Présentation & 1er essai | Pivot Trail 429, le mini Switchblade

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17 mai 2018 — Olivier Béart

Pivot Trail 429 : premiers tours de roues

Il y a de très belles forêts autour de Paris, et notamment celle de Montmorency, qui est justement située à deux pas des bureaux de Mohawks Cycles. Bien sûr, c’est un peu juste pour tester un gros enduro et ça manque un peu de cassant pour vraiment pousser les suspensions dans leurs derniers retranchements, mais ceux qui connaissent l’endroit savent qu’il y a de quoi faire. C’est donc dans ce contexte que nous avons pris en main le nouveau Pivot Trail 429 peu avant sa sortie officielle. Notez aussi au passage que le showroom Mohawk’s est ouvert au public sur rendez-vous et que des essais sont aussi possibles pour les potentiels clients intéressés.

Premier point, dans le coin, il n’y a pas de longues côtes, mais par contre il y a de fameux pétards bien raides ! Dans ces conditions, on va vite tester les compétences de grimpeur du Pivot Trail 429. Sur la balance, ce n’est pas le plus léger avec 13,19kg en taille L (nous l’avons essayé en M, pour un pilote de 178cm. Le L est envisageable pour cette taille, mais le M était très agréable à nos yeux).

Il a de gros pneus plus solides et accrocheurs que roulants, qui pèsent pas mal dans l’addition (nous l’avons testé uniquement en 29). Et pourtant, il s’en sort très bien. Mieux vaut mettre l’amortisseur en mode intermédiaire tout de même pour bénéficier du maximum de pêche, mais par contre nous ne nous sommes jamais servis de la position la plus ferme.

Le vélo réagit très bien, conserve un bon grip et permet d’arriver vite en haut, que ce soit au sprint ou plutôt au train. Il vient aussi à bout des montées raides avec une belle facilité et une roue avant qui n’a pas tendance à partir en wheeling. Son poids se fait bien oublier et c’est encourageant si on envisage de longues sorties à son guidon. Nous avons roulé 3 bonnes heures pour un peu moins de 40 bornes, et c’est passé comme une lettre à la poste. Il ne faut juste pas le confondre avec une fine lame de pur XC-Marathon, ce n’est pas du tout son business. Disons qu’il peut faire le job, mais ce qu’il préfère, c’est quand le sentier devient plus sinueux. Qu’il y a des jumps aussi.

Dans les nombreux singles que nous avons empruntés et dans les descentes étroites et rapides, à défaut d’être vraiment très techniques (peu de cailloux ou d’obstacles au sol), le Pivot Trail 429 est dans son élément. Il est très (très) maniable, il tourne dans un mouchoir (merci les bases courtes, entre autres) et est facile à prendre en main avec sa géométrie équilibrée et plutôt passe-partout. On comprend vite le mode d’emploi pour appuyer sans arrêt sur la touche “plaisir”, d’autant que c’est aussi un vélo qui s’envole à la moindre impulsion et qui est aussi très à l’aise sur les petits sauts.

Ayant roulé récemment plusieurs 29” équipés de fourches à déport réduit, on sent bien que la direction est ici plus vive et qu’il faut un peu plus lui tenir la bride dans les quelques portions cassantes ou les virages pleins de racines que nous avons rencontrés, mais cela fait partie de la personnalité de ce Pivot et on ne peut en aucun cas parler de défaut. Juste de philosophie différente, et c’est bien que tout le monde ne suive pas toujours la même tendance, sinon ce serait bien morne…

Même s’il est full carbone et que Pivot a retravaillé le cadre pour en augmenter la rigidité, il n’a rien d’une barre à mine. L’avant et l’arrière se déforment légèrement dans les appuis et on sent le cadre travailler quand le sol est tourmenté ou qu’on met de l’appui. Rien de parasite, que du contraire, cela participe aussi à faire de ce Trail 429 un vélo facile et ludique… mais aussi très rapide.

Quand vraiment on décide d’attaquer, on voit qu’il en a sous la pédale et sa suspension arrière très onctueuse donne alors vite l’impression d’offrir bien plus que 120mm de débattement. Par rapport à d’autres vélos du même type que nous avons eu l’occasion d’essayer, il est plus facile et tolérant qu’un Orbea Occam TR, qui est par contre plus léger, rigide, exigeant et axé performance même s’il est aussi très bon sur terrains très techniques. Un Spark 120 est aussi beaucoup plus typé marathon. Le Pivot nous a par contre beaucoup fait penser à un certain Devinci Django 29.

Verdict

Ce premier essai a été court et sur un terrain ludique mais qui n’a pas permis de voir toutes les facettes de la personnalité de ce nouveau Pivot Trail 429. Néanmoins, nous avons déjà pu entrevoir un caractère enjoué, facile d’accès et un vélo qu’on imagine en effet très polyvalent. Il faudra confirmer tout cela et voir toute l’étendue de son talent dans un test plus long, mais il nous a beaucoup fait penser à son grand frère, le Switchblade, en version plus petite, polyvalente et nerveuse. Reste son prix, pas accessible à toutes les bourses, mais quand on en a les moyens, c’est l’occasion de rouler différent et sur un vélo avec une belle personnalité.

Plus d’infos : www.pivotcycles.com/bike/Trail-429 et www.mohawkscycles.fr
Le test de son grand-frère, le Pivot Switchblade : www.vojomag.com/test-pivot-switchblade-une-fine-lame-en-pneus-plus