Présentation | Commencal Meta Power : centrage des masses et sensations fortes

Tech
23 août 2017 — Olivier Béart

Commencal Meta Power : le premier test

Après la théorie, place à la pratique avec deux grosses sessions de ride dans le fief de Commencal, sur les hauteurs de Vallnord puis d’Andorre la Vieille. Mais avant de songer à faire voler la poussière sur les pistes andorranes rendues hyper sèches par des mois sans pluie… il faut grimper !

Alors que nous avions rencontré quelques soucis avec le moteur Shimano lors de la présentation du BMC Trailfox AMP, ici notre Steps E-8000 est en pleine forme. Main de fer dans un gant de velours, on le retrouve enfin comme on le décrit souvent : à mi-chemin entre le Brose doux mais parfois un peu poussif, et un Bosch puissant mais moins raffiné. Malgré son poids assez élevé, le Commencal Meta Power grimpe bien. Ce n’est pas un foudre de guerre (un BMC Trailfox AMP ou un Scott Spark ont plus de “punch” dans ces situations), mais il a des arguments pour rouler longtemps.

Le tube de selle redressé est agréable pour pédaler en côte, même si, dans les forts pourcentages, on sent que l’avant a tendance à se délester. On perçoit qu’il a tout de même été un peu plus pensé pour dévaler les pentes que pour se tirer la bourre en montée. Encore que, il n’est pas contre le fait de tenter sa chance dans les montées impossibles et, souvent, on constate que ça passe, notamment grâce à l’excellent grip procuré par la suspension arrière avec son amortisseur à ressort.

Il faut oublier les clichés sur les amortisseurs à ressort qui pompent ou qui donneraient un effet “bateau” au vélo.

A ce propos, nous l’avions déjà souligné lors de notre prise en main du nouvel Orbea Rallon équipé d’un Fox X2 Coil, et c’est encore le cas ici avec le RockShox Super Deluxe Coil : il faut oublier les clichés sur les amortisseurs à ressort qui pompent ou qui donneraient un effet “bateau” au vélo. Désormais, c’est du passé.

Par contre, sur terrain mixte et technique (façon sentier en balcon avec des passages trialisants), le boîtier semble fort bas et les manivelles touchent le sol. Quand nous lui signalons, Thomas qui nous accompagne sourit : “On est d’accord et sur la version de série, nous avons remonté un peu le boîtier. Puis ici ce sont des manivelles de 175mm et il y aura des 170 en production.” Nous voilà rassurés !

Bon, maintenant qu’on est au sommet des montagnes, il est temps d’enfiler les protecs et de se retrousser les manches pour retourner dans la vallée. Au menu pour commencer… une impressionnante dégringolade droit dans la pente. Au-dessus, on stresse un peu en voyant la chose mais une fois qu’on est dedans, on garde sans aucun mal le contrôle du vélo et on n’a pas du tout l’impression d’être aux commandes d’un 38 tonnes qui tire tout droit et qui va avoir besoin de la voie de détresse pour s’arrêter. Ouf !

Quand on attaque du singletrack plein pot, le Commencal Meta Power impressionne par son agilité et sa vivacité. Il rappelle fort son cousin le Meta V4.2 et, quand il faut le comparer à d’autres VAE, c’est au nouveau Specialized Levo S-Works en carbone qu’on pense immédiatement. Belle référence, puisqu’il s’agit d’un vélo quasiment deux fois plus cher et nettement plus léger. On est aussi tout prêts à croire Commencal quand ils disent qu’ils font à peu près les mêmes chronos en descente avec le Meta Power et le V4.2. On a même parfois préféré le Power car l’arrière de l’électrique est un peu plus rigide que sur la version classique, sans tomber dans l’excès car le vélo reste très tolérant, et cela nous convient mieux.

Dans les portions lentes, souvent le point faible des e-bikes, le Commencal Meta Power est vraiment dans son élément. L’avant du vélo est facile à faire bouger, soit pour tourner ou pour le lever et enrouler les obstacles. C’est aussi un “bunny-upper” hors normes. Une fois encore, son poids s’oublie complètement et il semble bien plus léger qu’il ne l’est en réalité. C’est à ce moment qu’on commence à réfléchir et à se dire que le centrage des masses est vraiment un élément crucial sur un e-bike. Et que Commencal, en se souciant plus de cela que de l’aspect esthétique, a probablement tapé dans le mille.

Refuser des batteries intégrées encore trop longues est un pari risqué car beaucoup d’acheteurs fonctionnent avant tout au coup de coeur visuel, mais quand on choisit de privilégier le ressenti de terrain, c’est un choix qui nous semble très pertinent à l’heure actuelle… en attendant des batteries intégrées plus compactes !

Au moment d’évoquer ce point, on songe à la comparaison avec le Lapierre Overvolt AM en moteur Bosch, qui privilégie le centrage des masses au look et qui est désormais complété par un Overvolt AM i 2018 qui a lui une batterie intégrée Shimano mais avec lequel nous avons éprouvé quelques difficultés lors de notre prise en main. Enfin, c’est en Bosch et pas en Shimano, mais on pense aussi à Moustache qui a fait sa propre intégration d’une batterie classique, avec un résultat sur le terrain très intéressant. Il est plus polyvalent et type plaine/moyenne montagne que le Commencal mais les deux possèdent un caractère joueur auquel le centrage des masses n’est sans doute pas étranger.

Un autre point important de notre premier ressenti au guidon du Commencal Meta Power, c’est que nous avions l’impression d’être encore frais après ces deux sessions intensives où on a enquillé un bon petit 4000m de dénivelé négatif. D’habitude, on souffre plus des mains, des bras et des épaules, surtout avec un e-bike dont il faut être capable de tenir les 20 à 22kg sur de longues sessions.

Le centrage des masses et le fait qu’on n’a pas une direction camionnesque joue un rôle, mais les suspensions aussi. Fox fait une grosse razzia en ce moment, mais RockShox garde de solides arguments sur le terrain. L’amortisseur à ressort aide aussi à économiser le pilote au niveau des jambes en absorbant encore un peu mieux les mini vibrations qu’un amortisseur à air. Enfin, l’ergonomie du poste de pilotage et un détail comme les grips très confortables font office de cerise sur le gâteau.

Verdict

Le Commencal Meta Power nous a vraiment surpris sur le terrain. Avant la présentation, simplement en regardant le vélo, on avait le sentiment qu’il avait un train de retard sur la concurrence et que la marque andorrane avait loupé le virage de la batterie intégrée par manque de temps ou de moyens affectés au développement. Puis, quelques tours de roues ont suffi à balayer ces clichés. Le Meta Power est avant tout un Commencal, joueur, descendeur hors pair et une véritable machine à plaisir. Comme un bon vin, il ressemble au terroir où il est né. La partie moteur en devient secondaire et elle n’est là que pour aider à élargir son champ d’action ou augmenter le nombre de rotations possibles entre les descentes. Il n’est pas parfait mais cette façon de voir le vélo électrique est quelque chose qui nous parle et c’est, en toute subjectivité, un de nos e-bikes coup de coeur du moment.

Plus d’infos : www.commencal-store.com
Photos : Nico Brizin – Commencal