Worlds 2022⎜Mini-interview - Jordan Sarrou : "Je veux passer la ligne sans avoir de regrets"

Sport
24 août 2022 — Adrien Protano

Victorieux à Superdévoluy en coupe de France le week-end dernier, le champion du monde de cross-country 2020 a accepté de revenir pour nous sur sa saison et sur la semaine chargée qui l’attend à l’occasion des championnats du monde 2022 en France : 

Tu as déjà connu le bonheur de porter le maillot arc-en-ciel, mais tu n’as pas encore remporté de coupe du monde. Comment vois-tu la différence entre les deux types de courses ?

Jordan : Merci de le rappeler ! Plus sérieusement, les grands championnats sont toujours des courses atypiques. Cette année, nous avons eu 9 manches de Coupe du Monde, on peut se permettre d’avoir des jokers, et d’être parfois moins en forme. Pour ce qui est du championnat, tout le monde attend cela : on court avec le maillot de la sélection, la pression n’est pas la même et on ne réagit pas de la même manière. Je pense qu’il faut pouvoir être prêt le jour J, voilà ce qui fait la différence.

Tu as terminé sur le podium l’an dernier lors de la coupe du monde des Gets et tu sors d’une victoire en coupe de France. Tu te sens en ordre de marche pour viser une place sur la boîte ici ?

Jordan : Je ne vais pas employer la langue de bois, mais je ne me fixe pas d’objectif précis. J’ai eu le Covid en avril avant la Coupe du Monde de Petropolis et j’ai vu depuis que les sensations pouvaient être fluctuantes. Effectivement, ma victoire en Coupe de France fait très plaisir mais je reste lucide sur le niveau. Quand on a gagné un Championnat du Monde, lorsqu’on a eu ce privilège de porter le maillot arc-en-ciel durant une année, on a évidemment envie de recommencer. Aux Gets, je veux passer la ligne sans avoir de regrets. C’est la course de l’année, on court pour gagner.

Ton début de saison a été compliqué, mais tu te sens en pleine forme maintenant ? Est-ce peut-être même un avantage par rapport à d’autres qui sont peut-être un peu émoussés ?

Jordan : On ne sait pas les effets que peut avoir le Covid à long terme, donc le début de saison n’a pas été idéal. Malgré tout, j’ai gardé le cap en continuant à m’entraîner comme je le devais. Je travaille en confiance avec mon entraîneur Nicolas Siegenthaler et j’arrive dans un bon état d’esprit ici. J’étais dans le public en 2004, et maintenant j’ai super hâte d’être au départ !

Est-ce que tu aurais fait autant d’impasses si les championnats du monde n’étaient pas en France, sur un circuit qui te convient plutôt bien ?

Jordan : J’ai juste décidé de faire l’impasse sur l’étape américaine de Snowshoe. J’ai fait le déplacement au Mont Sainte-Anne mais je n’ai pas pu terminer la course suite à une chute. C’est clair que j’aime le circuit des Gets et que, comme tous les Français, c’est l’objectif de l’année.

Tu as gagné ton titre mondial dans des conditions météo difficiles… Tu rêves qu’il y ait de la boue ce week-end ou tu préfères le tracé des Gets bien sec ?

Jordan : J’ai terminé troisième ici aux Gets sous la pluie mais je suis aussi à l’aise sur les terrains secs. Le parcours des Gets est plaisant à rouler, quoi qu’il en soit ce sera une belle course. En tout cas, je sais qu’on pourra aussi compter sur le public français qui est toujours à fond !

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