Worlds 2022⎜Mini-interview - Myriam Nicole : "Je veux rouler comme je sais rouler"

Sport
24 août 2022 — Adrien Protano

Après une saison en dents de scie, la double championne du monde semble prête pour remettre le couvert ce week-end aux Gets. Deuxième sur cette piste lors de la coupe du monde l’année dernière, elle nous a laissé entrevoir sa philosophie pour ces championnats du monde à domicile : 

Est-ce que tu approches les Worlds différemment d’une coupe du Monde ? Est-ce que tu essaies de rouler vite direct, aux « qualifications » aussi même si ça compte moins, ou tu y vas crescendo sur une semaine comme ça ?

Myriam : J’aborde toujours une course de la même manière, qu’elle soit régionale ou que ce soit une coupe du monde. La première étape est de s’habituer au terrain, et seulement ensuite de monter en puissance pour atteindre son pic de vitesse. Il arrive qu’on l’atteigne assez rapidement, ou au contraire qu’on stagne ou mette beaucoup de temps pour y arriver.
Mais le but final reste d’être le plus rapide possible, toujours sans dépasser ses limites. Les qualifications sont déjà une partie de la course : je donne tout ce que j’ai ce jour-là.

Est-ce qu’on peut garder un « capital confiance » d’une année à l’autre quand tu as déjà bien performé sur une piste et que tu reviens dessus un an après ?

Myriam : D’une année à l’autre, selon ton état physique et mental, cela peut changer mais il est clair que tu arrives avec plus de sérénité sur ce terrain. D’autant plus que pour moi, un terrain où tu te sens à l’aise, c’est ancré en toi ! Après, un champion doit être polyvalent, il doit pouvoir être bon partout : sur une piste où il a déjà performé ou pas encore.

Les Gets, c’est majoritairement de la sapinette : beaucoup de terre fraîche, de racines, tout ce que j’aime bien.

Ta crevaison à Mont-Sainte-Anne il y a 3 semaines, c’était sur erreur identifiée ou la faute à pas de chance ? Tu vas changer quelque chose sur ton vélo par rapport à ça ?

Myriam : Malchance au possible ! J’ai coupé le pneu sur un passage dans un champ qui cachait des pierres, même pas dans un pierrier mal négocié ou sur une erreur de pilotage… Même en roulant avec 2 bars en plus, ou encore des mousses, cela n’aurait rien changer : vraiment un coup de malchance.

On imagine que cette saison n’a pas été facile tout le temps jusqu’à présent : est-ce que ça change ton état d’esprit pour ces championnats du monde ? Est-ce que tu opères des changements ou tu fais en sorte de rester sereine et sur le même « schéma » que d’habitude ?

Myriam : La saison n’a pas été facile mais cela ne change pas mon état d’esprit pour autant : je continue à me dire que les championnats du monde restent une course comme les autres.
J’aime bien réussir chaque course que je fais, et pour l’instant ma saison a été ponctuée de beaucoup de petits pépins;  cela me conforte dans l’idée que je ne suis pas loin et qu’il ne faut pas tout changer !

J’ai tiré quelques leçons de mes chutes. Je veux rouler avec sérénité, dans le bon rythme et sans vouloir en faire de trop : je veux rouler comme je sais rouler !

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