Pré-Enduro Girls :
Un avant-goût de plaisir

Nature
17 juillet 2017 — Elodie Lantelme

Le 29 juillet se tiendra la deuxième édition de l’Enduro Girls, une course d’enduro réservée aux filles. Partenaires de cet événement unique en Europe, nous sommes allées sur ses traces en compagnie de Solenne et Cécile, nos deux lectrices victorieuses du concours Pré-Enduro Girls. Préparez vos vélos, ladies !

« Girls only », allez hop ! Circulez, Messieurs, Porsche et patate vous attendent !… C’est rude, hein ? caricatural, hein ? Oui, pas faux. Ça tombe bien, l’Enduro Girls, ça n’est pas du tout ça. D’abord parce que le week-end des 29 et 30 juillet, à Valberg (06), il y en aura pour tout le monde : les filles, les garçons, les petits, les grands.

Dans le cadre du Lapierre Bike Festival, qui englobe cette année l’Enduro Girls, seront aussi organisées des randonnées électriques Expert et Découverte pour plonger dans l’arrière-pays niçois et son Mercantour, et une épreuve de l’Enduro Kids pour les 7-14 ans.

Pas d’ostracisme, donc, les chromosomes Y sont bienvenus ! Ils l’étaient également lors de notre week-end Vojo Pré-Enduro Girls. Vrai, on n’est pas des sauvages, on n’allait quand même pas exclure Guillaume, le compagnon de Cécile, l’une de nos deux gagnantes, qui avait fait avec elle le déplacement de Grenoble à Valberg pour l’accompagner ! Et puis, c’était aussi l’occasion de tordre le coup à quelques idées reçues sur les roulages entre filles.

Non, les filles ne sont pas toujours en retard ! Solenne et Cécile nous attendaient de pied ferme au gîte Nature & Montagne tenu par Zoë Maunier, créatrice et organisatrice de l’Enduro Girls, et camp de base de ces deux jours. Oui, bon, évidemment, nous, on a croisé une manifestation anti-loup et le 12h32 du GPS s’est transformé en… 14h45 (parce qu’on a fait un arrêt pipi aussi, mais non, les vessies féminines n’ont pas de problème !). Mais vous avouerez que ça relève du cas de force agricole majeure !

Pour ce week-end, le programme était simple : profiter du Mercantour et de ses beautés, encadrées (enfin, encadrÉs) par Zoë : « L’idée avec l’Enduro Girls, c’est de permettre aux filles de se retrouver. Il faut que ça reste accessible. »

L’année dernière, plus de 60 participantes avaient pris le départ, qui comptait quantité de top pilotes (Cécile Ravanel, Isabeau Courdurier, les sœurs Gehrig, Pauline Dieffenthaler). Cette année, date déplacée fin juillet oblige, celles-ci sont en tournée nord-américaine pour les épreuves des EWS.

Mais, comme en 2016, l’épreuve totalisera un peu plus de 30 km, essentiellement à la pédale (1 seule remontée en télésiège), avec 5 spéciales techniques mais pas effrayantes, bien tracées, à l’instar de ce que nous avions pu rouler lors de la première édition.

Pour en avoir le cœur net, nous voulions donc partir sur les traces de cet enduro unique en Europe avec Cécile et Solenne (notre autre gagnante, venue de… Rennes !).

Deux têtes bien faites, ingénieur en génie mécanique à Grenoble pour la première (ça me rappelle une blague poussiéreuse de mon grand-père, le coup de « l’ingénieur à Grenoble », mais je vais vous l’économiser…) et chercheuse en génétique canine pour la seconde, au coup de guidon adroit, secondées par Julie et Laurence, histoire de renforcer l’escouade.

Alors, alors, alors ? Alors, ça s’annonce bien, cette deuxième édition ! À peine arrivés, nous voilà déjà en selle (ou presque, il y a toujours un petit temps de latence – « mais où sont mes chaussures ? », « tu n’aurais pas une pompe à amortisseur ? », la routine, quoi… mais non, les filles ne se font pas toujours attendre ! C’est juste qu’elles s’attachent aux détails…).

Au fait, non, les filles ne sont pas shopping addict! Mais il faut bien avouer que la tenue Lapierre gagnée par Solenne pour notre concours a fait son petit effet. Reste la question de l’assortir avec son Transition…

En quelques coups de pédale et après une bonne montée qui tape le souffle, Zoë nous emmène sur un petit spot secret juste derrière le gîte. Ce tour de mise en jambes ouvre les portes du « Petit Whistler », le paradis du single.

Mousse, aiguilles de pin régalent la compagnie, parce que non, les filles ne râlent pas tout le temps (en fait, on ne râle jamais entre filles, je crois hélas, Messieurs, il faut bien le dire, qu’on réserve ça aux sorties mixtes…).Et puis, non, les filles ne laissent pas la clé de 12 aux garçons. Un souci de plaquettes qui couinent (parce que, en revanche, oui, les bruits parasites agacent… tout le monde, non ?), et c’est Cécile qui prend l’Allen des mains de Guillaume pour régler ça.

Après ce petit apéritif de sentiers, place au vrai ! Bière locale et bonne humeur, vous trouverez ça aussi sur l’Enduro Girls fin juillet. Le lendemain, allez savoir pourquoi, le temps s’est un peu gâté pour la journée navette. Mais non, les filles ne craignent pas la boue (on n’est pas du café soluble…). Un petit coupe-vent (seyant, quand même, on n’est pas des sacs non plus…), et roulez biquettes !

Pour l’occasion, Basile, l’aîné de Zoë, 9 ans, nous accompagne. Deux présences masculines, c’est dire si on est open pour faire « bons genres » !

Première rotation et première découverte d’une jolie trace sur Bergians-Le Cians, terre d’une future spéciale de l’Enduro Girls.

Du sentier, du sentier… voilà ce qu’a privilégié Zoë, et c’est une bonne idée !

Pour la deuxième, nous choisissons un gros morceau, qui ne sera pas au programme de l’épreuve : la spéciale des crêtes de l’Enduro World Series 2016, une leçon d’humilité.

Petite pause déjeuner mais énoooorme pan bagnat concocté par la boulangerie de Guillaumes!

D’autant qu’un petit morceau de tarte aux amandes, doublé d’une bouchée de tourte aux blettes et d’une autre de feuilleté frangipane ont achevé de nous convaincre que même avant l’été, les préoccupations minceur ne sont pas une névrose féminine (on fera salade quand même le soir… ou demain ou… plus tard)!

En revanche, ce que l’on ne peut différer, lorsqu’on vient à Valberg, c’est une rotation dans les mythique Terres grises.

Un régal même sous la pluie (ça, c’est un peu de la positive attitude, voire de la méthode Coué, parce que les dalles grises mouillées, ça vous glisse d’une force!).

Après plus de 2000 mètres de dénivelé négatif, forcément, la journée finit par un goûter… Non, mais c’est pour Basile… Chez les enfants, le goûter, c’est sacré… comprenez… Et il a fallu l’accompagner, pouvait pas le laisser seul, car oui, les filles ont le sens du sacrifice. D’ailleurs, elles sacrifient volontiers à l’idée qu’aucune idée reçue sur les roulages entre filles n’a de validité. Et s’il est vrai que “où il y a de la gêne, il n’y a pas de plaisir”, disons que, à vélo, X ou Y, quel que soit le gène,  il y a du plaisir.

Si vous aussi, vous voulez goûter aux délices de l’arrière-pays niçois, rendez-vous à Valberg les 29 et 30 juillet.

Inscriptions sur la plateforme 1001 Sentiers http://inscriptions.1001sentiers.fr/client/#/event/all