Présentation | A la découverte de l'Ibis Ripmo avec Scot Nicol

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26 mars 2018 — Olivier Béart

A l’occasion de notre voyage en Californie, nous sommes allés rendre une petit visite dans les locaux de la marque afin que l’emblématique fondateur, Scot Nicol, nous présente l’Ibis Ripmo, leur nouveau 29 gros débattement. Rencontre et découverte :

Vous vous attendiez à un bâtiment rutilant et démonstratif pour le QG de chez Ibis, situé à Santa Cruz (à quelques centaines de mètres à peine de la marque éponyme) ? Eh bien c’est raté ! Ici, dans ce coin où le mètre carré se vend à prix d’or, la marque a mis la main sur de modestes mais fonctionnels halls industriels en bordure de la ville. Et pour la poudre aux yeux, on repassera !

A l’intérieur, la première personne que nous rencontrons est Nate. Outre l’accueil, il est surtout en charge de la flotte de test, qui compte une vingtaine de vélos pour la côte Ouest des USA et autant pour la côte Est, ainsi que du montage des prototypes, vélos de test presse et autres projets spéciaux.

Quelques minutes plus tard, Scot Nicol, le fondateur de la marque, arrive. Il nous fait une rapide présentation de la gamme et nous montre les premiers exemplaires du nouvel Ibis Ripmo, déjà montés et prêts à partir sur les premiers événements ainsi qu’à être montrés aux distributeurs qui rendent tous visite à la marque peu après notre venue.

A l’entrée trône aussi une caravane Airstream, qui sert parfois sur les salons, mais qui fait surtout office de vestiaires aux employés qui s’y changent avant d’aller rouler. “Tu as vu l’image sur le toit, me lance Scot. C’est une pub de l’époque, pour vanter les bénéfices de la structure en aluminium de l’Airstream. Tellement légère qu’un cycliste peut la tirer !”

Au milieu des vélos de la flotte test, Scot nous montre aussi ses propres vélos : un Ripley LS (à gauche) et un Hakka, le modèle gravel de la marque… un peu customisé pour se rapprocher d’un VTT. “Je n’aime pas les guidons de route. Donc j’ai remis un cintre de VTT. C’est marrant comme il se rapproche des premiers mountain bikes à de nombreux aspects, tout en étant hyper moderne sur d’autres, comme le cadre en carbone, les freins à disques, etc. Avec ses pneus en 2.1 très roulants, je peux aller sur route comme sur les grands chemins où je m’amuse vraiment avec cette machine. Et ça va vite !  Quand on ne veut pas faire de trucs très techniques, s’entraîner ou simplement se déplacer, c’est un bon compromis.” 

En tout cas, le vélo, fraîchement monté, attire les regards et Scot s’amuse de la curiosité de ceux qui passent à côté de nous alors que nous discutons. L’homme, qui a été un des pionniers du VTT et qui en est presque une légende, reste particulièrement humble et disponible, passant autant de temps et accordant autant d’attention à un simple magasinier qu’à son associé et président de l’entreprise, Tom Morgan. Un vrai esprit familial se dégage de l’endroit, et cela fait plaisir à voir.

Mais celui pour lequel nous sommes là, c’est l’Ibis Ripmo, que nous montre justement ici l’ingénieur en charge de sa conception, Colin Hughes. Tiens, vous avez remarqué le nom, Rip-Mo ? Eh oui, comme son patronyme le montre, il s’agit d’une véritable rencontre entre le Ripley, pour la taille de roues (29″) et la philosophie polyvalente, avec le Mojo pour le débattement plus important et le côté plus enduro.

Avant de nous emmener voir le nouveau bébé en détails, Scot profite qu’on s’enfonce un peu dans les locaux de l’entreprise pour poursuivre la visite. “Mais cela va être vite fait, nous sommes vraiment une petite structure. Et nous tenons d’ailleurs à le rester !”

Les cadres en carbone sont produits en Asie, et ils arrivent ici en deux parties : triangle avant et triangle arrière séparés. Seul le Ripmo taille S est fabriqué ici, aux USA, en petites quantités et sous forme semi-expérimentale.

Ils sont ensuite assemblés ici, dans de petites cellules qui servent d’atelier, où ils reçoivent leurs biellettes en aluminium (produites à un autre endroit) et passent divers contrôles qualité, sous l’œil attentif de cet adorable gros toutou, véritable mascotte de l’entreprise.

Tout ce qui est administratif et R&D est situé à l’étage… mais là, nous ne pouvons pas vous emmener. Alors que nous avons poussé la porte pour voir où se cachait Momo from Race-Co, l’emblématique distributeur de la marque en France, nous avons déjà aperçu du coin de l’œil des choses que nous n’aurions sans doute pas dû voir. Non, non, n’essayez même pas, nous avons promis de ne rien dire !

De retour en bas auprès de Scot, celui-ci nous emmène dans une des pièces les plus importantes de l’endroit : le musée.

Au beau milieu des vélos qui ont marqué l’histoire de la marque, l’Ibis Ripmo trône, prêt à être présentés aux différents distributeurs de la marque de par le monde.

Tiens, pour la petite histoire, Ibis avait été revendu dans les années 2000. Mais, alors que Scot Nicol profitait de sa retraite pour faire du vélo aux quatre coins du monde, la marque périclitait pour cause de mauvaise gestion par les repreneurs. Son ami Hans Heim, qui venait de quitter Santa Cruz, l’apprit et lui proposa de reprendre Ibis. Deux ans à peine après avoir laissé son bébé, il lui donnait un tout nouveau départ avec Hans Heim (désormais CEO d’Ibis), accompagné également de Tom Morgan, Colin Hughes (ingénieur) et de Rocy Lo (designeuse).

Maintenant que nous sommes face au Ripmo et que nous pouvons faire le tour du propriétaire, c’est le moment de l’examiner en détails :

Ibis Ripmo : présentation

On l’a dit, et son nom l’exprime sans équivoque, l’Ibis Ripmo est en quelque sorte l’enfant du mariage heureux d’un Mojo et d’un Ripley. Partant du constat que pas mal d’amateurs de vélos à grand débattement étaient aussi attirés par les roues 29″, et que certains avaient tendance à placer des fourches à grand débattement sur un Ripley pas vraiment pensé pour cela, les gars d’Ibis ont planché sur ce nouveau modèle… que Robin Wallner a déjà emmené sur la 3e marche du podium de la première manche des EWS au Chili ce week-end !

Du Ripley, il conserve les codes visuels du triangle avant, même si l’amortisseur est désormais ancré au milieu du tube diagonal et plus sur le tube supérieur, ainsi que les grandes roues de 29 pouces (qui acceptent des pneus entre 2.3 et 2.6 de section), et un poids qui veut rester très raisonnable, puisque le cadre est annoncé à 2,72kg avec amortisseur Fox DPX2

Du côté du triangle arrière, c’est plus du côté du Mojo qu’il faut chercher la ressemblance. Le débattement s’établit à 145mm, et une compacité maximale a été recherchée au niveau des biellettes sur cette suspension qui fait toujours appel à une cinématique de type DW Link, qui en est ici à sa 5e génération.

Les bases sont très courtes, 435mm, notamment grâce à une biellette inférieure retravaillée et désormais montée non plus sur des roulements mais sur des bagues en Teflon. “Nous testons cette option depuis plus de deux ans, sans le moindre souci. On gagne 80g, de la place, et mécaniquement, c’est même plus approprié que des roulements à billes, qu’on détourne un peu de leur usage quand on les utilise sur une suspension VTT, où ils ne tournent que de quelques degrés seulement”, nous explique Scot. On remarque aussi qu’un espace suffisant reste dans le triangle avant pour loger une grande gourde…

A l’avant, l’Ibis Ripmo est prévu pour accueillir une fourche en 160mm de débattement. L’angle de direction est de 65,9°, soit bien couché et prêt à attaquer du gros dénivelé. Comme sur l’Orbea Rallon R5, qui a ouvert la marche sur ce type de vélos, Ibis a choisi d’utiliser un déport de fourche en 44mm pour éviter d’avoir un empattement trop important. “Cela donne l’impression d’avoir un angle d’environ 64,5°, sans en avoir les contraintes et en gardant une certaine facilité à tourner l’avant. Ne pas avoir la roue avant trop loin aide aussi à charger la roue et à avoir plus de grip, bien aidé aussi en cela par le tube de selle fort droit.”

Outre les bases courtes et l’angle de direction couché, un coup d’œil au tableau des géométries nous apprend aussi que le reach est bien long (447mm en taille M) et le tube de selle très redressé (76°), ce qui permet de faciliter l’évolution dans les grimpettes et d’éviter de mettre tout le poids du pilote sur l’arrière du vélo une fois assis sur le selle, ainsi que de charger la roue avant comme évoqué par Scot Nicol un peu plus tôt.

Derniers détails : l’Ibis Ripmo est prévu pour recevoir une tige de selle télescopique en 150mm de débattement dès la taille S, 170mm en taille M et jusqu’à 200mm sur les tailles L et XL pour de grands pilotes. Les cadres sont garantis 7 ans et le service roulements/paliers teflon est assuré gratuitement à vie.

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5 montages sont prévus au catalogue, en NX, GX Eagle, XT, XO1 Eagle et XX1 Eagle. Plusieurs options sont aussi disponibles, comme un amortisseur Fox Float X2 ou des roues carbone Ibis ou Industry Nine. Les tarifs européens vont de 4596 à 10559€ et 3349€ pour le cadre seul..

Les premiers exemplaires étaient en cours de montage lors de notre visite et ils devraient arriver au cours des prochaines semaines de ce côté de l’Atlantique.

Plus d’infos : www.ibiscycles.com/bikes et www.racecompany.fr