en raison des soucis de livraison du Shimano XTR.

Prise en main | Marin Mount Vision 8 

C’est sur les sentiers de Massa Marittima (Toscane – Italie), préparés par les « Trail Brothers », que nous grimpons sur le nouveau Marin Mount Vision. Deux modèles sont disponibles : le Mount Vision 8 et le 9. Pour 1m83, nous montons sur un vélo Mount Vision 8 en taille L. L’ensemble paraît assez court avec une potence de 35mm, mais on trouve toutefois nos marques. Le SAG est à régler à 25%, selon les recommandations de Marin. 

Au premier coup d’oeil, on repère un espace entre les manivelles et les bases assez réduit. On espère que Marin a pris ses dispositions côté peinture pour assurer à ces dernières une bonne durée de vie dans le temps. Côté SAV d’ailleurs, Marin annonce une garantie de 5 ans sur le triangle avant, et de 1 an sur le triangle arrière. En Europe, les plateformes logistiques de la marques américaine sont basées en Allemagne et an Angleterre.

Mtb Connection Winter 2019 – @6Stili

D’entrée de jeu, on bouge vite et facilement sur le vélo. L’ensemble est compact et les bases très courtes de la machine sont une aide sur ce point. Le vélo est un véritable petit jouet quand il est question de se placer dans les virages et de changer d’angle. On tourne très facilement et c’est un point positif sur les sentiers étroits de Massa Marittima.

Mtb Connection Winter 2019 – @6Stili

Le grip est véritablement au rendez-vous, notamment grâce à la monte de pneus qui  apportent également pas mal de confort.

Quand on prend de la vitesse, le vélo « s’allonge », ce qui le rend plus stable. On sent toutefois un peu l’effet d’un kickback au freinage. Cela n’a rien de vraiment dérangeant mais pourrait s’avérer fatigant à la longue. 

Mtb Connection Winter 2019 – foto @6Stili – #6Stili

Comme la marque l’a souhaité, le vélo est véritablement vif et on a presque l’impression de tourner au « frein à main », le contrôle en plus. On s’amuse sur le Marin Mount Vision avec son boitier très bas (qui a touché des roches à plusieurs reprises), toutefois, ce n’est pas avec ce vélo qu’on décolle le plus souvent les roues du sol et le pilotage était assez coulé. 

Mtb Connection Winter 2019 – @6Stili – #6Stili

Enfin, et c’est un point crucial sur ce vélo : au pédalage, le Marin est une petite boule de nerf. En relance, il permet une belle conservation de vitesse. Quand on pédale au train, le comportement est bien plus qu’honorable et Marin réussit son pari de nous faire oublier la manette de blocage. 

Au final, après une petite journée sur les sentiers, les traits du Marin Mount Vision se dessinent. C’est une petite boule de nerfs qu’on dompte assez facilement et qui fera le bonheur de qui souhaitera s’amuser sans chercher forcément à faire tomber un chrono. Un peu usant à la longue, il conviendra à ceux dont le style de pilotage est vif et qui souhaiteront évoluer sur des terrains vallonnés ou de petites montagnes. De part ses traits, on pourrait le confondre avec un véritable enduro, mais il n’en est rien. Le Mount Vision est un gros All-Mountain qui va chercher son caractère dans l’enduro et qui s’affirme. On imagine d’ailleurs que Marin aura facilement la possibilité de faire évoluer cette plateforme avec, peut-être, de plus grandes roues et plus de débattement. On termine cette prise en main avec une belle certitude : le Marin Mount Vision est différent de la majorité des vélos que nous testons ces derniers temps. Il ne conviendra pas à tout le monde et il l’assume ! 

Retrouvez très vite notre test longue durée du Wolf Ridges.

Plus d’infos sur le site de la marque : www.marinbikes.com